François, Fratelli Tutti et franc-maçonnerie

ADELANTE LA FE 

La Franc-maçonnerie espagnole a publié une déclaration faisant l’éloge de la nouvelle encyclique de François, Fratelli Tutti, dans tout le Grand Orient espagnol : [1]

“Il y a 300 ans maintenant, la naissance de la franc-maçonnerie moderne a eu lieu. Le grand principe de cette école initiatique n’a pas changé en trois siècles : la construction d’une fraternité universelle où les êtres humains s’appellent frères par-delà leurs croyances concrètes, leurs idéologies, la couleur de leur peau, leur milieu social, leur langue, leur culture ou leur nationalité. Ce rêve fraternel s’est heurté au fondamentalisme religieux qui, dans le cas de l’Église catholique, a donné lieu à des textes très sévères condamnant la tolérance de la franc-maçonnerie au XIXe siècle. La dernière encyclique du pape François montre à quel point l’Eglise catholique actuelle est éloignée de ses anciennes positions. Dans Fratelli Tutti, le Pape embrasse la Fraternité universelle, le grand principe de la Franc-maçonnerie moderne. J’espère qu’en cette époque où nous vivons, reconnaissant la dignité de chaque personne humaine, nous pourrons faire naître parmi nous tous un désir mondial de fraternité”, dit-il, appelant à une fraternité ouverte qui nous permette de reconnaître, de valoriser et d’aimer chaque personne au-delà de la proximité physique, au-delà du lieu de l’univers où elle est née ou où elle vit. Pour la construction de cette fraternité universelle, le Pape préconise de poursuivre l’horizon de la Déclaration universelle des droits de l’homme, qui n’est “pas assez universelle”. La lettre aborde le rôle désintégrant du monde numérique, dont le fonctionnement favorise les circuits fermés de personnes partageant les mêmes idées et facilite la diffusion de fausses nouvelles qui fomentent les préjugés et la haine. Il faut reconnaître que les fanatismes qui conduisent à la destruction d’autrui sont également le fait de personnes religieuses, sans exclure les chrétiens, qui peuvent faire partie de réseaux de violence verbale par le biais d’Internet et des différents forums ou espaces d’échanges numériques. Même dans les milieux catholiques, les limites peuvent se perdre, la diffamation et la calomnie sont souvent naturalisées, et toute l’éthique et le respect de la réputation d’autrui semblent être laissés de côté”, ajoute-t-il. »

Une telle déclaration de la part des ennemis séculiers de l’Église est d’autant plus significative. Il ne reste pas grand-chose à ajouter. Comme d’habitude, la majorité restera impassible, regardant ailleurs et s’efforçant de mettre en évidence les passages de l’encyclique qui sont compatibles avec la doctrine catholique. Il n’y a pas de pire aveugle que celui qui ne veut pas voir. Il convient toutefois de préciser que ce communiqué n’est pas nouveau en soi, du moins pour ceux qui connaissent bien les paroles et les actes de Bergoglio, même bien avant son élection en 2013. A titre d’illustration, je retranscris ci-dessous trois anciens articles sur le sujet [2].

François et la franc-maçonnerie – 01/09/2013

En 1999, le cardinal Bergoglio a été élu membre honoraire du Rotary Club de la ville de Buenos Aires. En 2005, il a reçu le prix annuel que le Rotary attribue à “l’homme de l’année”, le laurier d’argent. Cette entité, fondée en 1905 dans la ville de Chicago, aux États-Unis, par le franc-maçon Paul Harris, est une association dont les liens avec la franc-maçonnerie sont bien connus : c’est un vivier pour les maçons et le cadre dans lequel leurs initiatives “caritatives” sont développées. Un pourcentage important de Rotariens appartient aux loges, à tel point que le Rotary, avec le Lion’s Club, sont considérés comme les atriums du temple maçonnique.

Voici ce que l’évêque de Palencia, en Espagne, a déclaré dans une déclaration officielle : “Le Rotary professe une laïcité absolue, une indifférence religieuse universelle et tente de moraliser les personnes et la société au moyen d’une doctrine radicalement naturaliste, rationaliste et même athée” (Bulletin ecclésiastique de l’évêché de Palencia, n° 77, 1/9/1928, p. 391). Cette condamnation a été confirmée par une déclaration solennelle de l’archevêque de Tolède, le cardinal Segura y Sáenz, primat d’Espagne, le 23 janvier 1929. Deux semaines plus tard, la Congrégation du Sacré-Consistoire interdit aux prêtres de participer aux réunions du Rotary, que ce soit en tant que membres ou en tant qu’invités : c’est le fameux “non expedire” du 4 février 1929. Cette interdiction devait être réitérée par un décret du Saint-Office le 20 décembre 1950.

