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	<title>Abbatah / Mag</title>
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	<pubDate>Sat, 12 May 2012 15:36:39 +0000</pubDate>
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		<title>Merlin&#8230;</title>
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		<pubDate>Sat, 12 May 2012 15:36:39 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Curiosité]]></category>

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Tout simplement époustouflant !!!
Cliquez sur la photo et ensuite sur le bouton démarrer&#8230;
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<td><a onclick="window.open('http://www.abbatah.com/mag/video/merlin.html','','width=340,height=260,left='+(screen.availWidth/2-170)+',top='+(screen.availHeight/2-130)+'');return false;" href="http://www.abbatah.com/mag/video/merlin.html"><img title="Cliquez sur la photo..." src="/mag/wp-content/uploads/2012/mai/merlin.jpg" border="2" alt="" hspace="5" vspace="5" width="457" height="345" /></a></td>
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<p style="text-align: center;"><span style="color: #993300;"><strong>Tout simplement époustouflant !!!</strong></span></p>
<p style="text-align: center;"><em><span style="font-size: x-small;">Cliquez sur la photo et ensuite sur le bouton démarrer&#8230;</span></em></p>
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		<title>La datation des Évangiles</title>
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		<pubDate>Fri, 04 May 2012 13:28:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>

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		<description><![CDATA[Il faut reconnaître qu’à notre époque, grâce aux progrès des sciences, nous vérifions tous les jours, par grâce et non sans une volonté divine, providentielle, que les Évangiles disent vrai, étant l’œuvre de témoins oculaires, bien plus, des acteurs mêmes des événements inouïs qu’ils racontent.
Il faut donc croire les évangélistes, à l’encontre de l’incrédulité invétérée, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il faut reconnaître qu’à notre époque, grâce aux progrès des sciences, nous vérifions tous les jours, par grâce et non sans une volonté divine, providentielle, que les Évangiles disent vrai, étant l’œuvre de témoins oculaires, bien plus, des acteurs mêmes des événements inouïs qu’ils racontent.</p>
<p>Il faut donc croire les évangélistes, à l’encontre de l’incrédulité invétérée, bétonnée, qui gouverne l’exégèse depuis cent cinquante ans, depuis Strauss et Renan jusqu’à Drewermann, Duquesne et Stanton. « Qu’une tempête se soit apaisée par un mot est une chose que nous ne croyons pas et que nous ne croirons jamais », écrivait Harnack dans l’Essence du christianisme, en 1900. Après cent ans de découvertes archéologiques et de progrès exégétiques, nous sommes en droit de répondre avec assurance : il faut pourtant le croire, d’autant que saint Marc écrivait sous le contrôle des témoins oculaires, comme le prouvent les fragments de papyrus grecs, datés d’avant l’an 50, découverts dans la grotte 7 de Qumrân, dont le n° 5, appelé 7Q5, conserve un passage de l’Évangile de Marc (Mc 6, 52-53).</p>
<p>Les grottes de Qumrân, ainsi que le site lui-même, ayant été abandonnés en 68 ap. J.-C., au moment de l’invasion romaine, il faut admettre que tous les manuscrits découverts dans ces grottes datent d’avant 68, et sont donc antérieurs, et de loin ! au fameux papyrus P 52 (= Jn 18, 31-33 ; 37-38), conservé à la bibliothèque universitaire John Rylands de Manchester, daté du premier quart du deuxième siècle, et longtemps considéré comme le plus ancien manuscrit du Nouveau Testament.</p>
<p>Ce n’est pas tout. Depuis Noël 1994, la nouvelle datation du papyrus Magdalen College d’Oxford (P 64) nous ramène aussi à l’époque des Apôtres, témoins oculaires des faits et gestes de Jésus, de ses miracles et de ses prophéties. N’en déplaise aux nombreux spécialistes dont ce résultat dérange les thèses modernistes.<span id="more-582"></span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #993300;"><strong>I. LE PREMIER ÉVANGILE RETROUVÉ</strong></span></p>
<p>Pour Noël 1994, les Anglais ont reçu une bonne nouvelle, carillonnée joyeusement à la une de leur grand quotidien, The Times, dans son édition du 24 décembre, sous le titre : « Le papyrus d’Oxford est un témoignage oculaire de la vie du Christ », et de nouveau le lendemain de Noël, « À la recherche de la vérité de l’Évangile ». (…)</p>
<div>
<div>
<table border="0" align="right">
<tbody>
<tr>
<td>
<p><img src="/mag/wp-content/uploads/2012/mai/fragment-p-64.jpg" border="0" alt="" width="200" height="206" /></p>
<p><span style="color: #993300;">Agrandissement d&#8217;un fragment du <br />
 papyrus “ P 64 ”.</span></p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
</div>
<p>L’identité du texte étiqueté “ P 64 ” (le papyrus Magdalen Greek 17) ne laisse place à aucune hésitation : les lettres et les mots qu’on y déchiffre appartiennent à un passage de l’Évangile de saint Matthieu, au chapitre de l’onction de Béthanie au “ verso ” du papyrus, et de l’annonce de la trahison de Judas et du reniement de Pierre, au “ recto ” (Mt 26). L’utilisation des deux faces du papyrus montre que ces fragments appartenaient à l’origine à une feuille de “ codex ”, provenant d’un manuscrit de l’Évangile de saint Matthieu relié en cahiers par la tranche, et non plus bobiné en rouleau.</p>
<p>Si cette identification est certaine, en revanche la controverse se rallume périodiquement sur la question de l’âge : à quelle date le texte fut-il copié ? Pendant cinquante ans la réponse à cette question parut aller de soi : IIIe, voire IVe siècle de notre ère.</p>
<p>En 1953, ces fragments furent édités pour la première fois par le papyrologue britannique C. Roberts. Celui-ci affirma qu’il fallait les dater de la fin du IIe siècle. Aujourd’hui, nouveau coup de théâtre : Carsten Peter Thiede jette un regard neuf sur le papyrus du Magdalen et croit pouvoir affirmer qu’il est plus ancien que Roberts ne l’avait soupçonné, et il le fait avec une splendide liberté qui n’a d’égale que son érudition sans rivale, jamais prise en défaut dans les diverses disciplines scientifiques concernées. (…)</p>
<p><span style="color: #993300;"><strong>LE COUP DE GÉNIE</strong></span></p>
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<table border="0" align="left">
<tbody>
<tr>
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<p><img src="/mag/wp-content/uploads/2012/mai/Thiede.jpg" border="2" alt="" hspace="5" vspace="5" width="150" height="211" /></p>
<p><span style="color: #993300;">Carsten Peter Thiede</span></p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
</div>
<p>Connaissant le papyrus de Magdalen et ce qui avait été publié à son sujet en 1953, Thiede était curieux de le voir. (…) Il s’arrangea donc pour s’éclipser quelques jours à Oxford. (…) Le Times raconte les circonstances de sa découverte :</p>
<p>« “ Pour dater un papyrus, explique-t-il, il faut connaître son environnement sociologique, topographique, archéologique. ” Une datation au carbone 14 indiquerait seulement l’âge du papyrus, mais pas la date à laquelle le texte fut écrit. Pour dater le fragment, Thiede a dû analyser le langage utilisé, tâche malaisée lorsque les sources se limitent à trois fragments mesurant deux centimètres par trois.</p>
<p>« Néanmoins, c’était assez pour permettre à Thiede de juger que le texte des papyrus était propre à un type de scribe travaillant bien avant la fin du second siècle. (…)</p>
<p>« Ce message, si Thiede est dans le vrai, est un témoignage oculaire touchant la vie et la mort du Christ. » Autrement dit, la nouvelle datation signifie que « les Évangiles ont été rédigés et lus par les mêmes hommes qui marchèrent avec Jésus à travers la Galilée, qui l’entendirent prononcer le Sermon sur la Montagne, et qui pleurèrent lorsque l’orage éclata sur le Golgotha. »</p>
<p>« Les conséquences sont confondantes », articule Julia Llewelling Smith qui recueille les propos de Thiede pour le Times du 26 décembre. Et Matthieu d’Ancona dans l’éditorial du 24 : « Pour la science biblique, c’est un bond en avant comme il n’y en a pas eu depuis la découverte des rouleaux de la mer Morte en 1947. La nouvelle datation prouve de façon décisive que dans l’intervalle de la génération qui a suivi la Crucifixion, Matthieu était déjà écrit ; peut-être même encore plus tôt. » (…)</p>
<p>« Mais Thiede, conscient des pièges à éviter, se refuse à l’hyperbole : “ Je ne cherche certes pas le sensationnel ”, explique-t-il avec gravité. Certaines de mes affirmations sont à débattre. C’est une œuvre en cours, un point de départ vers quelque chose de nouveau. Mais ce n’est pas à moi de trancher. Il faut s’attendre à des confirmations mais aussi à des contributions négatives. »</p>
<p style="text-align: center;"><strong><span style="color: #993300;">UNE ATTAQUE DÉLOYALE</span></strong></p>
<p>Il ne pouvait mieux dire. « Contributions négatives », negative assessments, signifie objections sérieuses, contribuant à faire avancer la recherche en suscitant une controverse féconde. Au lieu de cela, que voyons-nous ? Une attaque, aussi soudaine que perfide, tente de discréditer d’avance le chercheur allemand, tant en France qu’en Italie, avant tout examen de son étude. (…) Et puis voici l’argument massue : point de papyrus écrit recto verso avant le II<sup>e</sup> siècle. Alors&#8230;</p>
<p>Eh bien, examinons pourtant la démonstration que Thiede réserve à ses pairs. Nous ne tarderons pas à en éprouver la rigueur, en total contraste avec les jugements sommaires de nos “ chercheurs ” patentés.</p>
<p>Voici un résumé succinct des résultats de l&#8217;étude de Thiede :</p>
<p><span style="color: #993300;"><em>N.B. Pour ne pas rebuter le lecteur non spécialiste, nous avons mis ces explications techniques à la fin&#8230; : </em></span><span style="color: #993300; font-size: small;">P64 et 7Q : même témoignage</span></p>
<p>Le format codex n&#8217;est pas totalement inexistant au Ier siècle.</p>
<p>La critique textuelle nous révèle un langage simple, ramené au strict nécessaire, témoin du style sobre et dépouillé des scribes chrétiens du premier siècle. Quelques variantes rarement utilisées caractérisent aussi un textus brevior originel.</p>
<p>La méthode comparative favorise une date plus reculée que le 2<sup>e</sup> siècle, pour des raisons de paléographie.</p>
<div>
<table border="0" align="center">
<tbody>
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<p><img src="/mag/wp-content/uploads/2012/mai/papyrus-p-64-verso.jpg" border="0" alt="" width="500" height="327" /></p>
<p><img src="/mag/wp-content/uploads/2012/mai/papyrus-p-64-recto.jpg" border="0" alt="" width="500" height="328" /></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #993300;">LE PAPYRUS “MAGDALEN GREEK 17” (GREGORY-ALAND P 64)</span></p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
</div>
<p style="text-align: center;"><strong><span style="color: #993300;">CONCLUSION</span></strong></p>
<p>« Les fragments de l’Évangile de Matthieu appartenant à l’ancienne bibliothèque du Magdalen College d’Oxford, qui doivent être intitulés désormais Magdalen Greek 17, et non pas 18, demeurent les plus anciens papyrus de cet Évangile ; et ils peuvent être datés de la fin du premier siècle, quelque temps après la destruction du Temple de Jérusalem, plutôt que de la fin du deuxième. (…) »</p>
<p>À la vérité, d’un point de vue purement paléographique, son étude n’aboutit pas à « dater à quelques années près un manuscrit », chose impossible. Simplement, il définit un intervalle, une « plage » qui va de la fin du premier siècle avant J.-C. à la fin du premier siècle après J.-C. On pourrait donc retourner à Thiede la remarque faite par lui-même à Roberts au sujet de la date du P 52 : « Il se décide pour la date qui semble la plus tardive possible, environ 125 ap. J.-C. Il aurait aussi bien pu prendre moins de précautions et lui préférer l’autre extrémité du spectre », l’époque de Domitien (81-96). Ainsi en va-t-il de la date assignée par Thiede au fragment de saint Matthieu P 64. Nous avons souligné combien il avait raison d’observer que « le terminus post quem historique pour chacun des Évangiles est constitué par les derniers événements qu’ils rapportent : la crucifixion de Jésus et sa résurrection, an 30 de notre ère ». Mais alors, on peut aussi bien dater le Magdalen Gr. 17 des années 30 ; ce serait opter pour un juste milieu, précisément le milieu de la “ plage ” définie par la comparaison de ces fragments avec les manuscrits de Nahal Hever, d’une part, d’Herculanum et de Qumrân d’autre part.</p>
<p>Telle est bien la vraie conclusion, parfaitement comprise des journalistes du Times, avec toutes ses conséquences « confondantes » : « Donc cela veut dire que les acteurs de cette histoire étaient là autour lorsque le récit en fut écrit. Cela veut dire qu’ils étaient là. » (…)</p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #993300;"><strong>II. PEUT-ON SE FIER AU NOUVEAU TESTAMENT ?</strong></span></p>
<p>Marchadour le pressent : « Est-on enfin arrivé à résoudre l’épineuse question de la date de composition du Nouveau Testament ? Si c’était le cas, nous serions à un moment décisif dans l’histoire de l’exégèse. » Certainement, c’est le cas, et c’est ce qu’il nous faut maintenant montrer.</p>
<p>En 1981, l&#8217;abbé de Nantes recensait un petit livre de John A.T. Robinson, l&#8217;évêque anglican de Woolwich, traduit en français sous le titre provocant : “ Peut-on se fier au Nouveau Testament ? ” « Par son seul chapitre IV, déclarait l’abbé de Nantes, (…) le petit livre de Robinson me paraît l&#8217;événement, en sciences religieuses, le plus important depuis la dévastatrice Vie de Jésus d&#8217;Ernest Renan (1863). » (…)</p>
<p>Robinson y dénonce « la tyrannie multiforme des suppositions non examinées ». (…)</p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #993300;"><strong>POUR EN FINIR AVEC LE MODERNISME</strong></span></p>
<p>« La première est que la mise par écrit des traditions ne commença pas avant une période considérablement longue de transmission orale – la transition étant marquée, est-il aussi souvent supposé, par la disparition de la première génération apostolique ou par l&#8217;évanouissement de l&#8217;espoir d&#8217;une parousie prochaine. » (…)</p>
<p>Or, voici du nouveau : « Dans un article important et rafraîchissant sur les “ New Directives in Form Criticism ”, Ellis observe que l&#8217;hypothèse en vertu de laquelle “ la mise par écrit aurait commencé seulement quand l&#8217;attente de la fin imminente de cet âge-ci se fut atténuée, s&#8217;effondra avec la découverte des manuscrits de la mer Morte : la secte de Qumrân se considérait comme la ‘ dernière génération ’ (1 QpHab 2, 7 ; 7, 2), s&#8217;attendait à une fin imminente, mais produisit néanmoins un vaste corpus de littérature ”.</p>
<p>« De plus, il fait valoir un argument, évident quand on y pense :</p>
<p>« “ La circonstance qui donna lieu à des enseignements écrits dans le christianisme primitif fut la distance géographique, non la distance chronologique. C&#8217;est évident dans le cas des lettres de Paul et du Décret de Jérusalem (Actes des Apôtres 15), mais une situation similaire, sur une échelle plus réduite, se présenta également pour la mission de Jésus. ” (…) »</p>
<p>Ces observations lumineuses, libératrices, étaient écrites il y a vingt ans. Aujourd&#8217;hui le papyrus du Magdalen Gr. 17 apporte une nouvelle confirmation, éclatante, à la conjecture “ rafraîchissante ” d&#8217;Ellis.</p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #993300;"><strong>POUR EN FINIR AVEC LE “ PROBLÈME SYNOPTIQUE ”</strong></span></p>
<p>« D&#8217;après la seconde présomption, poursuit Robinson, une fois que la période de mise par écrit commença réellement, les traditions furent transmises et influencées mutuellement, presque de façon exclusive, par les processus de dépendance littéraire : un auteur “ utilisait ”, “ copiait ” ou “ transformait ” un autre. (…)</p>
<p>« Au contraire, il y a tout lieu de croire que les deux processus, oral et littéraire, se poursuivent en même temps au cours de la majeure partie des cent premières années de l’Église chrétienne. La mise par écrit se fit plus tôt et le règne de la “ voix vivante ” fut plus long que nous avions tendance à le supposer. » C’est ce que montre l’ensemble de l’ouvrage. (…)</p>
<p style="text-align: center;"><strong><span style="color: #993300;">AVANT LA CHUTE DE JÉRUSALEM (70 ap. J.-C.)</span></strong></p>
<p>Robinson écrit : « Un des faits les plus étranges de la recherche néotestamentaire est sans doute le suivant : ce qui, de toute évidence, devrait apparaître comme l’événement de loin le plus facilement datable et le plus culminant de l’époque – la chute de Jérusalem en 70 après J.-C. – n’est jamais mentionné comme un fait passé. (…) »</p>
<p>Prenez le discours par lequel Jésus annonce cet événement dans l’Évangile de saint Marc : « Lorsque vous verrez l’abomination de la désolation installée là où elle ne doit pas être (que le lecteur comprenne !), alors que ceux qui seront en Judée s’enfuient dans les montagnes, que celui qui sera sur la terrasse ne descende pas pour rentrer dans sa maison et prendre ses affaires ; et que celui qui sera aux champs ne retourne pas en arrière pour prendre son manteau ! » (Mc 13, 14-16) Des exégètes ont soutenu que ce discours avait été écrit après les événements de 70, et modelé sur eux en forme de prophétie ex eventu. Mais c’est impossible : loin de se réfugier dans les montagnes, aux mains des Romains dès l’automne 67, les chrétiens, nous le savons par Eusèbe, s&#8217;enfuirent à Pella, « une cité grecque de la Décapole située sous le niveau de la mer, à l’est du Jourdain ». (…)</p>
<p>Et voici la fine pointe de la preuve que les paroles de Jésus constituent une vraie prophétie : « De plus, l’influence du Livre de Daniel sur ce chapitre est si pénétrante qu’il est difficile de croire que ce qui, chez Daniel, est régulièrement associé à l’abomination de la désolation, à savoir la suspension de l’offrande quotidienne dans le Temple, n’eût pas été mentionné si cette suspension avait déjà eu lieu comme elle eut lieu effectivement en août 70. »</p>
<p>Ajoutons ce qui n’a pas effleuré un Robinson trop protestant, trop moderniste pour y penser : de la part de Jésus, le silence sur “ la suspension de l’offrande quotidienne ” s’explique. Cette offrande ne compte déjà plus à ses yeux, n’étant que la figure du sacrifice parfait qu’il est venu accomplir sur la Croix et perpétuer par le Saint-Sacrifice de la messe. (…)</p>
<p>Robinson complète son argumentation par une preuve a contrario : « Si on veut vraiment savoir à quoi ressemble une prophétie ex eventu, on doit se tourner vers les prétendus Oracles Sibyllins (4, 125-127) : “ Et un chef romain viendra en Syrie, il brûlera le temple de Solyma (= Jérusalem) et en outre massacrera beaucoup d’hommes et dévastera la grande terre des Juifs et son large passage. ” C’est de tels détails précisément qu’on ne trouve pas dans le Nouveau Testament. » La démonstration est cristalline. (…)</p>
<p>La conclusion de ce chapitre est un “ défi ” que Torrey lançait dès 1947, et qui ne fut jamais relevé : « Il n’y a aucun indice résistant quelque peu à l’examen qui soit susceptible de montrer qu’aucun des Évangiles ait été écrit après le milieu du siècle environ et je défie les exégètes par la présente de jamais produire un tel indice. » Non seulement personne n’a relevé le défi, mais les découvertes archéologiques n’ont fait qu’apporter de nouvelles preuves en faveur de l’affirmation de Torrey : avant le milieu du siècle.</p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #993300;"><strong>AVANT LE MARTYRE DE JACQUES (62 ap. J.-C.)</strong></span></p>
<p>Robinson observe qu’il n’y a, dans les Actes des Apôtres, « aucune allusion à la mort de Jacques, le “ frère du Seigneur ”, en 62. » (p. 131) Elle n’avait donc pas encore eu lieu lorsque saint Luc achevait son ouvrage, sinon il aurait raconté cet assassinat « perpétré à l’initiative du Sanhédrin contre l’autorité de Rome », souligne Robinson : « Aucun incident n’aurait mieux servi le propos apologétique de Luc en vertu duquel ce furent les Juifs, non les Romains, qui se révélèrent les vrais ennemis de l’Évangile. »</p>
<p>On lit au chapitre 12 des Actes qu’Hérode Agrippa Ier fait décapiter l’autre Jacques, le frère de Jean (Ac 12, 2) et jeter Pierre en prison (Pâques 44). En revanche, on ne soupçonne même pas, tout au long des Actes, qu’il existât le moindre nuage entre Jacques, “ le frère du Seigneur ”, et les autorités juives. « On ne trouve pas non plus dans les Actes l’ombre d’une allusion à une révolte juive imminente, sans parler de la destruction de Jérusalem qui aurait pu confirmer les prophéties antérieures de l’Évangile. (…) On ne pourrait jamais deviner par les Actes ce qui devait éclater quelques années plus tard. » (p. 132)</p>
<p>Les derniers mots des Actes nous présentent Paul demeurant à Rome « deux années entières dans le logis qu’il avait loué, y recevant tous ceux qui venaient le trouver. » (Ac 28, 30). Robinson cite alors Harnack, (…) qui en vint à conclure que les Actes furent écrits au moment précis où le récit se termine : « (…) Plus nous voyons clairement que le procès de Paul et avant tout son appel à César sont le sujet principal du dernier quart des Actes, plus il apparaît désespéré d’expliquer pourquoi le récit s’interrompt comme il le fait, sinon en supposant que le procès n’avait pas encore atteint son dénouement réel. Il est inutile de lutter contre cette conclusion. » (…)</p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #993300;"><strong>AVANT LE CONCILE DE JÉRUSALEM (49 ap. J.-C.)</strong></span></p>
<p>« On doit (…) être prêt à prendre au sérieux la tradition suivante : Marc, dans la maison duquel Pierre chercha refuge à Jérusalem, au cours de son évasion précipitée (Ac 12, 12-17) et auquel plus tard, à Rome, il devait se référer comme à son “ fils ” (1 P 5, 13), accompagna Pierre à Rome en 42 en tant qu’interprète et catéchiste. » (&#8230;)</p>
<p>Après que Pierre eut quitté Rome pour regagner la Syrie-Palestine, après la mort d’Hérode, Marc écrivit son Évangile à la demande de « ses auditeurs qui étaient nombreux », comme le rapporte Eusèbe qui ajoute : « Ce que Pierre ayant appris, il ne fit rien ni pour l’empêcher ni pour l’y pousser par ses conseils. » Nous sommes là sur le terrain solide des témoignages historiques, dont Robinson, après beaucoup d’autres, pèse soigneusement la valeur : Eusèbe (265-340), corroboré par Papias (IIe siècle) et surtout Clément d’Alexandrie. La découverte d’un fragment de l’Évangile de Marc dans la grotte 7 de Qumrân, daté par Roberts d’ “ avant 50 ”, n’a fait qu’apporter une éclatante confirmation à cette tradition.</p>
<p>Ainsi, il y a tout lieu de penser que saint Marc figurait parmi ceux que saint Luc mentionne dans le prologue de son Évangile comme ayant entrepris avant lui de composer « un récit des événements qui se sont accomplis parmi nous, d’après ce que nous ont transmis ceux qui furent dès le début témoins oculaires et serviteurs de la Parole » (Lc 1, 1-2).</p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #993300;"><strong>AVANT SAINT PAUL</strong></span></p>
<p>Et saint Matthieu ? Comme il fallait s’y attendre, les analyses les plus fines de la critique interne rejoignent l’antique tradition : c’est le “ premier ” Évangile. On discerne son influence sur les premières épîtres de saint Paul, écrites aux Thessaloniciens au cours de son deuxième voyage (50-52). On constate surtout les affinités de Matthieu avec la Didachè, un écrit chrétien rédigé en grec, daté de la première génération apostolique par l’étude de l’abbé J.-P. Audet. Robinson, pour sa part, serait enclin à la situer entre 40 et 60 plutôt qu’entre 50 et 70. (…)</p>
<p>Or la Didachè cite la prière dominicale selon la version que nous lisons dans saint Matthieu : « Ne priez pas comme les hypocrites, mais comme le Seigneur l’a demandé dans son Évangile ; priez ainsi : “ Notre Père&#8230; ” » (Didachè 8, 2). Suit le Pater selon Matthieu 6, 9-13. (…) “ L’Évangile du Seigneur ” est donc, pour la Didachè, l’Évangile de saint Matthieu. (…)</p>
<p>L’Évangile de saint Matthieu  remonte donc à la première décennie de l’expansion de l’Église, peut-être même à cette période que Robinson appelle, à la suite de Hengel, les « quatre ou cinq années “ explosives ”, entre 30 et 35 », qui ont suivi la Pentecôte. (…)</p>
