Qu’est-ce que “l’Église de François” ?

INFOVATICANA – par  

Vatican News, l’orgue en ligne du Vatican, publie un commentaire sur un article écrit par le théologien catalan et jésuite Víctor Codina, et le présente avec le titre troublant – qui explique bien plus que ce que Codina- de “Les opposants de l’Eglise de François”.

Parce que c’est le point que l’auteur nous donne poliment au départ : l’idée même que celle de François n’est pas un pontificat de plus, dédié, comme tous ceux qui ont plus ou moins de chance, à préserver fidèlement un dépôt de foi qui ne disparaîtra pas lorsque le ciel et la terre seront passés et, en tout cas, à permettre son développement organique. Continuer la lecture de « Qu’est-ce que “l’Église de François” ? »

Les gardiens de la révolution bergoglienne

Pour eux, quiconque ose mettre en doute les orientations de ce pontificat est immédiatement étiqueté comme « ennemi du Pape ». Mais pour un catholique, explique Riccardo Cascioli, cette classification n’a pas de sens: il n’y a pas d’ennemis du Pape, seulement des ennemis de la vérité.

Le problème, ce sont les ennemis de la Vérité, pas du Pape.

Riccardo Cascioli
4 août 2019
lanuovabq.it
Ma traduction

Au sommet de l’Église, il existe un mouvement révolutionnaire qui, pour consolider son pouvoir, étiquette quiconque s’y oppose comme « ennemi du Pape ». Le cas de l’Institut pontifical Jean-Paul II est emblématique en ce sens, mais ce n’est pas le seul. Le vrai conflit, cependant, n’est pas entre ceux qui sont pour ou contre le Pape, mais entre ceux qui veulent vivre et témoigner de la Vérité et ceux qui veulent établir une Église nouvelle faite par la main de l’homme

Pour pouvoir s’affirmer, toute révolution a besoin de désigner des présumés contre-révolutionnaires à éliminer; c’est de cette façon qu’elle justifie la main de fer, qu’elle resserre le peuple autour des vainqueurs et décourage quiconque d’exprimer publiquement son désaccord.
Ce fut le cas avec la Révolution française de 1789: avec Robespierre, elle établit la Terreur qui finit par frapper aussi les autres acteurs de la Révolution et élimina même le vieux compagnon Danton.
Ce fut le cas avec la Révolution bolchévique de 1917 puis tout au long de l’Union soviétique: quiconque s’écartait de la ligne imposée par le Parti, même les vieux camarades de la révolution, était accusé d’être contre-révolutionnaire et finissait mal.
C’est encore le cas en Chine populaire, où quiconque remet en question la ligne du président (et les intérêts de « sa » cour) est un espion réactionnaire, bourgeois, impérialiste, et gagne un beau voyage dans quelque lieu mystérieux.

Une autre caractéristique des mouvements révolutionnaires est de considérer la victoire de la révolution comme le début d’une nouvelle ère qui mérite un nouveau calendrier: ce fut le cas pour la Révolution française (de nouveaux noms ont même été inventés pour les mois), pour le fascisme en Italie et aussi au Cambodge de Pol Pot.

Il est triste de constater que ce phénomène touche maintenant l’Église catholique.
Jusqu’à il y a quelques années encore, les prêtres et les théologiens qui enseignaient des choses contraires à la foi catholique ou qui faisaient des choix de vie en contradiction flagrante avec l’enseignement de l’Église pouvaient être sanctionnés, et de toute façon, ceci passait par un processus interne dans lequel les raisons de l’ »accusé » étaient entendues, et il était invité à changer sa conduite avant de se résigner à une sanction publique. Ce n’est plus le cas: autour du Pape François un mouvement « révolutionnaire » s’est créé – ou l’a précédé – qui interprète le début du pontificat actuel comme l’aube d’une ère nouvelle: il ne parle plus de l’Église catholique mais de l’Église de François, il traite les documents du pontife comme la Constitution de la nouvelle Église, il pratique la justice sommaire envers ceux qui, même de façon simple, rappellent une vérité fondamentale de l’Église catholique: la nécessaire continuité du magistère du pape – donc également de François – avec la Tradition Apostolique.

Les dernières vicissitudes de l’Institut pontifical Jean-Paul II sont exemplaires de ce point de vue, et les récents articles d’Avvenire sont si explicites dans cette perspective révolutionnaire qu’ils ne peuvent qu’être alarmants pour tous les évêques qui se considèrent encore comme faisant partie de l’Eglise catholique.

Mais ce n’est certes pas le seul cas. Toujours lié à la publication d’Amoris Laetitia, il suffit de rappeler le traitement réservé par les journalistes et les théologiens « gardiens de la révolution » aux quatre cardinaux qui ont signé les Dubia, inquiets de la confusion créée dans l’Église par les interprétations différentes et parfois opposées d‘Amoris Laetitia. Ce ne sont pas les arguments qui sont discutés, l’accusation infâmante (pour les catholiques) d’être « contre le Pape » est lancée, point barre. Vous devenez des parias, vous perdez tout titre à exposer vos arguments. On invente des conspirations improbables pour arrêter le Pape (l’expédient habituel de la contre-révolution), on fait circuler des rumeurs infâmes sur tel ou tel « ennemi » de François, tandis que la clique qui l’entoure et qui a gagné la confiance du Pape domine le centre et la périphérie, profitant même de l’occasion pour régler des comptes personnels.

