Une encyclique « communiste »

La fameuse image-symbole du pape avec le président bolivien Evo Moralès qui lui remet un crucifix avec une faucille et un marteau, le 9 juillet 2015 à La Paz

Je mets prudemment des guillemets, mais à lire « Fratelli tutti » selon une perspective économique, sociologique et politique, il sont quasiment de pure forme. Marcello Veneziani, à la demande de ses lecteurs de La Verità reprend le texte papal (cf. Fratelli tutti, manifeste idéologique et politique du pontificat), dont il extrait certains paragraphes qui n’évoquent que de très loin un message religieux.

L’Église est en déclin, la foi s’effrite et le pape mise sur la révolution planétaire et le communisme mondial. Ses préceptes peuvent justifier toute invasion, occupation, expropriation.

La foi est en chute libre et le pape mise sur le communisme

La Verità, Marcello Veneziani

Si l’encyclique de Bergoglio Fratelli tutti était réellement appliquée, Dieu, l’Église et le christianisme tels que nous les avons connus jusqu’à présent disparaîtraient probablement et il y aurait l’avènement du communisme, l’abolition de la propriété privée et des États souverains, l’occupation des maisons vides ou vacantes par les nécessiteux, l’expropriation des biens en faveur des pauvres, le droit universel de chacun à choisir sa propre citoyenneté. Par amour de l’humanité, la guerre civile la plus sanglante du monde éclaterait. Marx et Lénine, Mao et notre communisme à nous, Grillo et le revenu universel de citoyenneté ne sont que la version modérée du manifeste politique et idéologique de Bergoglio et de son utopie égalitaire. Je n’exagère pas. Lisez le texte du pape lancé depuis Assise et non les réductions édulcorées et aimables pour les médias. Voici quelques passages (excusez-moi si j’insiste, mais beaucoup m’ont demandé de revenir sur le sujet et de l’approfondir).

S’inspirant de saint Jean Chrysostome, Bergoglio déclare que « ne pas donner aux pauvres une partie de ses biens, c’est voler les pauvres, c’est les priver de leur vie même, et ce que nous possédons n’est pas à nous, mais à eux » (§ 119). Apparemment, le Pape fait référence à la fonction sociale de la propriété, envisagée dans la doctrine sociale de l’Église, mais va ensuite jusqu’à rappeler que le droit à la propriété privée n’est pas « absolu et intouchable » (§ 120). Et pour ceux qui ont des doutes, il le précise dans le même paragraphe : « le droit à la propriété privée ne peut être considéré que comme un droit naturel secondaire découlant du principe de la destination universelle des biens créés, et cela a des conséquences très concrètes« . En d’autres termes, pour être concret, ceux qui sont dans un état de pauvreté et de besoin, comme les migrants, au nom suprême de la destination universelle des biens peuvent exiger que la propriété privée et les biens soient expropriés ou redistribués parce que tout appartient à tout le monde.

Au § 124, Bergoglio poursuit :  » La conviction concernant la destination commune des biens de la terre doit s’appliquer aujourd’hui également aux pays, à leurs territoires et à leurs ressources« , « chaque pays est aussi celui de l’étranger« . Par conséquent, pour le mettre en pratique, il n’existe pas de droit, de territoire, d’impôts payés, de lois et de sécurité publique d’une nation qui puisse empêcher quiconque d’utiliser les biens publics et privés de cette nation, la fourniture de services sociaux, de soins de santé, de subventions et de tout autre avantage. L’utopie derrière tout cela est le désir d’une « planète qui offre des terres, des logements et du travail pour tous ». Même Marx et Engels n’étaient pas allés aussi loin…

Puis il ajoute, au § 129, certes « l’idéal serait d’éviter les migrations inutiles » et de « créer dans les pays d’origine la possibilité concrète de vivre et de se développer dans la dignité »… « Mais tant qu’il n’y aura pas de progrès sérieux dans cette direction, il est de notre devoir » d’accueillir et de garantir « le droit de tout être humain à trouver un lieu où il puisse satisfaire ses besoins et ceux de sa famille (le Pape souhaite donc le droit au regroupement familial) et à se réaliser pleinement en tant que personne ».

Nous parlons de huit milliards de personnes, même distribuer les marchandises serait diviser la misère. « Il faut considérer ce qui est global, qui nous préserve de l’esprit de clocher » (par. 142). Le seul aspect négatif des migrants pour le Pape est que certains d’entre eux « sont malheureusement attirés par la culture occidentale », identifiée par Bergoglio avec le mal, la drogue, les armes. Il oublie que la culture occidentale signifie christianisme, civilisation, droits, liberté, bien-être… Mais pour lui, la pureté des migrants et de leur monde n’est entachée que par le virus occidental.

Le manifeste de Bergoglio devient alors ouvertement politique. Sur le plan historique, il insiste pour ne pas oublier la Shoah et la bombe atomique à Hiroshima et Nagasaki tout en oubliant le goulag et les exterminations des régimes communistes athées dans le monde. Le communisme n’est jamais mentionné; il est seulement prêchésans jamais le mentionner en vain… Puis il ajoute que « toute guerre laisse le monde pire qu’elle ne l’a trouvé » (§ 261) : donc, même la Seconde Guerre mondiale, c’était mieux avant quand Hitler était là… Une grossière erreur.

L’encyclique consacrée à la fraternité universelle pointe les ennemis : les populistes et les nationalistes, mais aussi les libéraux; et les individualistes, les capitalistes et ceux qui dressent des murs. Le racisme, selon lui, est « un virus qui, au lieu de disparaître, se cache et est toujours aux aguets » (§ 97), tout comme la « réaction aux aguets » de la propagande des régimes communistes. A l’ennemi au pouvoir, il faut « chercher par tous les moyens à le faire cesser d’opprimer », « lui enlever ce pouvoir qu’il ne sait pas utiliser ». (§ 241).

Le pape condamne le fanatisme mais ne mentionne aucun fanatique islamique ou terroriste idéologique ; il ne mentionne que … les chrétiens intolérants, et en particulier les chrétiens d’internet (§ 46). Curieuse cette encyclique contre l’Occident chrétien…

Les brigands, c’est-à-dire les délinquants, sont placés au même niveau que ceux qui « passent dans la rue en regardant de l’autre côté », les hypocrites bourgeois sont alliés et équivalent aux criminels (§ 75).

Au § 103, le pape explicite sa dette envers la Révolution française, en l’intitulant Liberté, Égalité et Fraternité.

Le plus cité dans le livre est l’imam Ahmad Al Tayyeb ; François d’Assise est cité uniquement en tant que chrétien occidental avec trois non catholiques, les noirs Luther King et Desmond Tutu et l’indien Gandhi. Cela fait penser à une chanson de Jovanotti… Bergoglio sous-entend que le Christ était un subversif révolutionnaire et que l’histoire et l’Eglise l’ont trahi ; maintenant, avec lui, nous retournons aux origines. Refondation communiste [ndt: allusion ironique à un parti politique italien fondé en 1991, comme scission du PCI].

L’Église est en déclin, la foi s’effrite et le pape mise sur la révolution planétaire et le communisme mondial. Ses préceptes peuvent justifier toute invasion, occupation, expropriation.

Que Dieu nous protège du communisme papal.

Benoît & moi