Styles et apprentissages

novembre 1, 2010 · Imprimer cet article

Logiciel : Styles et apprentissages

Le style d’apprentissage représente un ensemble de préférences personnelles concernant les situations d’apprentissage.
Il est difficile de ne pas prendre en compte les caractéristiques individuelles de l’apprenant.
Les styles d’apprentissages fournissent des informations qui permettent de tenir compte de certaines dimensions entrant en jeu dans les situations de formation.

Vous pouvez déterminer votre propre style d’apprentissage en passant le test suivant (si vous êtes un adulte, placez-vous dans la peau de l’étudiant que vous étiez il y a … peu de temps certainement! Ensuite – connaissant votre style – lisez la documentation à la fin de la passation (dans le logiciel) ou le texte du bas…

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Par séquentiel, il faut comprendre qu’il s’agit d’une approche analytique centrée sur une démarche par étapes.  Pour être efficace, l’enfant séquentiel a besoin de savoir comment on procède.  Il est à l’aise avec une présentation pédagogique bien ordonnée et se perd facilement si la procédure à suivre n’est pas clairement établie.  Cet élève méthodique est généralement attentif aux consignes, il sait prendre le temps de se vérifier et, au plan scolaire, il est capable de réussir dans les tâches impliquant des techniques, des automatismes et du “par coeur”.  Par contre, si ce même élève se montre incapable de fonctionner dans un mode simultané, il n’aura pas accès à une compréhension globale de ce qu’il fait (comprendre un texte, par exemple), il lui est difficile de saisir les liens, de percevoir la trame d’ensemble et d’atteindre un niveau de généralisation adéquat.

À l’inverse, la démarche simultanée implique un traitement synthétique de l’information.  Ce type d’élève fonctionne mieux quand il sait le pourquoi de ce qu’il doit faire.  Il est plus à l’aise quand il connaît l’objectif poursuivi, quand il peut se faire une idée de l’ensemble du travail à accomplir.  Habile à faire des liens entre les données, il peut accéder facilement à la généralisation.  Peu compétent en mode séquentiel, ces enfants sont souvent rebutés par une méthodologie trop stricte.  Ils ne sont pas enclins à suivre des étapes, leur approche paraît généralement brouillonne et les résultats qu’ils obtiennent témoignent de leur manque d’organisation.  Si les productions écrites de ces enfants sont souvent pauvres, ce n’est pas en général qu’ils manquent d’idées, mais bien parce qu’ils ne savent pas les organiser et qu’à l’occasion, il leur arrive de se perdre dans le dédale de leur pensée analogique.  Pour les mêmes raisons, les enfants simultanés comprennent vite le sens général d’une lecture mais retiennent ou retrouvent difficilement les divers détails qui composent le texte décodé.  Le travail d’analyse leur est pénible et se relire, se vérifier leur demande un effort majeur.  Centrée avant tout sur le contenu de l’objectif à atteindre plutôt que sur les moyens pour y parvenir, leur attitude brouillonne face à la tâche s’apparente à une sorte d’impulsivité cognitive proche du déficit attentionnel observable chez plusieurs de nos élèves.

En résumé, l’enfant essentiellement simultané pose les atouts cognitifs pour conceptualiser des projets mais il s’avère peu compétent pour rendre ses idées opérationnelles.  Sa démarche est systémique et holistique.  Il a la capacité de saisir l’essentiel des choses, ne retient que ce qui lui permet de se faire une compréhension globale d’une situation.  Que ce soit sous forme d’idées ou d’images, le simultané intègre facilement les éléments d’un problème dans leur contexte global en référant à son expérience vécue.  Pour sa part, le séquentiel est un bon analyste qui sait organiser avec méthode, dans le temps ou dans l’espace, un ensemble de détails qui ne lui échappent pas.  Sa devise pourrait se résumer par:  “savoir dire” (le verbal) ou “savoir faire” (le non verbal).

En combinant la spécificité hémisphérique avec ces deux modes de traitement cognitif, il devient possible de conceptualiser quatre quadrants qui donne accès à quatre styles d’apprentissage possédant leurs caractéristiques propres:  le séquentiel verbal et le simultané verbal privilégiant le fonctionnement de l’hémisphère gauche, et le séquentiel non verbal avec le simultané non verbal associés à la spécificité fonctionnelle de l’hémisphère droit.  C’est ce que J. Flessas a proposé et décrit avec beaucoup de nuances conceptuelles en ajoutant dans chaque quadrant cognitif un niveau d’analyse subtile qui tient compte de la perception, de la mémoire et de la pensée.

Le séquentiel verbal (ou “savoir comment dire”) occupe le quadrant 1.  Ce quadrant réfère au savoir symbolique qui sous-tend les apprentissages scolaires.  Il concerne la maîtrise des techniques relatives aux habiletés du langage:  le vocabulaire, l’alphabet, le code grapho-phonétique, le décodage syllabique, les règles de grammaire, les notions de nombre, les tables d’opération.  On est dans le quadrant de la mémoire auditivo-verbale, des automatismes, des apprentissages par coeur, de l’analyse verbale et de l’expression claire de la pensée (articulation des idées, respect de la chronologie).

Le simultané verbal (ou “savoir organiser et créer à travers le langage”) définit le quadrant 2, le plus fondamental sans doute pour réussir des apprentissages de “haut niveau”.  Les processus impliqués permettent l’intégration des données verbales manipulées dans le mode séquentiel et supportent le fonctionnement des habiletés verbales les plus élaborées:  conceptualisation, compréhension verbale, raisonnement verbal et logico-mathématique, généralisation, …  C’est le quadrant de l’inférence verbale, de l’implicite, de la capacité d’abstraction verbale qui donne accès aux axiomes, aux lois, aux théories, aux principes, à l’articulation d’ensembles systémiques.  Le mode simultané verbal est associé au savoir logique, objectif et rationnel.  il ouvre les portes sur l’imagerie mentale, les métaphores et permet d’être sensible aux émotions que véhicule un message oral ou écrit.

Le séquentiel non-verbal (ou “savoir comment faire”) est représenté dans le quadrant 3 et semble correspondre au mode cognitif le moins corrélé avec le succès scolaire.  Il permet d’automatiser l’ordre des étapes nécessaires pour exécuter des taches non-verbales (séquences motrices) ce qui implique un minimum d’habileté en motricité fine et globale pour contrôler efficacement les gestes requis (maîtriser un instrument de musique, une chorégraphie,…).  Les processus impliqués ici opèrent sur les éléments non-verbaux du langage:  fluidité, vitesse, timbre de la voix, tonalité, intensité,…  C’est le quadrant de la mémoire visuo-séquentielle et on accorde au détenteur de ce mode cognitif un sens développé de l’observation et de la débrouillardise dans les tâches concrètes de la vie quotidienne.

Le simultané non verbal (ou “savoir organiser et créer à travers l’expérience”) occupe le quadrant 4.  L’intuition créatrice et le sens artistique caractérisent ce mode cognitif qui gère la majeure partie de l’organisation visuo-spatiale, de l’intégration visuo-motrice, du monde kinesthésique et affectif.  Les processus impliqués permettent au simultané verbal de “s’organiser dans l’espace, de structurer son environnement au niveau d’activités constructives et/ou créatrices”.  C’est un individu qui “perçoit et ressent les situations dans leur ensemble, en intégrant la disposition spatiale des choses et des êtres, les formes, les couleurs, l’atmosphère générale et les émotions! (cf. J. Flessas).

http://www.aqps.qc.ca/
Jean-Max Noël, psychologue