François veut une alliance éducative écologique mondiale orientée vers la fraternité humaine

 

  Les franc-maçons n’ont plus besoin de prendre des gants blancs pour faire passer leurs idées, le Pape s’en charge avec un enthousiasme délirant et une conviction profonde ! Digne successeur du Rose-Croix Coménius !

 

ALLOCUTION À LA PLÉNIÈRE DE LA CONGRÉGATION POUR L’ÉDUCATION CATHOLIQUE

Le Pape a reçu aujourd’hui en audience les participants à la Plénière de la Congrégation pour l’éducation catholique, qu’il a appelé à une alliance mondiale dans le domaine de l’éducation en faveur d’une humanité plus fraternelle. Il a également assuré qu'”une propriété de l’éducation doit être un mouvement écologique”.

(InfoCatholica) Selon le Souverain Pontife, “aujourd’hui plus que jamais, il est nécessaire d’unir les efforts pour une large alliance éducative afin de former des personnes matures, capables de surmonter la fragmentation et l’opposition et de reconstruire le tissu des relations pour une humanité plus fraternelle.

En outre, selon lui, “une des propriétés de l’éducation est d’être un mouvement écologique”, c’est-à-dire que “l’éducation qui a pour centre la personne dans sa réalité intégrale a pour but de l’amener à la connaissance de soi, de la maison commune dans laquelle elle vit, et surtout à la découverte de la fraternité comme relation qui produit la composition multiculturelle de l’humanité, source d’enrichissement mutuel”.

Discours complet du Pape François


Les cardinaux,

Chers frères dans l’épiscopat et dans le sacerdoce,

Chers frères et sœurs :

Je remercie le cardinal Versaldi pour ses aimables paroles d’introduction et je vous salue tous chaleureusement. Votre réunion en Assemblée plénière vous a donné l’occasion ces jours-ci de relire le travail dense accompli ces trois dernières années et de présenter les efforts futurs avec un cœur ouvert et avec espoir. Le domaine de compétence du Dicastère vous engage à entrer dans le monde fascinant de l’éducation, qui n’est jamais une action répétitive, mais l’art de la croissance, de la maturation, et pour cette raison jamais égal à lui-même.

L’éducation est une réalité dynamique ; c’est un mouvement qui met les gens en lumière. C’est un type de mouvement particulier, avec des caractéristiques qui en font un dynamisme de croissance, orienté vers le plein développement de la personne dans sa dimension individuelle et sociale. Je voudrais m’attarder sur certaines de ses caractéristiques typiques.

L’une des propriétés de l’éducation est d’être un mouvement écologique. Elle est l’un de ses moteurs pour atteindre l’objectif éducatif complet. L’éducation qui a pour centre la personne dans sa réalité intégrale a pour but de l’amener à la connaissance de soi, de la maison commune dans laquelle elle vit, et surtout à la découverte de la fraternité comme relation qui produit la composition multiculturelle de l’humanité, source d’enrichissement mutuel.

Ce mouvement éducatif, comme je l’ai écrit dans l’encyclique Laudato oui, contribue à la récupération des “différents niveaux d’équilibre écologique : celui interne avec soi-même, celui solidaire avec les autres, celui naturel avec tous les êtres vivants, celui spirituel avec Dieu”. Cela nécessite bien sûr des éducateurs “capables de repenser les voies pédagogiques d’une éthique écologique, afin qu’elles contribuent efficacement à la croissance de la solidarité, de la responsabilité et des soins fondés sur la compassion” (n. 210).

En termes de méthode, l’éducation est un mouvement d’inclusion. Une inclusion qui va vers tous ceux qui sont exclus : par la pauvreté, par la vulnérabilité due aux guerres, aux famines et aux catastrophes naturelles, par la sélectivité sociale, par les difficultés familiales et existentielles. L’inclusion qui prend la forme d’actions éducatives en faveur des réfugiés, des victimes de la traite des êtres humains, des migrants, sans distinction de sexe, de religion ou d’ethnie. L’inclusion n’est pas une invention moderne, mais une partie intégrante du message chrétien de salut. Aujourd’hui, il est nécessaire d’accélérer ce mouvement d’éducation inclusive afin de mettre fin à la culture du rejet, dont l’origine est le rejet de la fraternité en tant qu’élément constitutif de l’humanité.

Une autre caractéristique de l’éducation est qu’elle est un mouvement de paix, un porteur de paix. Il est harmonieux – je parlerai plus tard, mais ils sont liés – un mouvement de paix, un porteur de paix. En témoignent les jeunes eux-mêmes qui, par leur engagement et leur soif de vérité, “nous rappellent constamment que l’espoir n’est pas une utopie et que la paix est toujours possible”. (Discours aux membres du corps diplomatique accrédités auprès du Saint-Siège, 9 janvier 2020) Le mouvement éducatif, bâtisseur de paix, est une force à nourrir contre l'”égocentrisme” qui génère la non paix, les ruptures entre générations, entre peuples, entre cultures, entre populations riches et pauvres, entre hommes et femmes, entre économie et éthique, entre humanité et environnement (cf. Instrumentum laboris, 2020). Ces fractures et oppositions, qui rendent les relations malades, cachent une peur de la diversité et de la différence. C’est pourquoi l’éducation est appelée, avec sa force pacificatrice, à former des personnes capables de comprendre que la diversité ne fait pas obstacle à l’unité, mais est indispensable à la richesse de sa propre identité et de celle de tous.