Le jour de l’élection pontificale du Cardinal Bergoglio, le 13 mars 2013, le Grand Maître de la Franc-maçonnerie argentine, Angel Jorge Clavero, a rendu hommage au nouveau pontife en le saluant chaleureusement. La loge maçonnique juive B’nai B’rith a fait de même : “Nous sommes convaincus que le nouveau Pape François continuera à travailler avec détermination pour renforcer les liens et le dialogue entre l’Église catholique et le judaïsme et qu’il poursuivra la lutte contre toutes les formes d’antisémitisme”, a déclaré la Loge française, tandis que la Loge argentine a affirmé reconnaître en François “un ami des Juifs, un homme dévoué au dialogue et engagé dans des rencontres fraternelles” et qu’elle est convaincue que durant son pontificat “il maintiendra le même engagement et pourra mettre en pratique ses convictions sur la voie du dialogue interreligieux”. »

Le directeur des affaires interreligieuses du B’nai B’rith, David Michaels, a assisté à la cérémonie d’investiture du nouveau pape le 19 mars et a participé le jour suivant à l’audience donnée par François aux dirigeants des différentes religions dans la Sala Clementina. Seize personnalités juives représentant huit organisations juives internationales étaient présentes, parmi lesquelles le rabbin David Rosen, directeur de l’American Jewish Committee, qui a déclaré, dans une interview accordée à Zenit, que depuis le Concile Vatican II, “l’enseignement de l’Église et son approche des juifs, du judaïsme et d’Israël ont subi une transformation révolutionnaire. »

Le lendemain de son élection, le Grand Orient d’Italie a publié une déclaration dans laquelle le Grand Maître Gustavo Raffi a déclaré que “avec le Pape François, rien ne sera plus jamais comme avant”. Cette élection a été un pari incontestable de la fraternité pour une Eglise de dialogue, non contaminée par la logique ou les tentations du pouvoir temporel (…) Notre espoir est que le pontificat de François marque le retour de l’Eglise-Parole au lieu de l’Eglise-Institution, et qu’il favorise le dialogue avec le monde contemporain (…) en suivant les principes de Vatican II (…) Il a la grande chance de montrer au monde le visage d’une Eglise qui doit retrouver l’annonce d’une humanité nouvelle, et non le poids d’une institution qui défend ses privilèges. »

Le 16 mars, dans un nouvel article du Grand Orient d’Italie, anonyme cette fois, le lecteur apprend qu’il existe trois points de vue différents sur les membres de cette obédience maçonnique : celle de ceux qui sont sceptiques quant à la progressivité de François, celle de ceux qui préfèrent garder un silence prudent pour ensuite le juger par ses actes et, enfin, celle de ceux qui manifestent la conviction qu’il sera un pape “novateur et progressiste, en se basant sur le fait que certains frères prétendent avoir contribué indirectement, au sein du Conclave, par l’intermédiaire d’amis fraternels, au choix d’un homme capable de régénérer l’Eglise catholique et la société humaine dans son ensemble. »

Ce point de vue est renforcé par le fait que le cardinal Bergoglio, lors du conclave de 2005, avait été parrainé par le cardinal Carlo Maria Martini, décédé le 31 août 2012, une disparition saluée par le gouvernement italien dans un communiqué daté du 12 septembre en ces termes : “Maintenant que les célébrations rhétoriques et les condoléances pompeuses ont fait place au silence et au deuil, le Grand Est de l’Italie salue affectueusement le frère Carlo Maria Martini, parti pour l’Orient éternel. »

Et le 28 juillet 2013, à l’occasion de la mort du Cardinal Ersilio Tonini, franc-maçon reconnu, le Grand Maître Gustavo Raffi lui a rendu hommage, assurant qu’il était “l’ami, l’homme de dialogue avec les francs-maçons, le maître de l’Évangile social”. Aujourd’hui, l’humanité est plus pauvre, tout comme l’Église catholique. “Mais il s’est empressé d’ajouter que, malgré cette grande perte, “l’Eglise du Pape François est une Eglise qui promet d’être respectueuse de l’altérité et de partager l’idée que l’Etat laïque favorise la paix et la coexistence des différentes religions ( !!)”.

