UN FRANC-MAÇON DU VATICAN AU FORUM INTERRELIGIEUX DU G20

par Jules Gomes ChurchMilitant

Rome se plie à l’Arabie saoudite alors que l’ONU rejette l’atteinte des droits de l’homme

CITÉ DU VATICAN (ChurchMilitant.com) – Un franc-maçon vatican de premier plan du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux (PCID) est l’un des orateurs représentant le Saint-Siège au Forum interreligieux du G20 en Arabie Saoudite du 13 au 16 octobre.

Image
Cdl. Miguel Ángel Ayuso Guixot

Le père Michael Heinrich Weninger, qui a été démasqué en tant que franc-maçon lors de la célébration de la messe de la consécration de la nouvelle loge des Maîtres Maçons Mark n° 1954, en Autriche, s’est exprimé mardi sur l’esclavage et la traite des êtres humains.

M. Weninger est accompagné de l’expert islamique et président du PCID, le Cdl Miguel Ángel Ayuso Guixot, et du Cdl Matteo Zuppi de Bologne, ce dernier étant un confident du Pape François et un proche allié des musulmans italiens.

Malgré les interdictions de 11 papes pendant 200 ans condamnant la franc-maçonnerie et la Congrégation pour la doctrine de la foi (CDF) rappelant que l’appartenance aux loges maçonniques “reste interdite”, le P. Weninger continue d’occuper une place dans la curie romaine et de défendre la franc-maçonnerie.

“Les fidèles qui s’inscrivent dans les associations maçonniques sont en état de péché grave et ne peuvent recevoir la Sainte Communion”, a statué la CDF en 1983.

Le Forum interconfessionnel est considéré comme une stratégie de relations publiques par l’Arabie saoudite sous la direction du prince héritier Mohammed bin Salman, “qui a tenté de donner un éclat international à son règne despotique”.

Les critiques fustigent le Vatican, qui soutient le régime malgré ses violations notables des droits de l’homme et son écart radical par rapport aux idéaux proposés par le pape François dans sa dernière encyclique, Fratelli Tutti.


Les personnes trouvées avec des Bibles, des crucifix ou d’autres documents chrétiens risquent toujours d’être arrêtées et, si elles sont étrangères, d’être déportées.


Les observateurs ont également souligné la coïncidence incontestable du Forum interconfessionnel avec la candidature de l’Arabie saoudite au Conseil des droits de l’homme des Nations unies.

Mardi, l’Arabie saoudite n’a pas réussi à obtenir un des trois sièges du Conseil des droits de l’homme des Nations unies, n’obtenant que 90 voix sur les 180 membres de l’organe.

S’adressant à un militant de l’Eglise, le célèbre spécialiste de l’Islam Robert Spencer a qualifié de “parodie” la participation du Vatican au Forum interconfessionnel.

“Alors que l’Arabie Saoudite a pris des mesures de réforme, il n’existe toujours pas d’église d’un autre lieu de culte non musulman sur le sol saoudien car le gouvernement saoudien est déterminé à mettre en œuvre l’ordre de Mahomet selon lequel seul l’Islam devrait exister dans la péninsule arabique”, a commenté Spencer, auteur de 21 livres sur l’Islam et le Moyen-Orient.

“Ceux qui sont trouvés avec des Bibles, des crucifix ou d’autres matériels chrétiens risquent toujours d’être arrêtés et, s’ils sont étrangers, d’être expulsés. Les femmes ont récemment obtenu le droit de conduire, mais cela ne fait que souligner à quel point la société saoudienne opprime les femmes”, a souligné Spencer.

L’Arabie saoudite est le seul pays candidat à l’adhésion qui n’a pas été élu, ce qui a conduit Bruno Stagno, directeur exécutif adjoint de Human Rights Watch (HRW), à applaudir “l’étonnant reproche fait à l’Arabie saoudite sous Mohammed bin Salman”.

C’est le “seul pays non élu, rejeté par une majorité de l’ONU. Le royaume a récolté ce qu’il mérite pour ses graves violations des droits de l’homme et ses crimes de guerre à l’étranger”, a observé Stagno.


Le royaume a récolté ce qu’il mérite pour ses graves violations des droits de l’homme et ses crimes de guerre à l’étranger”, a observé M. Stagno.


Ironiquement, alors que l’Arabie saoudite accueille un Forum interconfessionnel international approuvé par le pape François, “à quelques exceptions près, l’Arabie saoudite ne tolère pas le culte public par des adeptes de religions autres que l’islam”, selon le rapport mondial 2020 de HRW.

La théocratie islamique “discrimine systématiquement”, même “contre les minorités religieuses musulmanes”, tandis que “les autorités religieuses affiliées au gouvernement” continuent de “dénigrer les interprétations, versions et conceptions chiites et soufies de l’islam dans les déclarations publiques, les documents et les manuels scolaires”, rapporte HRW.

Peine de mort, immigration

Le pays est connu pour son recours à la peine de mort, note HRW. Le 23 avril 2019, il a procédé à une exécution massive de 37 hommes, dont 33 issus de la communauté chiite minoritaire du pays “qui avaient été condamnés à l’issue de procès inéquitables”.

Le ministère de l’intérieur saoudien a indiqué que le pays avait exécuté 179 personnes entre janvier et la mi-novembre 2019, principalement pour des meurtres et des crimes liés à la drogue. Les exécutions se font par peloton d’exécution, décapitation et même crucifixion, parfois en public.

Le pape François s’est opposé avec vigueur à la peine de mort dans sa dernière encyclique, Fratelli Tutti, mais il est resté silencieux sur la pratique dans les pays islamiques et continue de s’allier aux partisans islamiques de la peine de mort comme l’Arabie Saoudite et le Grand Imam d’al-Azhar Ahmad al-Tayyeb, a rapporté un militant de l’Eglise.

Image
Décapitation d’un jeune musulman chiite en Arabie Saoudite

En opposition totale avec l’appel du pape François à l’accueil et au traitement humain des migrants à Fratelli Tutti, l’Arabie Saoudite est connue pour son oppression systémique des travailleurs migrants.

En outre, la théocratie n’est pas signataire de la Convention de 1951 sur les réfugiés et ne dispose pas d’un système d’asile pour protéger les personnes craignant d’être persécutées.

Appel à l’unité

Lors du Forum, le Cdt Ayuso a rappelé l’encyclique du pontife qui appelle à “l’unité, la solidarité et la fraternité, pour améliorer notre “maison commune”, comme le pape François ne cesse de nous le rappeler”.

Il est nécessaire de répondre à l’appel du pape François à “réaffirmer que nous sommes membres de l’unique famille humaine”, a-t-il ajouté.

Le père Weninger a fait cette remarque :

La Conférence internationale sur l’esclavage au XXIe siècle a déclaré que la traite des êtres humains constitue une offense choquante à la dignité humaine et une grave violation des droits humains fondamentaux, en particulier l’exploitation sexuelle des femmes et des enfants.

L’injustice, l’exploitation et les abus sont souvent profondément institutionnalisés en raison du profit financier. Il est nécessaire que les chefs religieux contestent ces injustices sociales, d’autant plus qu’elles constituent une question fondamentale des droits de l’homme.

Parmi les participants à la conférence figurent le patriarche œcuménique Bartholomée, le métropolite orthodoxe Emmanuel Adamakis de France, l’évêque copte Anba Marco, l’anglican Richard Sudworth représentant l’archevêque de Canterbury et Sœur Sharon Eubank des Mormons.

D’éminents dirigeants hindous, bouddhistes et juifs sont également présents.