MARCO TOSATTI: LES FIDÈLES ONT LE DROIT DE SAVOIR

par Marco Tosatti – ChurchMilitant

Abp. Viganò : Cdl. Sandri choisie pour diriger, manipuler le prochain conclave

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Abp. Carol Maria Viganò

Aujourd’hui, Marco Tosatti a publié un autre témoignage explosif de l’abbé Carlo Maria Viganò, dans lequel l’ancien nonce aux États-Unis affirme que la nomination, la semaine dernière, du Cdl Leonardo Sandri comme vice-doyen du Collège des cardinaux est une manœuvre claire pour préparer un prochain conclave qui sera à nouveau manipulé par le Groupe de Saint-Gall, qui a fait campagne en 2013 pour que le pape Benoît XVI démissionne et que Jorge Bergoglio soit installé comme pape.

Sandri a été étroitement impliquée par le secrétaire d’État de l’époque, le docteur Angelo Sodano, dans la dissimulation des abus commis par le père Marcial Maciel, le fondateur des Légionnaires du Christ, et a bénéficié d’une faveur et d’une protection extraordinaires de la part du pontife régnant.

Voici la déclaration complète de l’abbé Viganò, publiée aujourd’hui dans son intégralité sur le blog de Marco Tosatti :

Tout récemment, dans l’un des épisodes les plus indécents de tous, nous avons vu le Prince des Mensonges à l’œuvre dans l’effort de contrefaçon du livre écrit par le Pape Benoît XVI et le Cdl. Robert Sarah, les couvrant tous deux d’insultes ignobles et d’insinuations vulgaires. Dans cet épisode, il y en avait un qui jouait le rôle de Judas – le geôlier du pape [Abp. Georg Ganswein], qui joue maintenant aussi le rôle de tueur à gages.

Et maintenant nous découvrons qu’un autre chef-d’œuvre de tromperie a été réalisé sous nos yeux – la confirmation par le pontife [le samedi 25 janvier] de l’élection du nouveau doyen et vice-doyen du Collège des cardinaux par les cardinaux-évêques. Ces élections sont passées presque inaperçues, mais elles cachent une stratégie subtile. Il faut rappeler qu’en juin 2018, le pape François a augmenté le nombre de cardinaux-évêques, un nombre qui n’avait jamais changé depuis des siècles, en nommant d’un seul coup quatre nouveaux cardinaux-évêques. Ce faisant, il a assuré qu’une majorité lui serait favorable, comme il l’a toujours fait chaque fois qu’il a créé de nouveaux membres du Collège des cardinaux.


Ce que je vais écrire sur le Cdl. Leonardo Sandri est motivé uniquement par l’amitié qui m’unit à lui depuis près de 50 ans et par le souci du bien de son âme.


Le cardinal Giovani Battista Re a été nommé doyen du Collège des cardinaux, mais comme il a 86 ans, il ne participera à aucun futur conclave. Je lui souhaite une longue vie, encore plus longue que celle de son père. Mais sa nomination est destinée à nous distraire de l’autre nomination plus importante – celle du Cdl. Leonardo Sandri comme vice-doyen – qui est ainsi positionné pour être celui qui sera en charge du prochain conclave secundum Franciscum, c’est-à-dire après une édition actualisée et augmentée des machinations de la mafia de Saint Gall.

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Cdl. Giovanni Battista Re

Ainsi, ce que je vais écrire sur le Cdl. Leonardo Sandri est motivé uniquement par l’amitié qui m’unit à lui depuis presque 50 ans et par le souci du bien de son âme, par l’amour de la Vérité qui est le Christ lui-même, et par l’amour de l’Église son Épouse, que le Cdl. Sandri et moi avons tous deux servie ensemble.

Lors de la première audience que Francis m’a accordée après celle dont j’ai déjà parlé, le 23 juin 2013, lorsqu’il m’a interrogé sur le Cdl. McCarrick, il m’a posé une question similaire : “À quoi ressemble le Cdl. Sandri ?” Pris par surprise en étant interrogé sur mon cher ami, j’étais embarrassé et n’ai rien dit en réponse. Puis Francis, tenant ses deux mains en l’air, les a agitées d’avant en arrière – comme pour dire : “Alors, alors … il s’en sort” – et il m’a regardé dans les yeux, cherchant mon accord. Réfléchissant, je me suis confié à lui :

Saint-Père, je ne sais pas si vous connaissez le nonce Justo Mullor, le président de l’Académie pontificale ecclésiastique, qui a été écarté de la nonciature apostolique au Mexique parce qu’il s’opposait aux directives de la Secrétairerie d’État, qui visaient à dissimuler les graves accusations portées contre Marcial Maciel.