Le clair hommage rendu à François par le Grand Maître du Grand Orient d’Italie est un témoignage d’autant plus troublant par rapport à son pontificat. Pour preuve, et en se limitant à un seul des abondants textes pontificaux se référant à la franc-maçonnerie, voici ce que Léon XIII dit dans son encyclique Humanum Genus, du 20 avril 1884 : “A notre époque, les auteurs du mal semblent s’être unis dans un effort immense, sous l’impulsion et avec l’aide d’une société dispersée en un grand nombre de lieux et fortement organisée, la société des francs-maçons. Ces derniers, sans plus cacher leurs intentions, rivalisent audacieusement entre eux contre l’auguste majesté de Dieu, complotant ouvertement et publiquement la ruine de la Sainte Église, afin de parvenir à priver les nations chrétiennes, si elles le pouvaient, des bienfaits qu’elles ont reçus de Jésus-Christ, notre Sauveur. »

Les discours maçonniques de François – 30.11.2014

Le 25 novembre, François a fait un voyage éclair dans la ville française de Strasbourg, au cours duquel il a prononcé deux discours, l’un au Parlement européen[3] et l’autre au Conseil de l’Europe[4], deux des principales institutions laïques et maçonniques[5] qui fabriquent des lois contraires à la loi de Dieu et qui répandent l’idéologie humaniste du droit qui anime toutes les lois, directives, institutions et traités européens. La teneur de celles-ci consistait en une péroraison typiquement bergolienne exposant une série de slogans et d’idées intrinsèquement subversives et révolutionnaires, en totale harmonie avec les sophismes fondateurs de la “civilisation” moderne, maçonnique et anti-chrétienne : naturalisme, déisme, laïcité, humanisme, pluralisme et utopisme.

Je ne ferai pas une analyse exhaustive de tous les thèmes évoqués dans ses discours, car ils se prêteraient à un large développement qui dépasserait le cadre de ces brèves lignes : je n’ai retenu que quelques-unes de ses déclarations concernant le rôle qu’il attribue aux institutions européennes, qui sont aux antipodes de la vision chrétienne de l’être humain et de la société. Je commencerai par le discours au Parlement européen :

Le centre du “projet politique ambitieux” de la Communauté européenne est fondé sur “la confiance en l’homme, non pas tant en un citoyen ou un sujet économique” mais “en l’homme en tant que personne dotée d’une dignité transcendante (…) La dignité est un mot clé qui a caractérisé le processus de “redressement” européen après la Seconde Guerre mondiale. “La perception de l’importance des droits de l’homme (…) a contribué à faire prendre conscience de la valeur de chaque personne humaine, unique et irremplaçable (…) La promotion des droits de l’homme joue un rôle central dans l’engagement de l’Union européenne à promouvoir la dignité de la personne (…) C’est un engagement important et admirable. »

Le régime révolutionnaire maçonnique, libéral, laïc et démocratique, a été construit par l’arrogance de l’homme qui méprise Jésus-Christ et l’Église, qui prétend être autonome et dispensé d’observer la loi divine, et qui ne reconnaît aucune autre loi que celle que le “peuple souverain” se prescrit à lui-même. Cette “civilisation” antichrétienne, au sens eschatologique du terme, est approuvée, louée et promue par François, qui rappelle aux députés européens “la nécessité de prendre la responsabilité de maintenir vivante la démocratie, la démocratie des peuples d’Europe”, et explique ensuite que “maintenir vivante la réalité des démocraties est un défi de ce moment historique. Il leur a ensuite assuré que l’espoir de l’Europe réside dans “la reconnaissance de la centralité de la personne humaine”, dans “l’engagement en faveur de l’écologie”, dans “la promotion des politiques de l’emploi” et dans la construction de l’Europe autour de “la sacralité de la personne humaine”. »

Dans le deuxième discours, prononcé au Conseil de l’Europe, il a remercié ses membres pour leur “promotion de la démocratie, des droits de l’homme et de l’État de droit”, légitimant ainsi le régime démocratique, révolutionnaire et libéral, fondé sur la “souveraineté populaire” et l’exclusion de Dieu et de l’Église de la vie publique. Les monarchies chrétiennes ou les régimes politiques catholiques qui résistent aux sophismes libéraux et aux utopies “progressistes”, et qui sont assimilés par le système juridique humaniste à des “despotismes”, des “tyrannies” et des “dictatures” intrinsèquement répréhensibles, sont ainsi exclus par principe de l'”État de droit”. Il explique également que pour obtenir la paix tant désirée “il faut avant tout l’éduquer, en abandonnant une culture du conflit qui tend à craindre l’autre, à marginaliser ceux qui pensent et vivent différemment”, une formule totalement naturaliste qui fait fi de l’ordre surnaturel, de la mission civilisatrice de l’Église et de la rédemption opérée par Notre Seigneur Jésus-Christ.