Le problème n’est pas seulement lié à Amoris Laetitia, ce qui se passe avec l’encyclique Laudato Si’ est encore pire. Ici, même une hypothèse scientifique, très discutée et discutable, a été élevée au rang de dogme, et d’ennuis pour ceux qui la remettent en question. Évidemment, quelqu’un qui critique la théorie selon laquelle l’activité humaine est la cause principale d’un réchauffement climatique prétendument irrépressible avec des conséquences tout aussi catastrophiques, devient pour cette raison même un ennemi du Pape, un contre-révolutionnaire. On a été jusqu’à prétendre que ceux qui critiquent Greta (la Suédoise devenue un symbole de la lutte contre le changement climatique) veulent en fait frapper François. Ce serait drôle si ce n’était si terriblement grave.

Ce syndrome des prétendus ennemis du Pape a malheureusement frappé le pontife lui-même qui, précisément pour cette raison, s’est impliqué dans l’affaire des évêques chiliens et répète maintenant la même erreur avec ses autres « amis », à commencer par le cardinal Marradiaga et l’évêque argentin Zanchetta. Le pape François est désormais convaincu que les accusations portées contre ses amis visent en fait à le frapper lui-même. Il omet donc de considérer le bien-fondé des accusations, avec d’inévitables et d’amères surprises.

Cette réduction de tout débat à une prise de position pour ou contre le Pape sert évidemment à la consolidation de la Révolution, et est favorisée – comme dans toute révolution – par l’inertie de ceux qui, tout en étant conscients de ce qui se passe, préfèrent hocher la tête ou se tourner vers l’autre camp plutôt que postuler pour la potence.

« Est-il possible que plus personne ne se soucie de la Vérité? », se demandait, inconsolable, le Cardinal Carlo Caffarra durant les derniers mois de sa vie en pensant avant tout à ses frères évêques et cardinaux.
Voilà: le vrai conflit dans l’Église aujourd’hui n’est pas entre ceux qui sont pour et ceux qui sont contre le Pape. Pour nous, catholiques, être contre le Pape, quel qu’il soit, cela n’existe pas; l’important est de « rester dans la Vérité », c’est-à-dire la fidélité à ce que le Christ nous a révélé et à ce que l’Eglise nous a transmis jusqu’ici, un problème qui concerne tout le monde, même le Pape. Le conflit est entre ceux qui veulent, malgré toutes leurs limites et leurs erreurs, rester dans cette Vérité, qui ne peut être modifiée à volonté par les hommes, et ceux qui au contraire, veulent établir une Église nouvelle faite par des mains humaines.

Ce n’est pas pour rien que les « révolutionnaires » utilisent, même pour l’Église, des catégories qui sont toutes politiques, toutes terrestres: le Pape est traité comme un chef d’Etat ou, mieux, comme le chef du parti unique au pouvoir, et donc en droit de décider ce qu’il veut et comme il veut. Il n’y a rien de catholique dans cette approche; de par sa nature, dans l’Église, il ne peut y avoir de tournants ou de révolutions, mais seulement des évolutions dans la continuité. Il suffirait de comparer ce qui arrive avec ce critère pour comprendre la gravité de ce qui se passe au sommet de l’Église et démasquer les faux amis du Pape.

Benoît et moi

George Weigel (!) Dénonce les crimes de Rome

THE FATIMA CENTER – Chris Ferrara

Le soir où le Cardinal Jorge Mario Bergoglio a été élu Pape, j’étais avec le Père Gruner en train d’enregistrer une émission de télévision dans un studio en périphérie de Rome, pendant laquelle je n’avais que des louanges pour le nouveau pontife. Comme je savais peu de choses. Je n’avais alors aucune idée que ce pontificat s’avérerait bien pire que cette prédiction désespérée – publiée le jour même de l’élection de Bergaoglio. Continuer la lecture de « George Weigel (!) Dénonce les crimes de Rome »

Une puissance étrangère s’invite au Conclave 2013

BENOIT ET MOI

« Il est plus que légitime de s’interroger sur les raisons qui ont poussé une puissance historiquement anti-catholique (et berceau de la franc-maçonnerie) à monter au créneau pour le choix du nouveau pape. »

(Antonio Socci, ‘Il Segreto di Benedetto’)

Un livre, paru en 2017, fait le point sur le rôle joué par le Royaume-Uni dans l’élection du cardinal Bergoglio au Trône de Pierre. Soulevant, une fois de plus, le problème de la validité de cette élection, dont les circonstances contreviendraient à la Constitution apostolique Universi Dominici Gregis.

Aldo Maria Valli reprend ici un article de Maike Hickson publié le 1er août sur Life Site News.
Cette dernière soulève une question devenue cruciale dans l’atmosphère de tension qui règne en ce moment autour du Pape:

Si le récit de Pepinster laisse entendre ici qu’un gouvernement étranger a joué un rôle dans l’élection d’un pape, cela devrait à juste titre susciter des inquiétudes, et donner lieu à des enquêtes supplémentaires, y compris sur la participation des services de renseignement britanniques.

Le livre de Catherine Pepinster ne date pas d’hier, il est sorti en 2017, et nous en avions parlé ici (cf. La longue marche de J Bergoglio vers le pontificat), à travers la traduction d’un article de Marco Tosatti, lequel notait déjà que les révélations de Catherine Pepinster posait un problème grave, en ce qu’elles allaient à l’encontre des règles du conclave, établi par la Constitution apostolique de Jean-Paul II Universi Dominici Gregis, au n° 81:

«que les Cardinaux électeurs s’abstiennent de toute espèce de pactes, d’accords, de promesses ou d’autres engagements de quelque ordre que ce soit, qui pourraient les contraindre à donner ou à refuser leur vote à un ou à plusieurs candidats. Si ces choses se produisaient de fait, même sous serment, je décrète qu’un tel engagement est nul et non avenu, et que personne n’est obligé de le tenir ; et dès à présent, je frappe d’excommunication latæ sententiæ les transgresseurs de cette interdiction. ».