<p>Cela veut dire en clair : avant même d’avoir été « raconté, prié, médité dans les communautés », l’Évangile a d’abord été&#8230; révélé ! « au point qu’il porte, de façon indélébile, la marque de Jésus-Christ à chaque page ». Pour la faire nôtre, je n’ai changé qu’un seul mot, qu’un seul nom à la conclusion de Marchadour. À ce seul nom, qui est celui de Jésus-Christ, les miasmes du modernisme se dissipent, et nous touchons à la réalité, à la vérité, à la substance de l’Évangile. (…)<em></em></p>
<p><em>Frère Bruno Bonnet-Eymard - Extraits de Bible, Archéologie et Histoire, tome 1, p. 95-116 ; tome 2, p. 97-99</em></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #993300;">________________________________________________</span></p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #993300; font-size: medium;">P64 et 7Q : même témoignage</span></p>
<p style="text-align: left;">Tout le monde sait que le manuscrit grec répertorié “ Papyrus 64 ” (P 64) est le “ Grec 18 ”. Précisément, c’est là une première erreur signalée par Thiede. (…) Suite à sa visite à Oxford, « la bibliothèque du Collège a maintenant correctement classé les trois fragments matthéens “ Gr. 17 ”, et cette dénomination devra désormais être adoptée par toutes les listes et catalogues concernant les papyrus du Nouveau Testament ». (…)</p>
<p><span style="color: #993300;"><strong>LE TEXTE</strong></span></p>
<div>
<table border="0" align="right">
<tbody>
<tr>
<td>
<p><img src="/mag/wp-content/uploads/2012/mai/fragment-p-64.jpg" border="0" alt="" width="200" height="206" /></p>
<p><span style="color: #993300;">Agrandissement d&#8217;un fragment du <br />
 papyrus “ P 64 ”.</span></p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
</div>
<p>Déchiffrer le texte est une tâche malaisée. Roberts s’y était repris à deux fois, modifiant en 1960 la transcription qu’il avait donnée en 1953. Thiede apporte à son tour quelques corrections au travail de son prédécesseur. Elles sont si judicieuses que les éditions critiques du texte grec du Nouveau Testament devront nécessairement tenir compte de ses remarques dans l’avenir. Bien plus, nous voyons Thiede, à cette occasion, marquer des points sur ses prédécesseurs qui étaient aussi ses adversaires dans la controverse suscitée naguère par le déchiffrement des manuscrits de la grotte 7 de Qumrân.</p>
<p>« Fragment 3, recto, ligne 1 (Mt 26,22) : Roberts avait arrêté, dans son étude de 1953, qu’ “ il fallait lire legein eis hékastos autôn [“ à lui dire un chacun ”], tournure qui est unique&#8230; ” Cependant cette variante sans autre attestation est loin d’être évidente. Les trois lettres de la ligne 1, sévèrement endommagées, que Roberts avait identifiées comme étant tau/ôméga/mu doivent se lire, en réalité, tau/ôméga/nu. Le nu est la dernière lettre du mot , et donc notre papyrus doit se lire hékastos autôn mèti egô eimi [“ chacun d’eux : Serait-ce moi, Seigneur ? ”] », ce qui est en accord avec la leçon de nombreux autres manuscrits.</p>
<p>Voilà donc renvoyée au néant la leçon insolite imaginée par Roberts, lisant mal un papyrus d’Égypte qu’il avait à sa disposition à Oxford, avec tout loisir de l’examiner attentivement. (…) Conclusion : Le P 64 confirme la leçon adoptée par le Nouveau Testament trilingue de Bover-O’Callaghan dans son édition de 1994, à l’encontre du Nouveau Testament grec et latin de Nestle-Aland, 27e édition (1993). (…)</p>
<p>Rencontre amusante : dans cette question de la version à adopter pour Mt 26,22, tout dépend de la lecture d’un nu après tau/ôméga (tôn) comme pour la deuxième ligne du 7Q5 (Mc 6, 52), où nous lisions tau/ôméga/nu (tôn), avec le Père O’Callaghan, contre l’abbé Baillet qui avait qualifié ce nu d’« absurde ». Au Congrès d’Eichstätt, en octobre 1991, Thiede déclarait lire un nu, mais il voulut vérifier sur l’original, comblant ainsi le vœu formulé par l’abbé de Nantes. (…) Thiede se rendit à Jérusalem en avril 1992 pour examiner le fragment 7Q5 en s’entourant de toutes les garanties d’une expertise criminalistique. (…) La conclusion fut une définitive confirmation de la présence d’un nu, clef de l’identification du fragment 7Q5 avec Marc 6, 52-53.</p>
<p><span style="color: #993300;"><strong>UN LANGAGE DIRECT ET SANS APPRÊT</strong></span></p>
<p>Les trois fragments offrant un texte recto verso, nous sommes en présence de six passages du chapitre 26 de l’Évangile selon saint Matthieu. La première tâche du paléographe est de calculer la stichométrie du manuscrit, c’est-à-dire le nombre de lettres par “ ligne ” (stichos). Ici elle oscille entre quinze et dix-huit lettres. Cette régularité était de règle dans l’Antiquité car le scribe était payé au nombre de lignes. Les mots étaient copiés en scriptio continua, sans séparations, ce qui permettait d’obtenir des colonnes justifiées à droite.</p>
<p>La régularité stichométrique permet d’identifier certaines lettres difficiles à lire, et même de reconstituer les lacunes des lignes conservées. Au début de la deuxième ligne du fragment n° 3, verso (Mt 26, 14), entre tôn et légoménos, il n’y a place que pour deux lettres là où l’on s’attend à lire dôdeka, “ Douze ” : « l’un des Douze, appelé Iscariote ». Le scribe a remplacé les six lettres du mot dôdeka par les deux lettres iôta et bêta, symboles du chiffre 12, car les Grecs employaient pour chiffres les vingt-quatre lettres de l’alphabet. Avant le lambda de légom, on aperçoit la queue du bêta.</p>
<p>En outre, Thiede a remarqué qu’il n’y a pas de place pour un omicron entre ce bêta et le lambda de légoménos : « Nous avons là un rare emploi de légoménos sans article : “ L’un des Douze, dénommé Judas Iscariote ” au lieu de “ l’un des Douze, le dénommé Judas Iscariote ”. Une construction que l’on retrouve en Mt 2, 23 : “ dans une ville de Samarie nommée (légoménèn) Nazareth ”, et en Jn 4, 5 : “ dans une ville de Samarie nommée Sychar ”. À moins qu’il ne s’agisse d’une simple erreur de copiste. »</p>
<p>Pour ma part, je tiendrai plutôt cette omission pour intentionnelle, et caractéristique d’un textus brevior originel. C’est la même impression que procure une autre variante observée par Thiede : « Fragment 1, recto, ligne 2 (Mt 26, 31) : pour des raisons de stichométrie le mot humeis (vous) après pantès (tous) doit être omis. » Il faut donc lire : « Tous vous vous scandaliserez », et non pas « vous tous vous vous scandaliserez ». Thiede poursuit : « En effet, avec humeis (vous) la première ligne compterait vingt lettres au lieu de seize qui est la moyenne. Une telle omission dans les plus anciens manuscrits de l’Évangile de Matthieu confirme, une fois de plus, la tendance des premiers papyrus à garder un langage simple, ramené au strict nécessaire, libre de tout ornement rhétorique. » (…)</p>
<p>Conclusion : les fragments les plus anciens des Évangiles parvenus jusqu’à nous sont de véritables reliques. Le 7Q5 pour saint Marc, P 64 pour saint Matthieu, P 52 pour saint Jean, témoignent d’une langue grecque non pas littéraire à proprement parler mais, comme Thiede l’a déclaré au Times, « façonnée sur mesure pour un groupe qui n’a pas été formé aux règles classiques, mais qui est à son aise dans une culture bilingue ou même multilingue. »</p>
<p>L’inscription trilingue placardée sur la Croix de Jésus illustre cette situation, et plus encore les paroles par lesquelles Pilate refusa aux juifs de modifier l’écriteau (Jn 19, 22), de même que la question par laquelle il ouvrit le procès de Jésus (Jn 18, 29). L’abbé Pierre Courouble les a étudiées avec tant d’acribie qu’il nous fait pour ainsi dire entendre le gouverneur romain parler grec. Écoutons un instant : c’est pris sur le vif, comme une étonnante confirmation des conclusions de Thiede, qui nous conduira tout naturellement à revenir à ce dernier et à ses recherches sur la date que l’on peut assigner aux papyrus d’Oxford et de Barcelone :</p>
<p>• Les grands-prêtres des Juifs, mécontents de voir désigné comme “ Roi des Juifs ” celui qu’ils viennent de crucifier, protestent donc auprès de Pilate. Sa réponse est peut-être plus connue dans sa version latine : Quod scripsi scripsi, “ ce que j’ai écrit, je l’ai écrit ”. Elle sonne parfaitement en latin, frappée de l’imperatoria brevitas du peuple “ qui se souvient de régner sur les peuples ”. En grec, l’évangile dit : ho guégrapha guégrapha. Et ici, cela ne va plus. Le latin n’a qu’un seul temps, le parfait – scripsi – pour exprimer l’action passée et son résultat : “ ce que j’ai écrit (ce matin), je l’ai écrit (pour de bon, et cela restera écrit) ”. Or, ce sont là deux aspects que le grec, depuis Homère jusqu’à nos jours, distingue soigneusement : il mettrait le premier verbe à l’aoriste, et le second au parfait. D’autre part, le quod “ ce que ”, qui est un collectif, se traduirait plutôt par le pluriel neutre que par le singulier. Si Pilate n’avait pas pensé en latin ce qu’il a dit en grec, s’il avait mieux possédé cette langue, il aurait dit : ha égrapsa guégrapha. C’est sans doute moins impressionnant, mais plus précis, moins latin, plus grec.</p>
<p>Lorsqu’au matin de ce jour, les Juifs ont amené Jésus pour obtenir contre lui la sentence de mort, Pilate a d’abord demandé : “ Quelle accusation portez-vous contre cet homme ? ” en latin, selon la Vulgate : Quam accusationem affertis adversus hominem hunc ? S’agirait-il d’une phrase rituelle par laquelle le juge ouvrait l’audience ? En grec, l’évangile nous la rapporte ainsi : tina katègorian phérété kata tou anthrôpou toutou. Et de nouveau nous voyons Pilate, en étranger qui manie mal le grec, y glisser du latin. Une première erreur, assez bénigne, porte sur l’interrogatif : tina interroge sur l’identité ; pour interroger sur l’espèce (“ quelle espèce d’accusation : vol ? violence ?&#8230; ”), le grec emploierait poian, tandis que le latin n’a qu’un seul mot pour les deux emplois. Mais c’est le verbe qui est incorrect. Nous disons “ porter ” une accusation, à la suite du latin qui emploie le mot fero ou affero. Le grec dit “ faire ” une accusation : le verbe employé est poiô, mais il l’emploie à la voix “ moyenne ”, et non pas à la voix “ active ”, pour indiquer que l’accusateur s’engage dans le grief qu’il porte. On aurait donc ceci : poian katègorian poieisthé kata tou anthrôpou toutou. Pilate, pensant en latin, utilise le verbe grec phérô, parce qu’il est homonyme du fero latin, alors qu’il n’a aucun sens ici, et il le met à la voix “ active ”, comme il le ferait en latin.</p>
<p>Que conclure de ces observations ? Remarquons d’abord que ces incorrections – et notamment l’emploi défectueux des verbes – ne peuvent pas avoir été imaginées par un Grec ou un écrivain familier du grec. Or, l’auteur du quatrième évangile connaît bien le grec, et ne se trompe jamais sur le choix des formes verbales grecques et de leurs aspects. Elles sont encore moins l’œuvre d’un Sémite. Seul un Latin pouvait les commettre. Elles ont donc toutes chances d’être des phrases prises sur le vif, telles que Pilate les a prononcées.</p>
<p>Pilate a été révoqué au début de l’an 36, moins de six ans après la Passion, et il a quitté la Palestine. Il laissait le souvenir d’un gouverneur à la main lourde, mais des détails comme ceux que nous venons de souligner n’ont pas dû surnager longtemps dans les mémoires. (…) La manière dont saint Jean rapporte les paroles de Pilate n’a vraiment d’intérêt pour le lecteur ou l’auditeur que s’il est encore en place, ou parti depuis peu, et que sa silhouette vit encore dans le souvenir des chrétiens de Jérusalem. Ces détails pris sur le vif, mis par écrit dans les quelques années qui ont suivi la Passion, nous semblent inexplicables si l’on persiste à dater le quatrième évangile trente ou soixante ans plus tard (Pierre Courouble, Le grec de Pilate selon l’Évangile de saint Jean, La Lettre des amis de l’abbé Jean Carmignac n° 15, mars 1993, p. 5).</p>
<p><span style="color: #993300;"><strong>LA DATE</strong></span></p>
<p>Revenons au papyrus de l’Évangile selon saint Matthieu. Après la critique textuelle dont nous venons d’expliquer les principaux résultats sans entrer dans tous les détails, Thiede en vient à la question de la date : Quand P 64 a-t-il été écrit ? Hic jacet lepus. (…)</p>
<p>Thiede sait bien qu’il s’en prend à une position acquise, bétonnée. Mais il n’entend pas sacrifier ce qu’il appelle « la précision technique » aux « préceptes académiques antérieurs ». Il procède avec une érudition confondante, confrontant les manuscrits disponibles, ne négligeant aucun élément de comparaison capable de fournir un indice. (…)</p>
<p><span style="color: #993300;"><strong>L’AN 200 : UNE DATE COMMODE MAIS CONTESTABLE.</strong></span></p>
<p>« La date communément attribuée au Magdalen Gr. 17, et au papyrus de Barcelone qui en est inséparable, celle de l’an 200 environ, peut être considérée comme un “ dépotoir ” sans risque, mais il se pourrait qu’elle soit trop tardive. Et d’abord, il faut garder en pensée que Roberts fit une révolution lorsqu’il suggéra, en l’éditant pour la première fois en 1953, de dater ce papyrus de “ la fin du deuxième siècle ”. (…)</p>
<p>« Dans son rapport de 1901, le bibliothécaire H. A. Wilson cite un avis donné oralement par une autorité aussi considérable que A.S. Hunt, selon lequel le papyrus “ devait être attribué plutôt au quatrième siècle ”. Roberts fait remarquer dans son commentaire que Hunt, ainsi que son collègue B. P. Grenfell, tenait au départ pour établi que des manuscrits en codex ne pouvaient pas être antérieurs au troisième siècle, plutôt quatrième. Il cite l’exemple amusant du papyrus Oxyrhynque I, 35, fragment d’un codex latin d’une Histoire des guerres de Macédoine inconnue par ailleurs, conservé à la British Library, que Hunt et Grenfell étaient portés à dater du deuxième siècle, peut-être même d’avant l’an 79 ap. J.-C., pour des raisons de paléographie, mais qu’ils datèrent néanmoins de la fin du troisième ou quatrième siècle, puisqu’il s’agissait d’un vellum codex. Comme il a déjà été dit plus haut, Roberts en vint par la suite à défendre, de la même manière, la date de la fin du deuxième siècle pour le Magdalen Gr. 17, d’accord en cela avec les conclusions de Bell, Skeat et Turner. L’un des arguments les plus décisifs allégués était que “ l’omicron minuscule et l’oméga aplati, que l’on rencontre souvent dans les graphies du troisième siècle, sont absents dans les fragments du Magdalen ”. »<br />
 <span style="color: #993300;"><strong><br />
 RECHERCHE SCIENTIFIQUE PAR LA MÉTHODE COMPARATIVE.</strong></span></p>
<p>« Depuis la publication de l’étude de Roberts, de nouveaux papyrus sont venus au jour, et ils semblent favoriser une date encore plus reculée. Ce n’est pas surprenant, puisque la réévaluation des papyrus du Nouveau Testament a conduit, du moins à partir des années 1960, à de nouvelles datations avec, parfois, des conséquences drastiques, non sans susciter des disputes. On pourrait alors soutenir que le résultat de cette remise en cause continuelle est une incertitude croissante, plutôt que l’inverse, touchant la confiance à accorder aux datations paléographiques des manuscrits. Et cependant, on ne peut pas renoncer ; il faut relever le défi. Précisément, un parallèle inespéré à notre Magdalen Gr. 17, et à son complément de Barcelone, nous est fourni par le rouleau de cuir découvert à Nahal Hever, près de la mer Morte, appelé “ Rouleau grec des petits prophètes ” (8 Hev XII gr.). D. Barthélemy, qui fut le premier à publier des extraits de ce rouleau en 1963, C. H. Roberts, W. Schubert, E. Würthwein et R. Hanhart ont tous opté pour le milieu du premier siècle après Jésus-Christ, an 50 environ. Tov 6, dans sa nouvelle édition complète, laisse le soin de dater le volume à P. J. Parsons, et celui-ci n’exclut pas la seconde moitié du premier siècle par référence au papyrus Oxyrhynque 2555, mais préfère la fin du premier siècle avant Jésus-Christ “ comme possible et, bien sûr, non obligatoire ”.</p>
<p>« Il est donc normal que, entre la fin du premier siècle avant Jésus-Christ et la moitié ou, au plus tard, la seconde moitié du premier siècle après Jésus-Christ, il y ait place pour des datations divergentes, avec une préférence marquée pour la première moitié du premier siècle après Jésus-Christ. Sans entrer dans le débat autour de la date de l’Évangile de saint Matthieu, il nous faut remarquer que le terminus post quem historique pour chacun des Évangiles est constitué par les derniers événements qu’ils rapportent : la crucifixion de Jésus et sa résurrection, an 30 de notre ère. Et il faut aussi noter que cela nous donne un intervalle suffisant pour nous permettre de comparer le rouleau de Nahal Hever avec le Magdalen Gr. 17.</p>
<p><span style="color: #993300;"><strong>P 52 : UNE VERSION “ ORIGINALE ” DU QUATRIÈME ÉVANGILE ? </strong></span></p>
<p>En 1935, le papyrologue britannique Colin H. Roberts édita ce petit fragment de papyrus (8, 9 × 6 cm), trouvé en Égypte et appartenant à la Bibliothèque universitaire John Rylands de Manchester. Il identifia facilement le texte : au début de la ligne 1, recto, on lit ioudai[oi], « juifs » ; fin de la ligne 2, verso, mart[uresô], « témoi[gner] » ; en dessous, ligne 3, alèthe[ias], « véri[té] » ; ces bribes évoquent immédiatement l’Évangile de saint Jean. Identification et datation (125 ap. J.-C.) furent acceptées dans l’enthousiasme général. P 52 était le plus ancien manuscrit du Nouveau Testament connu à cette époque. Aujourd’hui, nous savons que le Codex paulinien P 46 et le codex de l’Évangile de saint Jean P 66 (voyez notre page 7) sont de la fin du premier siècle. Avec le 7Q5 et le 7Q4, nous avons là une famille de manuscrits qui témoignent immédiatement des “ originaux ”.</p>
<p>4Q LXX Leva, morceaux d’un rouleau de cuir qu’il date du premier siècle av. J.-C., les lettres alpha, bêta, delta, epsilon, êta, iôta, kappa, etc. sont identiques ou presque identiques à ce que nous trouvons sur le Magdalen Gr. 17. À vrai dire, les lettres qu’il a sélectionnées auraient bien pu être prélevées directement sur le Gr. 17. Et pourtant, à observer les fragments eux-mêmes, on constate au moins deux différences : le Leviticus a de Qumrân est légèrement incliné à droite, et les lettres sont très serrées, parfois même reliées entre elles (ligatures).</p>
<p>« Cependant, l’archéologie toute seule ne peut pas suffire à conduire Parsons à des dates très reculées ; après tout il y a de la marge, jusqu’à 68 ap. J.-C., date de l’abandon des grottes, et l’on pourrait aussi bien préférer la première moitié du siècle ap. J.-C. pour l’un et l’autre, le 4Q LXX Leva et le papyrus 4Q LXX Levb. Mais, et c’est là l’important, la tendance prédominante à dater les documents de nature comparable au Magdalen Gr. 17 d’une période encore antérieure à la date la plus ancienne possible pour l’Évangile de Matthieu, suggère, avec toute la prudence requise, la possibilité de modifier la datation des fragments d’Oxford et Barcelone, dont l’appartenance à Matthieu ne fait aucun doute, et de la reculer jusqu’à une période passablement antérieure à la fin du deuxième siècle qui leur a été attribuée jusqu’à présent. Étant bien entendu qu’une totale certitude demeure inaccessible.</p>
<p>« Récapitulons : Même si Herculanum et Qumrân – avec ses fragments grecs des deux grottes, 4 et 7 – sont encore à l’étude, tous deux ont leurs “ termini ” archéologiques. Tous les documents de comparaison empruntés à leurs fonds suggèrent des dates antérieures à 79 et à 68 respectivement. Il va sans dire que les types d’écriture que l’on rencontre dans ces deux sites ont bien pu continuer à être en usage plus tard, vers la fin du premier siècle et même au-delà. En ce qui nous concerne, nous croyons être en mesure d’avancer, à titre d’hypothèse, que les documents provenant du Nahal Hever, d’Herculanum et de Qumrân, permettent d’attribuer le Magdalen Gr. 17 et le papyrus de Barcelone au premier siècle. »</p>
<p><span style="color: #993300;"><strong>NOMINA SACRA.</strong></span></p>
<p>Par rapport au texte que nous lisons dans nos éditions imprimées, toutes dérivées des grands manuscrits du IVe siècle Vaticanus et Sinaïticus, l’étude minutieuse du texte de Magdalen Gr. 17 (P 64) et de ses variantes, nous révèle donc un textus brevior incontestablement plus ancien, témoin du style sobre et dépouillé des scribes chrétiens du premier siècle. D’un point de vue étroitement paléographique, Thiede en fournit une démonstration d’autant plus convaincante qu’elle converge avec les conclusions que ses pairs, Hunger et Kim, tirent de l’étude de P 66 et P 46. Or, voici une objection, surgie non point de la paléographie mais de la théologie. La régularité stichométrique oblige en effet à penser que le nom de Jésus était écrit sous la forme d’une abréviation qui constituait un nomen sacrum, véritable confession de la divinité de Jésus :</p>
<p>« Arrivés à ce point, il nous faut nous tourner vers les nomina sacra et leur influence sur la datation. Le Magdalen Gr. 17 compte deux, peut-être trois abréviations de noms sacrés : iôta/sigma pour Jèsous, sur le fragment 2, verso, ligne 1 (probable à cause de la stichométrie) ; et fragment 1, recto, ligne 1, bien visible ; et kappa/epsilon pour kurié, “ Seigneur ”, sur le fragment 3, recto, ligne 2.</p>
<p>« Pour des raisons historiques, Roberts avait suggéré que l’utilisation des nomina sacra était devenue pratique courante parmi les chrétiens de Jérusalem même avant l’année 70. Il n’en avait cependant pas de preuves paléographiques, et c’est pourquoi il ne proposa pas, même pour le John Rylands Gr. 457 (P 52) qu’il avait lui-même édité, d’employer des nomina sacra dans la reconstruction des parties disparues des lignes encore existantes, même si la stichométrie semblait l’imposer. Le Magdalen Gr. 17 pourrait bien offrir le chaînon manquant : un fragment de codex chrétien du premier siècle, peut-être (mais pas nécessairement) d’avant 70, contenant les nomina sacra postulés par Roberts.</p>
<p>« Il y a quelques années, une telle date aurait été écartée pour la simple raison qu’une version en codex de Matthieu – et il n’y a pas le moindre doute sur l’identification des papyrus d’Oxford et de Barcelone – n’aurait pas pu atteindre l’Égypte à une période où la germination et la diffusion de l’Évangile étaient encore à ses premiers pas. Mais l’erreur méthodologique de Grenfell et de Hunt mentionnée plus haut nous a été une bonne leçon ; et puis nous possédons ce célèbre fragment d’un codex de l’Évangile de Jean conservé à la bibliothèque John Rylands de l’université de Manchester : P 52 (J. Rylands Libr. Gr. P 457). Colin Roberts compare le P 52, lors de sa première édition en 1935, aux autres papyrus datés et datables, et finalement il se décide pour la date qui semble la plus tardive possible, environ 125 ap. J.-C. Il aurait aussi bien pu prendre moins de précautions et lui préférer l’autre extrémité du spectre, à laquelle appartiennent le papyrus Fayyûm 110 (94 ap. J.-C.), le papyrus Lond. 2078, une lettre privée (époque de Domitien, 81-96 ap. J.-C.). On peut aussi observer une ressemblance remarquable du P 52 avec le P. Gr. Berol 19c, qui fait partie d’un rouleau de l’Iliade X daté de la fin du premier siècle.</p>
<p>« Dans leur monographie intitulée The Birth of the Codex (L’apparition du Codex), C. H. Roberts et T. C. Skeat affirment que les chrétiens ont choisi de copier les textes de l’Ancien Testament et leurs propres récits sous forme de codex, et cela avant l’an 100. Vers la fin du premier siècle, le poète romain Martial loue son ami et éditeur, pour son entreprise de marketing (sic !) sans précédent : l’introduction d’une bibliothèque d’œuvres classiques dans le format codex ; le codex fragmentaire latin d’une Histoire des guerres de Macédoine mentionné plus haut constituerait le seul exemplaire survivant de cette aventure qui n’eut probablement qu’un temps.</p>
<p>« Sous l’influence de la prudente datation de Roberts concernant le P 52, et cinq ans avant la parution de l’étude de Kim, Roberts et Skeat ne citent aucun codex chrétien du premier siècle pour appuyer leur thèse de quelque preuve concrète. Toutefois, l’état actuel des recherches suggère que les fragments Magdalen Gr. 17 d’Oxford, ainsi que leurs compléments espagnols, constituent les premiers exemples d’apparition du codex chrétien avant la fin du premier siècle. »</p>
<p><em>Frère Bruno Bonnet-Eymard, Extraits de BAH, tome 1, p. 95-116</em></p>
<p style="text-align: left;"> </p>
</div>
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		<title>BENOÎT XVI: FIN DE RÈGNE ?</title>
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		<pubDate>Tue, 10 Apr 2012 14:39:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
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		<description><![CDATA[par Caroline Pigozzi - Paris Match









