Le train pour l’Amazonie est en marche. Prochain arrêt l’Allemagne

Depuis lundi 17 juin, le synode sur l’Amazonie convoqué à Rome pour le mois d’octobre prochain a  son « Instrumentum laboris », ce document de base qui fera l’objet des discussions.

Il compte 59 pages bien remplies mais ces quelques lignes au paragraphe 129 suffisent pour comprendre là où le pape François veut en venir :

« En affirmant que le célibat est un don pour l’Église on demande que, pour les zones les plus éloignées de la région, l’on étudie la possibilité de l’ordination sacerdotale d’anciens, de préférence indigènes, respectés et acceptés par leur communauté, même s’ils ont déjà une famille constituée et stable, afin d’assurer les sacrements qui accompagnent et soutiennent la vie chrétienne ». Continuer la lecture de « Le train pour l’Amazonie est en marche. Prochain arrêt l’Allemagne »

Dans le Canada ultra-libéral et multiculturaliste, le Québec interdit les signes religieux

MPI – C’est un coup de tonnerre dans le Canada ultra-libéral et multi-culturaliste de Justin Trudeau : au Québec, la province francophone du Canada, les députés du parlement ont voté le dimanche 16 juin, par 73 voix pour et 35 contre, le projet de loi 21, qui interdit le port de signes religieux à certains employés de l’État.

Cette nouvelle législation fait entrer en vigueur au Québec le principe de neutralité des représentants de l’État : de nombreuses catégories de “fonctionnaires en position d’autorité” — enseignants, juges, avocats, gardiens de prison, policiers — ne sont désormais plus autorisées à arborer des symboles religieux. Précisons que la mesure ne s’appliquera qu’aux nouveaux fonctionnaires, ceux déjà en place pourront les conserver. Cette loi était une promesse de campagne de François Legault, le Premier ministre québécois membre de la Coalition avenir Québec (CAQ, centre-droit en faveur de l’autonomie du Québec). Continuer la lecture de « Dans le Canada ultra-libéral et multiculturaliste, le Québec interdit les signes religieux »

RUPTURE: P. Rosica quitte Sel et Lumièere après le scandale du plagiat

Dorothy Cummings McLean
Dorothy Cummings McLean

TORONTO, Canada, 18 juin 2019 (LifeSiteNews) – L’ancien porte-parole du Vatican, le P. Thomas Rosica, dont on a découvert qu’il avait plagié des dizaines de ses écrits, a démissionné de son poste de PDG de la Salt and Light Catholic Media Foundation presque quatre mois après avoir mal utilisé le travail des autres.

Selon le Toronto Catholic Register, Rosica, 60 ans, a fait une déclaration hier annonçant sa démission.

“Après 16 ans en tant que président-directeur général fondateur, j’ai remis ma démission au conseil d’administration de la Salt and Light Catholic Media Foundation à compter d’aujourd’hui “, a-t-il déclaré. “Ce fut un grand privilège de travailler en étroite collaboration avec notre fondateur, le regretté Gaetano Gagliano, sa famille et un conseil d’administration dévoué sur ce projet médiatique. Je suis reconnaissant envers les jeunes adultes qui ont travaillé avec nous et qui ont aidé à réaliser la vision de Gaetano pour la télévision et les médias catholiques.” Continuer la lecture de « RUPTURE: P. Rosica quitte Sel et Lumièere après le scandale du plagiat »

Le Québec adopte le projet de loi sur la laïcité le plus strict au Canada

CATHOLIC HERALD – Les évêques craignent que la loi ne ” nourrisse la peur et l’intolérance “.

Une nouvelle loi au Québec interdit le port de symboles ou de vêtements religieux par certains employés du gouvernement, y compris les enseignants des écoles publiques, les avocats de l’État, les juges et les agents de police.

Le Conseil national des musulmans du Canada a annoncé le 17 juin qu’il contestera légalement le nouveau projet de loi.

“Tard hier soir, le gouvernement du Québec a légalisé la discrimination fondée sur la religion. Il a qualifié de “profondément troublantes” les modifications de dernière minute concernant les dispositions relatives à la surveillance des lieux de travail.

Le gouvernement majoritaire du Québec a adopté le projet de loi, 75-35, en utilisant la clôture le 16 juin après de longues heures de délibérations. Certaines modifications de dernière minute concernant les dispositions relatives à la surveillance ont rendu la loi plus stricte que prévu.