C’est très différent de ce que l’Église nous enseigne à ce sujet : “Le jour où les États et les gouvernements considéreront comme un devoir sacré d’observer les enseignements et les prescriptions de Jésus-Christ dans leurs relations intérieures et extérieures, alors seulement ils pourront jouir d’une paix profitable, maintenir des relations de confiance mutuelle et résoudre pacifiquement les conflits qui pourraient surgir… Il s’ensuit qu’il ne peut y avoir de paix véritable, à savoir la paix tant désirée du Christ, tant que les hommes ne suivent pas fidèlement les enseignements, les préceptes et les exemples du Christ dans la vie publique et privée. Une fois la société ainsi constituée, l’Église, dans l’accomplissement de sa mission divine, peut enfin faire valoir tous et chacun des droits de Dieu sur les individus et les sociétés. C’est là que se trouve la formule brève : le royaume du Christ (…) De tout cela, il est clair qu’il n’y a pas de paix du Christ sans le royaume du Christ. (“Encyclique Ubi Arcane”, Pie XI, 1922)

Mais il va sans dire que dans la vision naturaliste de François, ces paroles de Pie XI sont dénuées de tout sens. Il pose ensuite à son auditoire la question rhétorique suivante : “Comment pouvons-nous atteindre l’objectif ambitieux de la paix”, à laquelle il répond comme suit : “La voie choisie par le Conseil de l’Europe est avant tout celle de la promotion des droits de l’homme, qui est liée au développement de la démocratie et de l’État de droit. Il s’agit d’une tâche particulièrement précieuse, aux implications éthiques et sociales importantes, car le développement de nos sociétés, leur coexistence pacifique et leur avenir dépendent d’une compréhension correcte de ces termes et d’une réflexion constante à leur sujet. »

La paix de l’Europe, comme son développement historique, absurdement et impie de la domination universelle de l’unique Seigneur de la Paix et Roi des Nations, repose, selon François, sur l’action prométhéenne de l’homme déchu, sur la “promotion des droits de l’homme” et sur le “développement de la démocratie”. Un message étonnant et un langage consternant de la part de celui qui passe pour être, aux yeux du monde, le Successeur de Saint Pierre et le Vicaire du Christ sur terre…

Pour résumer : Tout le message de François se fonde sur la reconnaissance et la légitimation de l’idéologie éclairée et révolutionnaire des “droits de l’homme”, qui se substitue à l’Évangile et aux commandements de la loi de Dieu, et sur la promotion de la fallacieuse “dignité de la personne humaine” qui cache la nature déchue de l’homme et la nécessité conséquente dans laquelle il se trouve d’être sauvé du péché et de la damnation éternelle par la grâce divine communiquée par Jésus Christ, Notre Seigneur et Sauveur, à travers l’Église, son Corps Mystique et son unique Arche de Salut.

Cette vérité théologique fondamentale a été évacuée de la constitution politique de l’État libéral et révolutionnaire, qui repose sur le libre “contrat social” conclu entre des individus “autonomes” et “souverains” qui, en obéissance à la “volonté générale”, s’imaginent émancipés de toute loi supérieure autre que celle qu’ils choisissent eux-mêmes de s’attribuer : loi naturelle, loi ecclésiastique, loi divine. C’est l’attitude de l’homme rebelle qui, renonçant à sa condition de créature, moralement et ontologiquement dépendante de son Créateur, se constitue à l’origine du bien et du mal, adorant sa “dignité transcendante et inaliénable” comme but ultime et se déclarant la raison d’être de la société et de l’État. Il est très triste et profondément troublant de constater que cette vérité théologique fondamentale du christianisme brille également par son absence dans les messages adressés par François aux institutions de l’Europe moderne, démocratique et apostate…

Il convient de rappeler que la démocratie libérale n’est rien d’autre que l’incarnation sociale de cette attitude de rébellion caractéristique de l’homme moderne. Il incarne le “vous serez comme des dieux” de l’Eden, traduit en théorie politique fallacieuse par les “philosophes” du “Siècle des Lumières” et du “Siècle des Lumières”. Le régime démocratique est l’écho temporaire du “non serviam” prononcé par Satan au début de la Création. La démocratie moderne n’est donc rien d’autre que la “Démocratie”, la “Bête” de l’Apocalypse, qui attend avec impatience l’arrivée de son dernier chef, celui dont la mission sera de consommer la rébellion de l’humanité contre Dieu.

