La pravda américaine. Les assassinats du Mossad

À tort ou à raison, Ostrovsky a conclu que la chute du gouvernement israélien ayant la ligne la plus dure avait apparemment donné à la faction plus modérée du Mossad une chance de prendre le contrôle de son organisation. Tentés par un tel pouvoir, ils le considéraient maintenant comme un élément dangereux et superflu, quelqu’un qui pourrait éventuellement révéler leur propre implication passée dans les activités de renseignement anti-Mossad ainsi que dans le projet de livre très dommageable.

Croyant que ses anciens alliés voulaient maintenant l’éliminer, il a rapidement commencé à travailler sur sa suite, qui mettrait toute l’histoire dans le domaine public, réduisant ainsi considérablement les avantages de le faire taire. J’ai remarqué que son nouveau texte mentionnait à plusieurs reprises sa possession secrète d’une collection complète de noms et de photos des agents internationaux du Mossad, qui, qu’elle soit vraie ou non, pourrait servir de police d’assurance-vie en augmentant considérablement le risque de prendre des mesures contre lui.

Cette brève description des événements clôt le deuxième livre d’Ostrovsky, expliquant pourquoi le volume a été écrit et contient tant de documents sensibles qui avaient été exclus du précédent.

« Jugement final » sur l’assassinat de JFK

Le deuxième livre d’Ostrovsky a été publié fin 1994 par HarperCollins, un éditeur de premier plan. Mais malgré son contenu explosif, cette fois-ci, Israël et ses défenseurs avaient appris leur leçon, et ils ont salué l’ouvrage par un silence quasi-total plutôt que par des attaques hystériques ; il a donc reçu relativement peu d’attention et n’a été vendu qu’à une simple fraction du nombre d’exemplaires précédents. Parmi les publications grand public, je n’ai pu trouver qu’une seule courte critique et plutôt négative dans Foreign Affairs.

Cependant, un autre livre publié plus tôt cette même année sur des questions connexes a souffert d’un black-out public beaucoup plus complet qui dure depuis maintenant plus d’un quart de siècle, et ce n’est pas seulement à cause de sa source obscure. Malgré le handicap sévère d’un boycott médiatique quasi-total, l’ouvrage est devenu un best-seller clandestin, ayant finalement été tiré à plus de 40 000 exemplaires, largement lu et peut-être discuté dans certains cercles, mais presque jamais mentionné publiquement. Final Judgment de feu Michael Collins Piper a posé l’hypothèse explosive que le Mossad avait joué un rôle central dans le plus célèbre assassinat du XXe siècle, celui du président John F. Kennedy en 1963.

Alors que les livres d’Ostrovsky s’appuyaient sur sa connaissance personnelle des services secrets israéliens, Piper était un journaliste et un chercheur qui avait passé toute sa carrière au Liberty Lobby, une petite organisation militante basée à Washington. Critiquant vivement la politique israélienne et l’influence sioniste en Amérique, le groupe était généralement présenté par les médias comme faisant partie de la frange populiste antisémite d’extrême droite, et presque entièrement ignoré par tous les grands médias. Son tabloïd hebdomadaire Spotlight, qui se concentrait souvent sur des sujets controversés, avait atteint un tirage remarquable de 300 000 exemplaires à la fin des années 1970, mais son lectorat a ensuite considérablement diminué pendant l’ère Reagan, plus calme et plus optimiste, qui a suivi.

Le Liberty Lobby ne s’était jamais beaucoup penché sur les questions d’assassinat de JFK, mais en 1978, il a publié un article sur le sujet de Victor Marchetti, un ancien fonctionnaire éminent de la CIA, et a rapidement été poursuivi en justice pour diffamation par E. Howard Hunt qui fut acteur du Watergate, le procès menaçant sa survie. En 1982, cette bataille juridique permanente a attiré l’implication de Mark Lane, un avocat expérimenté d’origine juive de gauche qui avait été le père fondateur des enquêtes sur le complot de JFK. Lane a gagné le procès en 1985 et est resté par la suite un proche allié de l’organisation.