Le conclave de 2013. Un coup d’état made in Great Britain?

Aldo Maria Valli
2 août 2019
Ma traduction

Le Foreign Office britannique a peut-être joué un rôle important dans l’élection du pape François. C’est ce qu’affirme Catherine Pepinster, ancienne rédactrice en chef de l’hebdomadaire catholique britannique The Tablet, dans un livre dans lequel, sur la base de nombreux entretiens avec des personnalités telles que le cardinal Cormac Murphy-O’Connor et l’ambassadeur britannique auprès du Saint Siège Nigel Baker, elle affirme que l’Angleterre a joué « un rôle crucial » dans l’élection du pape argentin « appelé à secouer l’Eglise catholique« .

Comme le rapporte Maike Hickson dans LifeSiteNews, Catherine Pepinster dans son livre The Keys and the Kingdomsoutient que la raison pour laquelle le gouvernement britannique se serait intéressé à l’élection du nouveau pape est liée à plusieurs facteurs.
En premier lieu, selon Baker, le réseau de relations internationales du Vatican et l’influence du pape sur l’équilibre mondial ne peuvent qu’intéresser un gouvernement comme le gouvernement britannique. Plus précisément, les domaines d’intérêt commun seraient « la paix mondiale, la protection de l’environnement et la lutte contre la pauvreté ».

D’où le rôle central que, selon Pepinster, l’ambassade britannique auprès du Saint-Siège décida de jouer lors du conclave de 2013, dans le but d’impliquer les cardinaux des pays du Commonwealth dans le choix de Jorge Mario Bergoglio, identifié comme le candidat idéal pour lutter pour la paix, l’écologie et la lutte contre la pauvreté.

Un authentique « coup d’Etat britannique »: c’est en ces termes que Pepinster définit l’action de la diplomatie anglaise en faveur de Bergoglio, expliquant que si le conclave de 2005 avait déjà été « un moment de consolidation dans les relations entre les Anglais et la papauté », en mars 2013, une action encore plus décisive de la part des Anglais a abouti à une rencontre, ou une série de rencontres, entre cardinaux de pays du Commonwealth dans la demeure de l’ambassadeur britannique.

Depuis 2005, explique Pepinster, de nombreux cardinaux anglophones des pays en voie de développement étaient exclus des réunions des cardinaux les plus influents pour décider des stratégies du conclave, huit ans plus tard, les Anglais ont travaillé pour éviter que la situation ne se reproduise et ont décidé d’ouvrir les portes aux cardinaux les plus pauvres, sans résidence adéquate ni amitiés à Rome.

A l’époque, selon l’auteur du livre, les « partis » s’étaient déjà formés et la Curie était divisée en deux camps: d’un côté les partisans du Cardinal Angelo Sodano, de l’autre ceux du Cardinal Tarcisio Bertone. Ainsi, les quatre « principaux cardinaux réformateurs européens » (l’anglais Cormac Murphy-O’Connor, le Belge Godfried Danneels et les Allemands Walter Kasper et Karl Lehmann, membres du célèbre groupe appelé la Mafia de Saint-Gall), qui avaient déjà soutenu Bergoglio dans le conclave de 2005, profitèrent de cette fragmentation pour relancer la candidature de l’archevêque de Buenos Aires.

Pour au moins onze cardinaux africains et dix cardinaux asiatiques, tous anglophones, le cardinal britannique Murphy-O’Connor devint un point de référence, et c’est dans ce cadre, soutient Pepinster, que « le Royaume-Uni a apporté une contribution essentielle » au choix du nouveau pape.

Et quel meilleur endroit pour se rencontrer et parler que la résidence de l’ambassadeur britannique auprès du Saint-Siège ?

« L’idée que les Anglais puissent offrir un lieu de rencontre aux cardinaux des pays émergents et utiliser l’occasion du pré-conclave comme opportunité de ‘networking‘ pour les représentants du Commonwealth fut lancée par l’ambassadeur britannique Baker, qui en discuta avec le cardinal Murphy-O’Connor ». C’est ainsi qu’on en arriva aux entretiens au Palazzo Pallavicini, résidence de l’ambassadeur.

Cormac Murphy-O’Connor, disparu en 2017, avait plus de quatre-vingts ans en 2013 et n’a donc pas participé au conclave, mais son influence en tant que ‘pope maker‘ était notoire. En particulier, le livre mentionne une rencontre qui se serait déroulée le 7 mars et à laquelle auraient participer les cardinaux Gracias (Inde) et Turkson (Ghana), mais dont étaient exclus les cardinaux considérés comme conservateurs, tels que Pell (Australie) et Ouellet (Canada).

Comme Murphy-O’Connor était trop vieux et que l’Écossais Keith O’Brian ne participa pas au conclave, submergé par un scandale pour « conduite sexuelle inappropriée », la Grande-Bretagne n’avait qu’un seul représentant avec droit de vote, l’Irlandais Sean Brady, mais le pressing exercée sur les cardinaux de nombreux pays du Commonwealth fut notable.

« Le cardinal Cormac Murphy-O’Connor – dit Catherine Pepinster – était un homme populaire et brillant. Derrière son aspect jovial se cachait un cardinal rusé qui savait exactement comment le Vatican fonctionnait. Et cette ruse signifiait que son ami Bergoglio serait élu pape« .

