POURQUOI FÊTER LE SAINT NOM DE MARIE ?

Islam et Vérité

Ce tableau, peint par Jan Matejko au XIXe siècle, illustre la victoire de Jan III Sobieski, roi de Pologne, contre les Turcs à la bataille de Vienne. Près du roi, à gauche, le moine capucin Marco d’Aviano porte une statue de la Vierge rappelant que c’est sous sa protection que Jan III se plaça avant d’engager la bataille.

« Le nom seul de Marie met en fuite tous les démons ! », disait saint Bernard. Béni et invoqué par tous les chrétiens du monde entier, le nom de la Vierge Marie suffit à lui-seul à réconforter les fidèles. Un nom devenu si célèbre que c’est aujourd’hui le prénom féminin le plus donné au monde. Il est fêté chaque année par l’Église catholique le 12 septembre.
Apparue en Espagne au XIVe siècle, la fête du saint Nom de Marie va s’étendre petite à petit à toute la chrétienté en 1683 par le pape Innocent XI. La raison ? En action de grâce pour la délivrance de Vienne assiégée par les Turcs au cours de la même année.
En effet, en juillet 1683, plusieurs milliers de Turcs avançaient vers Vienne, menaçant l’Europe toute entière. Le roi de Pologne, sur les conseils du bienheureux capucin Marco d’Aviano, accepta de porter secours à la ville. Après avoir entendu la messe et communié, le roi Jan Sobieski III et les siens se mirent sous la protection de Marie. Se levant plein d’ardeur après la consécration, le roi déclara : « Marchons sous la toute-puissante protection de la Mère de Dieu ! ». Son espoir ne fut pas trompé : les Turcs prirent la fuite le 12 septembre.

La tradition veut que les boulangers de Vienne, qui par définition se lèvent très tôt, avaient donné l’alerte lorsqu’ils entendirent le bruit fait par les Turcs qui creusaient des tunnels sous les murailles de Vienne pour investir la ville par surprise. En récompense l’empereur d’Autriche leur aurait accordé le privilège de célébrer l’évènement en créant une pâtisserie à laquelle ils donnèrent la forme d’un croissant. Vous me suivez ?

Célébrée le dimanche durant l’octave de la Nativité de la Vierge, entre le 8 et 15 septembre, la fête fut définitivement fixée le 12 septembre par le pape Pie X en mémoire de l’anniversaire de la victoire. En 1970, après le Concile Vatican II, la fête est supprimée puis finalement rétablie en 2002 par le pape Jean Paul II. On sait toute l’affection que le souverain pontife portait à la Vierge comme en témoigne sa devise, « Tout à Toi, Marie », abréviation de la forme la plus complète de la consécration à la Mère de Dieu : « Je suis tout à toi et tout ce qui est à moi est à toi. Je te reçois dans tout ce qui est à moi. Prête-moi ton cœur, Marie ! »

Au cours des siècles, de nombreux saints ont honoré le nom de Marie. Saint Ambroise de Milan (+397) écrivait : « Votre nom, ô Marie, est un baume délicieux qui répand l’odeur de la grâce ! » Saint Bernard de Clairvaux (+1153 ) y voyait un refuge dans le combat spirituel : « Le seul nom de Marie met en fuite tous les démons ! ». Quant à saint Bonaventure (+1274), il invoquait la la Vierge en disant : « Que Votre nom est glorieux, ô sainte Mère de Dieu ! Qu’il est glorieux, ce nom qui a été la source de tant de merveilles ! » En septembre 2010, le pape Benoît XVI recommandait l’invocation du Nom de Marie pour la conversion des baptisés : « À la Vierge Marie, dont le Très Saint Nom est célébré aujourd’hui dans l’Église, nous confions notre chemin de conversion à Dieu. »