Mgr Schneider : “Il semble qu’il y ait un rapport direct entre le vide spirituel et la longueur des documents”

SB – Les éditions Contretemps viennent de publier la version française du dernier livre de Mgr Athanasius Schneider : « Christus Vincit Le triomphe du Christ sur les ténèbres de notre temps. ». Cet ouvrage est constitué d’une série d’entretiens menés par une journaliste anglophone, Diane Montagna, avec l’auteur, évêque auxiliaire d’Astana au Kazakhstan. Il s’agit donc là d’une traduction effectuée par Jeanne Smits d’un texte initialement paru aux Etats-Unis en 2019.

 

Mgr Schneider : “Il semble qu’il y ait un rapport direct entre le vide spirituel et la longueur des documents”

L’auteur n’esquive aucune question et Mgr Schneider ne pratique pas la langue de buis. Mgr Schneider a connu la persécution soviétique au Kirghizistan où il est né, l’émigration avec sa famille en Estonie puis en Allemagne de l’Ouest. Il est passé d’une situation où l’Eglise était clandestine, avec une pratique sacramentelle chaotique, à une situation où l’Eglise se perd dans des innovations délirantes, qu’elles soient doctrinale ou liturgiques. Entré chez les chanoines réguliers de la Sainte-Croix, il est parti en Autriche, au Brésil, à Rome, avant d’être nommé au Kazakhstan. Il parle 7 langues.

Communion dans la main, concile Vatican II, confusion actuelle dans l’Eglise, Fraternité Saint-Pie X, infaillibilité pontificale,« réforme de la réforme », mondanité dans l’Eglise, franc-maçonnerie, islam, liberté religieuse, etc., Christus Vincit propose avec Foi, Espérance et Charité, des réponses sereines et urgentes pour que le Christ soit remis à sa juste place, au centre et au sommet de l’Eglise et de la société. Aux jeunes, aux laïcs, aux parents, il prodigue de nombreux conseils aussi concrets que spirituels. Plusieurs cardinaux ont tenu à faire l’éloge de Christus Vincit :

« On ne saurait exprimer que gratitude à l’égard de Mgr Athanasisus Schneider, apôtre fidèle, pour sa claire et courageuse analyse de l’Eglise de notre temps. Puisse ce livre aider tous ses lecteurs à vivre leur propre vocation avec une fidélité et un zèle accrus, pour la gloire de Dieu Tout-Puissant et pour le salut des âmes. » Cardinal Robert Sarah, préfet de la congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements.

« Aucun autre évêque, de récente mémoire, ne s’est dédié de manière aussi infatigable au service des vérités de la foi catholique. Dans ces entretiens approfondis, à travers le récit de sa vie et de son ministère et par ses réponses aux questions cruciales du jour, Mgr Schneider apporte un témoignage puissant de son amour profond de Notre-Seigneur et de son Corps mystique, l’Eglise. Ce livre sera d’une aide puissante pour les fidèles et pour tous les hommes de bonne volonté, en leur donnant une orientation juste en ces temps où dominent de graves confusions, les divisions et l’erreur. » Cardinal Raymond Burke.

Sur la maladie de la réunionnite, Mgr Schneider déclare notamment :

Le phénomène des réunions, assemblées et synodes permanents à différents niveaux constitue une sorte de parlementarisation de la vie de l’Eglise, et il est donc mondain, bien que masqué par un mot impressionnant : la “synodalité”. Il y a des réunions épiscopales au niveau continental, régional et national, au niveau sous-national, au niveau diocésain, etc. Les réunions incessantes nous asphyxient et chaque réunion doit produire des documents. Nous sommes ainsi véritablement submergés par le poids des documents. Et encore des documents. Et toujours des documents. C’est du pélagianisme à l’état pur, frénétique. Non seulement cette frénésie prive l’évangélisation et la prière d’argent et de temps, mais c’est aussi une méthode extrêmement rusée de Satan pour éloigner les successeurs des apôtres et les prêtres de la prière et de l’évangile,gélisation – sous prétexte d’une soi-disant “synodalité”.

Il n’y a qu’un seul équivalent dans l’histoire de l’Eglise d’un tel excès de réunions épiscopales, et c’est au quatrième siècle, précisément lorsque l’hérésie arienne dominait et était aux commandes. […]

Sur la papôlatrie ambiante :

Même maintenant, la mentalité générale des bons et fidèles catholiques correspond, à mon avis, à une infaillibilisation totale de facto de tout ce que le concile Vatican II a affirmé, ou de ce que le pontife actuel dit ou fait. Ce genre d’ultramontanisme extrême, de centrisme papal malsain, était déjà présent depuis plusieurs générations chez les catholiques. J’ai moi aussi été éduqué dans cette mentalité. Mais la critique a toujours été présente et permise dans la tradition de l’Eglise, puisque c’est la vérité et la fidélité à la révélation divine et à la tradition que nous devons rechercher, ce qui implique par soi-même le recours à la raison et à la rationalité, et suppose d’éviter les acrobaties erronées.

Concernant les nominations épiscopales :

On nomme évêques, et même cardinaux, des collaborateurs évidents du système – non pas, ici, avec un régime communiste formel, mais avec le régime libéral et maçonnique occidental qui impose la mentalité unique dont nous souffrons actuellement dans l’ensemble du monde occidental. Nous assistons en Occident à la nomination d’évêques qui sont des collaborateurs du nouveau système politiquement correct et antichrétien du “genre”.

Mgr Schneider dénonce aussi l’hérésie de l’action :

C’est à de nombreux postes de responsabilité dans l’Eglise aujourd’hui qu’on a cessé de mettre l’accent sur le premier devoir apostolique du culte, de la prière et de la proclamation zélée de la vérité divine. La vie de l’Eglise au niveau officiel (le Saint-Siège et les épiscopats) s’est tournée à l’excès vers les activités humaines à travers une énorme prolifération de la bureaucratie ecclésiastique, une quantité sans précédent de structures, de comités, d’assemblées épiscopales et de fédérations à différents niveaux, par des réunions épiscopales et des synodes continuels. […] L’”hérésie de l’action” avec son esprit naturaliste crée un vide dans l’âme des ecclésiastiques, et surtout dans celle des évêques. Comme nous l’avons déjà dit, ces hommes tentent de combler ce vide par des réunions, des assemblées et des synodes continuels à différents niveaux hiérarchiques et dans différents régions géographiques. Toutes ces réunions aboutissent à la production d’un document – et il s’agit en général d’un document excessivement long. Il semble qu’il y ait un rapport direct entre le vide spirituel et la longueur des documents produits.