Dans son livre sur Bergoglio [François le réformateur – De Buenos Aires à Rome], Austin Ivereigh nous dit que le lendemain de l’élection, lorsque le nouveau pape rencontra le Collège des Cardinaux, il embrassa Murphy O’Connor avec une particulière affection et, agitant son index en signe de faux reproche, dit avec humour: « C’est ta faute ! Qu’est-ce que tu m’as fait! ».

Plus tard, le cardinal Gerhard Müller et Mgr Carlo Maria Viganò affitrmèrent que le pape François avait bloqué les investigations du Vatican contre le cardinal Cormac Murphy-O’Connor, lequel a fini au centre d’une enquête pour une affaire d’abus sexuels.

En ce qui concerne le conclave de 2013, Antonio Socci, dans son Il segreto di Benedetto XVI, observait qu’il est plus que légitime de s’interroger sur les raisons qui ont poussé une puissance historiquement anti-catholique (et berceau de la franc-maçonnerie) à monter au créneau pour le choix du nouveau pape.

Les accusations de Viganó à Edgar Peña, confirmées de Maracaibo

 

Marco Tosatti

En même temps, il y a un an, j’ai reçu un appel téléphonique de Monseigneur Carlo Maria Viganò, me disant qu’il aimerait me rencontrer pour une entrevue sur l’affaire McCarrick. Ce qui s’est passé ensuite, vous savez : l’interview est devenue un rapport, rédigé par l’archevêque et publié le 26 août dernier. Maintenant, un an plus tard, je peux voir à quel point votre prédiction était exacte. Quand je lui ai demandé, après avoir fini de lire ce que nous avions écrit et d’éditer un peu son rapport, quelle serait, à son avis, la réaction du Vatican et du Pontife, il m’a plus ou moins répondu ceci : vous ne ferez rien, vous les ferez attaquer personnellement, vous ne répondrez pas en mérite à toute cette question et vous attendrez que le silence se répande sur toute cette affaire.

C’est exactement ce qui s’est passé. Après la première réponse du Pape dans l’avion de retour de Dublin – je ne dirai rien – le Pape Bergame a laissé passer de nombreux mois avant de répondre à Valentina Alazaraki de Televisa : il ne se souvenait pas si Viganò lui avait parlé de McCarrick le 23 juin 2013. Une justification si absurde et clairement incroyable (c’était le pape qui avait interrogé Viganò sur McCarrick ; et la réponse avait été d’une gravité sans précédent) que beaucoup de gens appelaient le pape un menteur.

Entre-temps, McCarrick a été condamné par une procédure administrative, très utile à ses complices d’hier et d’aujourd’hui (Viganò en a cité plusieurs dans son témoignage ; aucun d’eux n’a rien dit et encore moins dit : vous mentez, comme le ferait toute personne innocente accusée d’omission, de complicité et de silence scandaleux).

Il s’est également caché dès que la demande, venant des Etats-Unis, d’une enquête apostolique sur l’affaire Viganò a été formulée, probablement pour éviter que des faits dangereux ne soient découverts.

Il y a environ dix mois, il a été promis que tous les documents de l’affaire Viganò conservés au Vatican seraient étudiés et, si nécessaire, rendus publics. Il ne devrait pas non plus être très difficile de retrouver ces documents si, comme l’ancien nonceur l’a dénoncé, il existe dans la Congrégation pour les évêques un dossier volumineux sur McCarrick… Nuit et brouillard. Certes, un exemple de transparence nous a été donné par le Cardinal Marc Ouellet, préfet de la Congrégation pour les Évêques, qui vient d’être reconfirmé – bien qu’il ait maintenant 75 ans – comme chef de la Congrégation. Dans son discours philippin contre Viganò, il a admis que Benoît XVI avait effectivement imposé des restrictions ou des sanctions au cardinal américain. Mais pourquoi n’a-t-il pas dit qu’il y avait une lettre à ce sujet écrite par son prédécesseur, le Cardinal Giovanni Battista Re – et donc pas seulement un rappel verbal – qu’il sera certainement à Rome et à Washington ? Curieux, n’est-ce pas ?

Entre-temps, chacun des documents qui ont émergé en rapport avec l’affaire McCarrick, y compris Mgr. Anthony Figuereido, secrétaire de McCarrick et homme de confiance à Rome, a confirmé que l’ancien nonce a dit la vérité, une vérité que personne dans ce Vatican de renouveau et de transparence ne veut voir. Les journalistes qui font des reportages sur le Vatican veulent aussi éviter de voir cette vérité. C’est compréhensible : poser des questions inconfortables, indiscrètes, indiscrètes et désaccordées avec les parallèles habituels de la presse nationale et internationale pour le Pape, si novatrices, signifie gagner l’antipathie du Grand Chef et de ses jenízaros ?

McCarrick appartient au passé, pourrait-on dire. Récemment, cependant, Mgr. Viganò a lancé de graves accusations contre le nouveau suppléant de la Secrétairerie d’Etat, Mgr. Pena Parra. Le Washington Post, qui les avait reçues, a préféré ne pas les publier au motif qu’il ne pouvait confirmer ces accusations. Tout comme le Catholic Herald, dans sa nouvelle vie philo-vaticana. Ils me pardonneront, mais c’est incroyable.