Rien ne va plus au Vatican, même si Benoît XVI a été chaleureusement accueilli la semaine dernière en rassembleur au Mexique puis à La Havane où des centaines de milliers de Cubains ont suivi sa grand-messe. Pourtant, à Rome, depuis Noël, le Pape semble porter sa croix. Le directeur de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>par Caroline Pigozzi - Paris Match</em></p>
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<p><img src="/mag/wp-content/uploads/2012/avril/Castro-Benoit-XVI.jpg" border="0" alt="" width="515" height="299" /></p>
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<p>Rien ne va plus au Vatican, même si Benoît XVI a été chaleureusement accueilli la semaine dernière en rassembleur au Mexique puis à La Havane où des centaines de milliers de Cubains ont suivi sa grand-messe. Pourtant, à Rome, depuis Noël, le Pape semble porter sa croix. Le directeur de la salle de presse, le ­jésuite Federico Lombardi, est régulièrement obligé d’apporter des démentis officiels, voire même de faire de l’humour sur la politique du chef suprême de l’Eglise catholique, alors que le digne père s’abritait surtout, jusque-là, derrière son autre fonction de directeur de Radio Vatican. « Il doit déminer sur tous les fronts », confient avec réalisme les vaticanistes. S’ils sont encore unis par leur foi catholique, bon nombre de ­cardinaux semblent avoir désormais perdu la sacro-sainte notion du ­secret depuis qu’a été révélé en janvier le présumé complot en vue d’assassiner Benoît XVI avant novembre 2012. Incroyable nouvelle parvenue sur place à travers un document ultraconfidentiel écrit dans un allemand parfait, en théorie par le très conservateur cardinal colombien Dario Castrillon Hoyos, 82 ans, qui, le 30 décembre dernier, a sans ménagement prévenu la secrétairerie d’Etat qu’il détenait ces sulfureuses ­informations du cardinal de Palerme Paolo Romeo. Ce dernier prétendait les avoir apprises en Chine, où il s’était rendu pour des raisons encore obscures… Une affaire qui a beaucoup intrigué, d’autant que le père Lombardi a dû confirmer l’existence de cette embarrassante missive qui, toujours d’après Romeo, précisait que Sa Sainteté aurait déjà clandestinement désigné son successeur en la personne du cardinal Angelo Scola. Un scénario et une troublante coincidence ayant reçu un large écho, car avoir nommé en septembre dernier l’ancien patriarche de Venise comme nouvel archevêque de Milan est un fait unique dans l’histoire récente de Rome, qui n’a bien sûr échappé à aucune chancellerie…<span id="more-580"></span></p>
<p>Milan, plus grand diocèse du monde avec 1 104 paroisses et 4,8 millions de baptisés, représente un Etat dans l’Eglise et un tremplin, la voie royale. Au XXe siècle, deux papes, Pie XI et Paul VI, occupèrent avant d’être élus ce très convoité archevêché… Alors, comme disent les cardinaux : « Si c’est pas vrai, c’est bien trouvé », d’autant qu’à la veille de son 85e anniversaire, le 16 avril, il ne semble guère irrespectueux d’oser évoquer, selon les termes consacrés, la succession du Pape en cas de vacance du siège apostolique. De plus, d’aucuns murmurent « sotto voce » que le vieil homme aurait un cancer, d’où cet amalgame avec une mort certaine avant la fin de l’année. Quant aux moins pessimistes, ils confient qu’il a, en tout cas, une arythmie complète, c’est-à-dire des palpitations cardiaques entraînant essoufflement et fatigue chronique, baisse de tension, et expliquant sans doute sa vive anxiété à la veille des voyages, qu’il a limités à une demi-­douzaine par an. Au Mexique, on l’a vu pour la première fois descendre de l’avion en s’appuyant sur une canne. Il serait soumis à un traitement anticoagulant par les antivitamines K pour éviter les trhomboses. Des nouvelles qui aiguisent le goût du pouvoir et ont ouvertement lancé la guerre de ­succession, jusque-là feutrée, que se livrent avec un savoir-faire extrême quelques personnages clés, le Lombard Angelo Scola, 71 ans, le Hongrois Peter Erdö, 59 ans, et le Canadien Marc Ouellet, 67 ans, brillants intellectuels et polyglottes. Car avant d’aborder les sujets profonds – de la lutte contre l’avortement au dialogue interreligieux – les membres du Sacré Collège insistent sur le malaise de l’Eglise. Une « annus horribilis » qui a, pour le 265e évêque de Rome, commencé dès janvier. A peine remis du scandale planétaire causé par une minorité de prêtres pédophiles, il s’est agi d’argent. La presse italienne a dévoilé le contenu de lettres adressées quelques mois auparavant par le cardinal Carlo Maria Vigano, alors secrétaire général du gouvernorat de la cité du Vatican, chargé d’administrer et de contrôler les comptes, lequel dénonçait les dépenses inconsidérées et l’opacité dans la gestion des fonds. Les sommes déposées au Saint-Siège par les congrégations religieuses et les diocèses du monde entier sur les comptes de l’Institut pour les œuvres de religion, le célèbre IOR, en quelque sorte la banque du Vatican, seraient généreusement dépensées sur place sans soumettre, notamment lors de travaux, les entreprises à des appels d’offres.</p>
<p>Rien de bien différent de ce qui se pratique dans bon nombre de municipalités, mais l’argent transitant par les banques ne serait pas soumis aux règles internationales d’anti-blanchiment à laquelle se plie, entre autre, la République italienne. Ce manque de transparence, voire d’information, ne prouve toutefois pas que ces montants, souvent providentiels, soient sales. Rien n’est simple car l’IOR, à la fois fondation, banque centrale et de dépôt, doit conserver son indépendance, son statut d’entité internationale. Ainsi, depuis des siècles, le silence est d’or même s’agissant d’argent ! Cette inutile confession, signée d’un éminent personnage qui vient d’être envoyé comme nonce aux Etats-Unis, contribue à alimenter les pires bruits… N’oublions pas que le Vatican entretient des rapports diplomatiques avec 179 nations et ­quasiment toutes les organisations internationales, mais pas de relations officielles avec l’Arabie saoudite, la Chine et 14 autres pays. Un Vatican au rayonnement mondial et au poids diplomatique évident, d’où l’indignation du corps cardinalice dont près des deux tiers étaient à Rome en février dernier pour la création des 22 nouveaux cardinaux (18 en fonction et quatre honorifiques) dans un contexte des plus polémiques : il n’y avait parmi ces promus aucun Africain et un seul Sud-Américain.</p>
<p>RENDONS JUSTICE AU PAPE, IL EST RARE À PRÈS DE 85 ANS<br />
 DE FAIRE LA RÉVOLUTION ET DE CHANGER SES COLLABORATEURS</p>
<p>En effet, dans son insondable logique, influencé aussi par son cardinal secrétaire d’Etat ­Tarcisio Bertone, le chef de l’Eglise universelle a d’abord ­privilégié les Européens, neuf hors de la péninsule, parmi lesquels deux Allemands, un Tchèque, un Maltais, et sept Italiens, dont trois proches de Tarcisio Bertone qui occupent d’éminentes fonctions dans la Ville éternelle, tels les cardinaux Bertello, nouveau président du gouvernorat de la cité du Vatican, ­Calcagno, président de l’Administration du patrimoine du siège apostolique, Versaldi, président de la Préfecture pour les affaires économiques du Saint-Siège. Un arbitrage suscitant des sentiments de frustration et d’injustice, et une inévitable rivalité entre les très nombreux Italiens. Cela a rendu Bertone toujours plus impopulaire. Des choix qui tranchent face aux deux continents, l’Afrique (où parfois les prêtres ont des enfants, ce qui, à cause de tests ADN, requiert un minimum de prudence…) et l’Amérique du Sud abritant le plus grand nombre de catholiques de la planète. Là où les ambassadeurs de Dieu sont engagés et souvent impliqués dans une politique en faveur des migrants, des plus pauvres, ou de l’écologie, ainsi que dans le combat contre les dictatures ­locales et les dérives de la finance internationale. Une idéologie qu’incarne au Sacré Collège le charismatique cardinal du Honduras, président de Caritas International, Oscar Andres Rodriguez Maradiaga, prudemment tenu à distance par ses collègues car ses idées progressistes inquiètent un cénacle aux accents plutôt conservateurs.</p>
<p>D’autre part, rendons justice au Pape, il est rare au seuil de ses 85 ans de faire la révolution et même d’être tenté de remplacer ses proches collaborateurs. Joseph ­Ratzinger, d’abord plongé dans l’écriture de ses ouvrages et de ses homélies, qui aime donner du silence au temps, est-il sans doute surtout rassuré par un entourage familier. C’est pourquoi il reste imperméable aux impitoyables critiques sur son fidèle cardinal Bertone, 77 ans, auquel on reproche son peu de caractère, ses faibles compétences internationales, lui qui ne parle qu’italien, et aussi d’avoir créé son « petit parti » à l’intérieur de la curie. Malgré cela, le Pape protège ce Piémontais qui est son bras droit depuis son élection du 19 avril 2005. Certes, le nom du cardinal conservateur Mauro Piacenza, 67 ans, à la tête de la puissante congrégation pour le clergé, circule depuis des mois pour le remplacer, mais il est surtout le candidat des journalistes. Lorsqu’en avril 2009, en visite à Castel Gandolfo, l’aristocratique archevêque de Vienne Christoph Schönborn et les Italiens Angelo Bagnasco, archevêque de Gênes, et Camillo Ruini, à l’époque vicaire général de Rome, avaient tenté d’alerter le Saint-Père sur les multiples lacunes de son proche collaborateur et de souligner sa mauvaise gouvernance, le Pape n’avait guère écouté. Depuis, le malaise s’est étendu et le Sacré Collège semble déstabilisé. Une situation dont apparemment trois personnages imposants tirent subtilement profit au cœur de ce sénat qui, le jour venu, choisira le 266e pape. Digne assemblée de 125 électeurs pour l’heure, dont 30 Italiens, soit quasiment un quart d’entre eux, et ­combien de « papabili » ? Le mot n’est plus tabou.</p>
<p>D’ailleurs, un des très informés cardinaux à qui je demandais si Angelo Scola avait ses chances m’a répondu : « Le fait qu’on parle si souvent de lui peut produire un effet contraire&#8230; Et un vieux dicton latin prétend que “qui entre Pape au conclave en sort cardinal”.  » J’ai alors insisté : « Est-il carbonisé par les récentes déclarations du cardinal Romeo ? » Il a d’abord feint de ne pas comprendre, puis m’a juste répliqué : « C’est cela. » Ce qui donnerait un avantage au cardinal hongrois Peter Erdö, réélu président des Conférences épiscopales européennes l’année dernière. Une puissante et influente tribune dans un Sacré Collège à majorité européenne. Docteur en théologie et en droit canon, le cardinal archevêque d’Esztergom-­Budapest a peu d’ennemis. Autre personnalité qui trace sa route, le cardinal canadien Ouellet, depuis fin 2010 à la tête de la Congrégation pour les évêques. Le fait que toutes les nominations de robes mauves passent par lui en fait un acteur incontournable. De plus, il est d’Amérique sans être issu des Etats-Unis ni d’Amérique du Sud, où il a passé dix ans comme missionnaire et dont il connaît tous les cardinaux. Or, s’il n’y a pas de complicité et d’unité de voix parmi les Sud-Américains, ils apprécient en revanche beaucoup ce Canadien. Quand on lui ­demande si son avenir est sur le siège de Pierre, il préfère sourire en évoquant la beauté de son Québec natal.</p>
<p>Comme l’explique un haut prélat : « Que le président du Conseil, Mario Monti, puisse prochainement supprimer l’exemption fiscale dont bénéficie le Vatican depuis les accords de Latran en 1929, sans même prévenir Sa Sainteté, et que le président de la Conférence épiscopale italienne, le cardinal Bagnasco, le découvre sur le site Internet du ministère des Finances démontre le mauvais fonctionnement du Vatican et le manque de coordination de ses divers dicastères. Il faut se rendre à l’évidence, nous ne sommes plus gouvernés. En d’autres temps, le Pape ou ses plus proches émissaires auraient été informés et, dans le plus grand secret, seraient tout de suite intervenus pour éviter que ces quelque 700 millions d’euros soient ponctionnés », conclut-il en levant les bras au ciel. Loin des réalités mais quand même lucide sur la nature de certains de ses Princes de l’Eglise, Benoît XVI leur a récemment rappelé : « Il n’est pas facile d’entrer dans la logique de l’Evangile et de laisser celle du pouvoir et de la gloire. » Un discours qu’ils comprennent, bien sûr, même s’ils ne font pas toujours preuve d’humilité. Car s’ils ne croient plus vraiment en celui qui les gouverne, ils croient tous en Dieu.</p>
<p><em>Source : http://www.parismatch.com</em></p>
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		<title>Histoire de la spiritualité chrétienne</title>
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		<pubDate>Fri, 23 Mar 2012 13:55:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Livres]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.abbatah.com/mag/?p=579</guid>
		<description><![CDATA[Par   Louis Bouyer
Nouvelle édition révisée et augmentée  
 Première Édition : Aubier, 1960









Histoire de la spiritualité chrétienne, I
La spiritualité du Nouveau Testament et des Pères
Par  Louis Bouyer














Histoire de la spiritualité chrétienne, II
La spiritualité du Moyen Âge
Par  Louis Bouyer -  Dom Jean Leclercq -  François Vandenbroucke













