Quand il était cardinal, le pape Benoît XVI a dit que la franc-maçonnerie est le plus grand danger pour l’Église

LIFESITENEWS – Maike Hickson

La conversation a eu lieu « quelques années avant qu’il ne devienne pape ».

Le 23 avril, le Dr Robert Moynihan, rédacteur en chef de la revue catholique Inside the Vatican, a révélé qu’il avait eu une fois une conversation avec le cardinal Joseph Ratzinger (qui est devenu plus tard le pape Benoît XVI) au sujet du “plus grand danger pour l’Église”, et il raconte que Ratzinger a dit : “C’est la franc-maçonnerie”. Ces mots ont une importance particulière à la lumière des récents propos du Pape Benoît XVI sur la “dictature mondiale d’idéologies apparemment humanistes” qui nourrissent une “peur du pouvoir spirituel de l’Anti-Christ”.

Examinons d’abord ici le rapport complet de Moynihan sur cette conversation mémorable.

“Je me souviens d’une conversation que j’ai eue avec le cardinal Ratzinger quelques années avant qu’il ne devienne pape”, écrit Moynihan sur son site web. “Nous étions dans son appartement, non loin de la porte de Sainte Anne. Nous discutions de son conflit avec le cardinal Walter Kasper sur la question de l’Eglise universelle et de l’Eglise particulière qui était très présente dans les médias à l’époque. J’ai demandé au cardinal où se trouvait le plus grand danger pour la foi catholique authentique. Est-ce en nous-mêmes, nos propres péchés et faiblesses ? Est-ce là le plus grand danger pour l’Église ou est-ce autre chose, un ennemi extérieur ?

poursuit Moynihan : “Il m’a regardé directement dans les yeux et après un moment de pause, comme s’il réfléchissait, il a dit : ‘C’est la Franc-maçonnerie'”.

“Je n’ai jamais oublié cette conversation, car c’était un point fixe qui a mis fin à une longue série de questions qui m’avaient préoccupé jusqu’à cette rencontre et qui me préoccupent encore aujourd’hui.

Ce rapport nous est parvenu parce que le Dr Moynihan a reçu une lettre d’un de ses lecteurs préoccupé par le fait que ces derniers temps, les francs-maçons tentent de saper l’interdiction de la franc-maçonnerie par l’Église catholique.

Cette révélation de la part du Dr Moynihan est particulièrement importante à la lumière du fait que le pape Benoît XVI, dans des commentaires récents à son biographe Peter Seewald, a parlé du “pouvoir spirituel de l’Antéchrist” dont beaucoup ont peur, surtout lorsqu’il s’oppose au programme moderne d’avortement, d’homosexualité et de fécondation in vitro. Il a parlé d’une “dictature mondiale d’idéologies apparemment humanistes”.

Aujourd’hui, on est excommunié par la société si on s’y oppose [à cette “dictature”]”, a déclaré Benoît XVI à Seewald pour son nouveau livre Benoît XVI : une vie (publié d’abord en allemand par Droemer Verlag).

“La société moderne est en train de formuler un credo anti-chrétien, et si l’on s’y oppose, on est puni par la société avec l’excommunication”, a-t-il poursuivi. “La crainte de cette puissance spirituelle de l’anti-Christ n’est alors que plus que naturelle, et elle a vraiment besoin de l’aide des prières de tout un diocèse et de l’Église universelle pour lui résister”.

Pour comprendre d’où viennent certains éléments de cette “dictature mondiale”, nous pouvons nous tourner vers l’évêque Athanasius Schneider, qui a donné, en 2017, un exposé sur l’histoire de la franc-maçonnerie, vieille de 300 ans. Il a donné cette conférence pour l’organisation Kirche in Not, une fondation pontificale. L’évêque Schneider a aimablement mis à la disposition de LifeSiteNews un manuscrit en anglais de cette conférence.

Dans cette conférence, l’évêque Schneider a décrit les caractéristiques de la franc-maçonnerie en s’appuyant sur de multiples sources universitaires. Après les avoir décrites en détail, il a conclu : “En fait, la Franc-maçonnerie est l’Anti-Église parfaite, où tous les fondements théologiques et moraux de l’Église catholique sont transformés en leur contraire ! Un franc-maçon a déclaré à sa sœur, lors d’un entretien privé, ce qui suit : Sais-tu ce que nous sommes en fait, nous les francs-maçons ? Nous sommes l’anti-Eglise”.