Un autre élément typique de l’éducation est d’être un mouvement d’équipe. Elle n’est jamais l’action d’une seule personne ou institution. La Déclaration conciliaire Gravissimum educationis stipule que l’école “constitue un centre à l’activité et au bénéfice duquel doivent participer les familles, les enseignants, les diverses associations de promotion de la vie culturelle, civique et religieuse, la société civile et l’ensemble de la communauté humaine” (n° 5). Pour sa part, la Constitution apostolique Ex corde Ecclesiae, qui célèbre cette année le trentième anniversaire de sa promulgation, affirme qu'”une université catholique poursuit ses propres objectifs également à travers l’effort de former une communauté authentiquement humaine, animée par l’esprit du Christ” (n. 21). Mais chaque université est appelée à être une “communauté d’étude, de recherche et de formation” (Constitution apostolique Veritatis gaudium art. 11 § 1).

Ce mouvement d’équipe est depuis longtemps en crise pour diverses raisons. C’est pourquoi j’ai ressenti le besoin de promouvoir le 14 mai prochain, jour du pacte mondial pour l’éducation, en confiant l’organisation à la Congrégation pour l’éducation catholique. Il s’agit d’un appel à tous ceux qui ont des responsabilités politiques, administratives, religieuses et éducatives pour reconstruire le “peuple de l’éducation”. L’objectif d’être ensemble n’est pas de développer des programmes, mais de trouver le pas commun pour relancer l’engagement pour et avec les jeunes générations, en renouvelant la passion pour une éducation plus ouverte et inclusive, capable d’une écoute patiente, d’un dialogue constructif et d’une compréhension mutuelle. Le pacte éducatif ne doit pas être un simple ordre, il ne doit pas être une “récapitulation” des positivismes que nous avons reçus d’une éducation éclairée. Elle doit être révolutionnaire.

Aujourd’hui plus que jamais, il est nécessaire d’unir les efforts pour qu’une large alliance éducative forme des personnes mûres, capables de surmonter la fragmentation et les oppositions et de reconstruire le tissu des relations pour une humanité plus fraternelle. “Pour atteindre ces objectifs, il faut du courage : “Le courage de placer la personne au centre […]. Le courage d’investir les meilleures énergies […] Le courage de former des personnes disponibles qui se mettront au service de la communauté” (Message pour le lancement du Pacte éducatif, 12 septembre 2019). Le courage de bien payer les enseignants.

Je vois également dans la constitution d’un pacte éducatif mondial la facilitation de la croissance d’une alliance interdisciplinaire et transdisciplinaire, que la récente Constitution apostolique Veritatis gaudium a indiquée pour les études ecclésiastiques, comme “le principe vital et intellectuel de l’unité de la connaissance dans la diversité et dans le respect de ses multiples expressions”, également par rapport au panorama actuel fragmenté et souvent désintégré des études universitaires et au pluralisme ambigu, conflictuel ou relativiste des convictions et des choix culturels” (Proemio, 4 c).

Dans ce large horizon de formation, je vous souhaite de continuer avec profit dans la réalisation du programme pour les années à venir, en particulier dans l’élaboration d’un Directoire, dans la constitution d’un Observatoire mondial, ainsi que dans la qualification et la mise à jour des études ecclésiastiques et dans une plus grande sollicitude pour le ministère universitaire comme instrument de la nouvelle évangélisation. Tous ces efforts peuvent contribuer efficacement à la consolidation de l’alliance, dans le sens que la Parole de Dieu nous enseigne : “L’alliance entre Dieu et les hommes, l’alliance entre les générations, l’alliance entre les peuples et les cultures, l’alliance – à l’école – entre les enseignants et les élèves, l’alliance entre l’homme, les animaux, les plantes et même les réalités inanimées qui rendent notre maison commune belle et diverse. Tout est lié à tout, tout est créé pour être une icône vivante de Dieu qui est la Trinité de l’amour” (Discours à la communauté académique de l’Institut universitaire Sophie de Loppiano, 14 novembre 2019).

Chers frères et sœurs, je vous remercie pour le travail que vous accomplissez avec dévouement chaque jour. J’invoque sur vous les dons de l’Esprit Saint pour vous donner la force dans votre délicat ministère d’éducation. Et je vous demande, s’il vous plaît, de prier pour moi. Je vous remercie.