Le ministre de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion, Simon Jolin-Barrette, dépose le projet de loi 21 le 28 mars. Elle a suscité des controverses et des débats animés ; beaucoup craignaient qu’elle n’aliène certains citoyens, en particulier les femmes musulmanes. La plupart des groupes religieux – y compris les chrétiens et les musulmans – n’ont pas été invités à participer aux auditions de mai devant une commission de l’Assemblée nationale.

Le gouvernement a déclaré qu’il souhaitait renforcer la séparation de l’État et des religions, la neutralité religieuse de l’État, l’égalité de tous les citoyens et la liberté de conscience et de religion. C’était la quatrième tentative d’un gouvernement du Québec en dix ans d’adopter une loi sur la laïcité. Des sondages récents ont tous démontré que le projet de loi 21 bénéficie d’un fort appui populaire.

Le projet de loi 21 comprend une disposition dérogatoire qui l’emporte sur certaines parties de la Charte canadienne des droits et libertés, principalement celles qui portent sur les libertés religieuses, afin de la protéger de trop nombreuses contestations judiciaires. L’interdiction de porter des symboles religieux ne s’appliquera qu’aux nouveaux employés. Ceux qui avaient déjà un emploi touché par cette loi pourront porter des symboles religieux tant qu’ils conserveront leur emploi actuel.

Le premier ministre du Québec, François Legault, a déclaré après son adoption que les Québécois s’attendaient à une telle loi ” depuis longtemps ” et qu’ils veulent clairement interdire les symboles religieux pour les ” personnes ayant une autorité (étatique) “.

Le chef de l’opposition Pierre Arcand a déclaré que cette nouvelle loi “bâclée” “supprime” les droits des personnes.

“Se réveiller avec moins de droits pour les gens que j’aime dans un endroit que j’aime “, dit Lisa Grushcow, une rabbin de Montréal. “C’est pire que prévu. Il y aura beaucoup de contestations judiciaires.”

Le 14 juin dernier, l’Assemblée des évêques catholiques du Québec a déclaré craindre que le projet de loi 21 ” ne nourrisse la peur et l’intolérance, plutôt que de contribuer à la paix sociale “. À plusieurs reprises ce printemps, les évêques ont dit qu’ils étaient d’accord avec l’idée de promouvoir un État laïque, mais que cela ne devrait pas se faire au détriment des droits religieux fondamentaux.

“Nous croyons qu’il vaut mieux combattre les préjugés et la peur de l’autre de manière rationnelle, en éduquant les gens sur la diversité des expériences et des traditions religieuses, spirituelles et culturelles, plutôt que par des interdictions “, ont dit les évêques.

LE CARDINAL CUPICH FAIT L’OBJET D’UNE ENQUÊTE

CHURCH MILITANT – Aujourd’hui marque exactement le premier anniversaire des révélations selon lesquelles Theodore McCarrick est un homopredateur en série, et en ce premier anniversaire, nous vous présentons ce rapport d’enquête exclusif.

Church Militant a reçu des documents du personnel de l’archidiocèse de Chicago qui en ont assez des mensonges et des dissimulations.

Les documents ont été conservés dans la chambre forte secrète de l’archidiocèse de Chicago et détaillent les allégations d’abus sexuels d’un mineur par l’ancien cardinal Joseph Bernardin.

Church Militant a également appris que le cardinal Blase Cupich est maintenant surveillé de près par les organismes d’application de la loi des États et du gouvernement fédéral pour avoir omis de se présenter.

Ces documents obtenus par Church Militant ne sont qu’un petit échantillon de lettres, de correspondance, de dossiers judiciaires et de courriels qui nous ont été remis et qui révèlent ce qui se dit depuis des décennies – que Joseph Bernardin était un agresseur sexuel de mineurs aussi bien que d’hommes adultes.

Ces documents datent de 1993-1995 et fournissent des détails explicites sur les accusations portées contre Bernardin à la suite d’une agression sexuelle en 1957, y compris le viol d’un mineur, alors qu’il était prêtre à Charleston, Caroline du Sud, cinq ans après son ordination.

Les documents révèlent que l’archidiocèse de Chicago, le nonce apostolique américain, la Secrétairerie d’État du Vatican et même la maison papale étaient tous au courant des allégations et n’y ont pas donné suite.

Selon la documentation, l’agression sexuelle s’est produite sur la propriété de la paroisse St. Mary’s à Greenville, Caroline du Sud et impliquait à la fois le père Bernardin et l’évêque John J. Russell et faisait partie d’un rituel satanique impliquant la profanation de la Sainte Eucharistie.