Mgr Viganò, dans son interview, cite un collègue vénézuélien, Gastón Guisandes López, actuellement directeur de Qué Pasa, à Maracaibo. Il y a quelques années, Lopez a écrit deux articles dans lesquels il parlait d’un lobby gay de prêtres de Maracaibo qui comprenait seize prêtres, dont Pena Parra. Guisandes López a essayé à deux reprises d’être reçu par le nonce au Venezuela, Mgr. Dupuy, sans succès. Néanmoins, Guisandes López lui a écrit une lettre dénonçant tous les faits liés aux deux articles. Selon Viganò, ce document et les résultats d’une enquête menée in loco se trouvent au Secrétariat d’État : il les a vus de ses propres yeux.

Guisandes Lopez est sain et sauf. Stilum Curiae et Infovaticana, qui n’ont certainement pas les médias des grandes agences internationales, ou des journaux, l’ont contacté, qui a personnellement confirmé à Gabriel Ariza les faits rapportés par Viganò, y compris les articles et la lettre de dénonciation au nonce, ne trouvez-vous pas étrange que personne dans les grands médias ait eu la curiosité de vérifier si cette nouvelle scandaleuse qui concerne un des plus puissants du Vatican maintenant, pas il ya trente ans, est vraie ? Il me semble que oui. Et je me demande ce qui se serait passé si cela avait été un ministre de Trump, ou de Poutine, ou – pourquoi pas – de Salvini. Quel dommage !

Entre-temps, un an plus tard, toutes les questions posées par Viganò attendent toujours une réponse. Et ce ne sont pas des questions insignifiantes, car elles concernent la bonne foi et la fiabilité des plus hautes autorités morales, les sommets de l’Église catholique.

Mais tout cela ne semble d’aucun intérêt pour les journalistes, qui évitent avec beaucoup de soin de poser des questions trop inconfortables pour les puissants. Les critiques et les doutes sont réservés à Viganò…..

Finances et propriétés du Vatican: des questions restent sans réponse

Diakonospar Edward Pentin

Cité du Vatican – C’est en octobre 2016, soit deux ans après avoir entamé son mandat en tant que préfet du secrétariat pour l’Économie, que le cardinal George Pell s’est rendu compte qu’un dicastère du Vatican gérait de grosses sommes d’argent non répertoriées issues de comptes offshore.

Mais près de trois ans plus tard, il semblerait que les questions soulevées par le Cardinal Pell concernant la gestion de l’Administration du Patrimoine du Saint-Siège (APSA), le dicastère qui gère le patrimoine immobilier et financier du Vatican, restent encore sans réponse.  Le cardinal Pell avait identifié des risques de blanchiment d’argent et de fraude liés à la manière dont l’APSA utilisait des comptes bancaires à l’étranger et il avait commencé à s’intéresser de plus près à certaines transactions financières et immobilières.

Soucieux de mener rapidement à bien le mandat que le Pape François lui avait confié d’éradiquer la mauvaise gestion et les soupçons de corruption dans les opérations financières du Vatican, le cardinal préfet avait pris contact avec des amis banquiers australiens à Londres en 2016 pour en savoir plus.  Ceux-ci avaient alors estimé qu’il pouvait il y a avoir jusque 100 millions d’euros sur ces comptes, principalement dans des succursales de deux banques privées situées à Lugano, en Suisse.

Le cardinal Pell avait répondu en disant qu’il demanderait à un cabinet d’avocats suisse de rassembler dans un premier temps les extraits bancaires des 10 dernières années de l’un de ces comptes et de demander ensuite à l’auditeur général du Vatican, Libero Milone, un ancien partenaire de chez Deloitte, une société d’audit et de conseil financier internationale, de les inspecter.  Pour ce faire, Pell avait besoin de la permission écrite du Pape, que le Saint-Père lui donna par une simple signature.

Les extraits bancaires n’arrivèrent jamais jusqu’à cardinal Pell et à Milone – qui quittèrent par la suite tous deux leurs fonctions au Vatican.  Un soi-disant scandale d’abus sexuel avait fait tomber le cardinal et un déluge d’accusations s’était abattu sur Milone même, si un an plus tard, les autorités du Vatican ont blanchi l’auditeur au terme d’une enquête qui n’avait trouvé aucune preuve pour étayer ces accusations.

Selon certaines sources, les tentatives d’obtenir les extraits bancaires ont plus que probablement été sabotées après que certaines personnes aient été mises au courant de l’enquête.  Quand on leur demandait des informations sur ces comptes, les autorités de l’APSA ont invoqué à plusieurs reprises l’excuse de rencontrer des difficultés à obtenir les données.

« Ils traînaient les pieds, il y avait des ‘problèmes’ », a déclaré l’une de ces deux sources dans un article du National Catholic Register.  « En fait, ils étaient en train de protéger ces comptes bancaires ».

Le Register a appris que cette résistance tenait en grande partie au fait que l’essentiel de cet argent résidait dans des « comptes chiffrés » que le Promontory Financial Group – l’une des sociétés externes appelées pour aider à assainir les finances du Vatican – avaient déjà pointé du doigt en 2014 comme constituant un risque de blanchiment et de fraude qu’il fallait résoudre.

Même s’il semblerait que la majorité de ces comptes soient maintenant clôturés, on ne sait toujours pas clairement combien d’entre eux sont toujours en activité.  (Promontory pensait qu’il y avait au moins six comptes générant une activité pouvant poser problème).

Même si c’est l’ancien dicastère du cardinal Pell, aujourd’hui sous la direction de l’ancien numéro deux de l’APSA, Mgr Luigi Mistò, qui est en charge de la vigilance et du contrôle sur l’APSA, selon nos sources, il semble peu probable que ce dicastère sache un jour quelles sommes se trouvaient sur ces comptes ni à qui elles appartienaient.