Piper s’est progressivement lié d’amitié avec Lane et au début des années 1990, il s’est lui-même intéressé à l’assassinat de JFK. En janvier 1994, il a publié son principal ouvrage, Final Judgment, qui présentait un très grand nombre de preuves circonstancielles étayant sa théorie selon laquelle le Mossad avait été fortement impliqué dans l’assassinat de JFK. J’ai résumé et discuté l’hypothèse de Piper dans mon propre article de 2018 :

Pendant les décennies qui ont suivi l’assassinat de 1963, pratiquement aucun soupçon n’a jamais été dirigé contre Israël et, par conséquent, aucun des centaines ou milliers de livres publiés au cours des années 1960, 1970 et 1980 dont le sujet portait sur les complots d’assassinats n’a jamais laissé entendre que le Mossad ait pu jouer un rôle quelconque, alors que presque tous les autres coupables possibles, du Vatican aux Illuminati, aient fait l’objet d’un examen minutieux. Plus de 80% des juifs avaient voté pour Kennedy lors de son élection de 1960, des juifs américains figuraient en bonne place à la Maison Blanche, et il était grandement encensé par des personnalités médiatiques, des célébrités et des intellectuels juifs, allant de New York à Hollywood en passant par l’Ivy League. De plus, des personnes d’origine juive comme Mark Lane et Edward Epstein figuraient parmi les premiers dénonciateurs d’un complot d’assassinat, leurs théories controversées étant défendues par des célébrités culturelles juives influentes comme Mort Sahl et Norman Mailer. Étant donné que l’administration Kennedy était largement perçue comme étant pro-Israël, il ne semblait y avoir aucun motif possible pour une quelconque implication du Mossad et des accusations bizarres et totalement non fondées d’une telle nature dirigées contre l’État juif n’étaient guère susceptibles de gagner beaucoup d’intérêt dans une industrie de l’édition massivement pro-Israël.

Cependant, au début des années 1990, des journalistes et des chercheurs très estimés ont commencé à exposer les circonstances entourant le développement de l’arsenal nucléaire israélien. Le livre de Seymour Hersh intitulé The Samson Option : Israel’s Nuclear Arsenal and American Foreign Policy et publié en 1991, décrit les efforts extrêmes de l’administration Kennedy pour forcer Israël à autoriser des inspections internationales de son réacteur nucléaire prétendument non militaire à Dimona, et ainsi empêcher son utilisation dans la production d’armes nucléaires. Dangerous Liaisons : The Inside Story of the U.S.-Israeli Covert Relationship, d’Andrew et Leslie Cockburn paraissait la même année et couvrait un sujet similaire.

Bien qu’entièrement caché à l’époque, ce conflit politique du début des années 1960 entre les gouvernements américain et israélien au sujet de la mise au point d’armes nucléaires représentait une priorité absolue de la politique étrangère de l’administration Kennedy, qui avait fait de la non-prolifération nucléaire l’une de ses principales initiatives internationales. Il est à noter que John McCone, le directeur de la CIA choisi par Kennedy, avait déjà siégé à la Commission de l’énergie atomique sous Eisenhower, et fut la personne qui a divulgué le fait qu’Israël construisait un réacteur nucléaire pour produire du plutonium.

Les pressions et les menaces financières secrètement appliquées contre Israël par l’administration Kennedy sont finalement devenues si sévères qu’elles ont conduit à la démission du Premier ministre fondateur d’Israël, David Ben Gourion, en juin 1963. Mais tous ces efforts ont été presque entièrement interrompus ou inversés une fois que Kennedy a été remplacé par Johnson en novembre de la même année. Piper note que le livre de Stephen Green, publié en 1984, Taking Sides : America’s Secret Relations With a Militant Israel, montrait déjà que la politique américaine au Moyen-Orient s’était complètement inversée à la suite de l’assassinat de Kennedy, mais cette importante découverte avait attiré peu d’attention à l’époque.

Les sceptiques de la théorie d’une base institutionnelle derrière l’assassinat de JFK ont souvent noté l’extrême continuité dans les politiques étrangères et nationales entre les administrations Kennedy et Johnson, arguant que cela jette un doute sérieux sur un tel possible motif. Bien que cette analyse semble largement correcte, le comportement de l’Amérique à l’égard d’Israël et de son programme d’armes nucléaires constitue une exception très notable à cette continuité.