La victime a finalement contacté l’archidiocèse en avril 1993, d’abord par téléphone, puis par écrit, pour signaler le viol de Bernardin.

L’agression sexuelle impliquait à la fois le père Bernardin et l’évêque John J. Russell et faisait partie d’un rituel satanique impliquant la profanation de la Sainte Eucharistie.

Comme on peut le voir dans ce document, la victime avait des communications continues avec l’administrateur de l’examen de la condition physique professionnelle de l’archidiocèse de Chicago, Steve Sidlowski.

La victime a même signé et envoyé une lettre recommandée écrite directement à Bernardin pour lui demander de rendre publique et de se repentir.

Une copie du récépissé du courrier recommandé, accompagné de la lettre originale, a également été remise à Church Militant. Le reçu est signé par le bureau du Cardinal Bernardin et daté du 8 avril 1993.

Selon la cache de documents secrets fournis à Church Militant, la victime a même écrit deux fois directement au Pape Jean-Paul II, un fait reconnu dans une lettre de Monseigneur Leonardo Sandri de la Secrétairerie d’État du Vatican à la victime en date du 4 septembre 1993.

On ne sait pas si les lettres ont été présentées au Pape, mais la lettre officielle accusant réception fait partie du dossier.

Ayant reçu ce que l’on pourrait décrire comme la fuite professionnelle de Chicago pendant près de deux ans, et aucune réponse substantielle du Saint-Siège, la victime s’est rendue à Rome en 1995 et s’est présentée en personne à la Congrégation des évêques du Vatican après les avoir écrites deux fois sans recevoir de réponse satisfaisante.

Comme on peut le voir dans cette lettre du 3 avril 1995 adressée à la victime par Mgr Agostino Cacciavillan, alors archevêque nonce apostolique américain, la correspondance avec les accusations portées contre Bernardin a même reçu un numéro de dossier par la nonciature – N. 17. 598.

Comme lorsque la victime s’est présentée à Chicago et à Rome, rien n’a jamais été officiellement poursuivi par le nonce.

Les responsables de l’époque où le militant de l’Église s’est entretenu avec lui ont déclaré que les accusations n’étaient pas considérées comme crédibles, mais qu’il ne semble pas exister de dossiers ou de notes sur une enquête. Rien dans le dossier n’indique qu’une enquête officielle ait été ouverte.

De plus, l’existence d’une enquête formelle semble extrêmement improbable parce que, comme la victime le fait remarquer à Sidlowski dans cette lettre de 1993, les membres de tout comité d’enquête “ne sont pas compétents ou autorisés à” enquêter sur de telles accusations contre un cardinal.

Le droit ecclésial limite la convocation de telles enquêtes au pape, et il n’existe aucun document suggérant qu’une telle enquête ait jamais été convoquée par le pape Jean-Paul II.

Ce que l’archidiocèse de Chicago a essayé de faire, c’est d’amener la victime à révéler tous les faits pertinents afin qu’elle puisse découvrir exactement ce que la victime savait et fournir ensuite l’information à Bernardin – une accusation portée par la victime dans la même lettre.

Toute cette documentation se trouvait dans les dossiers secrets de l’archidiocèse et n’a pas été rapportée à Lisa Madigan, alors procureur général de l’Illinois, malgré l’affirmation de Cupich selon laquelle l’archidiocèse collaborait pleinement à l’enquête de l’État.

En décembre de l’année dernière, le bureau de Madigan a stupéfié le monde de l’enquête en rapportant que des évêques de l’Illinois – dont Cupich – avaient délibérément omis de remettre les dossiers et les noms de plus de 500 prêtres accusés.

Des fonctionnaires enquêtent actuellement sur des accusations directement liées au mandat de Cupich à Chicago pour détournement de fonds et corruption.

L’excuse de Cupich et des confrères évêques était que les noms n’avaient pas été révélés parce que les allégations n’avaient pas fait l’objet d’une enquête.

Madigan a accusé les évêques de duplicité :

En choisissant de ne pas enquêter en profondeur sur les allégations, l’Église catholique a manqué à son obligation morale de fournir aux survivants, aux paroissiens et au public un compte rendu complet et exact de tout comportement sexuellement inapproprié impliquant des prêtres de l’Illinois.

L’absence d’enquête signifie aussi que l’Église catholique n’a jamais fait d’effort pour déterminer si la conduite des prêtres accusés a été ignorée ou dissimulée.

