Fatima, un souvenir inconfortable

INFOVATICANA 

Aujourd’hui marque l’anniversaire des premières apparitions de Notre-Dame à Fatima, approuvées par l’Eglise, une commémoration des avertissements et des miracles très peu à la mesure de la tendance actuelle parmi nos hiérarchies.

Tout comme aujourd’hui, il y a 103 ans, la Vierge Marie a commencé à apparaître à trois petits bergers dans une région éloignée et très pauvre du Portugal. La Reine du Ciel leur a révélé des prophéties sous forme de secrets, a fait des avertissements de punitions, a demandé la pénitence et des prières, en particulier la récitation du Rosaire, a donné aux visionnaires des visions de l’enfer, a fait des miracles devant des milliers de témoins. Même l’ange qui a précédé Notre-Dame dans les visions s’est présenté comme “l’ange du Portugal”, un ange qui semble se soucier des frontières et qui les a conduites à une dévotion particulière à cette même Eucharistie dont nous, les fidèles, sommes privés aujourd’hui.

Tout, en somme, très inconfortable, presque gênant, pour un clergé dont les obsessions vont, sinon ouvertement contre tout cela, oui par des chemins très différents.

Pour commencer, la Vierge annonce des punitions à l’humanité, ce que plus d’un évêque et de nombreux théologiens nous assurent aujourd’hui, en raison de la pandémie qui a donné une excuse à un arrêt et un confinement presque universel, ce que Dieu ne fait jamais.

Pour continuer, il a fait des miracles. Les miracles appartiennent, pour des raisons pratiques, au secteur de l’Église le plus méprisé par les savants rénovateurs et les clercs avancés. Lorsque José Manuel Vidal, de Digital Religion, a récemment écrit sa satisfaction de nous voir évoluer vers une Église “moins miraculeuse et plus scientifique”, il exprimait une opinion largement partagée par les dirigeants officiels actuels. Les miracles sont donc un peu une honte pour les théologiens en place, sans parler de la Vierge qui apparaît à certains bergers illettrés (pas un seul doctorat en théologie parmi les trois) pour annoncer des châtiments prodigieux.

À quand remonte la dernière fois où votre pasteur a prêché sur l’enfer, ou même en a parlé ? ou sur le ciel, ou le jugement, ou toute autre réalité théologique qui nous rappelle que nous ne faisons que passer et qu’un destin ineffablement glorieux ou terrible nous attend pour toujours ? Ce sont, en fin de compte, des réalités d’intérêt général évident, dont les Evangiles sont pleins (car ils sont pleins de miracles, par contre), alors que Jésus n’a pas dit un mot sur l’écologie ou la politique migratoire.

C’est vraiment une commémoration qui semble, comme en son temps, soulever des cloques dans l’Église même à laquelle elle s’adresse et qui a décidé d’accorder de l’importance à des questions très éloignées de celles annoncées par Notre-Dame.