Selon l’évêque Schneider, la franc-maçonnerie a également promu “la soi-disant ‘révolution sexuelle’ de 1968”. Il explique : “Les deux Grands Maîtres des deux plus grandes organisations franc-maçonniques de France, Frédéric Zeller et Pierre Simon, étaient avec certains de leurs membres activement engagés dans les révoltes étudiantes de Paris en mai 1968. Ledit Grand Maître Pierre Simon est alors devenu assesseur de la ministre Simone Weil, qui a légalisé en France l’avortement”.

L’évêque Schneider, qui s’est étendu sur ce sujet, a déclaré que les francs-maçons ont joué un rôle crucial dans la promotion de l’avortement, du “mariage” homosexuel et de l’euthanasie en France.

Schneider souligne qu'”en 2012, le journal paroissial Le Figaro a publié un dossier complet sur la franc-maçonnerie et Le Figaro a donné la parole à des membres franc-maçons de haut niveau dans son journal forum. L’un de ces responsables maçonniques a ouvertement déclaré que les lois sur la légalisation de l’avortement, le soi-disant “mariage homosexuel” ou “mariage pour tous” et l’euthanasie ont été préparées dans les “laboratoires” idéalistes de la franc-maçonnerie et qu’ils ont ensuite, avec l’aide de groupes de pression et de leurs membres au parlement et au gouvernement, fait passer la législation”.

Mgr Schneider donne également la référence exacte de ce numéro du journal français, en disant que “cela peut être lu dans le journal Le Figaro de l’année 2012 (supplément LE FIGARO, 20-21 juillet 2012)”.

Déjà dans les années 1980, le cardinal Ratzinger était tellement préoccupé par la nature et le travail de la franc-maçonnerie qu’il a élaboré une déclaration pour la Congrégation pour la doctrine de la foi, dont il était alors le préfet, qui répétait l’interdiction de longue date de la franc-maçonnerie par l’Église. C’est-à-dire qu’il a réaffirmé que les catholiques ne peuvent pas être membres de la franc-maçonnerie. Le 26 novembre 1983, Ratzinger a signé un document qui déclarait : “Par conséquent, le jugement négatif de l’Église concernant l’association maçonnique reste inchangé puisque leurs principes ont toujours été considérés comme inconciliables avec la doctrine de l’Église et que, par conséquent, l’adhésion à ceux-ci reste interdite. Les fidèles qui s’inscrivent dans des associations maçonniques sont en état de péché grave et ne peuvent recevoir la Sainte Communion”.

Ce document a vu le jour parce que le nouveau Code de droit canonique qui a été promulgué cette année-là sous le pape Jean-Paul II manquait étonnamment d’une interdiction explicite de la franc-maçonnerie. Il ne mentionne pas nommément la Franc-maçonnerie lorsqu’il en fait état : “Une personne qui adhère à une association qui complote contre l’Église doit être punie d’une juste peine ; une personne qui promeut une telle association ou y prend ses fonctions doit être punie d’une interdiction”.

Le Dr Ingo Dollinger a joué un rôle important pour rétablir clairement l’interdiction de la franc-maçonnerie de 1983. C’est un prêtre allemand d’Augsbourg qui avait dirigé les discussions entre la conférence des évêques allemands et les loges maçonniques entre 1974 et 1980, à la fin desquelles se trouvait la déclaration des évêques allemands selon laquelle l’appartenance à une loge maçonnique est “incompatible” avec la foi catholique (voir ce rapport pour une description plus détaillée du père Dollinger). Selon son secrétaire particulier, Dollinger, après avoir constaté l’ambiguïté du Code de droit canonique de 1983, s’est alors adressé au cardinal Ratzinger, qui a mis en place une commission afin d’apporter la clarification susmentionnée, avec l’approbation du pape Jean-Paul II.

Ainsi, cette déclaration du CDF de 1983 insistant sur l’incompatibilité de la franc-maçonnerie avec la foi catholique est une preuve supplémentaire que le cardinal Ratzinger, en effet, était conscient du travail de la franc-maçonnerie. Il est donc important de savoir qu’il a même pensé, au moins à un moment de sa vie, que la franc-maçonnerie était le plus grand danger pour l’Église.