Le dilemme auquel le cardinal Blase Cupich est maintenant confronté est clair : soit produire ces documents dont des copies ont été remises à Church Militant, soit être accusé de destruction de preuves parce que ces documents existaient, du moins à une époque.

De plus, le mois dernier, Church Militant a envoyé une demande de renseignements aux médias directement au cardinal Cupich et à de nombreux membres du personnel pour obtenir une réponse à ce que nous savions. Nous n’avons reçu aucune réponse.

Les responsables de l’application de la loi disent maintenant à Church Militant que ce qui semble certainement être un camouflage par Cupich et l’archidiocèse pour protéger le cardinal homosexuel américain le plus en vue n’est que la pointe de l’iceberg.

En plus de l’abus de mineurs, de l’absence d’enquête interne et de la dissimulation des actes de Bernardin, les responsables enquêtent actuellement sur des accusations directement liées au mandat de Cupich à Chicago, impliquant des détournements financiers et la corruption.

Et pendant que ces possibles actions criminelles sont poursuivies, comme nous l’avons dit au début du rapport, Church Militant est entré en possession d’informations beaucoup plus accablantes sur le cardinal Joseph Bernardin et sur les accusations de crimes sexuels portées contre lui.

En ce premier anniversaire, jour pour jour, des révélations de McCarrick, l’attention se porte maintenant sur le fait que l’Église en Amérique telle qu’elle est maintenant constituée a été conçue et conçue par deux prédateurs homosexuels qui ont fait progresser la carrière de plusieurs évêques qui occupent encore des postes de direction à ce moment-là.

Nous présenterons tout cela dans les prochains rapports spéciaux.

SYNODE SUR L’AMAZONIE, ÉCOLOGISME EXTRÊME ET ATTAQUE AU CÉLIBAT

Nico Spuntoni
www.lanuovabq.it
18 juin 2019

La présentation du document qui servira de base au Synode sur l’Amazonie qui se tiendra en octobre confirme ce qui était déjà dans l’air: une forte poussée écologiste, une exaltation non-critique de l’indigénisme jointe à une condamnation sans appel de la période coloniale, et la proposition d’ordonner les viri probati pour faire face à la pénurie des prêtres. Plusieurs passages sont également une critique directe du gouvernement brésilien dirigé par Bolsonaro.

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VIGANÒ: BP. BRANSFIELD, UN «EXEMPLE PARFAIT» DE MAFIA GAY DANS L’ÉGLISEVIGANÒ: BP. BRANSFIELD, UN «EXEMPLE PARFAIT» DE MAFIA GAY DANS L’ÉGLISE

par Christine Niles, M. St. (Oxon.), JD  • ChurchMilitant.com

Carlo Maria Viganò offre une nouvelle confirmation de la “mafia gay” dans l’Église.

Dans des commentaires au journaliste italien Marco Tosatti ce week-end, le non-papal tourné dénonciateur a confirmé que Bp. Michael Bransfield, qui a fait l’objet d’une enquête du Vatican qui a révélé de nombreux abus sexuels et financiers, fait partie d’un réseau plus large de membres du clergé homosexuel corrompus en position de pouvoir, lié à Theodore McCarrick, Cdl. Donald Wuerl et autres.

“L’évêque Bransfield est un parfait exemple de ce à quoi je faisais référence”, a écrit Mgr Viganò après son entrevue avec le Washington Post, où il faisait référence à une “mafia gay corrompue” dirigée par l’Église. Continuer la lecture de « VIGANÒ: BP. BRANSFIELD, UN «EXEMPLE PARFAIT» DE MAFIA GAY DANS L’ÉGLISEVIGANÒ: BP. BRANSFIELD, UN «EXEMPLE PARFAIT» DE MAFIA GAY DANS L’ÉGLISE »

Pour en finir une fois avec le ‘dialogue’

INFOVATICANA – Par Carlos Esteban | 19 juin 2019
L’Instrumentum Laboris du prochain Synode de l’Amazonie est traversé par ce ” leit motiv ” du pontificat actuel qui se résume en deux mots répétés machaconamente : ” dialogue ” et ” écoute “. Et ils sont les deux qui, plus que tout autre, divisent irrémédiablement l’Église.