Les efforts de l’administration Kennedy pour restreindre fortement les activités des lobbies politiques pro-israéliens pouvaient être un autre sujet de préoccupation majeur pour les responsables israéliens. Au cours de sa campagne présidentielle de 1960, Kennedy avait rencontré à New York un groupe de riches défenseurs d’Israël, dirigé par le financier Abraham Feinberg, et ils avaient offert un énorme soutien financier en échange d’une influence déterminante sur la politique du Moyen-Orient. Kennedy est parvenu à leur donner de vagues assurances, mais il a jugé l’incident si troublant que le lendemain matin, il a contacté le journaliste Charles Bartlett, l’un de ses amis les plus proches, et a exprimé son indignation devant le fait que la politique étrangère américaine puisse tomber sous le contrôle des partisans d’une puissance étrangère, promettant que s’il devenait président, il rectifierait cette situation. Et en effet, une fois qu’il a installé son frère Robert comme procureur général, ce dernier a entamé un effort légal majeur pour forcer les groupes pro-israéliens à s’enregistrer comme agents étrangers, ce qui aurait considérablement réduit leur pouvoir et leur influence. Mais après la mort de JFK, ce projet a été rapidement abandonné et, dans le cadre du règlement, le principal lobby pro-israélien a simplement accepté de se reconstituer sous le nom d’AIPAC.

Le livre Final Judgment, a fait l’objet d’un certain nombre de réimpressions après sa parution initiale en 1994 et, à la sixième édition parue en 2004, il comptait plus de 650 pages, y compris de nombreuses longues annexes et plus de 1100 notes de bas de page, la grande majorité d’entre elles faisant référence à des sources entièrement publiques. Le corps du texte est librement utilisable, reflétant le boycott total par tous les éditeurs, grand public ou alternatifs, j’ai pourtant trouvé le contenu lui-même remarquable et généralement assez convaincant. Malgré la censure totale par tous les médias, le livre s’est vendu à plus de 40 000 exemplaires au fil des ans, ce qui en fait un best-seller clandestin et l’a sûrement porté à l’attention de tous les membres de la communauté de recherche sur l’assassinat de JFK, bien qu’apparemment presque aucun d’entre eux n’ait voulu en mentionner l’existence. Je soupçonne ces autres écrivains de s’être rendus compte que même une simple reconnaissance de l’existence du livre, ne serait-ce que pour le ridiculiser ou le rejeter, pourrait s’avérer fatale pour leur carrière dans les médias et l’édition. Piper lui-même est mort en 2015, à l’âge de 54 ans, souffrant de problèmes de santé et d’alcoolisme souvent associés à une pauvreté sinistre, et d’autres journalistes ont peut-être hésité à s’engager vers cette triste fin.

Comme exemple de cette situation étrange, la bibliographie du livre de Talbot contient près de 140 entrées, certaines plutôt obscures, mais ne fait aucune référence à Final Judgment, et son index très complet n’inclut aucune entrée pour Juifs ou Israël. En effet, à un moment donné, il caractérise très délicatement les cadres supérieurs entièrement juifs du sénateur Robert Kennedy en déclarant qu’il n’y avait pas un seul catholique parmi eux. La suite du livre publiée en 2015 est également circonspecte, et bien que l’index contienne de nombreuses entrées concernant les juifs, toutes ces références concernent la Seconde Guerre mondiale et les nazis, y compris sa discussion sur les liens nazis présumés d’Allen Dulles, sa principale bête noire. Le livre de Stone, tout en condamnant sans crainte le président Lyndon Johnson pour l’assassinat de JFK, exclut étrangement Juifs et Israël du long index et du jugement final de la bibliographie, et le livre de Douglass suit le même schéma.

De plus, les inquiétudes extrêmes que l’hypothèse de Piper semble avoir suscitées chez les chercheurs s’intéressant à JFK peuvent expliquer une anomalie étrange. Bien que Mark Lane fût lui-même d’origine juive et de gauche, après sa victoire pour Liberty Lobby dans le procès pour diffamation de Hunt, il a passé de nombreuses années associé à cette organisation et est apparemment devenu très ami avec Piper, l’un de ses principaux écrivains. D’après Piper, Lane lui a dit que Final Judgment avait constitué un « solide dossier » concernant le rôle majeur du Mossad dans l’assassinat, et qu’il considérait cette théorie comme pleinement complémentaire à sa propre focalisation sur l’implication de la CIA. Je soupçonne que les préoccupations au sujet de ces associations peuvent expliquer pourquoi Lane a été presque complètement éliminé des livres de Douglass et Talbot, et discuté dans le deuxième livre de Talbot seulement quand son travail était absolument essentiel à la propre analyse de ce dernier. En revanche, les rédacteurs du New York Times ont peu de chance d’être aussi intéressés par les aspects moins connus de la recherche sur l’assassinat de JFK et, ignorant cette controverse cachée, ils ont offert à Lane la longue et brillante notice nécrologique que sa carrière justifiait pleinement.