« Des transactions hautement irrégulières »

Les comptes en question avaient des numéros bancaires internationaux irréguliers, ce qui les rendait difficile à retracer.

On pense que l’argent qui se trouvait sur ces comptes, dans les succursales de Lugano de deux banques privées, la Banque de la Suisse Italienne et la Julius Bär, auraient pu s’élever à un montant de 7 milliards d’euros, selon certaines estimations.  Les deux banques ont refusé de confirmer ou d’infirmer l’existence de ces comptes : le 11 juillet dernier, une porte-parole de la Julius Bär a déclaré au Register que « la politique de la banque » était de « ne pas faire de commentaires concernant des relations supposées ou existantes avec des clients ».

L’existence de comptes offshore et les difficultés comptables qu’ils suscitaient ont été confirmées au Register par une seconde source bien informée de la situation.

« Au fur et à mesure que les mois passaient, il est apparu clairement qu’il y avait un réseau de corruption au sein de l’APSA et que ces deux banques à Lugano étaient liées à tout cela », a déclaré la source sous condition d’anonymat.  « Des transactions hautement irrégulières transitaient par ces banques. »

Ni Claudia Ciocca, une directrice au secrétariat pour l’Économie chargée d’enquêter sur ces comptes, ni l’archevêque Nunzio Galantino, l’actuel président de l’APSA, n’ont répondu aux demandes de commentaires du Register.

Tommaso Di Ruzza, le directeur de l’Autorité d’Informations Financière du Vatican qui a contrôlé l’APSA jusqu’en 2016 a déclaré au Register qu’en ce qui le concernait, il « n’était pas correct » de parler de « comptes illicites ».  Il a dit qu’il « ne pouvait pas révéler si nous avons trouvé des indices d’anomalies ».

M. Di Ruzza a déclaré « qu’en règle générale”, si l’Autorité décelait une anomalie, elle « fournissait spontanément » et demandait des informations à « ses contreparties étrangères », y compris celle d’Italie si « le sujet en question est citoyen italien ou si les transactions sont en lien avec le territoire italien ». Il a refusé de dire si cette vérification avait été effectuée à l’époque où l’Autorité avait droit de regard sur l’APSA.

Le patrimoine immobilier de l’APSA

Dans sa tentative d’apporter davantage de transparence, de contrôle et de vigilance sur les finances du Vatican, le cardinal Pell a dû faire face à un autre problème : celui de la mauvaise gestion du portefeuille immobilier à l’étranger.

Nos sources affirment que seuls quelques officiels au sein de l’APSA connaissent la véritable étendue du patrimoine immobilier du Vatican à l’étranger étant donné que celui-ci n’apparaît pas dans les livres de compte et qu’il est administré de manière confidentielle.

La plus grande partie du patrimoine immobilier à l’étranger administré par l’APSA est issu de fonds versés par le gouvernement italien au Vatican en vertu des accords du Latran de 1929.  Il s’agissait d’une compensation pour les propriétés de l’Église qui avaient été confisquées par l’État italien pendant le Risorgimento, Cette période du 19e siècle durant laquelle l’État italien moderne a été créé.

En 2016, la valeur du patrimoine immobilier de l’APSA était estimée à au moins 800 millions d’euros avec un portefeuille comprenant des propriétés dans le quartier prestigieux Mayfair à Londres ainsi qu’à Paris et en Suisse.  L’APSA gère apparemment son portefeuille britannique à travers une société de gestion appelée British Grolux Investments Ltd qui ne fait pas mention de la propriété du Vatican dans ses registres bien que plusieurs membres de son conseil de direction soient directement liés à l’APSA.

En 2015, pour des raisons inconnues, l’APSA a dépensé 100 millions d’euros pour acquérir une prestigieuse propriété londonienne contenant 108 appartements et 57.000 m² de surface commerciale.  Le cardinal Domenico Calcagno, qui présidait l’APSA entre juillet 2011 et juin 2018 n’aurait demandé au cardinal Pell de donner son feu vert à cette transaction qu’à la onzième heure mais Pell avait déconseillé la transaction parce que plusieurs questions importantes restaient pour lui sans réponse.

L’affait fut conclue malgré tout grâce au Pape qui est passé outre les réticences du cardinal Pell après que le cardinal Calcagno lui ait dit que l’APSA risquait de perdre son acompte de 3,5 millions de livres (4,9 millions de dollars) si l’affaire n’était pas conclue immédiatement.

Le cardinal Pell s’était également fermement opposé à une proposition d’utiliser le fond de pension du Vatican pour financer la moitié du montant de l’achat et avait expressément demandé à savoir en quoi cet investissement s’inscrivait dans la stratégie de ce fond.

Mais le président du fond en question était également le cardinal Calcagno qui s’envoya une lettre à lui-même, de l’APSA au fond de pension, pour approuver la transaction.  À cette époque, le cardinal faisait également l’objet d’une enquête pour des allégations de détournement de fonds portant sur la période où il était évêque de Savone (cette enquête n’a abouti à aucune poursuite pénale contre le cardinal qui a atteint l’âge de la retraite obligatoire de 75 ans pour les évêques au moment où sa démission de président de l’APSA a été acceptée l’an dernier par le pape François).

L’achat en 2015 de cette propriété située 176-206 High Street Kensington à Londres est aujourd’hui considérée par les autorités comme une erreur, étant donné qu’il a été fait au sommet de ce que les experts immobiliers londoniens qualifiaient de « bulle spéculative » et avec une livre sterling relativement forte qui allait perdre une bonne partie de sa valeur après le referendum sur le Brexit un an plus tard.