Oui, mon titre a beaucoup de “clickbait” éhonté, de jaunissement flagrant et scandaleux. Le matizo de l’entrée : dans un sens évident, le dialogue est indispensable, la conversation, et une conversation ne peut être maintenue sans écouter le contraire. Ceci, pour se débarrasser de plusieurs platitudes. Continuer la lecture de « Pour en finir une fois avec le ‘dialogue’ »

Cardinal Ravasi: “Embrasser un crucifix ne fait pas de vous un croyant”

INFOVATICANA – Par Carlos Esteban | 17 juin 2019
Porter un chapelet ou embrasser un crucifix ne fait pas de vous un croyant, a dit le cardinal Gianfranco Ravasi, président du Conseil pontifical pour la culture, au Corriere della sera dans la énième critique du dirigeant de la Ligue, Matteo Salvini.

“Ce sont des signes qui, à eux seuls, ne représentent pas l’authenticité de la croyance”, a déclaré le cardinal Ravasi dans une longue interview accordée au quotidien italien Il Corriere de la sera. “Le Christ condamne ceux qui occupent les premières places dans la synagogue, ceux qui allongent les phylactères (…) On n’est pas sauvé par des manifestations extérieures, mais par une adhésion profonde aux choix moraux et existentiels. Continuer la lecture de « Cardinal Ravasi: “Embrasser un crucifix ne fait pas de vous un croyant” »

Le synode sur l’Amazonie devrait étudier l’ordination d’hommes mariés

CathoBel – Le synode sur l’Amazonie, qui se tiendra à Rome en octobre 2019, devrait étudier la question des viri probati, à savoir l’ordination d’hommes mariés d’un certain âge « ayant fait leurs preuves » au plan humain et pastoral.

Afin de passer en Amazonie d’une « pastorale de la visite » à une « pastorale de la présence », il faut étudier la question des viri probati et des ministères qui peuvent être confiés aux femmes, affirme l’Instrumentum laboris (le document de travail) du synode sur l’Amazonie. Dévoilé le 17 juin 2019, ce document de trois parties et 147 paragraphes guidera les travaux des Pères synodaux réunis au Vatican du 7 au 28 octobre.

L’évangélisation en Amérique latine, estime l’Instrumentum laboris, a constitué un « don de la Providence ». En effet, en dépit de l’avidité de certains colonisateurs, l’élan missionnaire a favorisé la formation de communautés chrétiennes. En outre ceux-ci ont permis la création de lois protégeant les peuples autochtones de certains abus. Toutefois, une « connivence » entre l’annonce de l’Evangile et les puissances opprimantes a souvent existé et ainsi a « obscurci » la Bonne Nouvelle (n.6). Avec ce synode, l’Eglise a l’opportunité historique de se différencier clairement des nouvelles puissances colonisatrices et d’ouvrir de nouveaux chemins pour présenter le Christ (n.7).

Refus d’une « tradition coloniale monoculturelle et cléricale »

Pour cela, l’Eglise doit être « inculturée et interculturelle » (n.107) afin d’avoir un « visage amazonien » (n.109). Pour cela, il faut abandonner une « tradition coloniale monoculturelle, cléricale et imposante » pour parvenir à une Eglise « polyèdre » (n.110). En effet, si certains missionnaires ont laissé une trace profonde (n.116) dans le cœur des indigènes, une « blessure ouverte » due à la cruauté du passé subsiste, ainsi qu’une mentalité coloniale et patriarcale. Cela exige donc un processus de « conversion et réconciliation » (n.117), en dépassant les « positions rigides » (n.119).

Ordination d’anciens, de préférence indigènes

Selon le document de travail du synode, il est donc nécessaire de passer d’une « pastorale de la visite » à une « pastorale de la présence » (n.128). Ainsi, si le célibat des prêtres est un don pour l’Eglise, il est demandé que soit étudiée « la possibilité d’ordination d’anciens, de préférence indigènes, respectés et acceptés par leur communauté, même s’ils ont déjà une famille constituée et stable ». C’est donc la question des viri probati que ce document demande de considérer lors de l’assemblée synodale d’octobre prochain.

Il est également demandé d’étudier le type de ministère officiel qui pourrait être confié aux femmes. Leur voix doit être écoutée et leur leadership garanti, par exemple dans le domaine de la formation: théologie, catéchisme, liturgie et école de foi et de politique. Plus largement, le protagonisme des laïcs doit être valorisé et ceux-ci doivent être formés pour être des animateurs de communauté crédibles et coresponsables (n.129).