Mais nous, chrétiens, savons, instruits par la prophétie biblique, que la bête politique sera secondée par une seconde bête, qui correspond à la religion adultérée, prostituée et prévaricatrice, qui aura aussi un chef emblématique, qui fera que les habitants de la terre se soumettront inconditionnellement à la première, en la vénérant. Et il faut reconnaître que François, à travers ses discours de Strasbourg, se place sans équivoque dans la ligne du faux prophète décrit par Saint Jean dans sa vision eschatologique, se présentant aux yeux du monde comme un agneau mais parlant comme un dragon

Post Data : Parmi les plus de 7000 mots utilisés dans ces discours devant les institutions européennes, certains mots d’une empreinte humaniste indéniable et de profondes racines maçonniques se distinguent par leur fréquence, tels que ceux de “démocratie”, “droits de l’homme”, “dignité de la personne”, “paix”, “dialogue”, “conscience”, ainsi que des néologismes typiques du jargon bergolien, “multipolarité” et “transversalité” étant les plus bizarres de leur vocabulaire très étrange. Ce langage est certainement méconnaissable dans la bouche de quelqu’un qui est censé avoir la mission sacrée d’annoncer l’Evangile à un continent qui a radicalement tourné le dos à son Divin Maître. Et il est symptomatique que parmi ces plus de 7000 mots utilisés, il n’y a pas une seule fois le doux et adorable nom de Notre Seigneur et Sauveur, Jésus Christ…

Vers un gouvernement mondial – 15/08/2016

J’ai déjà abordé dans d’autres articles la question de la mondialisation et la façon dont François l’a encouragée à tout prix, notamment par sa “prédication écologique” et sa croisade contre le prétendu “réchauffement climatique”. Nous verrons plus loin que cette unité du monde qui laisse de côté le Christ et son Église, conçue pour un contexte laïc et naturaliste, a été évoquée par François à plusieurs reprises. En voici deux, tirés de Laudatus Si’ :

“Il devient indispensable de créer un système normatif qui comporte des limites insurmontables et assure la protection des écosystèmes, avant que les nouvelles formes de pouvoir dérivées du paradigme techno-économique ne finissent par détruire non seulement la politique, mais aussi la liberté et la justice. » § 53

“Depuis le milieu du siècle dernier, et en surmontant de nombreuses difficultés, on a tendance à concevoir la planète comme une patrie et l’humanité comme un peuple qui vit dans une maison pour tous. Un monde interdépendant ne signifie pas seulement comprendre que les conséquences néfastes des modes de vie, de production et de consommation affectent tout le monde, mais surtout essayer de faire en sorte que les solutions soient proposées dans une perspective globale et non pas seulement pour défendre les intérêts de certains pays. L’interdépendance nous oblige à penser dans un seul monde, dans un projet commun. » § 164

Concevoir la planète comme une “patrie”, penser un “monde unique”, créer un “système normatif” aux “limites insurmontables” : faut-il préciser que ce que François préconise n’est rien d’autre que l’établissement d’un gouvernement mondial doté d’un pouvoir politique effectif, qui ne soit pas basé sur les Commandements mais sur les droits de l’homme maçonniques et sur le faux évangile écologique exposé dans Laudatus Si’ ? Disons-le clairement : pour rendre coercitif et concret le projet cosmopolite et apatride de l’ONU dans une République universelle, sous le couvert de la “prise en charge” de notre “maison commune” menacée par le “réchauffement climatique”, il est nécessaire d’établir une autorité planétaire capable d’imposer cette utopie totalitaire aux réfractaires. Cet objectif est encore plus explicite dans le passage suivant de l’encyclique, dans lequel François cite Benoît XVI, qui à son tour invoque Jean XXIII, ce qui démontre, s’il y avait un doute, la continuité du projet maçonnique des prédécesseurs de François depuis la CVII :