« Ce qu’il faut souligner c’est que ces immeubles, l’APSA ne doit pas les gérer comme si c’étaient les siens mais comme appartenant à l’Eglise », a déclaré une deuxième source au Vatican.  « Mais au lieu de cela, ils s’en servent comme si c’était les leurs et si quelqu’un s’intéresse de trop près à la façon dont ils le gèrent, cette personne est considérée comme un intrus, même s’il se trouve qu’elle est du secrétariat d’État ou du secrétariat pour l’Économie. »

Manque de transparence

L’APSA n’est pas le seul organe du Vatican à être réfractaire à tout contrôle.  En 2017, le premier audit externe de l’histoire du Vatican effectué par Price Waterhouse Coopers (PwC) avait été brusquement annulé par le secrétariat d’État quelques mois à peine après avoir démarré et avoir été approuvé par le conseil de l’Économie – un groupe de cardinaux chargé de superviser le secrétariat pour l’Économie.

Le dicastère du cardinal Pell avait déjà découvert de vastes sommes d’argent qui n’apparaissaient pas dans les comptes (97 millions d’euros au secrétariat d’État, plus tard suivis de presque 1 milliard d’euros dans plusieurs autres dicastères).

En réponse au Register, le cardinal Angela Becciu, qui était à l’époque substitut (le numéro deux) au secrétariat d’État à l’époque et qui est aujourd’hui préfet à la Congrégation pour les causes des saints, a déclaré ne rien savoir des comptes bancaires ou du patrimoine immobilier à l’étranger géré par l’APSA.  Il a dit que l’APSA avait sa propre « autonomie » et que le secrétariat d’État n’était pas au courant de toutes ses opérations.

Le cardinal, originaire de Sardaigne, a également déclaré que le secrétariat d’État « ne s’était jamais opposé par principe à l’audit de PwC » mais qu’il a voulu fixer des limites « temporelles et thématiques » à leur « intervention ».

« Ils se sont présentés et ils ont dit qu’ils devaient tout voir », a-t-il dit, en ajoutant : « il est parfaitement évident qu’on ne pouvait pas accepter ça, notamment à cause des coûts très élevés de l’opération, qui avaient été validés par le secrétariat pour l’Économie sans consulter personne. »  Le cardinal a également prétendu que le fait que la clôture du contrat avec PwC a été « consensuelle » sans aucune pénalité financière montrait bien que les auditeurs de PwC avaient également « réalisé que l’opération avait été mal planifiée et que, pour le bien de tous, il valait mieux y mettre un terme ».

Pourtant, nous avons appris par des sources fiables que d’autres travaux ont été confiés à PwC en compensation du manque à gagner d’honoraires.

Les mêmes sources ont déclaré au Register que les fait exposés dans cet article ne représentent qu’un « petit échantillon » des malversations en cours mais que l’archevêque Galantino, et le nouveau substitut, l’archevêque Edgar Peña Parra, sont en train de faire des progrès pour faire face à la mauvaise gestion financière et à la possible corruption au Vatican et à l’étranger.

Mais ce que de nombreux évaluateurs, inspecteurs et consultants préféraient voir, c’est un changement radical du personnel.

« Ce serait si simple d’éliminer la corruption : changer les personnes et suivre les règles », a déclaré la seconde source du Register.  « Changer les structure peut aider à créer des contrôles, de la vigilance ainsi que des mécanismes de régulation mais cela n’a aucun sens de mettre tout cela en place si les personnes qui contrôlent le patrimoine, les ressources humaines, les contrats d’employés et ainsi de suite sont les mêmes qu’avant, et appartiennent à ce qu’on appelle la ‘vieille garde’ ».

Outre l’archevêque Galantino et Claudia Ciocca, le Register a contacté l’archevêque Peña Parra et le bureau de presse du Saint-Siège pour leur demander s’ils confirmaient l’existence de comptes en Suisse, du portefeuille immobilier étranger de l’APSA et toutes les raisons de l’annulation de l’audit de PwC.  Aucun d’eux n’a répondu aux demandes d’éclaircissements du Register concernant ces questions.

Cardinal Brandmüller: la «route synodale» entreprise par l’Allemagne conduit à un «désastre»

INFOVATICANA – Par Carlos Esteban

Dans une interview accordée au cardinal allemand Die Tagenpost Walter Brandmüller, l’un des deux signataires survivants de la Dubia, a mis en garde contre l’énorme danger que représente le ” chemin synodal ” qu’il a emprunté à la Conférence épiscopale allemande pour ” réviser ” la doctrine de l’Église sur la morale sexuelle.

Le cardinal allemand Walter Brandmüller n’a aucune confiance dans la “voie synodale” que la Conférence épiscopale allemande, sous l’égide du cardinal Reinhard Marx et à l’unanimité, a décidé il y a quelques mois de “revoir” les questions centrales de morale sexuelle et de discipline religieuse, ni sur le comment ni sur le où. “Si l’on considère les déclarations des différents évêques, dit Son Éminence, on peut bien dire que ce “chemin synodal” mène à une catastrophe.

Brandmüller fait le lien entre ce processus et les nouvelles récentes concernant les plus de deux cent mille fidèles que l’Eglise allemande a perdus en un an, l’année dernière, en assurant que “c’est un symptôme très alarmant de l’état spirituel de l’Eglise catholique en Allemagne”.