Réorganiser le pouvoir dans l’Eglise

Le document demande ainsi de se pencher sur l’organisation du pouvoir au sein de l’Eglise. En particulier, est interrogé le fait que la juridiction sacramentelle, judiciaire et administrative soit toujours liée au sacrement de l’ordre (n.128).

De même, l’Instrumentum laboris propose que les rites et symboles liturgiques des indigènes soient incorporés dans la liturgie catholique. Ainsi, les célébrations doivent être festives, avec les chants, danses et habits typiques de ces populations. Le rite eucharistique par exemple pourrait être adapté à ces cultures.

Dénoncer la théologie de la prospérité

En ce sens, les sacrements doivent être accessibles à tous, en dépassant toute rigidité qui exclut. Cela suppose notamment que soient changés les critères de sélection et de préparation des ministres autorisés à célébrer l’eucharistie (n.126). Il est également demandé que les homélies s’adaptent aux indigènes et qu’ouvrent de nouvelles radios ecclésiales promouvant ces cultures indigènes (n.123).

Les Amazoniens, rappelle par ailleurs le document, ne vivent pas seulement en zones rurales mais aussi dans des zones urbaines où ils sont de plus en plus nombreux à émigrer. Là aussi, une meilleure organisation pastorale est nécessaire, ce qui demande notamment de se demander si la structure paroissiale est la plus adaptée (n.134).

Une pastorale spécifique pour les indigènes serait plutôt nécessaire dans ces villes (n.135), d’autant que ceux-ci sont attirés par la croissance rapide des Eglises pentecôtistes (n.133), notamment due au manque de prêtres (n.138). A propos du dialogue œcuménique, le document dénonce tant la « théologie de la prospérité » que les tendances fatalistes de certaines communautés chrétiennes (n.137).

« Non-retour » environnemental

Avant ces pistes concrètes, l’Instrumentum laboris dresse un état des lieux de l’histoire de l’Amazonie et de sa situation actuelle. La première partie rappelle ainsi l’étendue du territoire – 7,8 millions de km2 sur huit pays – (n.10). Source de richesse pour toute la planète, cette région est en pourtant menacée à la fois sur le plan environnemental et sur le plan humain par la violation des droits des peuples autochtones, estime le document.

Consultés, ces peuples dénoncent également un point de non-retour environnemental, avec une déforestation d’entre 15 et 20 % de l’Amazonie. Après l’Arctique, cette région est de plus la deuxième région la plus vulnérable en termes de changement climatique pour des raisons anthropiques, note le document (n.20).

Nécessité d’une « conversion écologique complète »

La seconde partie du document de travail dresse la liste des graves problèmes causés par les attentats contre la vie sur le territoire de l’Amazonie. La situation actuelle appelle de toute urgence une « conversion écologique complète » (n.44). Pétrole, gaz, bois, ou encore or attirent les intérêts de différents acteurs guidés par un modèle économique basé sur la consommation et la maximisation du profit (n.50).

Ces derniers font de cette région des « territoires volés » (n.45) et participent à engendrer d’autres maux tels que le trafic de drogue et différentes activités illégales liées au modèle de développement de l’extraction (n.59).

Mettre en œuvre une écologie intégrale

Face à cela, comment sauver ce territoire ?, interroge le document (n.56). Ce dernier prône l’écologie intégrale (n.47): mettre en relation les êtres humains, la Création et Dieu. « Un aspect fondamental de la racine du péché de l’être humain réside dans le fait de se détacher de la nature et ne pas la reconnaître comme une partie de soi, l’exploiter sans limites, rompant ainsi l’alliance originelle avec la création et avec Dieu », explique ainsi l’Instrumentum laboris (n.99).

L’Eglise entend donc assumer sa mission en proposant des lignes d’actions institutionnelles, en concevant des programmes de formation pour ses agents pastoraux et ses fidèles mais également en dénonçant la violation des droits de l’homme et la destruction par extraction (n.56).

De plus, afin de prendre soin de l’Amazonie, les communautés indigènes devraient être considérées comme des « interlocuteurs indispensables », car c’est précisément elles qui s’occupent le mieux de leurs territoires (n.49). Les populations locales sont pourtant touchées par le phénomène migratoire, explique par ailleurs le document qui regrette que cette réalité soit trop peu analysée d’un point de vue pastoral (n.63). Ce phénomène peut notamment déstabiliser les familles (n.67) – hier victimes de colonialisme, et aujourd’hui de néo-colonialisme (n.76) – en privant les jeunes de la figure d’un père parti à la recherche d’un travail (n.67).