J’ai une longue amitié avec le Cdl Sandri, qui remonte au temps que nous avons passé ensemble à l’Académie Ecclésiastique Pontificale [l’école de formation des diplomates du Vatican]. Nous avons également travaillé ensemble pendant 11 ans dans le même bureau en tant que secrétaires de trois différents suppléants de la Secrétairerie d’État, et nous avons également travaillé ensemble pendant sept ans lorsqu’il a lui-même été nommé suppléant de la Secrétairerie d’État, six mois seulement après avoir été nommé nonce au Mexique.

“Amicus Plato sed magis amica veritas” [Platon est un ami, mais la vérité est un plus grand ami]. Cette maxime est attribuée à Aristote, et elle a été utilisée par Platon lui-même dans ses dialogues avec Socrate, et aussi par Cicéron. Saint Thomas d’Aquin l’explique dans sa Sententia libri Ethicorum, Livre 1, Lectio 6, n. 4-5 :

Quod autem oporteat veritatem praeferre amicis, ostendit hac ratione. Quia ei qui est magis amicus, magis est deferendum. Cum autem amicitiam habeamus ad ambo, scilicet ad veritatem et ad hominem, magis debemus veritatem amare quam hominem, quia hominem praecipue debemus amare propter veritatem et propter virtutem… Veritas autem est amicus superexcellens cui debetur reverentia honoris ; est etiam veritas quiddam divinum, in Deo enim primo et principaliter invenitur. Et ideo concludit, quod sanctum est praehonorare veritatem hominibus amicis.

Notre traduction de saint Thomas se lit comme suit :

Le fait qu’il est nécessaire de placer la vérité avant les amis peut être démontré par cette raison. Celui qui est un plus grand ami doit être plus honoré. Puisque nous sommes amis à la fois de la vérité et de l’homme qui est notre prochain, nous devons aimer la vérité plus que notre prochain, car nous devons aimer notre prochain en raison de la vérité et de la vertu. La vérité est en effet l’ami le plus excellent auquel il faut montrer le respect de l’honneur ; la vérité est quelque chose de divin qui se trouve avant tout en Dieu. Nous en concluons donc que c’est une chose sainte que d’honorer la vérité d’abord devant nos amis.

Ainsi, ce que je vais écrire sur le Cdl. Leonardo Sandri est motivé uniquement par l’amitié qui m’unit à lui depuis presque 50 ans et par le souci du bien de son âme, par l’amour de la Vérité qui est le Christ lui-même, et par l’amour de l’Église son Épouse, que le Cdl. Sandri et moi avons tous deux servie ensemble.

Lors de la première audience que Francis m’a accordée après celle dont j’ai déjà parlé, le 23 juin 2013, lorsqu’il m’a interrogé sur le Cdl. McCarrick, il m’a posé une question similaire : “À quoi ressemble le Cdl. Sandri ?” Pris par surprise en étant interrogé sur mon cher ami, j’étais embarrassé et n’ai rien dit en réponse. Puis Francis, tenant ses deux mains en l’air, les a agitées d’avant en arrière – comme pour dire : “Alors, alors … il s’en sort” – et il m’a regardé dans les yeux, cherchant mon accord. Réfléchissant, je me suis confié à lui :

Saint-Père, je ne sais pas si vous connaissez le nonce Justo Mullor, le président de l’Académie pontificale ecclésiastique, qui a été écarté de la nonciature apostolique au Mexique parce qu’il s’opposait aux directives de la Secrétairerie d’État, qui visaient à dissimuler les graves accusations portées contre Marcial Maciel.

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Cdl. Angelo Sodano

Je l’ai dit au pape pour qu’il prenne en compte et éventuellement répare l’injustice dont Abp Mullor avait souffert en refusant de se compromettre, en restant fidèle à la vérité par amour de l’Église. Et c’est cette vérité que je réaffirme ici, afin d’honorer ce fidèle serviteur du Saint-Siège, sur la tombe duquel, dans la cathédrale d’Almeria, en Espagne, j’ai offert une Sainte Messe pour le repos de son âme.