Lorsqu’on évalue les suspects possibles d’un crime donné, il est souvent utile de tenir compte de leur comportement passé. Comme nous l’avons vu plus haut, je ne vois pas d’exemple historique où le crime organisé ait monté une tentative d’assassinat contre une personnalité politique américaine, même modérément en vue sur la scène nationale. Et malgré quelques soupçons ici et là, il en va de même pour la CIA.

Par contre, le Mossad israélien et les groupes sionistes qui ont précédé la création de l’État juif semblent avoir un très long historique d’assassinats, y compris ceux de personnalités politiques de haut rang qui pourraient normalement être considérés comme intouchables. Lord Moyne, le ministre d’État britannique pour le Moyen-Orient, a été assassiné en 1944 et le comte Folke Bernadotte, le négociateur de paix de l’ONU envoyé pour aider à résoudre la première guerre israélo-arabe, a subi le même sort en septembre 1948. Même un président américain n’était pas totalement à l’abri de tels risques, et Piper note que les mémoires de Margaret, la fille de Harry Truman, révèlent que des militants sionistes avaient tenté d’assassiner son père à l’aide d’une lettre contenant des produits chimiques toxiques en 1947, car ils estimaient qu’il traînait les talons pour soutenir Israël, bien que cette tentative ratée n’ait jamais été rendue publique. La faction sioniste responsable de tous ces incidents a été dirigée par Yitzhak Shamir, qui est devenu plus tard chef du Mossad et directeur de son programme d’assassinat dans les années 1960, avant de devenir Premier ministre d’Israël en 1986. …

Il y a d’autres éléments notables qui tendent à appuyer l’hypothèse de Piper. Une fois que nous avons accepté l’existence d’un complot pour l’assassinat de JFK, le seul individu dont on est certain qu’il ait participé fut Jack Ruby, et ses liens avec le crime organisé étaient presque entièrement liés à l’énorme mais rarement mentionnée aile juive de cette entreprise, présidée par Meyer Lansky, un fervent partisan d’Israël. Ruby lui-même avait des liens particulièrement forts avec le lieutenant de Lansky, Mickey Cohen, qui dominait le monde souterrain de Los Angeles et avait été personnellement impliqué dans la vente d’armes à Israël avant la guerre de 1948. En effet, selon le rabbin de Dallas, Hillel Silverman, Ruby avait justifié en privé son assassinat d’Oswald en disant « je l’ai fait pour le peuple juif ».

Il convient également de mentionner un aspect intrigant du film d’Oliver Stone, JFKArnon Milchan, le riche producteur hollywoodien qui a soutenu le projet, n’était pas seulement un citoyen israélien, mais aurait également joué un rôle central dans l’énorme projet d’espionnage visant à détourner la technologie et les matières américaines vers le projet d’armes nucléaires d’Israël, justement l’initiative que l’administration Kennedy voulait tant bloquer. Milchan a même parfois été décrit comme « le James Bond israélien ». Et bien que le film dure trois heures, Stone a scrupuleusement évité de présenter les détails que Piper considérait comme des indices initiaux d’une dimension israélienne, semblant plutôt montrer du doigt le mouvement anticommuniste fanatique américain et la direction du complexe militaro-industriel datant de la guerre froide.

Résumer plus de 300 000 mots de l’histoire et de l’analyse de Piper en quelques paragraphes est évidemment une entreprise impossible, mais la discussion ci-dessus donne un avant-goût raisonnable de l’énorme masse de preuves circonstancielles rassemblées en faveur de l’hypothèse de Piper.

À bien des égards, les études portant sur l’assassinat de JFK sont devenues une discipline académique, et mes références sont assez limitées. J’ai lu peut-être une douzaine de livres sur le sujet, et j’ai aussi essayé d’aborder les problèmes avec l’absence de préjugés et les yeux neufs d’un débutant, mais n’importe quel expert sérieux aurait sûrement digéré des centaines de livres sur le sujet. Bien que l’analyse globale de Final Jugement m’ait semblé assez convaincante, une bonne partie des noms et des références ne m’étaient pas familiers, et je n’ai tout simplement pas les antécédents nécessaires pour évaluer leur crédibilité, ni pour déterminer si la description des documents présentés est exacte.

Dans des circonstances normales, je me tournerais vers les revues ou les critiques produites par d’autres auteurs, et je les comparerais avec les affirmations de Piper, puis je déciderais quel argument me semblerait le plus fort. Mais bien que Final Judgement ait été publié il y a un quart de siècle, le silence quasi absolu qui entoure l’hypothèse de Piper, surtout de la part des chercheurs les plus influents et crédibles, rend ce travail impossible.

