LE SAINT SUAIRE DE TURIN - III

février 3, 2010 · Imprimer cet article

Silhouette dorsale

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Blessures d'épines à la nuque

“On voit la nuque de la tête percée de longues et grosses épines qui sont si fréquentes qu’on peut voir par là que la couronne était faite en “chapeau”, et non pas en cercle comme celle des princes et telle que les peintres la représentent ; lorsqu’on la considère attentivement, on voit la nuque plus tourmentée que le reste et les épines plus avant enfoncées, avec de grosses gouttes de sang conglutinées aux cheveux. » (Témoignage des «pauvres Clarisses » de Chambéry, 1534)

La flagellation du Seigneur, personne ne l’avait imaginée dans toute son ignominie, telle que nous la voyons ici représentée. Nous voyons les coups pleuvoir sur les épaules, sur le dos, les reins, les cuisses, les mollets ; mais aussi par-devant : nous en comptons les traces sur la poitrine et sur la face antérieure des jambes.
Le flagrum romain, un manche avec deux ou trois lanières lestées de petites haltères en plomb, était manié par un bourreau qui tournait autour de sa victime, ou bien par deux bourreaux, dont l’un frappait à revers. Jésus a perdu beaucoup de Sang : les coups des balles de plomb fendent la peau tandis que les lanières proprement dites laissent de longues traces livides, bleus d’ecchymoses sous-cutanées que l’on observe avec émotion aux ultra violets. Impossibles à dénombrer, elles marquent l’ensemble du corps.

Ruissellement lombaire

Joseph d’Arimathie, Nicodème et saint Jean «ont réussi à descendre le Corps de la Croix et à le transporter jusqu’au tombeau avec une délicatesse, un respect et une tendresse infinis. Ils ont à peine osé toucher ce Corps adorable», affirmait Barbet. À preuve : cette coulée de sang transversale venant de la veine cave inférieure (à gauche pour le lecteur), par la Plaie du côté droit, après la descente de croix et la mise en position horizontale.
Après le transport, le Corps a été déposé, nu, sur le Linceul, et celui-ci a reçu l’empreinte des caillots de sang formés sur la peau du dos pendant le trajet par capillarité. «Il est certain que le transport a été exécuté avec un minimum de manoeuvres, de telle façon que les caillots sont restés en place, inaltérés. Des manoeuvres plus nombreuses et moins délicates les auraient essuyés et effacés.»

Plante du pied droit

Un seul clou traversait les deux pieds croisés l’un sur l’autre. C’est pourquoi le pied droit seul a marqué le Suaire d’une empreinte plantaire complète, d’où un ruissellement de sang a débordé sur le linge (à gauche). Du pied gauche (à droite), le talon seul a laissé une empreinte, parce que l’extrémité de ce pied reposait sur celle de l’autre.

Source documentaire : F. B.-B. Eymard, Centre de Renaissance Catholique.