Dans mon premier témoignage [en août 2018], j’ai déjà écrit que le premier responsable de la dissimulation des méfaits de Maciel était le secrétaire d’État de l’époque, le cardinal Angelo Sodano. La récente acceptation de sa démission en tant que doyen du collège des cardinaux [le 21 décembre 2019] est liée à son implication dans l’affaire Maciel.

En plus d’avoir protégé Maciel, Sodano n’est certainement pas étranger à la façon dont McCarrick a été promu. … En même temps, il est juste de reconnaître que le Cdl Francis Arinze a eu le mérite d’être opposé, lorsqu’il était membre de la Congrégation pour la doctrine de la foi, à la dissimulation de l’affaire Maciel.


Francis a déclaré à plusieurs reprises et de façon obsessionnelle que la cause de la crise des abus sexuels est un “cléricalisme” vaguement défini, afin d’éviter de dénoncer le fléau de l’homosexualité. Et pourtant, il fait ici preuve d’un cléricalisme sans scrupules.


Malheureusement pour le commandant Sandri, il s’est également laissé impliquer par Sodano dans l’opération visant à dissimuler les horribles méfaits de Maciel. Afin de remplacer l’abbé Mullor comme nonce à Mexico, Sodano devait nommer quelqu’un en qui il pouvait avoir entièrement confiance. Sandri avait déjà fait ses preuves en tant qu’assesseur du secrétaire d’État. Au moment de sa nomination à Mexico, il était nonce au Venezuela depuis un peu plus de deux ans.

Je suis devenu le témoin direct de ces manœuvres louches, que ceux qui les dirigeaient qualifiaient de simples mouvements de personnel normaux, à la suite d’une conversation qu’ils ont eue le 25 janvier 2000, en la fête de la conversion de Saint Paul, alors que nous nous rendions à la Basilique de Saint Paul hors les murs pour la clôture de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens. Le lien entre les dates de ces transferts est extrêmement significatif : le 19 janvier 2000, l’abbé Giorgio Zur a été transféré à Moscou après seulement un an en tant que président de l’Académie ecclésiastique pontificale ; le 11 février 2000, l’abbé Justo Mullor a été nommé président de l’Académie ecclésiastique pontificale, alors qu’il n’était au Mexique que depuis deux ans et demi ; le 1er mars 2000, l’abbé Sandri a été transféré au Mexique après seulement deux ans au Venezuela. Six mois plus tard, le 16 septembre 2000, Sandri a été promu au poste de suppléant de la Secrétairerie d’État, en tant que bras droit de Sodano.

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L’homo-prédateur prolifique Marcial Maciel (Gauche)

Les Légionnaires du Christ n’ont pas manqué de montrer leur gratitude à Sandri. J’étais présent à un déjeuner organisé dans l’atrium de la salle d’audience Paul VI en l’honneur des nouveaux cardinaux qui venaient d’être créés au consistoire du 24 novembre 2007, dont Sandri. J’ai été déconcerté lorsque Sandri m’a dit ce qu’il allait dire au pape Benoît peu de temps après : “Saint-Père, excusez-moi si je ne reste pas pour le déjeuner, mais j’ai 500 invités qui m’attendent aux Légionnaires du Christ.”

Francis a déclaré à plusieurs reprises et de façon obsessionnelle que la cause de la crise des abus sexuels est un “cléricalisme” vaguement défini, afin d’éviter de dénoncer le fléau de l’homosexualité. Et pourtant, il fait ici preuve d’un cléricalisme sans scrupules, celui-là même dont il a accusé tant d’autres personnes : En mai 2018, il a promu Sandri au rang de cardinal-prêtre, et un mois plus tard au rang de cardinal-évêque, afin de pouvoir approuver sa nomination au poste de vice-doyen du Collège des cardinaux. C’est lui qui a été choisi à l’avance par François pour présider le prochain conclave.

Les fidèles ont le droit de connaître ces sordides intrigues d’une cour corrompue. Au cœur de l’Église, on semble voir l’ombre de la synagogue de Satan (Apocalypse 2:9).

Publié à l’origine sur le blog de Marco Tosatti.