Histoire de la spiritualité chrétienne, III
La spiritualié orthodoxe et la spiritualité protestante [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Par   <a href="http://www.editionsducerf.fr/html/fiche/ficheauteur.asp?n_aut=1546">Louis Bouyer</a></p>
<p><em><span style="color: #333399;"><span class="TxtGris">Nouvelle édition révisée et augmentée  <br />
 Première Édition : Aubier, 1960</span></span></em></p>
<table class="TableListing" border="0">
<tbody>
<tr>
<td style="padding-right: 10px;" rowspan="4"><img src="/mag/wp-content/uploads/2012/mars/1.jpg" border="0" alt="" width="125" height="196" /></td>
<td></td>
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<tr>
<td width="100%"><span style="color: #993300; font-size: small;"><span class="titrea">Histoire de la spiritualité chrétienne, I</span></span></p>
<div class="stitrea"><span style="color: #3366ff; font-size: small;">La spiritualité du Nouveau Testament et des Pères</span></div>
<p><span style="font-size: small;">Par  Louis Bouyer</span></p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p><a href="http://www.editionsducerf.fr/html/fiche/ficheauteur.asp?n_aut=1546"></a></p>
<table class="TableListing" border="0">
<tbody>
<tr>
<td style="padding-right: 10px;" rowspan="4"><img src="/mag/wp-content/uploads/2012/mars/2.jpg" border="0" alt="" width="125" height="196" /></td>
<td></td>
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<td width="100%"><span style="color: #993300; font-size: small;"><span class="titrea">Histoire de la spiritualité chrétienne, II</span></span></p>
<div class="stitrea"><span style="color: #3366ff; font-size: small;">La spiritualité du Moyen Âge</span></div>
<p><span style="font-size: small;">Par  Louis Bouyer -  Dom Jean Leclercq -  François Vandenbroucke</span></p>
</td>
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<table class="TableListing" border="0">
<tbody>
<tr>
<td style="padding-right: 10px;" rowspan="4"><img src="/mag/wp-content/uploads/2012/mars/3.jpg" border="0" alt="" width="125" height="197" /></td>
<td></td>
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<td><img src="http://www.editionsducerf.fr/img/px_white.gif" alt="" width="134" height="1" /></td>
</tr>
<tr>
<td width="100%"><span style="color: #993300; font-size: small;"><span class="titrea">Histoire de la spiritualité chrétienne, III</span></span></p>
<div class="stitrea"><span style="color: #3366ff; font-size: small;">La spiritualié orthodoxe et la spiritualité protestante et anglicane</span></div>
<p><span style="font-size: small;">Par  Louis Bouyer</span></p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<table class="TableListing" style="height: 75px;" border="0">
<tbody>
<tr>
<td style="padding-right: 10px;" rowspan="4"><img src="/mag/wp-content/uploads/2012/mars/4.jpg" border="0" alt="" width="125" height="197" /></td>
<td width="100%"></td>
<td><img src="http://www.editionsducerf.fr/img/px_white.gif" alt="" width="10" height="1" /></td>
<td><img src="http://www.editionsducerf.fr/img/px_white.gif" alt="" width="134" height="1" /></td>
</tr>
<tr>
<td><span style="font-size: x-small;"><span class="titrea"> <span style="color: #993300; font-size: small;">Histoire de la spiritualité chrétienne, IV </span></span></span></p>
<div class="stitrea"><span style="color: #3366ff; font-size: small;">L&#8217;essor de la spiritualité Moderne 1500-1650</span></div>
<p><span style="font-size: small;">Par  Louis Cognet</span></p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
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		<title>Une image du ciel</title>
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		<pubDate>Thu, 22 Mar 2012 13:32:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Astronomie]]></category>

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		<description><![CDATA[La NASA créé une image du ciel à partir de 2.7 millions de photos&#8230;
















La NASA a dévoilé l&#8217;image la plus détaillée d&#8217;une nuit étoilée jamais captée, en fusionnant 2.7 millions de photos.
La tâche impossible de compter les étoiles à l&#8217;oeil nu vient tout juste de devenir encore plus difficile puisque leur nombre visible vient d&#8217;être [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #993300;"><em><span style="font-size: small;">La NASA créé une image du ciel à partir de 2.7 millions de photos&#8230;</span></em></span></p>
<div>
<table border="0" align="center">
<tbody>
<tr>
<td><img src="/mag/wp-content/uploads/2012/mars/nasa.jpg" border="2" alt="" hspace="5" vspace="5" width="535" height="401" /></td>
</tr>
</tbody>
</table>
</div>
<table border="0" align="center">
<tbody>
<tr>
<td><a onclick="window.open('/mag/wp-content/uploads/2012/mars/nasa2.jpg','','width=946,height=710,left='+(screen.availWidth/2-473)+',top='+(screen.availHeight/2-355)+'');return false;" href="/mag/wp-content/uploads/2012/mars/nasa2.jpg"><img title="Cliquez pour agrandir..." src="/mag/wp-content/uploads/2012/mars/.thumbs/.nasa2.jpg" border="0" alt="Cliquez pour agrandir..." width="96" height="72" /></a></td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p>La NASA a dévoilé l&#8217;image la plus détaillée d&#8217;une nuit étoilée jamais captée, en fusionnant 2.7 millions de photos.</p>
<p>La tâche impossible de compter les étoiles à l&#8217;oeil nu vient tout juste de devenir encore plus difficile puisque leur nombre visible vient d&#8217;être multiplié.</p>
<p>Cette image dévoilée par la NASA contient 500 millions d&#8217;étoiles, en plus des galaxies et des objets cosmiques. Les objets en mouvement, comme des comètes, ont été retirées de l&#8217;image pour simplifier le catalogage, et aussi vous cacher des vérités terrifiantes sur les Illuminati. Il s&#8217;agit, ici, de l&#8217;image infrarouge la plus détaillée de l&#8217;espace, captée par le Wide-Field Infrared Survey Explorer (WISE).</p>
<p>C&#8217;est somme toute une vision qui n&#8217;était pas, jusqu&#8217;à aujourd&#8217;hui, disponible à l&#8217;être humain. Le WISE a plané à 525 km au dessus de la Terre, prenant des clichés à toutes les 11 secondes. Après avoir complété sa mission à deux reprises, la machine, fruit d&#8217;une collaboration entre diverses institutions scientifiques, a transféré les images collectionnées vers la NASA.</p>
<p><span style="font-size: xx-small;"><em>Source : http://www.branchez-vous.com</em></span></p>
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		<item>
		<title>LUTHER : Hartmann Grisar S. J.</title>
		<link>http://www.abbatah.com/mag/?p=577</link>
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		<pubDate>Tue, 06 Mar 2012 16:18:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Sectes]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.abbatah.com/mag/?p=577</guid>
		<description><![CDATA[N.B. : La pagination originale du volume est indiquée dans le texte PDF comme ceci : 023 .
Présentation
I. - La Jeunesse

1.   Eisleben et Mansfeld 
 
Naissance à Eisleben. - Möhra, lieu d&#8217;origine du père. - D&#8217;Eisleben à Mansfeld. &#8212; Pauvreté des parents. - L&#8217;école de Mansfeld. - Education sévère. - La mère. - La vie religieuse [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: left;">N.B. <em>: La pagination originale du volume est indiquée dans le texte PDF comme ceci</em> : <span style="color: #993300; font-size: xx-small;">023</span> .</p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #993300; font-size: medium;"><span style="color: #993300;">Présentation</span></span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #993300; font-size: medium;"><span style="color: #3366ff;">I. - La Jeunesse</span></span></p>
<p style="padding-left: 30px;"><span style="color: #3366ff;"><strong></strong></span></p>
<p style="padding-left: 30px;"><span style="color: #3366ff;"><strong>1.   <strong>Eisleben et Mansfeld</strong> </strong></span></p>
<p style="padding-left: 30px;"><span style="color: #3366ff;"><strong> </strong></span></p>
<p style="padding-left: 60px;">Naissance à Eisleben. - Möhra, lieu d&#8217;origine du père. - D&#8217;Eisleben à Mansfeld. &#8212; Pauvreté des parents. - L&#8217;école de Mansfeld. - Education sévère. - La mère. - La vie religieuse populaire dans l&#8217;entourage de Luther. - Culte divin et chants d&#8217;église. - Superstitions héritées.</p>
<p style="padding-left: 30px;"><strong></strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p style="font-weight: bold; padding-left: 30px;"><span style="color: #3366ff;">2.   <strong>Magdebourg et Eisenach </strong></span></p>
<p style="padding-left: 60px;">Enseignement à Magdebourg chez les Frères <em>de </em>la Vie commune. - Détails sur ces Frères.  —  Souvenirs de Magdehourg.  —  Un prince d&#8217;Anhalt, franciscain.  —  À Eisenach: à l&#8217;école de Trebonius.  —  Le e petit chantre », chez Henri Schalde et chez Cotta.  —  Le prébendier Braun. - Souvenir de la Wartbourg et de sainte Elisabeth.  —  La vie religieuse à Eisenach.  —  L&#8217;école.  —  Le prophète Hilten.  —  La situation du père de Luther s&#8217;améliore.</p>
<p style="font-weight: bold; padding-left: 30px;"><span style="color: #3366ff;">3.   L&#8217;étudiant d&#8217;Erfurt </span></p>
<p style="padding-left: 60px;">La « Bursa ». - A la Faculté des Arts libéraux. - Objets des études. - Luther bachelier. - La vie académique. - Liberté des étudiants. - Le culte catholique à Erfurt: prédicateurs et couvents. - Aristote, Occam et la <em>via moderna, </em>à l&#8217;Université. - Le Nominalisme. - Découverte de la Bible complète. -Blessure dangereuse. - Musicien et philosophe. - Prétendue prophétie. -Luther obtient le titre de « Maître ». - La Faculté de Droit. - Luther et le jeune humanisme. - Grotius Rubeanus. - Spalatin. - La fable de Spalt sur Luther. - Gaspard Schalde. - Emser et Dungersheim sur la moralité des étudiants. - Témoignages postérieurs de Luther sur ce point. - Commerce épistolaire avec Eisenach. - Aveux? Inquiétudes? - A la recherche d&#8217;un Dieu miséricordieux? - Pensée d&#8217;entrer au couvent.</p>
<p style="font-weight: bold; padding-left: 30px;"><span style="color: #3366ff;">4.   <strong>Entrée</strong><strong> </strong><strong>précipitée au couvent</strong> </span></p>
<p style="padding-left: 60px;">Vœu fait pendant un orage. - Vocation déterminée par « la crainte inspirée du ciel ». - Invalidité du vœu. - Inaptitude à la vie du cloître. - Entrée au couvent des Augustins, à Erfurt. - Etat d&#8217;âme. - Nerveux par hérédité. -Contre-coup du « choc » éprouvé pendant l&#8217;orage. - Jugement de ses confrères. - Alexis: fausses données sur ce nom.</p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #993300;">_______________________________________________</span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #993300;"><strong>Lire le PDF</strong></span></p>
<div>
<table border="0" align="center">
<tbody>
<tr>
<td><a href="http://www.abbatah.com/mag/wp-content/plugins/download-monitor/download.php?id=27"><img src="/mag/wp-content/uploads/silkicons/page_white_acrobat.png" alt="" width="16" height="16" /></a></td>
</tr>
</tbody>
</table>
</div>
<p style="text-align: center;"><span><span style="color: #993300;">_______________________________________________</span></span></p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p align="center"><span style="color: #993300; font-size: medium;">II. - Les premières années de la vie religieuse</span></p>
<p style="padding-left: 30px;"><span style="color: #3366ff;"><strong>1. Noviciat. Profession. Première messe</strong></span></p>
<p style="padding-left: 60px;">Exercices du temps de la probation.  —  La lecture de la Bible.  —  Emission des trois voeux.  —  La Congrégation des Augustins de l&#8217;Observance. - Ordination sacerdotale. - La première messe.</p>
<p style="padding-left: 30px;"> </p>
<p class="MsoNormal" style="padding-left: 30px; "><!--[if !supportLists]--><span style="color: #3366ff;"><strong><span lang="FR">2.<span> </span></span><!--[endif]--><span lang="FR">Étude et début dans</span><span lang="FR"> l&#8217;enseignement</span></strong></span></p>
<p class="MsoNormal" style="padding-left: 60px; "><span lang="FR">À Wittenberg.  —  Retour à Erfurt. — Angoisses du jeune moine. — Le </span><em><span lang="FR">Sen­</span></em><em><span lang="FR">tentiarius </span></em><span lang="FR">contre la Scolastique. &#8212; Augustin. — La « folle année » d&#8217;Erfurt. -­</span><span lang="FR">Dissension dans la Congrégation des Augustins de l&#8217;Observance.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="padding-left: 30px; "><!--[if !supportLists]--><span style="color: #3366ff;"><strong><span lang="FR">3.<span> </span></span><!--[endif]--></strong></span><span lang="FR"><span style="color: #3366ff;"><strong>Le voyage à Rome</strong></span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="padding-left: 60px; "><span lang="FR">Luther chargé d&#8217;une mission auprès de la Curie.  —  Echec. — Nouveau mé­</span><span lang="FR">compte. — Le séjour dans la Ville éternelle. — Impressions fâcheuses. — </span><span lang="FR">Luther en parle dans la suite. — Retour par Avignon et la Suisse.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="padding-left: 30px; "><!--[if !supportLists]--><strong><span style="color: #3366ff;"><span lang="FR">4.<span> </span></span><!--[endif]--><span lang="FR">À Wittenberg</span></span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="padding-left: 60px; "><span lang="FR">Le différend s&#8217;arrange. — Luther prend parti pour Staupitz. — Voyages et fonc­</span><span lang="FR">tions. — Le doctorat en théologie.</span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #993300;">_______________________________________________</span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #993300;"><strong>Lire </strong></span><span style="color: #993300;"><strong>le PDF</strong></span></p>
<div>
<table border="0" align="center">
<tbody>
<tr>
<td><a href="http://www.abbatah.com/mag/wp-content/plugins/download-monitor/download.php?id=28"><img src="/mag/wp-content/uploads/silkicons/page_white_acrobat.png" alt="" width="16" height="16" /></a></td>
</tr>
</tbody>
</table>
</div>
<p style="text-align: center;"><span><span style="color: #993300;">_______________________________________________</span></span></p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #993300; font-size: medium;">III. — Sur des voies nouvelles</span></p>
<p style="padding-left: 30px;"><span style="color: #3366ff;"><strong>1. Premières leçons sur la Bible. Mysticisme</strong></span></p>
<p style="padding-left: 60px;">Exposition des Psaumes. - Tauler et la <em>Théologie allemande. </em><em>- </em>Sous l&#8217;emprise d&#8217;une mystique mal comprise. - Le Chapitre de l&#8217;Ordre, à Gotha (1515). - Vicaire de district. - Activité et surmenage.</p>
<p style="padding-left: 30px;"><span style="color: #3366ff;"><strong>2. État intérieur</strong></span></p>
<p style="padding-left: 60px;">Prière. - Staupitz. - Souffrances physiques, spirituelles. - Prétendu martyr de la vie religieuse. - En quête de la délivrance. - Esprit tranchant, jaloux de ses droits, irritable.</p>
<p style="padding-left: 30px;"><span style="color: #3366ff;"><strong>3. Contre la sainteté par les œuvres et l&#8217;Observance</strong></span></p>
<p style="padding-left: 60px;">Contre-coup de la querelle des Observantins. - Contre la pauvreté. - Justifica­tion par soi-même. - Le Christ est notre justice. - À Georges Spenlein. -Confession et pénitence. - À Staupitz. - Effroi de la prédestination.</p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #993300;">_______________________________________________</span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #993300;"><strong>Lire </strong></span><span style="color: #993300;"><strong><span style="color: #993300;"><strong>le PDF</strong></span></strong></span></p>
<div>
<table border="0" align="center">
<tbody>
<tr>
<td><a href="http://www.abbatah.com/mag/wp-content/plugins/download-monitor/download.php?id=29"><img src="/mag/wp-content/uploads/silkicons/page_white_acrobat.png" alt="" width="16" height="16" /></a></td>
</tr>
</tbody>
</table>
</div>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #993300;">_______________________________________________</span></p>
<p style="text-align: right;"><em><span style="color: #ff0000;">Suite à venir&#8230;</span></em></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Ostension de la Sainte Tunique de Trèves</title>
		<link>http://www.abbatah.com/mag/?p=576</link>
		<comments>http://www.abbatah.com/mag/?p=576#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 06 Mar 2012 15:45:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Illusions]]></category>

		<category><![CDATA[Nouvelles]]></category>

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		<description><![CDATA[Le card. Ouellet envoyé de Benoît XVI
ROME, lundi 5 mars 2012 (ZENIT.org) – A l’occasion de l’ouverture du pèlerinage pour l’ostension de la Sainte Tunique conservée en Allemagne, à Trèves, le pape Benoît XVI a choisi le cardinal Marc Ouellet comme son envoyé spécial.









Le cardinal canadien, P.S.S., est le préfet de la Congrégation pour les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #993300;"><strong>Le card. Ouellet envoyé de Benoît XVI</strong></span></p>
<p><em>ROME, lundi 5 mars 2012 (ZENIT.org)</em> – A l’occasion de l’ouverture du pèlerinage pour l’ostension de la Sainte Tunique conservée en Allemagne, à Trèves, le pape Benoît XVI a choisi le cardinal Marc Ouellet comme son envoyé spécial.</p>
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<tr>
<td><img src="/mag/wp-content/uploads/2012/mars/tunique.jpg" border="2" alt="" hspace="5" vspace="5" width="450" height="446" /></td>
</tr>
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</table>
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<p>Le cardinal canadien, P.S.S., est le préfet de la Congrégation pour les évêques : c’est dire l’importance que le pape attache à cet événement.</p>
<p>Le cardinal Ouellet présidera au nom du pape, en la cathédrale de Trèves, le 13 avril prochain, la cérémonie d’ouverture du pèlerinage (13 avril-13 mai 2012), à l’occasion du 5e centenaire de la première ostension publique.</p>
<p>L’évêque de Trèves, Mgr Stephan Ackermann s’est « réjoui », ce 5 mars, de cet « honneur » de voir le pèlerinage ouvert par le cardinal Ouellet comme envoyé de Benoît XVI.</p>
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<td><img src="/mag/wp-content/uploads/2012/mars/pag.jpg" border="2" alt="" hspace="5" vspace="5" width="535" height="376" /></td>
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<p>Le pèlerinage sera officiellement ouvert le vendredi 13 avril à 14 h 30, en la cathédrale de la ville. Le diocèse attend des centaines de milliers de visiteurs et pèlerins.</p>
<p>La dernière ostension remonte à 1996, et l’évêque de Trèves raconte qu’il a lui-même vécu cette ostension et qu&#8217;il en est resté très impressionné. Il estime ce temps de pèlerinage « très important » pour son diocèse, mais pas seulement : c&#8217;est l&#8217;occasion pour l’Eglise de manifester sa finalité de &#8220;conduire l’humanité au Christ&#8221;, de la &#8220;mettre en contact&#8221; avec Lui.</p>
<p>Mgr Ackermann estime que le pèlerinage constitue une « chance » aussi pour toute « l’Eglise allemande » : déjà des groupes de pèlerins de tout le pays se sont inscrits, mais également des pays européens voisins et du monde entier. Il en attend une « émulation spirituelle ».</p>
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<td><img src="/mag/wp-content/uploads/2012/mars/eglise.jpg" border="2" alt="" hspace="5" vspace="5" width="535" height="386" /><br />
 <span style="color: #993300;">La basilique d&#8217;Argenteuil (XIX<sup>e</sup> siècle) où est conservée la Sainte Tunique</span></td>
</tr>
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<p>L&#8217;évêque invite ses diocésains à profiter du carême, non seulement pour se préparer à Pâques, mais aussi à ce pèlerinage dont le thème est : « Et réunit ce qui est séparé » (« und führe zusammen, was getrennt ist »).</p>
<p>La Sainte Tunique du Christ – appelée « Heilige Rock » -, est la relique la plus significative de la cathédrale de Trèves. Sa présence remonte à sainte Hélène (247/250 - 329/330), mère de l’empereur Constantin, qui l’aurait rapportée de Terre Sainte. Le premier pèlerinage officiel remonte à il y a 500 ans : c’était en 1512.</p>
<p>Anita Bourdin</p>
<p style="text-align: center;">____________________________</p>
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		<item>
		<title>LES SIX FEMMES D&#8217;HENRI VIII</title>
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		<pubDate>Sun, 01 Jan 2012 15:01:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>

