Schneider: Depuis le Concile, la plupart des catholiques ont quitté l’Église

INFOVATICANA – Par Carlos Esteban

Dans une interview accordée à Gloria.tv, l’évêque auxiliaire d’Astana, Athanasius Schneider, a rappelé que l’Église était « rotestari » depuis le Concile Vatican II et qu’une majorité de catholiques ont abandonné la foi.

Schneider a vécu une expérience qui l’a marqué et qui lui a permis de voir la réalité de l’Église sous un angle très différent de celui de ses compatriotes allemands. Né en Union soviétique, ce n’est qu’à l’âge de 12 ans que sa famille a réussi à se réfugier en Allemagne, dans ce qu’on appelait alors le “monde libre”. Cela l’a conduit, après une expérience du catholicisme vécu dans un souterrain héroïque, avec des messes secrètes dans les maisons, à rencontrer l’Église post-conciliaire en Allemagne dans les années 1970.

Le contraste est si fort qu’il dit préférer vivre sa foi comme dans l’Union soviétique de son enfance plutôt que le panorama de désacralisation et de protestantisme qu’il observe de l’autre côté du rideau de fer, où il pourrait vivre son catholicisme en liberté. Il cite, par exemple, l’impact du visionnage de la pornographie ouvertement exposée, ce qui n’existait pas sous le régime communiste. Il a également été surpris de voir les fidèles prendre la communion entre leurs mains, ce qu’il juge “incompréhensible”, comme s’ils recevaient le Sauveur comme un gâteau éponge et le mettaient dans leur bouche.

Quant à la messe, aux yeux du jeune Schneider, elle ressemblait davantage à une assemblée qu’au culte divin qu’il connaissait en Union soviétique.

Dans les années 90, alors que Schneider vivait déjà à Rome comme prêtre, il se souvient des appels de sa mère, qui pleurait au téléphone en lui parlant des conditions de vie dans la paroisse en Allemagne du Sud. Il n’y avait pas de prêtre et un assistant pastoral présidait les réunions de prière. “Je préfère subir à nouveau la persécution soviétique et vivre dans la clandestinité plutôt que de vivre ce qui se passe ici dans cette paroisse en Allemagne.

Schneider prévoit – ou plutôt espère – un avenir de petites congrégations pratiquant la foi et la vraie liturgie, quelque chose qui n’existe plus que dans une minorité. Car pour l’évêque kazakh, il est devenu courant que les évêques négligent leurs devoirs dans de nombreux domaines. Cette crise de leadership n’a pas commencé hier, mais remonte au Concile Vatican II, dit-il. Avec le concile, les évêques se sont tournés vers les affaires du monde pour lesquelles ils n’ont pas de compétence particulière. Cet accent mis sur le bien-être et la politique est décrit par Schneider comme une “trahison de l’Evangile”.