Pour Brandmüller, cependant, “nous ne devrions pas être surpris par cette apostasie, à la lumière des déclarations de Jésus Christ dans l’Évangile. L’amour de beaucoup se refroidira, dit Jésus dans l’évangile de Matthieu, et beaucoup de faux prophètes apparaîtront et en égareront beaucoup. Mais la “vraie Église du Christ” n’est pas simplement une “association pieuse dont les statuts peuvent être facilement modifiés”, mais Notre Seigneur “lui a confié une “mission”.

Commentant l’affirmation récente de Mgr Franz-Josef Overbeck selon laquelle après le Synode de l’Amazonie, dans l’Église, “rien ne sera comme avant”, Brandmüller dit que ce tournant sera “en tout cas, ce qui n’est plus l’Église catholique. L’idée d’un tel point de basculement, poursuit-il, est une catégorie qui est” totalement contraire au “développement organique”. “Un tournant avec pour résultat que plus rien ne reste comme avant signifierait la fin de l’Église”, conclut le cardinal.

L’essence de l’Église “est la transmission du dépôt de la Foi depuis le temps des Apôtres jusqu’au retour de Notre Seigneur, mais pas une évolution continue dans laquelle l’essence même de l’Église est en train de changer.

Pour Brandmüller, le synode ne se terminera pas par “une Église cléricale”, comme si elle le voulait. “La fin de l’Église cléricale pourrait bien signifier que l’image qu’elle avait de l’Église luthérienne sera maintenant appliquée. Et ce ne serait plus l’Église catholique.

Quant au célibat, Brandmüller admet tristement qu’il est facile de prédire l’issue des discussions du Synode de l’Amazonie.

“Il m’a détesté avant toi” : Interview du P. Vaughn Treco, excommunié pour avoir prêché la foi

1P5 – par Christopher Laurence

“Le Christ a été crucifié sur terre et l’Église est crucifiée dans le temps, et l’Église est crucifiée par nous tous, par ses membres tout particulièrement parce qu’Elle est une Église de pécheurs. -Flannery O’Connor.

On parle beaucoup d’hérésie et de scandale dans la hiérarchie de l’Église, de mépris des évêques pour la tradition et d’aversion à entendre la vérité immémoriale sous toutes ses formes. Il était une fois des chuchotements et maintenant il y a des cris au sujet d’un “esprit de Vatican II” éthéré et des myriades de points de destruction qu’il a laissés dans son sillage. Tout cela est assez facile à qualifier d’hystérie ou de cri des “ultra-traditionalistes” à la recherche de minuties liturgiques archaïques qu’aucune personne moderne ne manquerait à l’appel. Continuer la lecture de « “Il m’a détesté avant toi” : Interview du P. Vaughn Treco, excommunié pour avoir prêché la foi »

Vigano: «Ce que nous voyons maintenant, c’est le triomphe d’un plan vieux de 60 ans»

1P5 – Dans sa plus récente lettre au sujet de sa visite avec l’archevêque Vigano, Robert Moynihan, de l’intérieur du Vatican, raconte quelque chose que Vigano lui a dit et qui a retenu mon attention :

Et pourtant, à l’approche du Synode amazonien d’octobre, alors que les théologiens catholiques trouvent de plus en plus dans son document de travail un texte basé non pas sur la révélation chrétienne christocentrique, mais sur l’observation et le respect de la nature sans aucune mention directe du Christ et de sa mission salvatrice d’incarnation, de crucifixion et de résurrection, ce même Vigano est profondément troublé.

“Où est le message chrétien ici ?” me demande Vigano, me fixant de son regard intense sous ses sourcils touffus.

Et il donne sa propre réponse : “En fait, la figure du Christ est absente. Le document de travail du Synode témoigne de l’émergence d’une théologie catholique post-chrétienne, maintenant, en ce moment. Et c’est très troublant. C’est contre tout ce pour quoi j’ai travaillé et cru toute ma vie.

“Considérons l’histoire des jésuites”, poursuit Vigano. “C’est quelque chose que j’étudie maintenant avec beaucoup d’attention. En fait, si vous voulez connaître la synthèse de ma pensée, c’est ceci : Ce que nous voyons maintenant, c’est le triomphe d’un plan vieux de 60 ans, l’exécution réussie d’un plan bien pensé pour apporter une nouvelle sorte de pensée au cœur de l’Église, une pensée enracinée dans des éléments de la théologie de la libération contenant des éléments de marxisme, peu intéressés par la liturgie catholique traditionnelle ou la morale ou théologie, mais plutôt centrés sur la ” praxis ” dans le domaine de la justice sociale. Et maintenant ce plan a atteint l’un de ses buts suprêmes, avec un jésuite sur le siège de Pierre…”

L’accent est mis sur moi. Les implications méritent d’être prises en considération.

Le message est “à continuer”, comme le fait souvent Moynihan, mais je n’ai pas voulu attendre que le reste sorte pour partager cette vision fascinante avec vous.

Je suis très, très curieux de savoir ce qu’il dira dans la prochaine partie.

Schneider: Le Vatican trahit le Christ comme “seul sauveur”

INFOVATICANA – Par Carlos Esteban

En réaction à la création par le Saint-Siège d’un comité interreligieux, Athanasius Schneider, évêque auxiliaire d’Astana au Kazakhstan, a déclaré dans un entretien exclusif avec LifeSiteNews que l’entreprise constitue une “trahison de l’Evangile”.

Pour Mgr Schneider, la décision du Vatican de consacrer un document affirmant que “la diversité des religions” est “voulue par Dieu”, sans nuancer cette affirmation, équivaut à “promouvoir la négligence du Premier Commandement” et une “trahison de l’Evangile. Continuer la lecture de « Schneider: Le Vatican trahit le Christ comme “seul sauveur” »