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En 1509, Henri VIII avait dix-huit ans et était le deuxième Tudor à monter sur le trône. Il était à cette époque très beau, athlète et fort populaire. Cependant, en plus d&#8217;être rusé et intelligent, il s&#8217;est s&#8217;avéré très cruel et jaloux. De plus, il aura l&#8217;occasion au cours de son long règne de 38 [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div>
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<td><img src="/mag/wp-content/uploads/2011/juillet/hviii.jpg" border="2" alt="" hspace="5" vspace="5" width="143" height="175" /></td>
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<blockquote><p align="justify">En 1509, Henri VIII avait dix-huit ans et était le deuxième Tudor à monter sur le trône. Il était à cette époque très beau, athlète et fort populaire. Cependant, en plus d&#8217;être rusé et intelligent, il s&#8217;est s&#8217;avéré très cruel et jaloux. De plus, il aura l&#8217;occasion au cours de son long règne de 38 ans de contracter six épouses, ce qui caractérisa ce roi. Comment et pourquoi ces femmes ont-elles accédé au titre de reine? Comment ont-elles marqué le règne du &#8220;lion d&#8217;Angleterre&#8221;, et qui étaient-elles? Ces interrogations servirent de base à ce travail.</p>
<p align="justify">Ce travail se divisera donc en six parties, chacune présentant une des femmes d&#8217;Henri VIII: Sa première femme, Catherine D&#8217;Aragon, avec qui il vécut vingt ans; Anne Boleyn, qui précipita le schisme; Jeanne Seymour, qui lui donna enfin un fils; Anne de Clèves, la laide &#8220;jument des Flandres&#8221;; Catherine Howard, sa &#8220;rose sans épine&#8221;; puis Catherine Parr, avec qui il termina ses jours.</p>
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<tbody>
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<td><img src="/mag/wp-content/uploads/2011/aout/catarg.jpg" border="2" alt="" hspace="5" vspace="5" width="190" height="266" /></td>
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</table>
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<p align="justify">Catherine D&#8217;Aragon a d&#8217;abord été la femme du frère d&#8217;Henri, le prince Arthur. Puis, Henri VII, sur le point d&#8217;expier, conseilla à son fils Henri d&#8217;épouser sa belle-soeur devenue veuve afin de préserver l&#8217;alliance espagnole. Henri y consentit volontairement, malgré le fait que Catherine était de cinq ans son aînée.</p>
<p align="justify">Toutefois, avant que les fiançailles puissent être tenu, on devait annuler le mariage précédent en s&#8217;assurant que ce mariage n&#8217;avait pas été consommé. Or, la virginité de Catherine étant mise en doute, sa mère, Isabelle de Castille, s&#8217;empressa d&#8217;obtenir une dispense pour régler cette affaire. Ainsi, les fiançailles eurent lieu en 1503. Cependant, le mariage tardait, car la dot de Catherine posait encore un problème.</p>
<p align="justify">Pendant ce temps, Catherine vivait dans l&#8217;humiliation et rêvait de reprendre sa place comme princesse royale d&#8217;Angleterre. Son père, Ferdinand D&#8217;Aragon, menaçait d&#8217;attaquer l&#8217;Angleterre si Henri tardait encore à épouser Catherine. Henri suivit alors le conseil de son père, et l&#8217;épousa sans tarder. Ce mariage forcé et stratégique eut finalement lieu, en 1509, en même temps que leur couronnement.</p>
<p align="justify">Les premières années de leur mariage furent heureuses. Physiquement, Catherine était petite, &#8220;mignonne et gracieuse, avec de beaux yeux&#8221;. Munie d&#8217;une bonne dose de fierté et de dignité, elle était également bien éduquée. En plus, étant donné le jeune âge d&#8217;Henri, celui-ci en tomba probablement amoureux. Néanmoins, des différences importantes les séparaient. Catherine étant espagnole, elle avait été élevé en dévote. Elle se levait aux quatre heures pendant la nuit afin de s&#8217;agenouiller en prières. Henri, quant à lui, occupait ses loisirs à chasser, à discuter de médecine, de musique et d&#8217;armoiries. Cependant, elle était pleine d&#8217;attention pour le roi et lui était totalement dévouée. Lorsque la menace d&#8217;un divorce se concrétisa, elle fit preuve d&#8217;un courage exemplaire afin de préserver son honneur et les droits de sa fille.</p>
<p align="justify">En effet, la cause du divorce fut relié au fait qu&#8217;après vingt années de vie commune et de nombreuse grossesses, Catherine n&#8217;avait réussi qu&#8217;à sauvegarder un seul enfant, une fille qu&#8217;ils appelèrent Marie. Le roi constata que la reine ne pouvait plus enfanter, et son désir d&#8217;avoir un héritier mâle pour perpétuer la fraîche dynastie des Tudor se fit impérieux.</p>
<p align="justify">Il se mit donc à chercher un moyen de se débarrasser de sa vieille reine. Mais Catherine n&#8217;était pas n&#8217;importe qui: fille d&#8217;Isabelle de Castille et de Ferdinand D&#8217;Aragon, elle était également la tante de Charles Quint, ce qui rendait la tâche des plus délicate. De plus, le pape Clément VII était devenu une marionnette dans les mains de Charles Quint, qui refusait qu&#8217;on rejette sa tante ainsi. Le divorce prit alors des proportions inestimables.</p>
<p align="justify">Henri invoqua l&#8217;inceste pour cause de divorce: Il avait couché avec la femme de son frère. Toutefois cet argument n&#8217;était pas valable, car une bulle papale avait été obtenue pour autoriser le mariage. Devant l&#8217;impossibilité d&#8217;un divorce et les pressions de sa maîtresse, Henri décida de procéder à un mariage secret, sans demander la permission du pape, provoquant ainsi le schisme.</p>
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<tbody>
<tr>
<td><img src="/mag/wp-content/uploads/2011/aout/anneb.jpg" border="2" alt="" hspace="5" vspace="5" width="197" height="256" /></td>
</tr>
</tbody>
</table>
</div>
<p align="justify">Mais qui était cette maîtresse si exigeante? Nul autre qu&#8217;Anne Boleyn. En effet, le roi s&#8217;était amouraché de cette jeune femme qui pensait-il pourrait enfin lui donner un héritier mâle. Anne Boleyn était une femme déterminée et futée, et ne voulait aucunement se contenter d&#8217;un rôle de second ordre. Elle avait été élevée à la cour de France et bien éduquée dans les moeurs françaises. Elle avait ensorcelé le roi avec ses yeux en amende et sa coquetterie, et l&#8217;avait talonné de crise de jalousie, plaçant le roi dans une position insoutenable.</p>
<p align="justify">Pourtant, elle n&#8217;était qu&#8217;une simple fille de gentilhomme, et était loin de scintiller comme Bessie Blount, une ancienne maîtresse du roi qui lui avait donné un fils malheureusement illégitime. Malgré le fait qu&#8217;elle possédait une voix chaude et enchanteresse, elle avait le corps et la poitrine menus, une verrue dans le cou, et paraîtrait-il, un sixième doigt. Comment le roi pût-il en tomber amoureux? Et surtout, pourquoi allait-il mettre en péril son allégeance à la religion catholique, sa couronne, ainsi que son alliance espagnole? Tout simplement parce que cette femme osait lui tenir tête en se refusant obstinément à lui, et que le besoin d&#8217;un héritier mâle se faisait pressant.</p>
<p align="justify">Malheureusement, Anne Boleyn le déçut amèrement. Elle le taxa de crise de jalousie dont le roi n&#8217;était pas habitué, puis, tout comme Catherine, enfanta d&#8217;une fille, puis d&#8217;un fils mort-né. Le roi crut qu&#8217;il était victime de sorcellerie, et chercha un moyen de se débarrasser de cette porteuse de malheurs.</p>
<p align="justify">Pendant ce temps, Catherine D&#8217;Aragon avait été relégué aux manoirs d&#8217;Ampthill et de Kimbolton, où elle y menait une existence modeste. En 1536, elle expia, et Henri donna un bal pour célébrer cette occasion. Anne fêta ce moment, mais réalisa que son tour viendrait inévitablement. D&#8217;ailleurs le roi ne tarda guère à trouver la solution à ce problème. Il l&#8217;accusa d&#8217;inceste et d&#8217;adultère, lui fit un bref procès, et son oncle, le Duc de Norfolk, la déclara coupable. Elle fut décapitée par un bourreau spécialement venu de France pour lui trancher le cou avec une épée. Elle fit preuve d&#8217;un courage inégalé, qui témoignait de la préparation morale à cette époque devant la mort.</p>
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<table border="0" align="right">
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<td><img src="/mag/wp-content/uploads/2011/aout/ans.jpg" border="2" alt="" hspace="5" vspace="5" width="177" height="285" /></td>
</tr>
</tbody>
</table>
</div>
<p align="justify">Une semaine plus tard, Henri prenait Jeanne Seymour comme épouse. Le roi avait bien préparé son coup, car depuis plus de six mois, Jeanne avait été assuré des intentions du roi. Cette jeune demoiselle d&#8217;honneur de la maison d&#8217;Anne Boleyn était modeste et de sang royal. Elle avait pour mission de calmer les esprits du roi qui était fatigué des intrigues d&#8217;Anne, et bien sûr de lui donner un fils. En fait, c&#8217;est elle qui lui donna la sérénité d&#8217;une vie de couple paisible, bien que son règne fût plutôt court.</p>
<p align="justify">On la disait &#8220;belle, de taille moyenne, le visage plutôt pâle&#8221; et un peu gauche. Il faut dire que le roi se sentait attendrit devant cette jeune femme de vingt-cinq ans apeurée<span class="Apple-converted-space"> </span><span style="font-family: Symbol;">-</span>on peut facilement la comprendre car le roi avait pris 42 centimètres de tour de taille en 5 ans<span style="font-family: Symbol;">-</span><span class="Apple-converted-space"> </span>et qui rougissait au moindre compliment. Tout de même, Jeanne avait plus de personnalité qu&#8217;on aurait pu le penser, et elle était digne. Elle servit de pacificatrice entre Henri et sa fille catholique Marie.</p>
<p align="justify">Elle prit pour devise &#8220;Tenue d&#8217;obéir et de servir&#8221;, et c&#8217;est d&#8217;ailleurs ce qu&#8217;elle fit, car en 1537, elle mit au monde le fils tant espéré qu&#8217;on appela Edouard VI. Malheureusement, elle dû le payer de sa vie, puisque douze jours plus tard elle succomba d&#8217;une fièvre puerpérale que la médecine du 16è siècle ne pouvait pas guérir. Henri fit construire un monastère bénédictin en son honneur, et il la fit enterrer à la chapelle St-Georges de Windsor, où il la rejoignait dix ans plus tard.</p>
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<td><img src="/mag/wp-content/uploads/2011/aout/ac.jpg" border="2" alt="" hspace="5" vspace="5" width="184" height="273" /></td>
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<p align="justify">Henri ne tarda guère, malgré son chagrin, à trouver une autre épouse. Cette fois-ci, son choix fut avant tout pour des raisons politiques et de succession, car son fils était de nature fragile. Son choix s&#8217;arrêta sur Anne de Clèves, qu&#8217;il épousa en janvier 1540. En effet, Henri cherchait pendant cette période pacificatrice à s&#8217;allier aux États protestants. Lorsque son conseiller Cromwell fut revenu de sa visite chez cette dernière, et qu&#8217;il avait assuré le roi de sa grande beauté, Henri se senti à nouveau amoureux.</p>
<p align="justify">Malgré le fait que ce mariage fut a priori politique, Henri avait des exigences physiques auxquelles sa nouvelle épouse ne correspondait pas. Holbein en avait fait un portrait élogieux qui était sûrement irréaliste, car lorsque le roi vit sa future épouse, il la qualifia de &#8220;laide&#8221;. En effet, cette princesse allemande avait le visage couperosé, était grande et maigre. De plus, elle portait d&#8217;horribles toilettes germaniques, ne savait pas jouer aux cartes, ne parlait que l&#8217;allemand, et ne savait pas apprécier la musique. Le roi la surnomma &#8220;la jument des Flandres&#8221;, ce qui ne devait guère la flatter.</p>
<p align="justify">Le roi s&#8217;ennuyant mortellement à ses côtés, il chercha à nouveau un moyen de se débarrasser de cette femme indésirable. Il l&#8217;envoya séjourner seule quelques semaines à Richmond, prétextant une épidémie, puis lui fit parvenir une lettre qui lui expliquait ses intentions de rupture. Afin de ne point blesser cette famille princière, il fit tout simplement d&#8217;Anne la &#8220;soeur du roi&#8221;, lui donna Richmond, une dot importante, et le tour était joué. Leur mariage n&#8217;aura duré que six malheureux mois.</p>
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<td><img src="/mag/wp-content/uploads/2011/aout/ch.jpg" border="2" alt="" hspace="5" vspace="5" width="199" height="253" /></td>
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<p align="justify">Cette fois-ci, le roi ne tarda pas une minute à reprendre une femme. En juillet 1540, il prenait pour épouse Catherine Howard, nièce du duc de Norfolk, tout comme Anne Boleyn. La jeune femme était tout le contraste d&#8217;Anne de Clèves. &#8220;Orpheline de père et de mère&#8221;, elle fut élevée par la duchesse douairière de Norfolk. Elle n&#8217;avait que dix-huit ans, était candide et fraîche, ce qui plaisait évidemment au roi vieillissant. On la qualifia de femme-enfant, et le roi qui se plaisait à donner des diminutifs à ses proches la surnommait &#8220;Catrin&#8221; ou sa &#8220;rose sans épine&#8221;.</p>
<p align="justify">Catherine était toutefois écervelée, insouciante, et de moeurs un peu trop légères. Cachée sous des allures vives, elle était presque illettrée. Le mariage fut de courte durée, puisque cette jeune femme de peu de vertu continua ses aventures adultérines, et le roi ne tarda pas à connaître toute la vérité sur elle. En fait, on demanda à &#8220;Catrin&#8221; de dire la vérité sur ses moeurs de catin en lui faisant miroiter la clémence du roi, ce qui fonctionna. Après ces aveux, le roi bouillant de rage de s&#8217;être fait duper encore une fois, ordonna qu&#8217;on la décapite. Sa tête tomba en février 1542.</p>
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<table border="0" align="left">
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<td><img src="/mag/wp-content/uploads/2011/aout/cp.jpg" border="2" alt="" hspace="5" vspace="5" width="200" height="252" /></td>
</tr>
</tbody>
</table>
</div>
<p align="justify">L&#8217;année suivante, le roi pensa à trouver une nouvelle épouse qui pourrait prendre soin de lui, lui tenir compagnie, et qui saurait &#8220;créer un foyer pour sa famille&#8221;. Son choix s&#8217;arrêta sur Catherine Parr, veuve pour la deuxième fois, et qui était maintenant âgée de trente-trois ans. Cette femme exauça ces désirs, et Henri fut heureux en sa compagnie jusqu&#8217;à sa mort en 1547.</p>
<p align="justify">On la décrivait comme une femme &#8220;sans grand charme&#8221;, de taille courte et épaisse, mais très cultivée, intelligente et passionnée de théologie. Elle provenait d&#8217;une famille de la noblesse qui était très discrète et modeste, c&#8217;est pourquoi elle fut si étonnée du choix du roi. Après la mort de son dernier mari, Thomas Seymour prévoyait la marier, mais le roi, à qui on ne peut rien refuser, retarda le projet. A leur mariage en 1543, elle avait juré d&#8217;&#8221;être bonne, obéissante au lit et à la table, jusqu&#8217;à la mort&#8221;. Elle combla les désirs du roi en étant une belle-mère attentionnée, et en prenant soin de son mari malade. Après la mort du roi, elle convola en juste noce avec Thomas Seymour, mais elle &#8220;mourra en couches l&#8217;année suivante&#8221;.</p>
<p align="justify">En conclusion, on constate que si Henri VIII à contracter six épouses pendant son règne, c&#8217;est que les circonstances le poussaient à agir de la sorte. Il avait désespérément besoin d&#8217;un fils (croyait-il) pour assurer la pérennité de la dynastie Tudor. Certaines de ses épouses telles Jeanne Seymour et Catherine Parr, l&#8217;avaient compris et ont été honoré d&#8217;avoir accompli leur vocation. Certaines ont failli à la tâche, telles Catherine D&#8217;Aragon et Anne Boleyn. Tandis qu&#8217;Anne de Clèves ne se révéla point à la hauteur, et que Catherine Howard paya de sa vie son innocence.</p>
<p align="justify">Bien entendu, ces femmes provenaient toutes de milieux fort différents, et les circonstances qui les ont portées au trône diffèrent toutes. Certaines ont toutefois marqué davantage le règne d&#8217;Henri VIII; telle Anne Boleyn, à qui l&#8217;ont doit une Angleterre protestante et Elisabeth 1ère, Catherine D&#8217;Aragon, qui mit au monde Marie La Sanglante, puis Jeanne Seymour, qui enfanta d&#8217;Edouard VI. En terminant, on peut se demander qui, à cette époque, marqua davantage l&#8217;histoire: Henri ou ces femmes?</p>
<hr />
<span style="font-size: xx-small;">BIBLIOGRAPHIE</span></p>
<p align="justify"><span style="font-family: Century Gothic; font-size: xx-small;">Bourassin, Emmanuel.<span class="Apple-converted-space"> </span><em>Henri VIII</em>. Librairie Jules Tallandier, Paris, 1980.</span></p>
<p align="justify"><span style="font-size: xx-small;">Einstein, Lewis.<span class="Apple-converted-space"> </span><em>Tudor Ideals.</em><span class="Apple-converted-space"> </span>Russell &amp; russell, New York, 1962.</span></p>
<p align="justify"><span style="font-size: xx-small;">Elton, G.R..<em>Reform and Reformation</em>,<span class="Apple-converted-space"> </span><em>England 1509-1558.</em><span class="Apple-converted-space"> </span>Harvard University Press, Cambridge, 1977.</span></p>
<p align="justify"><span style="font-size: xx-small;">Erlanger, Philippe.<span class="Apple-converted-space"> </span><em>Henri VIII, un &#8220;Dieu&#8221; anglais aux six épouses</em>. Perrin, Paris, 1982.</span></p>
<p align="justify"><span style="font-size: xx-small;">Fraser, Antonia.<span class="Apple-converted-space"> </span><em>Rois et reines d&#8217;Angleterre</em>. Tallandier, Paris, 1979.</span></p>
<p align="justify"><span style="font-size: xx-small;">Maynard Smith, H.<span class="Apple-converted-space"> </span><em>Henri VIII and the reformation</em>. Russell &amp; russell. New York, 1962.</span></p>
<p align="justify"><span style="font-size: xx-small;">Vercors.<span class="Apple-converted-space"> </span><em>Anne Boleyn, les 40 mois qui ont fait l&#8217;Angleterre</em>. Perrin, Paris, 1985.</span></p>
<p align="justify"><span style="font-size: xx-small;"><em>Historic World Leaders</em>. &#8220;Henri VIII&#8221;. Vol.2. Europe. Détroit, Gale Research, 1994.</span></p>
<p align="justify"><span style="font-size: xx-small;"><em>Source : http://renaissance.mrugala.net/</em></span></p>
</blockquote>
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		</item>
		<item>
		<title>Lettre Ouverte de  saint François de Sales aux Protestants - VI/VI</title>
		<link>http://www.abbatah.com/mag/?p=540</link>
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		<pubDate>Sat, 01 Oct 2011 04:01:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Sectes]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.abbatah.com/mag/?p=540</guid>
		<description><![CDATA[Lettre Ouverte de
saint François de Sales,
Docteur de l&#8217;Eglise,
aux Protestants
VI/VI
LES RÈGLES DE LA FOI
 AVANT-PROPOS









