Bergoglio et le dieu-Mandrake

Alessandro Gnocchi
www.ricognizioni.it

Quelques lignes bien senties de commentaire sur une nouvelle relancée par ANSA, dans laquelle Bergoglio, profond connaisseur de la « Summa Marvel des Superhéros » (1), parle de la perfection de Dieu. Je dois admettre que c’est une broutille, une bagatelle, comparée aux tomes et aux tomes d’Amoris laetitia et de Laudato Si’, aux assises et aux assises du synode sur l’Amazone, aux heures et aux heures de magistère aérien, mais c’est toujours le détail qui tue. En outre, je me suis promis de ne plus m’occuper du cirque romain et de jouir d’une certaine paix. Mais la complaisance bergolienne à rendre infime l’idée du Créateur, pour broutille qu’elle soit, m’énerve tellement qu’avant de me taire à jamais sur le sujet, je voudrais m’en débarrasser par une brève considération. Voici donc l’article d’ANSA :

« Parfois, des théories nous viennent qui nous font présenter un Dieu abstrait, un Dieu idéologique… Une idée, parfaite ; et qui te prouvent l’existence de Dieu comme si c’était des mathématiques », par contre « les saints… Ils ont compris ce que c’est que de croire en un Dieu qui est Père et non en un Dieu Mandrake, avec une baguette magique ». C’est ce qu’a déclaré le pape François dans une interview à Tv2000 qui sera diffusée dans le cadre de l’émission « Io Credo », qui sera diffusée à partir du 17 février, et dont on a eu la bande-annonce. Le Pape est interviewé par Don Marco Pozza, l’aumônier de la prison de Padoue (2).

On apprend ainsi qu’à Bergoglio, l’idée d’un Dieu parfait répugne. Il le voit si peu apte à contrôler la création qu’il le considère comme moins efficace que le magicien Mandrake et il n’aime pas que quelqu’un puisse lui montrer que Dieu existe vraiment. Je n’ai pas les talents d’Eugenio Scalfari et je ne suis donc pas doté de l’acrimonie herméneutique nécessaire pour comprendre si cet acte de magistère de bande dessinée se réfère au Mandrache à la romaine de « Febbre di cavallo » ou à l’Homme-Dragon à l’américaine inventé par Lee Falk. Il me semble de toute façon comprendre que le Vicaire se réserve exclusivement à lui-même les interventions miraculeuses dans les destinées humaines, dépossédant de façon définitive le Titulaire de la faculté de les voir et de les pourvoir: sinon, quel Vicaire serait-il? Le tout est conforme au scénario, même s’il faut reconnaître à l’interprète un certain génie dans la dérision des choses divines qu’il parvient toujours à frapper.


Mais c’est la dernière fois que je tombe dans le panneau. Avant que le rideau ne tombe, je voudrais juste signaler un détail qui ne colle pas: ANSA explique que cette perle théologique a été jetée aux gens dans une interview avec Tv2000 qui sera diffusée dans l’émission « Io credo » [Je crois]. Eh bien, il y a quelque chose qui cloche avec le titre.


NDT

(1) Il y a peut-être une allusion à la Summa theologiae de saint Thomas d’Aquin.
Marvel est l’une des principales maisons d’édition américaines de comic books. Parmi les personnages possédés par Marvel figurent les célèbres Spider-Man, X-Men, Quatre Fantastiques, Hulk, Thor, Captain America, Iron Man, Daredevil, Wolverine et de nombreux autres. La plupart de ces personnages évoluent et interagissent dans le même monde fictif appelé Univers Marvel (fr.wikipedia.org).

(2) On lit parmi les commentaires à l’article d’A.Gnocchi:

Au JT de ce soir, ils ont relancé la nouvelle avec des tons émus, en expliquant qu’ »en quelques mots, ce pape, avec son extraordinaire capacité de communication, a réussi à nous dire qui est Dieu« … Le monde se réjouit de cet avilissement de notre foi, quelle amertume…

Benoît & moi