“… la maturation d’institutions internationales plus fortes et mieux organisées, avec des autorités désignées équitablement par accord entre les gouvernements nationaux, et dotées d’un pouvoir de sanction, devient indispensable. Comme l’a déclaré Benoît XVI […] : “Pour gouverner l’économie mondiale, pour assainir les économies touchées par la crise, pour prévenir son aggravation et l’accroissement des déséquilibres, pour parvenir en temps utile au désarmement intégral, à la sécurité alimentaire et à la paix, pour garantir la sauvegarde de l’environnement et pour réguler les flux migratoires, la présence d’une véritable autorité politique mondiale est urgente, comme l’a déjà souligné mon prédécesseur, [saint] Jean XXIII” (Caritas in veritate n° 67). » § 175[6]

Ce paragraphe 67 de l’encyclique Caritas in Veritate de Benoît XVI est un véritable manifeste idéologique du Nouvel Ordre Mondial qui sera établi sous les auspices de l’ONU et propose tout un programme d’action. Il convient donc de s’y référer dans son intégralité, quelle que soit sa longueur. Les mots soulignés sont en italique dans le texte original :

“Face à l’accroissement inéluctable de l’interdépendance mondiale, et également en présence d’une récession mondiale, l’urgence de réformer à la fois les Nations unies et l’architecture économique et financière internationale se fait fortement sentir, afin de donner une réelle substance au concept de famille des nations. Et il est urgent de trouver des moyens innovants pour mettre en œuvre le principe de la responsabilité de protéger et aussi pour donner aux nations les plus pauvres une voix efficace dans les décisions communes. Cela apparaît nécessaire précisément dans la perspective d’un ordre politique, juridique et économique qui accroît et oriente la collaboration internationale vers le développement solidaire de tous les peuples. Afin de gouverner l’économie mondiale, d’assainir les économies touchées par la crise, de prévenir son aggravation et l’accroissement des déséquilibres, de parvenir à temps au désarmement intégral, à la sécurité alimentaire et à la paix, de garantir la sauvegarde de l’environnement et de réguler les flux migratoires, la présence d’une véritable autorité politique mondiale, comme l’a déjà souligné mon Prédécesseur, Jean XXIII, est nécessaire de toute urgence. Cette autorité doit être régie par la loi, adhérer concrètement aux principes de subsidiarité et de solidarité, être ordonnée à la réalisation du bien commun, et s’engager à réaliser un authentique développement humain intégral inspiré des valeurs de la charité dans la vérité. Cette autorité doit également être reconnue par tous et disposer d’un pouvoir effectif pour garantir la sécurité, la justice et le respect des droits de tous. Il doit évidemment avoir le pouvoir de faire respecter ses propres décisions par les différentes parties, ainsi que les mesures de coordination adoptées dans les différentes instances internationales. En effet, lorsque cela fait défaut, le droit international, malgré les grands progrès réalisés dans les différents domaines, risquerait d’être conditionné par le rapport de force entre les plus forts. Le développement intégral des peuples et la coopération internationale exigent l’établissement d’un ordre international supérieur de nature subsidiaire pour la gouvernance de la mondialisation, la réalisation ultime d’un ordre social conforme à l’ordre moral, ainsi que la relation entre les sphères morale et sociale, entre la politique et le monde économique et civil, déjà prévue dans le Statut des Nations Unies[7]. »[8]

Voici un bref extrait de l’encyclique de Jean XXIII Pacem in Terris, publiée le 11 avril 1963, un document qui a rendu officielle l’adhésion du Vatican au Globalisme maçonnique de l’ONU :

“Il ne nous est pas caché que certains chapitres de cette [Déclaration universelle des droits de l’homme] ont soulevé des objections bien fondées. Nous estimons cependant que cette déclaration doit être considérée comme un premier pas vers l’établissement d’une constitution juridique et politique pour tous les peuples du monde. La Déclaration reconnaît solennellement la dignité de la personne humaine sans exception et affirme tous les droits que tout homme a de rechercher librement la vérité, de respecter les normes morales, d’accomplir les devoirs de la justice, de jouir d’une vie décente et d’autres droits étroitement liés à celle-ci. Nous souhaitons donc vivement que les Nations unies puissent adapter toujours plus efficacement leurs structures et leurs ressources à l’ampleur et à la noblesse de leurs objectifs. Puisse le moment venir où cette Organisation pourra garantir efficacement les droits de l’homme, droits qui, parce qu’ils découlent immédiatement de la dignité de la personne humaine, sont universels, inviolables et immuables. »