Si l&#8217;avis que saint Jean donne (1 Jean, 4 : 1) de ne pas croire à toutes sortes d&#8217;esprits, fut jamais nécessaire, il l&#8217;est maintenant plus que jamais, quand tant de divers et contraires esprits, avec une égale assurance, demandent créance parmi [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><span style="color: #993300; font-size: small;"><span style="font-size: medium;"><span style="color: #993300; font-size: medium;"><span style="color: #993300; font-size: medium;"><span style="color: #993300; font-size: medium;"><span style="color: #993300; font-size: medium;">Lettre Ouverte de</span></span></span></span></span></span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #993300; font-size: small;"><span style="font-size: medium;"><span style="color: #993300; font-size: medium;"><span style="color: #993300; font-size: medium;"><span style="color: #993300; font-size: medium;"><span style="color: #993300; font-size: medium;">saint François de Sales,</span></span></span></span></span></span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #993300; font-size: small;"><span style="font-size: medium;"><span style="color: #993300; font-size: medium;"><span style="color: #993300; font-size: medium;"><span style="color: #993300; font-size: medium;"><span style="color: #993300; font-size: medium;">Docteur de l&#8217;Eglise,</span></span></span></span></span></span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #993300; font-size: small;"><span style="font-size: medium;"><span style="color: #993300; font-size: medium;"><span style="color: #993300; font-size: medium;"><span style="color: #993300; font-size: medium;"><span style="color: #993300; font-size: medium;">aux Protestants</span></span></span></span></span></span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #993300; font-size: medium;"><span style="color: #993300; font-size: medium;"><span style="color: #993300; font-size: medium;"><span style="color: #993300; font-size: medium;"><span style="color: #993300; font-size: medium;">VI/VI</span></span></span></span></span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #993300;">LES RÈGLES DE LA FOI<br />
 AVANT-PROPOS</span></p>
<div>
<table border="0" align="left">
<tbody>
<tr>
<td><img src="/mag/wp-content/uploads/2011/fevr/sfs.jpg" border="2" alt="" hspace="5" vspace="5" width="198" height="300" /></td>
</tr>
</tbody>
</table>
</div>
<p>Si l&#8217;avis que saint Jean donne (1 Jean, 4 : 1) de ne pas croire à toutes sortes d&#8217;esprits, fut jamais nécessaire, il l&#8217;est maintenant plus que jamais, quand tant de divers et contraires esprits, avec une égale assurance, demandent créance parmi la chrétienté en vertu de la Parole de Dieu; après lesquels on a vu tant de peuples s&#8217;écarter, qui çà qui là, chacun à son humeur. Comme le vulgaire admire les comètes et les feux erratiques et croit que ce sont de vrais astres et vives planètes, tandis que les plus entendus connaissent bien que ce ne sont que des flammes qui se coulent en l&#8217;air le long de quelques vapeurs qui leur servent de pâture, et n&#8217;ont rien de commun avec les astres incorruptibles que cette grossière clarté qui les rend visibles; ainsi le misérable peuple de notre âge, voyant certaines chaudes cervelles s&#8217;enflammer à la suite de quelques subtilités humaines, éclairées de l&#8217;écorce de la Sainte Écriture, a cru que c&#8217;étaient des vérités célestes et s&#8217;y est amusé, quoique les gens de bien et judicieux témoignent que ce n&#8217;étaient que des inventions terrestres qui, se consumants peu à peu, ne laisseraient autre mémoire d&#8217;elles que le ressentiment de beaucoup de malheurs qui suit ordinairement ces apparences.    <br />
 O combien était-il nécessaire de ne pas s&#8217;abandonner à ces esprits, et premier que [avant] de les suivre, éprouver s&#8217;ils étaient de Dieu ou non (1 Jean, ubi sup.). Hélas ! il ne manquait pas de pierres de touche pour découvrir le bas or de leurs happelourdes [pierres fausses], car Celui qui nous fait dire que nous éprouvions les esprits, ne l&#8217;eut pas fait s&#8217;il n&#8217;eut su que nous avions des Règles infaillibles pour reconnaître le saint d&#8217;avec le faux esprit. Nous en avons donc, et personne ne le nie, mais les séducteurs en produisent de telles qu&#8217;ils les puissent fausser et plier à leurs intentions, afin qu&#8217;ayant les règles en main ils se rendent recommandables, comme par un signe infaillible de leur maîtrise, sous prétexte duquel ils puissent former une foi et religion telle qu&#8217;ils l&#8217;ont imaginée. Il importe donc infiniment de savoir quelles sont les vraies Règles de notre créance, car on pourra  aisément connaître par-là l&#8217;hérésie d&#8217;avec la vraie Religion, et c&#8217;est ce que je prétends faire voir en cette seconde Partie.    <br />
 Voici mon projet. La foi chrétienne est fondée sur la parole de Dieu; c&#8217;est cela qui la met au souverain degré d&#8217;assurance, ayant comme garant cette éternelle et infaillible vérité; la foi qui s&#8217;appuie ailleurs n&#8217;est pas chrétienne : donc la Parole de Dieu est la vraie Règle de bien croire, puisque être Fondement et Règle en cet endroit n&#8217;est qu&#8217;une même chose. Mais parce que cette Règle ne règle point notre croyance sinon quand elle est appliquée, proposée et déclarée, et que ceci peut bien et mal faire, il ne suffit pas de savoir que la Parole de Dieu  est la vraie et infaillible Règle de bien croire, si je ne sais quelle parole est de Dieu, où elle est, qui la doit proposer, appliquer et déclarer. J&#8217;ai beau savoir que la Parole de Dieu est infaillible, que pour tout cela je ne croirai pas que Jésus est le Christ Fils du Dieu vivant, si je ne suis assuré que ce soit une parole révélée par le Père céleste, et quand je saurai ceci, encore ne serai-je pas hors d&#8217;affaire, si je ne sais comme il le faut entendre, ou d&#8217;une filiation adoptive, à l&#8217;Arienne, ou d&#8217;une filiation naturelle, à la Catholique. <span id="more-540"></span><br />
 Il faut donc, outre cette première et fondamentale Règle de la Parole de Dieu, une autre seconde Règle par laquelle la première nous soit bien et dûment proposée, appliquée et déclarée; et afin que nous ne soyons pas sujets à l&#8217;ébranlement et à l&#8217;incertitude, il faut que non seulement la première Règle, à savoir la Parole de Dieu, mais encore la seconde, qui propose et applique cette Parole, soit du tout infaillible, autrement nous demeurons toujours en branle et en doute d&#8217;être mal réglés et appuyés en notre foi et croyance; non déjà par aucun défaut de la première Règle, mais par l&#8217;erreur et faute de la proposition et application de celle-ci. Certes, le danger est égal, ou d&#8217;être déréglé à faute d&#8217;une juste Règle, ou d&#8217;être mal réglé à faute d&#8217;une application bien réglée et juste de la Règle même. Mais cette infaillibilité, requise tant en la Règle qu&#8217;en son application, ne peut avoir sa source que de Dieu même, vive et première fontaine de toute vérité. Passons outre.    <br />
 Or, comme Dieu révéla sa Parole et parla par la bouche des Pères et des Prophètes, et finalement en son Fils (Hébreux, 1 : 1-2), puis par les Apôtres et Évangélistes, dont les langues ne furent que comme plumes de secrétaires écrivant très promptement (Psaumes, 44 : 2), employant en cette sorte les hommes pour parler aux hommes, ainsi, pour proposer, appliquer et déclarer cette sienne Parole, il emploie son Épouse visible comme son truchement et l&#8217;interprète de ses intentions. C&#8217;est donc Dieu seul qui règle notre croyance chrétienne, mais avec deux instruments, en diverses façons : 1. par sa Parole, comme avec une Règle formelle; 2. par son Église, comme par la main du compasseur [celui qui mesure avec le compas] et régleur. Disons ainsi : Dieu est le peintre, notre foi la peinture, les couleurs sont la parole de Dieu, le pinceau c&#8217;est l&#8217;Église. Voilà donc deux Règles ordinaires et infaillibles de notre croyance : la Parole de Dieu qui est la Règle fondamentale et formelle, l&#8217;Église de Dieu qui est la Règle d&#8217;application et d&#8217;explication . Je considère en cette seconde Partie et l&#8217;une et l&#8217;autre; mais, pour en rendre le traité plus clair et maniable, j&#8217;ai divisé ces deux Règles en plusieurs, en cette sorte :    <br />
 La Parole de Dieu, Règle formelle de notre foi, ou elle est en l&#8217;Écriture ou en la Tradition : je traite premièrement de l&#8217;Écriture, puis de la Tradition.    <br />
 L&#8217;Église, qui est la Règle d&#8217;application, où elle se déclare en tout son corps universel par une croyance générale de tous les chrétiens, ou en ses principales et nobles parties par un consentement de ses pasteurs et docteurs; et en cette dernière façon, ou c&#8217;est en ses pasteurs assemblés en un lieu et en un temps, comme en un Concile général, ou c&#8217;est en ses pasteurs divisés de lieux et d&#8217;âge, mais assemblés en union et correspondance de foi, ou bien, enfin, cette même Église se déclare et parle par son chef ministériel : et ce sont  quatre Règles explicatives et applicables pour notre foi, l&#8217;Église en corps, le Concile général, le consentement des Pères et le Pape; outre ces Règles, nous ne devons pas en rechercher d&#8217;autres, celles-ci suffisent pour affermir les plus inconstants.    <br />
 Mais Dieu, qui se plaît en la surabondance de ses faveurs, voulant aider la faiblesse des hommes, ne laisse pas d&#8217;ajouter parfois à ces Règles ordinaires (je parle de l&#8217;établissement et fondation de l&#8217;Église) une Règle extraordinaire, très certaine et de grande importance; c&#8217;est le Miracle, témoignage extraordinaire de la vraie application de la Parole divine.    <br />
 Enfin, la raison naturelle peut encore être dite une règle de bien croire, mais négativement, et non pas affirmativement; car qui dirait ainsi, telle proposition est article de foi, donc elle est selon la raison naturelle, cette conséquence affirmative serait mal tirée, puisque presque toute notre foi est hors et par-dessus notre raison; mais qui dirait : cela est un article de foi, donc il ne doit pas être contre la raison naturelle, la conséquence est bonne, car la raison naturelle et la foi étant puisées de même source et sorties d&#8217;un même auteur, elles ne peuvent être contraires.    <br />
 Voilà donc 8 règles de la foi : l&#8217;Écriture, la Tradition, l&#8217;Église, le Concile, les Pères, le Pape, les Miracles, la Raison naturelle. Les deux premières ne sont qu&#8217;une Règle formelle, les quatre suivantes ne sont qu&#8217;une Règle d&#8217;application, la septième est extraordinaire, et la huitième, négative. Au reste, qui voudrait réduire toutes ces règles en une seule, dirait que l&#8217;unique et vraie Règle de bien croire c&#8217;est la Parole de Dieu, prêchée par l&#8217;Église de Dieu.<br />
 Or, j&#8217;entreprends ici de montrer, clair comme le beau jour,  que vos réformateurs ont violé et forcé toutes ces Règles (et il suffirait de montrer qu&#8217;ils en ont violé l&#8217;une, puisqu&#8217;elles s&#8217;entretiennent tellement que qui en viole l&#8217;une viole toutes les autres); afin que, comme vous avez vu en la première partie qu&#8217;ils vous ont enlevés du giron de la vraie Église par schisme, vous connaissiez en cette seconde partie qu&#8217;ils vous ont ôté la lumière de la vraie foi par l&#8217;hérésie, pour vous tirer à la suite de leurs illusions. Et je me tiens toujours sur une même posture, car je prouve premièrement que les Règles que je produis sont très certaines et infaillibles, puis je fais toucher au doigt que vos docteurs les ont violées. C&#8217;est ici ou je vous appelle au nom de Dieu tout puissant, et vous somme de sa part de juger justement.</p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #993300;">CHAPITRE PREMIER : QUE LES RÉFORMATEURS PRÉTENDUS ONT VIOLÉ LA SAINTE ÉCRITURE, PREMIÈRE RÈGLE DE NOTRE FOI<br />
 ARTICLE PREMIER : LA SAINTE ÉCRITURE EST UNE VRAIE RÈGLE DE LA FOI CHRÉTIENNE</span></p>
<p>Je sais bien, Dieu merci, que la Tradition a été devant [avant, i.e. a précédé] toute l&#8217;Écriture, puisque même une bonne partie de l&#8217;Écriture n&#8217;est que la Tradition réduite en écrit  avec une infaillible assistance du Saint-Esprit; mais parce que l&#8217;autorité de l&#8217;Écriture est plus aisément reçue par les réformateurs que par celle de la Tradition, je commence par cet endroit, pour faire une entrée plus aisée à mon discours.    <br />
 La Sainte Écriture est tellement Règle à notre créance [credo, foi] chrétienne, que celui qui ne croit pas tout ce qu&#8217;elle contient, ou croit qui quelque chose qui lui soit tant soit peu contraire, est infidèle. Notre Seigneur y a renvoyé les Juifs pour redresser leur foi (Jean, 5 : 39); les Sadducéens erraient pour ignorer les Écritures (Marc, 12 : 24); c&#8217;est donc un niveau très assuré, c&#8217;est un flambeau luisant dans les obscurités, comme parle saint Pierre (2 Pierre, 1 : 19), qui, ayant lui-même entendu la voix du Père en la Transfiguration du Fils, se tient néanmoins pour plus assuré au témoignage des Prophètes qu&#8217;en cette sienne expérience (verset 17, 18). Mais je perds du temps; nous sommes d&#8217;accord en ce point, et ceux qui sont si désespérés que d&#8217;y contredire, ne savent pas appuyer leur contradiction que sur l&#8217;Écriture même, se contredisant eux-mêmes avant de contredire l&#8217;Écriture, se servant d&#8217;elle en la protestation qu&#8217;ils font de ne s&#8217;en vouloir servir.</p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #993300;">ARTICLE II  :  COMBIEN ON DOIT ÊTRE JALOUX DE SON INTEGRITÉ</span></p>
<p>Je ne m&#8217;arrêterai pas non plus guère en cet endroit. On appelle la Sainte Écriture le Livre du Vieux et du Nouveau Testament. Certes, quand un notaire a expédié un contrat ou autre Écriture, personne n&#8217;y peut remuer, ôter, ajouter un seul mot sans être tenu pour faussaire : voici l&#8217;Écriture des Testaments de Dieu, expédiée par les notaires à ses députés; comment peut-on l&#8217;altérer tant soit peu sans impiété ?    <br />
 Les promesses ont été dites à Abraham, dit saint Paul (Galates, l : 3, 16), et à sa semence; il n&#8217;est pas dit &#8221; et ses semences &#8220;, comme en plusieurs, mais comme en une, et à ta semence, qui est Christ : voyez, je vous prie, combien la variation du singulier au pluriel eut gâté le sens mystérieux de cette parole. Notre Seigneur met en compte les iota, voire les seuls petits points et accents de ses saintes paroles (Matthieu, 5 : 18); combien donc est-il jaloux de leur :intégrité ? Les Éphratéens disaient sibolleth, sans oublier une seule lettre, mais parce qu&#8217;ils ne prononçaient pas assez grassement, les Galaadites les égorgeaient sur le quai du Jourdain (Jud., 12 : 6). La seule différence de prononciation en parlant et en écrit, la seule transposition d&#8217;un point sur la lettre scin [sin ou schin] , faisait toute l&#8217;équivoque, et, changeant le jamin [un point à droite] en semol [un point à gauche], au lieu d&#8217;un épi de blé signifiait une charge ou fardeau. Qui change tant soit peu la sainte Parole mérite la mort, qui ose mêler le profane au sacré (Lévitique, 10 : 9-10). Les ariens corrompaient cette sentence de l&#8217;Évangile (Jean, 1, 1-2) : In principio erat Verbum, et Verbum erat apud Deum, et Deus erat Verbum. Hoc erat in principio apud Deum, en remuant un seul point; car ils lisaient ainsi (Aug., l. 3, De Doct. Christiana, c. 2) : Et Verbum erat apud Deum, et Deus erat. (Ici ils mettaient le point, puis recommençaient la période) Verbum hoc erat in principio apud Deum. Ils mettaient le point après l&#8217;erat, au lieu de le mettre après leVerbum; ce qu&#8217;ils faisaient de peur d&#8217;être convaincus par ce texte que le Verbe est Dieu : tant il faut peu pour altérer cette sacrée Parole.    <br />
 Quand le vin est meilleur il se ressent plutôt du goût étranger, et la symétrie d&#8217;un excellent tableau ne peut souffrir le mélange de nouvelles couleurs. Le sacré dépôt des Saintes Écritures doit être gardé bien consciencieusement.</p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #993300;">ARTICLE III  : QUELS SONT LES LIVRES SACRÉS DE LA PAROLE DE DIEU</span></p>
<p>Tous les livres sacrés sont premièrement divisés en deux, en ceux du Vieux Testament et ceux du Nouveau : puis, autant les uns que les autres sont partagés en deux rangs; car il y a des Livres, tant du Vieux que du Nouveau Testament, dont on n&#8217;a jamais douté qu&#8217;ils ne fussent sacrés et canoniques, il y en a dont on a douté pour un temps, mais en fin ont été reçus avec ceux du premier rang.    <br />
 Ceux du premier rang, de l&#8217;Ancien Testament, sont les cinq Livres de Moïse, Josué, les Juges, Ruth, 4 des Rois, 2 de Paralipomènes [ou des Chroniques], 2 d&#8217;Esdras et de Néhémie, Job, 150 Psaumes, les Proverbes, l&#8217;Ecclésiaste, les Cantiques, les 4 Prophètes plus grands, les douze moindres. Ceux-ci furent canonisés par le grand Synode où se trouva Esdras qui y fut scribe, et jamais personne ne douta de leur autorité qui ne fut tenu péremptoirement pour hérétique, comme notre docte Genebrard va déduisant en sa Chronologie. Le second rang contient ceux-ci : Ester, Baruch, une partie de Daniel, Tobie, Judith, la Sapience, [ou la Sagesse], l&#8217;Ecclésiastique, les Macchabées, premier et second. Et quant à ceux-ci il y a grande apparence, au dire du même docteur Genebrard, qu&#8217;en l&#8217;assemblée qui se fit en Jérusalem pour envoyer les 72 interprètes en Égypte, ces Livres, qui n&#8217;étaient encore en être [reçus, comptés] quand Esdras fit le premier canon, furent alors canonisés, au moins tacitement, puisqu&#8217;ils furent envoyés avec les autres pour être traduits; hormis les Macchabées, qui furent reçus en une autre assemblée par après, en laquelle les précédents furent derechef approuvés : mais comme que ce soit, parce que ce second canon ne fut pas fait si authentiquement que le premier, cette canonisation ne leur peut acquérir une entière et indubitable autorité parmi les Juifs, ni les égaler aux Livres du premier rang.    <br />
 Ainsi dirai-je des Livres du Nouveau Testament, qu&#8217;il y en a du premier rang, qui ont toujours été reconnus pour sacrés et canoniques entre les catholiques : tels sont les 4 évangiles, selon saint Mathieu, saint Marc, saint Luc, saint Jean, les Actes des Apôtres, toutes les Épîtres de saint Paul hormis celle aux Hébreux, une de saint Pierre, une de saint Jean. Ceux du second rang sont l&#8217;Épître aux Hébreux, celle de saint Jacques, la seconde de saint Pierre, la seconde et troisième de saint Jean, celle de saint Jude, l&#8217;Apocalypse, et certaines parties de saint Marc, de saint Luc et de l&#8217;Évangile et Épître première de saint Jean : et ceux-ci ne furent pas d&#8217;indubitable autorité en l&#8217;Église au commencement, mais, avec le temps, enfin furent reconnus comme ouvrage sacré du Saint-Esprit, et non pas tout à coup, mais à diverses fois. Et premièrement, outre ceux du premier rang tant du Vieux que du Nouveau Testament, environ l&#8217;an 364 on reçut au Concile de Laodicée (Can 59) (qui depuis fut approuvé au Concile général sixième (1)), le livre d&#8217;Ester, l&#8217;Épître de saint Jacques, la 2. de saint Pierre, la 2 et 3 de saint Jean, celle de saint Jude, et l&#8217;Épître aux Hébreux comme la quatorzième de saint Paul. Puis, quelque temps après, au Concile 3 de Carthage (Can. 6-7), auquel se trouva saint Augustin, et a été confirmé au Concile Général, de Trulles, outre les Livres précédents du second rang, furent reçus au canon comme indubitables, Tobie, Judith, deux des Macchabées, la Sagesse, l&#8217;Ecclésiastique et l&#8217;Apocalypse; mais avant tous ceux du second rang, le Livre de Judith fut reçu et reconnu pour divin au premier général Concile de Nicée, ainsi que saint Jérôme en est témoin, en sa préface sur celui-ci. Voilà comme on assembla les deux rangs en un, et furent rendus d&#8217;égale autorité en l&#8217;Église de Dieu; mais avec progrès et succession, comme une belle aube se levant qui peu à peu éclaire notre hémisphère. Ainsi fut dressé au Concile de Carthage la même liste des Livres canoniques qui a depuis toujours été en l&#8217;Église catholique, et fut confirmée au sixième général (Can 2), au grand Concile de Florence en l&#8217;Union des Arméniens, et en notre âge au Concile de Trente, et fut suivie par saint Augustin (De Doct. Christiana, l. 2, c 8).    <br />
 A peu que je n&#8217;ai oublié de dire : vous ne devez point entrer en scrupule sur ce que je viens de déduire, encore que Baruch ne soit pas nommément coté au Concile de Carthage, mais seulement en celui de Florence et de Trente; car, d&#8217;autant que Baruch était secrétaire de Jérémie (36 : 4), on mettait en compte parmi les Anciens le Livre de Baruch comme un accessoire ou appendice de Jérémie, le comprenant sous celui-ci, ainsi que cet excellent théologien Bellarmin le prouve en ses Controverses. Mais il me suffit d&#8217;avoir dit ceci; mon Mémorial n&#8217;est pas obligé de s&#8217;arrêter sur chaque particularité. En conclusion, tous les Livres, tant du premier que du second rang, sont également certains, sacrés et canoniques.</p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #993300;">ARTICLE IV  :  PREMIÈRE VIOLATION DES SAINTES ÉCRITURES   FAITE PAR LES RÉFORMATEURS, RETRANCHANT PLUSIEURS DE LEURS PARTIES.</span></p>
<p>Voilà les Livres sacrés et canoniques que l&#8217;Église a reçus et reconnus unanimement des douze cents ans en çà : et avec quelle autorité ont osé ces nouveaux réformateurs biffer tout en un coup tant de nobles parties de la Bible ? Ils ont raclé une partie d&#8217;Ester, Baruch, Tobie, Judith, la Sagesse, l&#8217;Ecclésiastique, les Maccabées; qui leur a dit que ces Livres ne sont pas légitimes et recevables ? Pourquoi démembrent-ils ainsi ce sacré corps des Écritures ?    <br />
 Voici leurs principales raisons, ainsi que j&#8217;ai peu recueillir de la vielle préface faite devant les Livres prétendus apocryphes imprimés à Neufchâtel, de la traduction de Pierre Robert, autrement Olivetanus, parent et ami de Calvin, et encore de la plus nouvelle, faite sur les mêmes Livres par les professeurs et pasteurs prétendus de l&#8217;Église de Genève, l&#8217;an 1588.<br />
 1 - &#8221; Ils ne se trouvent ni en hébreu ni en chaldéen, lesquelles langues jadis ont étés écrites (fors à l&#8217;aventure le Livre de la Sagesse), dont la grande difficulté serait de les restituer &#8220;;<br />
 2. - &#8221; Ils ne sont point reçus comme légitimes des Hébreux &#8221; ;<br />
 3. - &#8221; ni de toute l&#8217;Église &#8220;;<br />
 4. - Saint Jérôme dit qu&#8217;ils ne sont point estimés, &#8221; idoines &#8220;, pour &#8221; corroborer l&#8217;autorité des doctrines ecclésiastiques. &#8221; (Praefat. in lib. Salom., Ad Chromat. et Heliodor.);<br />
 5. - Le Droit Canon &#8220;en profère son jugement &#8221; (Can. Sta Romana Dist. XV decreti Ia pars);<br />
 6. - et la Glose (Can. Canones, Dist. XVI), &#8221; qui dit qu&#8217;on les lit mais non point en général, comme si elle voulait dire que généralement partout ne soient point approuvés &#8220;;<br />
 7. - &#8221; Ils ont été corrompus et falsifiés &#8220;, comme dit Eusèbe (L. 4, c. 22);<br />
 8. - &#8221; notamment les Macchabées &#8220;;<br />
 9. - et spécialement le second, que saint Jérôme dit &#8221; n&#8217;avoir trouvé en hébreu &#8221; (In Prologo galeato, ad libros Sam. et Mal.). Voilà les raisons d&#8217;Olivetanus;<br />
 10. - Il y a en ceux-ci &#8221; plusieurs choses fausses &#8220;, dit la nouvelle préface. Voyons maintenant ce que valent ces belles recherches.<br />
 1. Et quant à la première : êtes-vous d&#8217;avis de ne pas recevoir ces Livres parce qu&#8217;ils ne se trouvent pas en hébreu ou chaldéen ? Recevez donc Tobie, car saint Jérôme atteste qu&#8217;il l&#8217;a traduit du chaldéen en latin, en l&#8217;épître que vous citez vous-mêmes (Epistola ad Chromatium et Heliodorum (Praefat. in Tobium)), qui me fait croire que vous n&#8217;êtes guère gens de bonne foi; et Judith, pourquoi pas ? qui a aussi bien été écrit en chaldéen, comme dit le même saint Jérôme, au Prologue; et si saint Jérôme dit qu&#8217;il n&#8217;a pu trouver le 2. des Macchabées en hébreu, qu&#8217;en peut mais le premier ? recevez-le toujours à bon compte, nous traiterons par après du second. Ainsi vous dirai-je de l&#8217;Ecclésiastique, que saint Jérôme l&#8217;a eu et trouvé en hébreu, comme il dit en sa préface sur les Livres de Salomon. Puis donc que vous rejetez également ces Livres écrits en hébreu et en chaldéen avec les autres qui ne sont pas écrits en même langage, il vous faut chercher un autre prétexte que celui que vous avez allégué, pour racler ces Livres du canon : quand vous dites que vous les rejetez parce qu&#8217;ils ne sont écrits ni en hébreu ni en chaldéen, ce n&#8217;est pas cela, car vous ne rejetteriez pas, à ce compte, Tobie, Judith, le premier des Macchabées, l&#8217;Ecclésiastique, qui sont écrits ou en hébreu ou en chaldéen. Mais parlons maintenant pour les autres livres, qui sont écrits en autre langage que celui que vous voulez. Ou trouvez-vous que la Règle de bien recevoir les Saintes Écritures soit qu&#8217;elles soient écrites en ces langages-là plutôt qu&#8217;en grec ou en latin ? Vous dites qu&#8217;il ne faut rien recevoir en matière de religion que ce qui est écrit, et apportez en votre belle préface le dire des jurisconsultes : Eribescimus sine lege loqui; vous semble-t-il pas que la dispute qui se fait sur la validité ou invalidité des Écritures soit une des plus importantes en matière de religion ? Sus donc, ou demeurez honteux, ou produisez la Sainte Écriture pour la négative que vous soutenez : certes, le Saint-Esprit se déclare aussi bien en grec qu&#8217;en chaldéen.    <br />
 On aurait, dites-vous, &#8221; grande difficulté de les restituer &#8220;, puisqu&#8217;on ne les a pas en leur langue originale. Est-ce cela qui vous fâche ? Mais pour Dieu, dites-moi, qui vous a dit qu&#8217;ils sont perdus, corrompus ou altérés, pour avoir besoin de restitution ? Vous présupposez peut-être que ceux qui les auront traduits sur l&#8217;original auront mal traduit, et vous voudriez avoir l&#8217;original pour les collationner et les juger. Laissez-vous donc entendre et dites-vous qu&#8217;ils sont apocryphes parce que vous n&#8217;en pouvez pas être vous-même le traducteur sur l&#8217;original, et que vous ne vous pouvez pas vous fier au jugement du traducteur : il ni aura donc rien d&#8217;assuré que ce que vous aurez contrôlé ? Montrez-moi cette Règle d&#8217;assurance en l&#8217;Écriture. Plus, êtes-vous bien assuré d&#8217;avoir les textes hébreux des Livres du premier rang ainsi purs et nets comme ils étaient au temps des Apôtres et dès 70 ? Prenez garde de vous méprendre; certes, vous ne les suivez pas toujours, et ne sauriez en bonne conscience : montrez-moi encore ceci en la Sainte Écriture. Voilà donc votre première raison bien déraisonnable.    <br />
 2. Quant à ce que vous dites que ces Livres que vous appelez apocryphes ne sont point reçus par les Hébreux, vous ne dites rien de nouveau ni d&#8217;important; saint Augustin proteste bien haut : &#8221; Libros Machabeorum non Judaei sed Ecclesia Catholica pro canonicis habet : Non les Juifs, mais l&#8217;Église catholique tient les Livres des Macchabées pour canoniques. &#8221; (l. 18, c. 36, Cité) Dieu merci, nous ne sommes pas juifs, nous sommes catholiques : montrez-moi par l&#8217;Écriture que l&#8217;Église chrétienne n&#8217;aie pas autant de pouvoir pour autoriser les Livres sacrés qu&#8217;en avait la Mosaïque : il ni a en cela ni Écriture ni raison qui le montre.    <br />
 3. Oui, mais toute l&#8217;Église même ne les reçoit pas, dites-vous. Et de quelle Église entendez-vous ? Certes, l&#8217;Église catholique, qui est la seule vraie, les reçoit, comme saint Augustin vient de vous attester maintenant, et le répète encore ailleurs : le Concile de Carthage, celui de Trulles, 6. général, celui de Florence, et cent auteurs anciens, en sont témoins irréprochables et saint Jérôme nommément, qui  atteste du livre de Judith qui fut reçu au Concile premier de Nicée. Peut- être voulez-vous dire qu&#8217;anciennement quelques catholiques douteront de leur autorité; c&#8217;est selon la division que j&#8217;ai faite ci-dessus : mais quoi pour cela ? Le doute de ceux-là peut-il empêcher la résolution de leurs successeurs ? Est-ce à dire que si l&#8217;on a pas tout résolu au premier coup, il faille toujours demeurer en branle, incertain et irrésolu ? N&#8217;a-t-on pas été pour un temps incertain de l&#8217;Apocalypse et d&#8217;Ester ? Vous ne l&#8217;oseriez nier, j&#8217;ai de trop bons témoins; d&#8217;Ester, saint Athanase et saint Grégoire de Nazianze, de l&#8217;Apocalypse, le Concile de Laodicée : et néanmoins vous les recevez; ou recevez-les tous, puisqu&#8217;ils sont d&#8217;égale condition, ou n&#8217;en recevez point, par même raison. Mais, au nom de Dieu, quelle humeur vous prend-il d&#8217;alléguer ici l&#8217;Église, l&#8217;autorité de laquelle vous tenez cent fois plus incertaine que ces Livres- mêmes, et que vous dites avoir été fautive, inconstante, voire apocryphe, si apocryphe veut dire caché; vous ne la prenez que pour la mépriser et la faire paraître inconstante, or avouant or désavouant ces Livres. Mais il y a bien à dire entre douter d&#8217;une chose si elle est recevable, et la rejeter : le doute n&#8217;empêche pas la résolution suivante, mais plutôt en est un préalable; rejeter présuppose résolution. Être inconstant ce n&#8217;est pas changer un doute en résolution, mais oui bien changer de résolution en doute; ce n&#8217;est pas instabilité de s&#8217;affermir après l&#8217;ébranlement, mais oui bien de s&#8217;ébranler après l&#8217;affermissement. L&#8217;Église donc, ayant pour un temps laissé ces Livres en doute, enfin les a reçus en résolution authentique; et vous voulez que de cette résolution elle retourne au doute. C&#8217;est le propre de l&#8217;hérésie et non de l&#8217;Église de profiter ainsi de mal en pis (2 Timothée, 3, 13) ; mais de ceci ailleurs.<br />
