L’EXHORTATION APOSTOLIQUE QUERIDA AMAZONIA SERA PUBLIÉE MERCREDI 12 FEVRIER

Diakonos – Très attendue, la publication de l’exhortation post-synodale sur l’Amazonie sera publiée le jour anniversaire de l’assassinat de Sœur Dorothy Stang, une religieuse qui s’opposait à l’exploitation de la forêt amazonienne par l’industrie du bétail.

Intituler une exhortation apostolique avec une expression en espagnol – « Querida Amazonia » (chère Amazonie), c’est non seulement original mais c’est également une anticipation assez claire du ton et de l’élan existentiel avec lequel le Pape François a rédigé les presque 40 pages du document tant attendu, en particulier en ce qui concerne la question de l’ordination d’hommes mariés dans la région amazonienne qui se répartit territorialement sur 9 pays d’Amérique du Sud.
Sur ce dernier point, toutes les hypothèses restent ouvertes et le jeu des « indiscrétions à bonne source » non résout absolument rien. Au contraire, souvent elles compliquent et déforment tout.

Aujourd’hui, on entend tout et son contraire. En bref (c’est-à-dire comme le grand public le lira), il y a ceux qui croient savoir que le paragraphe 111 sur l’ordination presbytérale « d’hommes idoines et reconnus par la communauté, qui ont un diaconat permanent fécond et qui reçoivent une formation adéquate pour le presbytérat » se retrouve en substance dans le texte du pape, et que donc l’ordination d’hommes mariés sera autorisée à des conditions déterminées (paragraphe approuvé à 128 voix – non placet : 41).

Mais d’autres démentent cette hypothèse et prétendent que rien ne changera concernant les normes et les pratiques en vigueur. Donc, beaucoup de beaux discours, de polémiques, de divisions mais en fin de compte, on ne changera pas même une virgule.

D’autres se disent persuadés qu’il y aura une troisième voie, une « invention bergoglienne », une surprise. Quant à savoir laquelle, personne ne semble le savoir.

Mais très peu se souviennent des autres deux thèmes centraux avant et après le Synode, c’est-à-dire :

LE DIACONAT DES FEMMES
Paragraphe 103. Dans les nombreuses consultations menées en Amazonie, le rôle fondamental des femmes religieuses et laïques dans l’Église de l’Amazonie et ses communautés a été reconnu et souligné, étant donné les multiples services qu’elles offrent. Dans un grand nombre de ces consultations, le diaconat permanent pour les femmes a été demandé. C’est pourquoi le thème était aussi très présent au Synode. Déjà en 2016, le Pape François avait créé une Commission d’étude sur le diaconat des femmes qui, en tant que Commission, est parvenue à un résultat partiel sur ce qu’était la réalité du diaconat des femmes aux premiers siècles de l’Église et sur ses implications aujourd’hui. Nous souhaitons donc partager nos expériences et réflexions avec la Commission et attendre ses résultats. (paragraphe approuvé par 137 voix – non placet : 30)

LE RITE AMAZONIEN
Le nouvel Organisme de l’Église en Amazonie doit constituer une commission compétente pour étudier et travailler par la méthode du dialogue, selon les us et coutumes des peuples ancestraux, à l’élaboration d’un rite amazonien qui exprime le patrimoine liturgique, théologique, disciplinaire et spirituel de l’Amazonie, avec une référence particulière à ce que le Lumen gentium affirme pour les Églises orientales (cf. LG 23). Celui-ci viendrait s’ajouter aux rites déjà présents dans l’Église, enrichissant le travail d’évangélisation, la capacité d’exprimer la foi dans une culture propre, le sens de la décentralisation et de la collégialité que peut exprimer la catholicité de l’Église ; cet Organisme pourrait aussi étudier et proposer comment enrichir les rites ecclésiaux à partir de la manière dont ces peuples prennent soin de leur territoire et se rapportent à ses eaux. (paragraphe approuvé par 40 voix – non placet : 19).

Source: Luis Badilla / Robert Calvaresi, Il Sismografo