Cette politique sera scrupuleusement suivie par tous les papes du Conseil, qui s’engagent pleinement à promouvoir la vision laïque et naturaliste du monde qui fait de l’homme et de son “caractère sacré” la pierre angulaire de la vie sociale et des principes juridiques qui régissent les relations internationales. Cette même ligne de soutien inconditionnel au projet mondialiste de l’ONU a été adoptée par Paul VI dans son discours du 4 octobre 1965 :

“…] Nous serions tentés de dire que votre caractéristique reflète dans une certaine mesure dans l’ordre temporel ce que notre Église catholique veut être dans l’ordre spirituel : unique et universelle. Rien de plus élevé, sur le plan naturel, ne peut être conçu pour la construction idéologique de l’humanité. …] Ce que vous proclamez ici, ce sont les droits et les devoirs fondamentaux de l’homme, sa dignité et sa liberté, et surtout la liberté religieuse. Nous pensons que vous êtes les interprètes de ce que la sagesse humaine a de plus précieux, nous dirions presque son caractère sacré. Car c’est avant tout la vie de l’homme, et la vie humaine est sacrée [10]. »

Il n’a pas fallu longtemps à Paul VI pour assimiler les Nations Unies, en raison de leur caractère presque “sacré” (qui promeut entre autres l’avortement et l’acceptation de l’homosexualité), à l’Eglise catholique !

Pour conclure la manifestation, lisons les déclarations panégyriques que Jean-Paul II a faites à l’ONU le 2 octobre 1979 :

“J’espère que les Nations unies, en raison de leur caractère universel, ne cesseront pas d’être le forum, le haut tribunal, à partir duquel tous les problèmes de l’homme sont évalués dans la vérité et la justice. …] Cette Déclaration a coûté la perte de millions de nos frères et sœurs qui l’ont payée de leurs propres souffrances et sacrifices, provoqués par la brutalisation qui avait rendu sourdes et aveugles les consciences humaines de leurs oppresseurs et les architectes d’un véritable génocide. Ce prix ne peut avoir été payé en vain ! La Déclaration universelle des droits de l’homme – avec toutes les nombreuses déclarations et conventions sur des aspects très importants des droits de l’homme, au nom des enfants, des femmes, de l’égalité entre les races, et en particulier les deux pactes internationaux sur les droits économiques, sociaux et culturels, et sur les droits civils et politiques – doit rester dans l’Organisation des Nations unies comme la valeur fondamentale par rapport à laquelle la conscience de ses membres est mesurée et dont on s’inspire constamment. …] La Déclaration universelle des droits de l’homme et les instruments juridiques, tant au niveau international que national, dans un mouvement qu’il est souhaitable de rendre progressif et continu, visent à créer une conscience générale de la dignité humaine et à définir au moins certains des droits inaliénables de l’homme. …] Tous les droits de l’homme correspondent à la substance de la dignité de l’être humain, comprise dans sa globalité et non réduite à une seule dimension ; ils concernent la satisfaction des besoins essentiels de l’homme, l’exercice de ses libertés et ses relations avec les autres personnes ; mais ils concernent aussi, toujours et partout, l’homme, dans sa pleine dimension humaine[11]. »

Tout est dit et fait. L’ONU est désormais l’autorité morale suprême de l’humanité, la Déclaration des droits de l’homme est le nouvel Evangile et les papes du Conseil en sont les porte-parole et le garant spirituel devant l’opinion publique mondiale. L’ère du christianisme et de l’unité catholique a été laissée derrière elle, donnant naissance au Nouvel Ordre Mondial Judéo-Maçonnique, parrainé par la hiérarchie apostate du Vatican et sa religion adultérée, totalement dédié au service des puissances maléfiques et luttant sans relâche pour l’avènement du royaume universel de l’Antéchrist…

Alejandro Sosa Laprida


[1] https://mailchi.mp/gle/eloriente169-938721-8m0qlkm9r6-939922 https://www.infocatolica.com/?t=noticia&cod=38792 – https://adelantelafe.com/vigano-sobre-la-enciclica-fratelli-tutti-daria-la-impresion-de-que-fue-escrita-por-un-mason/

2] Pour plus d’informations sur ce sujet, voir : https://gloria.tv/post/EBGAmbTEcwxd3oPNmLLk8LwL2

[3]http://w2.vatican.va/content/francesco/es/speeches/2014/november/documents/papa-francesco_20141125_strasburgo-parlamento-europeo.html