 4. Quant à saint Jérôme que vous alléguez, ce n&#8217;est rien à propos, puisque de son temps l&#8217;Église n&#8217;avait encore pas pris la résolution qu&#8217;elle a prise depuis, touchant la canonisation de ces Livres, hormis celui de Judith.<br />
 5. Et le canon Sancta Romana, qui est de Gélase premier, je crois que vous l&#8217;avez rencontré à tâtons, car il est tout contre vous; puisque, censurant les Livres apocryphes, il n&#8217;en nomme pas un de ceux que nous recevons, mais plutôt au contraire atteste que Tobie et les Maccabées étaient reçus publiquement en l&#8217;Église.<br />
 6. Et la pauvre Glose ne mérite pas que vous la glosiez ainsi, puisqu&#8217;elle dit clairement (Can. Canones, dist. 16 decreti Ia Pars) que &#8221; ces Livres sont lus, mais non peut-être généralement &#8220;. Ce &#8221; peut-être &#8221; là garde de mentir, et vous l&#8217;avez oublié; et si elle met en compte ces Livres dont est question, comme apocryphes, c&#8217;est parce qu&#8217;elle croyait que apocryphe voulut dire n&#8217;avoir point de certain auteur, et partant y enrôle comme apocryphe le Livre des Juges : et sa sentence n&#8217;est pas si authentique qu&#8217;elle passe en chose jugée; enfin, ce n&#8217;est qu&#8217;une glose.<br />
 7. Et ces falsifications que vous alléguez ne sont en point de façon suffisantes pour abolir l&#8217;autorité de ces Livres, parce qu&#8217;ils ont été justifiés et épurés de toute corruption avant que l&#8217;Église les reçut. Certes, tous les Livres de la Sainte Écriture ont été corrompus par les anciens ennemis de l&#8217;Église, mais, par la Providence de Dieu, ils sont demeurés francs et nets en la main de l&#8217;Église comme un sacré dépôt, et jamais on n&#8217;a pu gâter tant d&#8217;exemplaires qu&#8217;il n&#8217;en soit assez demeuré pour restaurer les autres.<br />
 8. Mais vous voulez surtout que les Maccabées nous tombe des mains, quand vous dites qu&#8217;ils ont étés corrompus; or, puisque vous n&#8217;avances qu&#8217;une simple affirmation, je n&#8217;y parerai que par une simple négation.<br />
 9. Saint Jérôme dit qu&#8217;il n&#8217;a su trouver le 2. en hébreu; eh bien ! que le premier y soit; le second n&#8217;est que comme une épître que les Anciens d&#8217;Israël envoyèrent aux frères juifs qui étaient hors de la Judée, et si elle est écrite au langage le plus connu et commun de ce temps-là, s&#8217;ensuit-il qu&#8217;elle ne soit pas recevable ? Les Égyptiens avaient en usage le langage grec beaucoup plus que l&#8217;hébreu, comme montra bien Ptolémée quand il procura la version des 72 ; Voilà pourquoi ce 2. Livre des Maccabées, qui était comme une épître ou commentaire envoyé pour la consolation des Juifs qui habitaient en Égypte, a été écrit en grec plutôt qu&#8217;en hébreu.<br />
 10. Reste que les nouveaux préfaciers montrent ces faussetés dont ils accusent ces Livres, ce qu&#8217;à la vérité ils ne feront jamais; mais je les vois venir : ils produiront l&#8217;intercession des saints, la prière pour les trépassés, le libre arbitre, l&#8217;honneur des reliques et semblables points, qui sont expressément confirmés dans les Livres des Maccabées, en l&#8217;Ecclésiastique et autres Livres qu&#8217;ils prétendent apocryphes. Prenez garde, pour Dieu, que votre jugement ne vous trompe; pourquoi, je vous prie, appelez-vous faussetés ce que toute l&#8217;antiquité a tenu pour articles de foi ? Que ne censurez-vous doctrine de ces Livres, que de censurer ces Livres, reçus de si longtemps, parce qu&#8217;ils ne secondent pas à vos humeurs ? parce que vous ne voulez pas croire ce que les Livres enseignent, vous les condamnez ; et que ne condamnez-vous plutôt votre témérité, qui se rend incrédule à leurs enseignements ?<br />
 Voilà, ce me semble, toutes vos raisons évanouies, et n&#8217;en sauriez produire d&#8217;autres; mais nous saurons bien dire, que s&#8217;il est ainsi loisible indifféremment de rejeter ou révoquer en doute l&#8217;autorité des Écritures desquelles on a douté, quoique l&#8217;Église en ait déterminé, il faudra rejeter ou douter d&#8217;une grande partie du Vieux et du Nouveau Testament. Ce n&#8217;est donc pas un petit gain à l&#8217;ennemi du christianisme, d&#8217;avoir de plein saut raclé en la Sainte Écriture tant de nobles parties. Passons outre.</p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #993300;">ARTICLE V  : SECONDE VIOLATION DES ÉCRITURES PAR LA RÈGLE QUE LES RÉFORMATEURS PRODUISENT POUR DISCERNER LES LIVRES SACRÉS D&#8217;AVEC LES AUTRES ET DE QUELQUES MENUS RETRANCHEMENTS QUI S&#8217;ENSUIVENT</span></p>
<p>Le marchand rusé  tient en montre les moindres pièces de sa boutique, et les offre les premières aux acheteurs, pour essayer s&#8217;il les pourra déduire et vendre à quelque niais. Les raisons que les réformateurs ont avancées au chapitre précédent ne sont que biffes, comme nous avons vu, dont on se sert comme d&#8217;amusement, pour voir si quelque simple et faible cervelle s&#8217;en voudrait contenter : et de fait, quand on vient au joindre, ils confessent que ni l&#8217;autorité de l&#8217;Église, ni de saint Jérôme, ni de la Glose, ni du chaldéen, ni de l&#8217;hébreu, n&#8217;est pas cause suffisante pour recevoir ou rejeter quelque Écriture. Voici leur protestation en la Confession de foi présentée au roi de France par les Français prétendus réformés : après qu&#8217;ils ont mis en liste, en l&#8217;Article troisième, les Livres qu&#8217;ils veulent recevoir, ils écrivent ainsi en l&#8217;Article quatrième : &#8221; Nous connaissons ces Livres être canoniques et Règle très certaine de notre foi, non tant par le commun accord et consentement de l&#8217;Église, que par le témoignage et persuasion intérieure du Saint-Esprit, qui nous les fait discerner d&#8217;avec les autres livres ecclésiastiques &#8220;. Quittant donc le champ des raisons précédentes pour se mettre à couvert, ils se jettent dans l&#8217;intérieure, secrète et invisible persuasion qu&#8217;ils estiment être faite en eux par le Saint-Esprit.<br />
 Or, à la vérité, c&#8217;est bien leur procédé de ne vouloir s&#8217;appuyer en cet article sur le commun accord et consentement de l&#8217;Église; puisque ce commun accord a canonisé l&#8217;Ecclésiastique, les Livres des Macchabées, tout autant et aussitôt que l&#8217;Apocalypse, et néanmoins ils veulent recevoir celui-ci et rejeter ceux-là : Judith, autorisé par le grand premier et irréprochable Concile de Nicée, est biffé par les réformateurs; ils ont donc raison de confesser qu&#8217;en la réception des Livres canoniques, ils ne reçoivent point l&#8217;accord et consentement de l&#8217;Église, qui ne fut jamais plus grand ni solennel qu&#8217;en ce premier Concile. Mais pour Dieu, voyez la ruse. &#8221; Nous connaissons &#8220;, disent-ils, &#8221;  ces Livres être canoniques, non tant par le commun accord de l&#8217;Église &#8221; : à les entendre parler, ne diriez-vous pas qu&#8217;au moins  en quelque façon ils se laissent guider par l&#8217;Église ? Leur parler n&#8217;est pas franc : il semble qu&#8217;ils ne refusent pas du tout crédit au commun accord des chrétiens, mais que seulement ils ne le reçoivent pas  à même degré que leur persuasion intérieure, et néanmoins ils n&#8217;en tiennent aucun compte; mais ils vont ainsi retenus en leur langage pour ne paraître pas du tout incivils et déraisonnables. Car, je vous prie, s&#8217;ils déferaient  tant soit peu à l&#8217;autorité ecclésiastique, pourquoi recevraient-ils plutôt l&#8217;Apocalypse que Judith ou les Macchabées, desquels saint Augustin et saint Jérôme nous sont fidèles témoins qu&#8217;ils ont été reçus unanimement de toute l&#8217;Église Catholique ? et les Conciles de Carthage, Trulles, de Florence, nous en assurent. Pourquoi, disent-ils donc, qu&#8217;ils ne reçoivent pas les Livres sacrés &#8221; tant par le commun accord de l&#8217;Église que par l&#8217;intérieure persuasion &#8221; ? puisque le commun accord de l&#8217;Église n&#8217;y a ni rang ni lieu. C&#8217;est leur coutume, quand ils veulent produire quelque opinion étrange, de ne parler pas clair et net, pour laisser à penser aux lecteurs quelque chose de mieux.    <br />
 Maintenant, voyons quelle règle ils ont pour discerner les Livres canoniques d&#8217;avec les autres ecclésiastiques : &#8221; le témoignage &#8220;, disent-ils, &#8221; est persuasion intérieure du Saint-Esprit &#8220;. O Dieu, quelle cachette, quel brouillard, quelle nuit; ne nous voilà pas bien éclaircis en un si important et grave différend ? On se demande comment l&#8217;on peut connaître les Livres canoniques, on voudrait bien avoir quelque règle pour les discerner, et l&#8217;on nous produit ce qui se passe en l&#8217;intérieur de l&#8217;âme, que personne ne voit, personne ne connaît, sinon l&#8217;âme même et son Créateur.<br />
 1.- Montrez-moi clairement que ces  inspirations et persuasions que vous prétendez sont du saint et non du faux esprit; qui ne sait que l&#8217;esprit des ténèbres comparait bien souvent en habit de lumière ?  <br />
 2. - Montrez-moi clairement que, lorsque vous me dites que telle et telle inspiration se passe en votre conscience, vous ne mentez point, vous ne me trompez point. Vous dites que vous sentez cette persuasion en vous, mais pourquoi suis-je obligé de vous croire ? Votre parole est-elle si puissante, que je sois forcé sous son autorité de croire que vous pensez et sentez ce que vous dites ? Je veux vous tenir pour gens de bien, mais quand il s&#8217;agit des fondements de ma foi, comme de recevoir ou rejeter les Écritures ecclésiastiques, je ne trouve ni vos pensées ni vos paroles assez fermes pour me servir de base.  <br />
 3. - Cet esprit fait-il ses persuasions indifféremment à chacun, ou seulement à quelques-uns en particulier ? Si à chacun, et que veut dire que tant de milliers de catholiques ne s&#8217;en sont jamais aperçus, ni tant de femmes, de laboureurs et autres parmi vous ? Si c&#8217;est à quelques-uns en particulier, montrez-les moi, je vous prie, et pourquoi à ceux-là plutôt qu&#8217;aux autres ? Quelle marque me les fera connaître et trier de la presse du reste des hommes ? Me faudra-il croire au premier qui dira d&#8217;en être ? Ce serait trop nous mettre à l&#8217;abandon et à la merci des séducteurs : montrez-moi donc quelque règle infaillible pour connaître ces inspirés et persuadés, ou permettez-moi de n&#8217;en croire aucun..  <br />
 4. - Mais en conscience, vous semble-il que l&#8217;intérieure persuasion soit un moyen suffisant pour discerner les Saintes Écritures, et mettre les peuples hors du doute ? Que veut donc dire que Luther racle [enlève] l&#8217;Épître de saint Jacques, laquelle Calvin reçoit ? Accordez un peu, je vous prie, cet esprit et sa persuasion, qui persuade à l&#8217;un de rejeter ce qu&#8217;il persuade à l&#8217;autre de recevoir. Vous direz peut-être que Luther se trompe, il en dira tout autant de vous; à qui croire ? Luther se moque de l&#8217;Ecclésiaste, il tient Job pour fable; lui opposerez-vous votre persuasion ? Il vous opposera la sienne : ainsi cet esprit, se combattant soi-même, ne vous laissera pas d&#8217;autre résolution que de vous bien opiniâtrer de part et d&#8217;autre.<br />
 5. - .Puis, quelle raison y a-t-il que le Saint-Esprit aille inspirant ce que chacun doit croire à des je ne sais qui, à Luther, à Calvin, ayant abandonné sans aucune telle inspiration les Conciles et l&#8217;Église tout entière ? Nous ne nions pas, pour parler clairement, que la connaissance des vrais Livres sacrés ne soit un don du Saint-Esprit, mais nous disons que le Saint-Esprit la donne aux particuliers par l&#8217;entremise de l&#8217;Église. Certes, quand Dieu aurait révélé mille fois  une chose à quelque particulier nous ne serions pas obligés de le croire, sinon que Dieu le marquât tellement que nous ne puissions plus révoquer en doute sa fidélité; mais nous ne voyons rien de tel en vos réformateurs. En un mot, c&#8217;est à l&#8217;Église générale que le Saint-Esprit adresse immédiatement ses inspirations et persuasions, puis, par la prédication de l&#8217;Église, il les communique aux particuliers ; c&#8217;est l&#8217;Épouse en laquelle le lait est engendré, puis les enfants le sussent de ses mamelles : mais vous voulez, au rebours, que Dieu inspire aux particuliers, et par leur moyen à l&#8217;Église, que les enfants reçoivent le lait, et que la mère soit nourrie à leurs tétins; chose absurde.<br />
 Or, si l&#8217;Écriture n&#8217;est violée et sa majesté lésée par l&#8217;établissement de ces intérieures et particulières inspirations, jamais elle ne fut ni ne sera violée; car ainsi la porte est ouverte à chacun de recevoir ou rejeter des Écritures ce que bon lui semblera. Hé ! de grâce, pourquoi permettra-t-on plutôt à Calvin de racler [d'enlever] la Sapience [la Sagesse] ou les Maccabées, qu&#8217;à Luther de lever [d'enlever] l&#8217;Épître de saint Jacques ou l&#8217;Apocalypse, ou à Castalio, le Cantique des Cantiques, ou aux Anabaptistes, l&#8217;Évangile de saint Marc, ou à un autre, la Genèse et l&#8217;Exode ? Si tous protestent de l&#8217;intérieure révélation, pourquoi croira-t-on plutôt l&#8217;un que l&#8217;autre ? Ainsi cette Règle sacrée, sous prétexte du Saint-Esprit demeurera déréglée, par la témérité de chaque séducteur.<br />
 Connaissez, je vous prie, le stratagème. On a enlevé toute autorité à la Tradition, à l&#8217;Église, aux Conciles; que demeure-t-il de plus ? L&#8217;Écriture. L&#8217;ennemi est fin; s&#8217;il voulait l&#8217;arracher tout à coup il donnerait l&#8217;alarme; il établit un moyen certain et infaillible pour l&#8217;enlever pièce à pièce tout bellement, c&#8217;est cette opinion de l&#8217;intérieure inspiration, par laquelle chacun peut recevoir ou rejeter ce que bon lui semble : et de fait, voyez un peu le progrès de ce dessein. Calvin ôte et racle du canon, Baruch, Tobie, Judith, la Sapience, l&#8217;Ecclésiastique, les Maccabées : Luther lève l&#8217;Épître de saint Jacques, de saint Jude, la 2. de saint Pierre, la 2 et 3. de saint Jean, l&#8217;Épître aux Hébreux; il se moque de l&#8217;Ecclésiaste, et tient Job pour fable. En Daniel, Calvin a biffé le cantique des trois enfants, l&#8217;histoire de Susanne et celle du dragon de Bel; item, une grande partie d&#8217;Ester. En l&#8217;Exode on a enlevé, à la Genèse et ailleurs, parmi ces réformateurs, le 22e verset du 2e chapitre, lequel est de telle substance que ni les 70  ni les autres traducteurs ne l&#8217;auraient jamais écrit s&#8217;il n&#8217;eut été dans les originaux. De Bèze met en doute l&#8217;histoire de l&#8217;adultère en l&#8217;Évangile de saint Jean (saint Augustin avise que pieça [il y a longtemps ou quelque temps] les ennemis du christianisme l&#8217;avaient rayée de leurs livres, mais non pas de tous, comme dit saint Jérôme). Dans les mystérieuses paroles de l&#8217;Eucharistie, ne veut-on pas ébranler l&#8217;autorité de ces mots, Qui pro vobis funditur (Luc, 22, 20), parce que le texte grec montre clairement que ce qui était dans le calice n&#8217;était pas du vin, mais le sang du Sauveur ? comme qui dirait en français : &#8221; Ceci est la coupe du nouveau testament en mon sang, laquelle sera répandue pour vous &#8220;; car en cette façon de parler, ce qui est en la coupe doit être le vrai sang, non le vin, puisque le vin n&#8217;a pas été répandu pour nous, mais le sang, et que la coupe ne peut être versée qu&#8217;a raison de ce qu&#8217;elle contient. Qui est le couteau avec lequel on a fait tant de retranchements ? L&#8217;opinion de ces inspirations particulières; qu&#8217;est-ce qui fait si hardis vos réformateurs à racler, l&#8217;un cette pièce, l&#8217;autre celle-là, et l&#8217;autre une autre ? Le prétexte de ces intérieures persuasions de l&#8217;esprit, qui les rend souverains, chacun chez soi, au jugement de la validité ou invalidité des Écritures.<br />
 Au contraire, Messieurs, saint Augustin proteste : &#8221; Ego vero Evangelio non crederem, nisi me Catholicae Ecclesiae commoveret authoritas : Je ne croirais pas à l&#8217;Évangile si l&#8217;autorité de l&#8217;Église Catholique ne m&#8217;émouvait &#8220;; et ailleurs : &#8221; Novum et Vetus Testamentum in illo Librorum numero recipimus quem sanctae Ecclesiae Catholicae tradit authoritas : Nous recevons le Vieux et le Nouveau Testament au nombre de Livres que l&#8217;autorité de la sainte Église Catholique propose &#8220;. Le Saint-Esprit peut inspirer ce que bon lui semble, mais quant à l&#8217;établissement de la foi publique et générale des fidèles, il ne nous adresse qu&#8217;à l&#8217;Église; c&#8217;est à elle de proposer quelles sont les vraies Écritures, et quelles non : non qu&#8217;elle puisse donner vérité ou certitude à l&#8217;Écriture, mais elle peut bien nous faire certains et assurés de la sa certitude. L&#8217;Église ne saurait rendre un livre canonique s&#8217;il ne l&#8217;est, mais elle peut bien le faire reconnaître pour tel, non pas changeant la substance du livre, mais changeant la persuasion des chrétiens, la rendant toute assurée de ce dont elle était douteuse. Que si jamais Notre Rédempteur défend son Église contre les portes d&#8217;enfer, si jamais le Saint-Esprit l&#8217;inspire et conduit, c&#8217;est en cette occasion; car ce serait bien la laisser du tout et au besoin, s&#8217;il la laissait en ce cas duquel dépend le gros de Notre religion. Pour vrai, nous serions très mal assurés si nous appuyons notre foi sur ces particulières inspirations intérieures, que nous ne savons si elles sont ou furent jamais que par le témoignage de certains particuliers; et supposé qu&#8217;elles soient ou aient été, nous ne savons si elles sont du vrai ou faux esprit; et supposé qu&#8217;elles soient du vrai esprit, nous ne savons si ceux qui les récitent les récitent fidèlement ou non, puisqu&#8217;ils n&#8217;ont aucune marque d&#8217;infaillibilité. Nous mériterions d&#8217;être abîmés, si nous nous jetions hors le navire de la publique sentence de l&#8217;Église, pour voguer dans le misérable esquif de ces persuasions particulières, nouvelles, discordantes; notre foi ne serait plus catholique, mais plutôt particulière.    <br />
 Mais avant que je parte d&#8217;ici, je vous prie, réformateurs, dites-moi où vous avez pris le canon des Écritures que vous suivez. Vous ne l&#8217;avez pas pris des Juifs, car les Livres évangéliques n&#8217;y seraient pas, ni du Concile de Laodicée, car l&#8217;Apocalypse n&#8217;y serait pas, ni du Concile de Carthage ou de Florence, car l&#8217;Ecclésiastique et les Maccabées y seraient. Où l&#8217;avez-vous donc pris ? Pour vrai, jamais il ne fut parlé de semblable canon avant vous; l&#8217;Église ne vit jamais canon des Écritures où il n&#8217;y eut ou plus ou moins qu&#8217;au vôtre : quelle apparence y a-t-il que le Saint-Esprit se soit recelé à toute l&#8217;antiquité, et qu&#8217;après 1500 il ait découvert à certains particuliers le rôle des vraies Écritures ? Pour nous, nous suivons exactement la liste du Concile Laodicée, avec l&#8217;addition faite au Concile de Carthage et de Florence; jamais homme de jugement ne laissera ces Conciles pour suivre les persuasions des particuliers.    <br />
 Voilà donc la fontaine et la source de toute la violation qu&#8217;on a fait de cette sainte Règle; c&#8217;est quand on s&#8217;est imaginé de ne la recevoir qu&#8217;a la mesure et Règle des inspirations que chacun croit et pense sentir.</p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #993300;">ARTICLE VI : COMBIEN LA MAJESTÉ DES SAINTES ÉCRITURES A ÉTÉ VIOLÉE DANS LES INTERPRÉTATIONS ET VERSIONS DES HÉRÉTIQUES</span></p>
<p>Afin que les religionnaires de ce temps déréglassent du tout cette première et très sainte Règle de notre foi, ils ne se sont pas contentés de l&#8217;accourcir et défaire de tant de belles pièces, mais l&#8217;ont contournée et détournée chacun à sa poste, et au lieu d&#8217;ajuster leur savoir à cette Règle, ils l&#8217;ont réglée elle-même à l&#8217;équerre de leur propre suffisance, ou petite ou grande. L&#8217;Église avait généralement reçu, il y a plus de mille ans, la version latine que l&#8217;Église catholique produit, saint Jérôme, tant savant homme, en était l&#8217;auteur ou le correcteur; quand voici en notre âge s&#8217;élever un épais brouillard de l&#8217;esprit de tournoiement (Isaïe, 19 : 14), lequel a tellement ébloui ces regratteurs [retoucheurs maladroits] de vieilles opinions qui ont couru ci-devant, que chacun a voulu tourner, qui d&#8217;un côté qui de l&#8217;autre, et chacun au biais de son jugement, cette sainte sacrée Écriture de Dieu : en quoi, qui ne voit la profanation de ce vase sacré de la sainte lettre, dans laquelle se conservait le précieux baume de la doctrine évangélique ? Car, n&#8217;eut-ce pas été profaner l&#8217;Arche de l&#8217;alliance, si quelqu&#8217;un eut voulu maintenir qu&#8217;un chacun la pouvait prendre, la porter chez soi et la démonter toute et dépecer, puis lui bailler telle forme qu&#8217;il eut voulu, pourvu qu&#8217;il y eut quelque apparence d&#8217;Arche ? Et qu&#8217;est ce autre chose soutenir que l&#8217;on peut prendre les Écritures, les tourner et accommoder chacun selon sa suffisance ? Et néanmoins, dès lors qu&#8217;on assure que l&#8217;édition ordinaire de l&#8217;Église est si difforme qu&#8217;il la faut rebâtir tout à neuf, et qu&#8217;un homme particulier y met la main et commence ce train, la porte est ouverte à la témérité : car si Luther l&#8217;ose faire, et pourquoi pas Érasme ? Et si Érasme, pourquoi pas Calvin ou Melanchthon ? Pourquoi pas Henricus Mercerus, Sebastien Castalio, Bèze, et le reste du monde ? Pourvu qu&#8217;on sache quelques vers de Pindare, et quatre ou cinq mots d&#8217;hébreu, auprès de quelques bons trésors de l&#8217;une et l&#8217;autre langue. Et comme se peuvent faire tant de versions, par si différentes cervelles, sans la totale éversion [ruine] de la sincérité de l&#8217;Écriture ?    <br />
 Que dites-vous ? Que l&#8217;édition ordinaire est corrompue ? Nous avouons que les transcripteurs et les imprimeurs y ont laissé couler certaines équivoques, de fort peu d&#8217;importance (si toutefois il y a rien en l&#8217;Écriture qui puisse être dit de peu d&#8217;importance), lesquelles le Concile de Trente (sess. IV) commande d&#8217;être levées, et que d&#8217;ores en avant [dès maintenant] on prenne garde à faire imprimer l&#8217;Écriture le plus correctement qu&#8217;il sera possible; au reste, il n&#8217;y a rien qui n&#8217;y soit très sortable au sens du Saint-Esprit qui en est l&#8217;auteur : comme ont montré ci-devant tant de doctes gens des nôtres (Genbrard, in praef. Psalt. et in Psalt.; Titelman in Prol Apaulogetico; Toletan, in I pag. Apaul.; Belarminus (Controv. De Verbo Dei, l. 2, c. 9-14), et alii), qui se sont opposés à la témérité de ces nouveaux formateurs de religion, que ce serait perdre temps d&#8217;en vouloir parler davantage; outre ce que ce serait folie à moi de vouloir parler de la naïveté des traductions, qui ne sus jamais bonnement lire avec les points en l&#8217;une des langues nécessaires à cette connaissance, et ne suis guère plus savant en l&#8217;autre. Mais quoi ? Qu&#8217;avez-vous fait de mieux ? Chacun a prisé la sienne, chacun a méprisé celle d&#8217;autrui; on a tournaïllé [fait beaucoup de tours et de détours sans s'éloigner, tergiversé] tant qu&#8217;on a voulu, mais personne ne se compte de la version de son compagnon : qu&#8217;est-ce autre chose que renverser la majesté de l&#8217;Écriture, et la mettre en mépris vers les peuples, qui pensent que cette diversité d&#8217;éditions vienne plutôt de l&#8217;incertitude de l&#8217;Écriture que de la bigarrure des traducteurs ? Bigarrure laquelle seule nous doit mettre en assurance de l&#8217;ancienne traduction, laquelle, comme dit le Concile, l&#8217;Église a si longuement, si constamment et si unanimement approuvée.</p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #993300;">ARTICLE VII  : DE LA PROFANATION DANS LES VERSIONS VULGAIRES</span></p>
<p>Que s&#8217;il en va ainsi des versions latines, combien est grand le mépris et profanation qui s&#8217;est faite dans les versions françaises, allemandes, polonaises et autres langues : et néanmoins voici un des plus prégnants artifices que l&#8217;ennemi du christianisme et d&#8217;unité ait employé en notre âge pour attirer les peuples à ses cordelles [à son parti]; il connaissait la curiosité des hommes, et combien chacun prise son jugement propre, et partant il a induit tous les sectaires à traduire les Saintes Écritures, chacun en la langue de la province où il se cantonne, et à maintenir cette opinion [...] que  chacun était capable d&#8217;entendre les Écritures, que tous devaient les lire, et que les offices publics devaient se célébrer et chanter en la langue vulgaire de chaque province.<br />
 Mais qui ne voit le stratagème ? Il ni a rien au monde qui passant par plusieurs mains ne s&#8217;altère et perde son premier lustre. Le vin qu&#8217;on a beaucoup versé et reversé s&#8217;évente et perd sa force, la cire étant maniée change couleur, la monnaie en perd ses caractères; croyez aussi que l&#8217;Écriture Sainte, passant par tant de divers verseurs, en tant de versions et reversions, ne peut qu&#8217;elle ne s&#8217;altère. Que si aux versions latines il y a tant de variété d&#8217;opinions entre ces tournoyeurs [girouettes], combien y en a-t-il davantage dans les éditions vulgaires et maternelles d&#8217;un chacun, éditions que chacun ne peut pas reprendre ni contrôler. C&#8217;est une bien grande licence à ceux qui traduisent, de savoir qu&#8217;ils ne seront point contrôlés que par ceux de leur province même; chaque province n&#8217;a pas tant d&#8217;yeux clairvoyants comme la France et l&#8217;Allemagne. &#8221; Savons-nous bien &#8220;, dit un docte profane, &#8221; qu&#8217;en Basque et en Bretagne il y ait des juges assez pour établir cette traduction faite en leur langue ? L&#8217;Église universelle n&#8217;a point de plus ardu jugement à faire &#8221; (Montaigne, l. 1, c. 56). C&#8217;est l&#8217;intention de Satan de corrompre l&#8217;intégrité de ce testament; il sait ce qu&#8217;il importe de troubler la fontaine et de l&#8217;empoisonner, c&#8217;est gâter toute la troupe également.    <br />
 Mais disons candidement; ne savons-nous pas que les Apôtres parlaient toutes les langues (Actes, 2 : 9-11) ? Et que veut dire qu&#8217;ils n&#8217;écrivirent leurs Évangiles et Épîtres qu&#8217;en hébreu, comme saint Jérôme atteste de l&#8217;Évangile de saint Matthieu (praefat. In Math.), en latin, et en grec, comme on tient des autres Évangiles; qui furent les trois langues choisies (Ex pontificali Damasi, in vita Petri (Concilia an 43) ; Hilar., Praef. in Psalmos, 15), dès la Croix même de Notre Seigneur, pour la prédication du Crucifix ? Ne portèrent-ils pas l&#8217;Évangile par tout le monde, et au monde n&#8217;y avait-il point d&#8217;autre langage que ces trois là ? Si avait la vérité (Actes, 2 : 11), et néanmoins ils ne jugèrent pas être expédient de diversifier en tant de langues leurs écrits : qui méprisera donc la coutume de notre Église, qui a pour son garant l&#8217;imitation des Apôtres ? De quoi nous avons une notable trace et piste en l&#8217;Évangile : car le jour que Notre Seigneur entra en Jérusalem, les troupes allaient criant : &#8221; Hosanna filio David ; benedictus qui venit in nomine Domini ; hosanna in excelsis &#8221; (Matthieu, 21, 9); et cette parole, &#8221; Hosanna &#8221; [de l'hébreu : Dieu son secours], a été laissée en son entier parmi les textes grecs de saint Marc et saint Jean, signe que c&#8217;était la même parole du peuple : or est-il que &#8221; Hosanna &#8220;, ou bien &#8221; Osianna &#8221; (l&#8217;un vaut l&#8217;autre, disent les doctes en la langue (Genbrard, in Psal., 117, 24), est une parole hébraïque, non syriaque, prise, avec le reste de cette louange-là qui fut donnée à Notre Seigneur, du Psaume 117. Ces peuples, donc, avaient accoutumé de dire les Psaumes en hébreu, et néanmoins l&#8217;hébreu n&#8217;était plus leur langue vulgaire, ainsi qu&#8217;on peut connaître de plusieurs paroles dites en l&#8217;Évangile par Notre Seigneur, qui étaient syriaques, que les Évangélistes ont gardées, comme Abba, Haceldema, Golgotha, Pascha et autres, que les doctes tiennent n&#8217;être pas hébraïques pures mais syriaques, quoiqu&#8217;elles soient appelées hébraïques parce que c&#8217;était la langage vulgaire des Hébreux de la captivité de Babylone. Laquelle, outre le grand poids qu&#8217;elle doit avoir pour contrebalancer toutes nos curiosités, a une raison que je tiens pour très bonne; c&#8217;est que ces autres langues ne sont point réglées, mais de ville en ville se changent en accents, en phrases et en paroles, elles se changent de saison en saison, et de siècle en siècle. Qu&#8217;on prenne en main les Mémoires du sire de Joinville, ou encore celles de Philippe de Commines, on verra que nous avons du tout changé leur langage qui néanmoins devaient être des plus polis de leur temps, étant tous deux nourris en cour.</p>
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		<title>Discours d&#8217;Henri Bourassa contre le règlement 17</title>
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		<pubDate>Sat, 01 Oct 2011 04:01:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>