Cependant, l’incapacité de Piper à obtenir un éditeur régulier et les efforts généralisés pour étouffer sa théorie ont eu une conséquence ironique. Puisque le livre est épuisé depuis des années, j’ai eu relativement peu de mal à obtenir le droit de l’inclure dans ma collection de livres HTML controversés, et c’est maintenant fait, permettant ainsi à tout le monde de lire le texte entier et de décider par eux-mêmes, tout en vérifiant facilement la multitude des références ou en cherchant des mots ou des phrases spécifiques.

Final Judgment

Le chaînon manquant dans le complot d'assassinat de JFK
MICHAEL COLLINS PIPER - 2005 - 310 000 MOTS

Cette édition comprend en fait plusieurs ouvrages beaucoup plus courts, publiés à l’origine séparément. L’un d’entre eux, qui consiste en une longue série de questions-réponses, décrit la genèse de l’idée et répond aux nombreuses questions qui l’entourent. Pour certains lecteurs, il pourrait constituer un meilleur point de départ.

Default Judgment

Questions, réponses et réflexions sur le crime du siècle
MICHAEL COLLINS PIPER - 2005 - 48 000 MOTS

Il existe également de nombreuses interviews ou présentations de Piper facilement accessibles sur YouTube, et lorsque j’ai regardé deux ou trois d’entre elles il y a quelques années, j’ai pensé qu’il avait bien résumé bon nombre de ses principaux arguments, mais je ne me souviens plus lesquels.

D’autres preuves tendent à étayer les arguments de Piper concernant l’implication probable du Mossad dans la mort de notre président.

Le livre influent de David Talbot, Brothers, publié en 2007, a révélé que Robert F. Kennedy avait été convaincu presque dès le début que son frère avait été pris dans une conspiration, mais il a tenu sa langue, disant à son cercle d’amis qu’il avait peu de chances de retrouver et de punir les coupables avant d’arriver lui-même à la Maison Blanche. En juin 1968, il semblait sur le point d’atteindre cet objectif, mais il a été abattu par une balle de la main d’un assassin quelques instants après avoir remporté les primaires présidentielles cruciales de Californie. L’hypothèse logique est que sa mort a été provoquée par les mêmes éléments que celle de son frère aîné, qui agissait désormais pour se protéger des conséquences de leur crime précédent.

Un jeune Palestinien du nom de Sirhan Sirhan avait tiré sur la scène du crime et a été rapidement arrêté et condamné pour le meurtre. Mais Talbot souligne que le rapport du coroner a révélé que la balle fatale venait d’une direction complètement différente, alors que le relevé acoustique prouve que beaucoup plus de coups de feu ont été tirés que la capacité du pistolet du tueur présumé. Des preuves aussi solides semblent démontrer une conspiration.

Sirhan lui-même semblait étourdi et confus, prétendant plus tard n’avoir aucun souvenir des événements, et Talbot mentionne que divers chercheurs en assassinat ont longtemps soutenu qu’il n’était qu’un bouc émissaire commode dans le complot, agissant peut-être sous une forme d’hypnose ou de conditionnement. Presque tous ces écrivains sont généralement réticents à l’idée que la sélection d’un Palestinien comme bouc émissaire dans l’assassinat semble indiquer une certaine direction évidente, mais le récent livre de Bergman comporte également une nouvelle révélation majeure. Au moment même où Sirhan était en train de se débattre sur le sol de la salle de bal de l’hôtel Ambassador à Los Angeles, un autre jeune Palestinien subissait des séances intensives de conditionnement hypnotique aux mains du Mossad en Israël, programmé pour assassiner le leader de l’OLP Yaser Arafat ; et bien que cet effort ait finalement échoué, une telle coïncidence semble repousser les limites de la plausibilité.

Trois décennies plus tard, l’héritier et homonyme de JFK avait acquis une notoriété publique croissante en tant qu’éditeur de son magazine politique populaire George, qui a suscité une controverse internationale considérable lorsqu’il a publié un long article affirmant que l’assassinat du Premier ministre israélien Rabin avait été orchestré par des extrémistes au sein de ses propres services de sécurité. Il y avait également de fortes indications que JFK Jr. pourrait bientôt entrer en politique, peut-être en se présentant au Sénat américain comme un tremplin vers la Maison Blanche.