[4] http://w2.vatican.va/content/francesco/es/speeches/2014/november/documents/papa-francesco_20141125_strasburgo-consiglio-europa.html

[5] http://nacionalismo-catolico-juan-bautista.blogspot.fr/2014/11/nota-de-ncsjb-ante-la-visita-del-obispo.html

6] Bernard Dumont dit clairement à ce sujet dans l’article Convergence Mondialiste, dans le numéro 132 de l’excellente revue Catholica : “Ainsi, par étapes successives, nous sommes arrivés à la situation actuelle, dans laquelle il y a une symbiose entre l’adhésion explicite à l’idée d’organisation politique mondiale et les nombreux signes, petites phrases et gestes symboliques qui prouvent son authenticité à travers une pratique pleine de caractère exemplaire. En particulier, le très long texte de “Laudato Si” ne consacre qu’un seul paragraphe à la question de l’autorité mondiale, citant essentiellement le passage de Caritas in Veritate que nous venons de lire. Mais le reste du document traite de nombreuses questions mises à l’ordre du jour par des groupes de pression travaillant dans l’ombre de l’ONU et d’autres organismes transnationaux, afin de légitimer leurs approches, qui sont loin du contenu habituel des encycliques mais qui sont omniprésentes comme support d’une propagande de mondialisation très accentuée. Le fait que la présentation du document ait été confiée à des personnalités de premier plan dans l’application de cette propagande et dans les actions qu’elle promeut est en soi un geste très significatif. Ce n’est pas un événement isolé, au contraire, il fait partie d’un ensemble qui transmet un message efficace et sans ambiguïté. Il n’est pas nécessaire de souligner à quel point l’invitation incessante et multiforme à ouvrir inconditionnellement les portes aux “immigrants” participe de la même pratique, au même titre que d’autres symboles, tels que le décor vaguement panthéiste réalisé le 8 décembre 2015 place Saint-Pierre, en même temps que la Conférence de Paris sur le climat. “http://www.catholica.presse.fr/2016/08/10/3914/

[7] http://w2.vatican.va/content/benedict-xvi/es/encyclicals/documents/hf_ben-xvi_enc_20090629_caritas-in-veritate.html

Deux ans plus tard, le 24 octobre 2011, le Conseil pontifical “Justice et Paix” a publié un vaste document développant le projet Ratzinger d’établir un gouvernement mondial, dont voici un bref extrait : “Cependant, il reste encore beaucoup de chemin à parcourir avant d’établir une telle autorité publique à compétence universelle. Il est logique que le processus de réforme soit mené avec les Nations unies comme point de référence, étant donné l’étendue mondiale de ses responsabilités, sa capacité à rassembler les nations du monde, et la diversité de ses propres tâches et de celles de ses agences spécialisées. Le fruit de ces réformes devrait être une plus grande capacité à adopter des politiques et des options contraignantes, car elles sont axées sur la réalisation du bien commun aux niveaux local, régional et mondial. …] Les conditions existent donc pour le dépassement définitif d’un ordre international “westphalien”, dans lequel les États perçoivent la nécessité de coopérer mais ne saisissent pas l’occasion d’intégrer leurs souverainetés respectives pour le bien commun des peuples. Il incombe aux générations actuelles de reconnaître et d’accepter consciemment cette nouvelle dynamique mondiale vers la réalisation d’un bien commun universel. Cette transformation se fera certainement au prix d’un transfert progressif et équilibré d’une partie des compétences nationales à une autorité mondiale et aux autorités régionales, mais cela est nécessaire à un moment où le dynamisme de la société et de l’économie humaines et le progrès des technologies transcendent les frontières, qui sont en fait déjà érodées dans le monde globalisé. La conception d’une nouvelle société, la construction de nouvelles institutions à vocation et compétence universelles, est une prérogative et un devoir de tous, sans distinction. Le bien commun de l’humanité, et l’avenir lui-même, sont en jeu. “https://es.zenit.org/articles/por-una-reforma-del-sistema-financiero-y-monetario-internacional-en-la-perspectiva-de-una-autoridad/

[9] http://w2.vatican.va/content/john-xxiii/es/encyclicals/documents/hf_j-xxiii_enc_11041963_pacem.html

[10] https://w2.vatican.va/content/paul-vi/es/speeches/1965/documents/hf_p-vi_spe_19651004_united-nations.html

[11] https://w2.vatican.va/content/john-paul-ii/es/speeches/1979/october/documents/hf_jp-ii_spe_19791002_general-assembly-onu.html