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		<description><![CDATA[[19 mai 1915] 









Lors d&#8217;une assemblée de l&#8217;Association catholique de la jeunesse canadienne (ACJC) au Monument National, Henri Bourassa livre un discours dans lequel il appelle Rome à appuyer les francophones hors-Québec contre les visées assimilatrices du gouvernement ontarien.
Comme l&#8217;extrait qui suit le démontre, le discours de Bourassa est parsemé de nombreuses références historiques: «Il [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="font-family: Arial,Helvetica; font-size: 9pt; color: black; margin-right: 10px; text-align: justify;"><strong>[19 mai 1915]<span class="Apple-converted-space"> </span></strong></p>
<div>
<table border="0" align="center">
<tbody>
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</div>
<p>Lors d&#8217;une assemblée de l&#8217;Association catholique de la jeunesse canadienne (ACJC) au Monument National,<span class="Apple-converted-space"> </span><a style="color: #3f466c; font-family: Arial,Helvetica,sans-serif; font-size: 9pt; text-decoration: none;" href="http://bilan.usherbrooke.ca/bilan/pages/biographies/102.html">Henri Bourassa</a><span class="Apple-converted-space"> </span>livre un discours dans lequel il appelle Rome à appuyer les francophones hors-Québec contre les visées assimilatrices du gouvernement ontarien.</p>
<p style="font-family: Arial,Helvetica; font-size: 9pt; color: black; margin-right: 10px; text-align: justify;">Comme l&#8217;extrait qui suit le démontre, le discours de Bourassa est parsemé de nombreuses références historiques: «Il est temps, il est grand temps que l&#8217;on sache à Rome qu&#8217;en soutenant la cause des opprimés, nos évêques n&#8217;accomplissent pas seulement un devoir de justice et de charité. S&#8217;inspirant de l&#8217;exemple de Saint-Paul, ils protègent, en Amérique, la catholicité de l&#8217;Église contre les tentatives insidieuses ou déclarées de ceux qui veulent fare de la religion l&#8217;arme de domination d&#8217;une race. Fidèles aux traditions de l&#8217;iIlustre François de Montmorency-Laval, qui résista à la tyrannie des gouvereurs français et s&#8217;efforça de défendre la foi et la morale des indigenes contre la cupidité des traficants d&#8217;alcool; dignes successeurs de Briand et de Plessis, qui enseignèrent aux Canadiens vaincus à concilier les justes exigences de leur naionalisté avec le respect du pouvoir nouvellement établi, nos évêques, en appuyant la cause de la minorité ontarienne, ne font qu&#8217;accomplir leur devoir de pasteurs. Quant aux prélats et aux prêtres catholiques irlandais de langue anglaise] qui s&#8217;unissent aux pires ennemis de l&#8217;Église pour arracher aux Canadiens français la libre jouissance de leurs droits naturels, garantis par l&#8217;histoire, la civilisation et la pratique des nations civilisées, ils manquent à leur double devoir de pasteurs catholiques et de sujets britanniques. Flatteurs de la tyrannie des foules, ils marchent, sans le savoir, j&#8217;ose le croire, sur la trace des évêques courtisans qui servirent les basses passions d&#8217;Henri VIII [schisme anglican] contre la justice et la morale, l&#8217;esprit dominateur de Louis XIV contre la vraie tradition catholique, l&#8217;ambition effrénée de Napoléon contre les libertés légitimes de l&#8217;Église et de ses peuples. Au lieu de persécuter le plus ancien et le plus fidèle peuple de l&#8217;Amérique, que n&#8217;appliquent-ils leur ardeur combattive à sauver les milliers de catholiques de langues anglaise que les mariages mixtes, la fréquentation des écoles neutres et la littératre protestante ou matérialiste jettent, chaque années, dans l&#8217;immense armée des incroyants, adorateurs du veau d&#8217;or? Cette déclaration, j&#8217;espère, ne scandalisera personne. Je la fais sans colère, dans l&#8217;esprit du père de famille catholique qui sait que Dieu lui a donné le droit et imposé le devoir de conserver à ses enfants l&#8217;inappréciable trésor de la foi et des traditios nationales. Je le fais avec l&#8217;inébranlable confiance du catholique qui sait que Rome peut être trompe sur les faits, mais ne se trompe jamais sur les doctrines, et qu&#8217;au centre de l&#8217;unité catholique règne le sentiment souverain de la justice. Les actes dont nous souffrons, quel que soit le caractère de leurs auteurs - et je n&#8217;incrimine pas la bonne foi de ces auteurs - ne relèvent ni de l&#8217;autorité épiscopale ni du caractère sacerdotal. Ce sont des actes individuels, posés en dehors de leur magistère apostolique, mais qui constituent un péril pour la foi de plusieurs. Il est temps que Rome, mère et protectrice de tous les catholiques, le sache nettement [...] N&#8217;oublions jamais que la conservation de la langue, la culture de la langue, la lutte pour la langue, c&#8217;est la lutte pour l&#8217;existence nationale. Si nous laissons affaiblir en nous-mêmes le culte de la langue, si nous laissons entamer sur un point quelconque du territoire les droits de la langue et son usage public ou privé, nous sapons à la base toute l&#8217;oeuvre de civilisation française édifiée par trois siècles d&#8217;efforts et de sacrifices. Gravons cette pensée dans nos coeurs, ayons-la toujours présente à l&#8217;esprit, inculquons-la à nos enfants dès l&#8217;âge le plus tendre, répandons-la partout autour de nous; c&#8217;est l&#8217;apostolat le plus nécessaire du moment [...] Nous, citoyens de Montréal, réunis en assemblée au Monument National, le 19 mai 1915, prions l&#8217;honorable M.Landry [<a style="color: #3f466c; font-family: Arial,Helvetica,sans-serif; font-size: 9pt; text-decoration: none;" href="http://bilan.usherbrooke.ca/bilan/pages/biographies/396.html">Philippe Landry</a><span class="Apple-converted-space"> </span>, sénateur conservateur, président de la chambre haute fédérale], président de l&#8217;Association canadienne-française d&#8217;éducation de l&#8217;Ontario, de transmettre à nos compatriotes de cette province l&#8217;expression de notre admiration sans bornes pour leur inébranlable fidélité à la langue et aux traditions nationales. Canadiens français, nous affirmons hautement le droit de nos compatriotes de parler leur langue et de la faire enseigner à leurs enfants dans toutes les provinces du Canada. Canadiens, nous réclamons le respect intégral du pacte fédéral qui assure aux deux races-mères de la nation canadienne, selon la parole mémorable de sir John Macdonald, une parfaite égalité de droits en matière de langue, de religion, de propriété et de droits personnels. Nous exprimons le voeu que la cause de la minorité ontarienne reçoive l&#8217;appui de tous les canadiens, catholiques ou protestants, de langue anglaise ou française, soucieux de conserver en Amérique les bienfaits de la civilisation française et de faire triompher au Canada les préceptes et la pratique de l&#8217;entente cordiale qui unit l&#8217;Angleterre et la France sur les champs de bataille de l&#8217;Europe.»</p>
<div class="justification" style="text-align: justify;">
<hr />
</div>
<div class="justification" style="text-align: justify;"><strong>En référence:</strong><span class="Apple-converted-space"> </span>Le Devoir, 20 mai 1915, p.1,3-4. Robert Rumilly, Histoire de la province de Québec: Philippe Landry, Montréal, Éditions Bernard Valiquette, 1944, p.57-61.<br />
 <strong>En complément:</strong><span class="Apple-converted-space"> </span>Craig Brown (sous la direction de), Histoire générale du Canada, Montréal, Boréal, 1990, p.496-502. Susan Mann Trofimenkoff, Vision nationales : une histoire du Québec, Saint-Laurent, Trécarré, 1986, p.274-294. Robert Rumilly, Henri Bourassa; la vie publique d&#8217;un grand canadien, Montréal, Chanteclerc, 1953, 791 p.</div>
<div class="justification" style="text-align: justify;"><em>Sources : http://bilan.usherbrooke.ca</em></div>
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