Un holocauste de proportions bibliques

Ceux qui contrôlent le discours public juif interdisent à quiconque d’exprimer la possibilité que la persécution des juifs puisse avoir certaines causes dans des actes juifs. Comme les Juifs sont, par définition, irréprochables, la violence nazie contre eux était gratuite et donc une manifestation du mal pur et métaphysique : la mèche de cheveux d’Hitler et sa moustache ont remplacé les cornes et la queue du diable comme iconographie populaire.

Dans le domaine de la mythologie, tout est possible. L’imagination des mythographes est la limite. Avec l’Holocauste, même l’inimaginable, l’absurde, l’impossible, le miraculeux doit être cru. Voici, par exemple, comment le célèbre professeur Simon Baron-Cohen – un homme sérieux comparé à son cousin, l’acteur Sacha Baron Cohen – commence son livre « The Science of Evil : On Empathy and the Origins of Cruelty », publié en 2011 par Basic Books :

Quand j’avais sept ans, mon père m’a dit que les nazis avaient transformé les Juifs en abat-jour. Juste un de ces commentaires que vous entendez une fois, et dont la pensée ne s’en va jamais. Pour l’esprit d’un enfant (même d’un adulte), ces deux types de choses ne vont tout simplement pas ensemble. Il m’a aussi dit que les nazis avaient transformé les Juifs en pains de savon. Cela semble incroyable, mais c’est pourtant vrai. Je savais que notre famille était juive, donc cette image de transformer les gens en objets semblait un peu me viser personnellement. Mon père m’a aussi parlé d’une de ses anciennes petites amies, Ruth Goldblatt, dont la mère avait survécu à un camp de concentration. Il avait été présenté à la mère et avait été choqué de découvrir que ses mains étaient inversées. Les scientifiques nazis avaient coupé les mains de Mme Goldblatt, les avaient retournées et les avaient cousues de nouveau de sorte que si elle avait baissé les paumes de ses mains, ses pouces étaient à l’extérieur et ses petits doigts étaient à l’intérieur. Ce n’est qu’une des nombreuses « expériences » qu’ils ont menées. Je me suis rendu compte qu’il y avait un paradoxe au cœur de la nature humaine – les gens pouvaient objectiver les autres – que mon jeune esprit n’était pas encore prêt à comprendre. (…) Aujourd’hui, près d’un demi-siècle après les révélations de mon père sur les comportements humains extrêmes, mon esprit est toujours tendu vers la même question unique : Comment comprendre la cruauté humaine ?36

Contre ceux qui osent soulever des questions de crédibilité, Primo Levi, dont les mémoires « Si c’est un homme » (1947) est (Wikipédia français) considéré comme un pilier de la littérature de l’Holocauste, avec « Nuit » d’Elie Wiesel et « Le Journal d’Anne Frank », a apporté une réponse imparable. Il a écrit dans « Les Naufragés et les rescapés » comment « les SS trouvaient plaisir à en avertir cyniquement les prisonniers » :

De quelque façon que cette guerre finisse, nous l’avons déjà gagnée contre vous ; aucun d’entre vous ne restera pour porter témoignage, mais même si quelques-uns en réchappaient, le monde ne les croira pas. Peut-être y aura-t-il des soupçons, des discussions, des recherches faites par les historiens, mais il n’y aura pas de certitudes parce que nous détruirons les preuves en vous détruisant. Et même s’il devait subsister quelques preuves, et si quelques-uns d’entre vous devaient survivre, les gens diront que les faits que vous racontez sont trop monstrueux pour être crus : ils diront que ce sont des exagérations de la propagande alliée, et ils nous croiront, nous qui nierons tout, et pas vous. L’histoire des Lager, c’est nous qui la dicterons.37

L’Holocauste est maintenant une religion, qui exige la foi et interdit la recherche critique. Pour les Juifs, c’est un substitut efficace au culte de Yahvé. « La religion juive est morte il y a 200 ans. Maintenant, il n’y a rien qui unifie les Juifs du monde entier à part l’Holocauste », a fait remarquer un jour Yeshayahu Leibowitz38. Un sondage Pew Research de 2013 sur le thème « Un portrait des juifs américains » montre qu’à la question « Qu’est-ce qui est essentiel pour être juif ? »« Se souvenir de l’Holocauste » vient en premier pour 73% des répondants, avant « Se soucier d’Israël » et « Observer les lois juives »39.

L’Holocauste est un dieu jaloux. Il n’y pas de musée de la guerre du Vietnam aux États-Unis. Aux Ukrainiens qui voulaient commémorer l’« Holodomor«  – la mort de 7 à 8 millions d’entre eux en 1932-1933 par une famine délibérément provoquée contre les koulaks résistant à la collectivisation – le président israélien Shimon Peres a conseillé, lors de sa visite à Kiev le 25 novembre 2010 : « Oubliez l’Histoire. »40

L’Holocauste est éternel. « Aujourd’hui, nous sommes confrontés, purement et simplement, à un danger d’anéantissement. […] Les gens pensent que la Shoah est terminée mais ce n’est pas le cas. Elle continue tout le temps », proclamait Benzion Netanyahu, le père du Premier ministre israélien41. En Israël, explique Idith Zertal, « Auschwitz n’est pas un événement passé mais un présent menaçant et une option constante »42.

L’Holocauste n’est pas seulement une religion pour les Juifs. Dans certains pays européens comme la France, elle devient une religion d’Etat : le culte est obligatoire à l’école et le blasphème est sévèrement puni. Mais même si le monde entier « se souvient presque quotidiennement de l’Holocauste », tous les hommes ne sont pas égaux dans ce culte. Tout comme Yahvé a séparé le peuple élu du reste de l’humanité, l’Holocauste trace une ligne de démarcation entre les victimes – « le peuple choisi pour la haine universelle », selon les mots de Pinsker43 – et leurs bourreaux – potentiellement le reste du monde. Ainsi, le culte de l’Holocauste s’avère être fonctionnellement interchangeable avec le Yahvisme antique : sa fonction première est d’aliéner les Juifs de l’humanité, de les exiler dans leur exception morbide, et en même temps de les terroriser pour les soumettre à leurs élites. Alors qu’on disait aux Juifs dans le Tanakh de « craindre Yahvé », on les exhorte maintenant à craindre l’Holocauste.

Laurent Guyénot, Historien, est l’auteur de De Yahvé à Sion : Dieu jaloux, peuple élu, terre promise… Le choc des civilisations, 2018 , et JFK-9/11 : 50 ans de Deep State, presse progressiste, 2014

Traduit par Hervé, relu par Marcel pour le Saker Francophone

Notes

 
  1. Abraham Herschel, Israel: An Echo of Eternity, Doubleday, 1969, p. 115 
  2. Harry Waton, A Program for the Jews and an Answer to All Anti-Semites, 1939 (archive.org), p. 48 
  3. Jeffrey Herf, The Jewish Enemy : Nazi Propaganda During World War II and the Holocaust, Harvard UP, 2006, p. 39 
  4. Cité dans Florent Brayard, La « solution finale de la question juive », Fayard, 2004 
  5. Jeffrey Herf, The Jewish Enemy, op. cit. p. 78 
  6. Reb Moshe Shonfeld, The Holocaust Victims Accuse : Documents and Testimony of Jewish War Criminals, Bnei Yeshivos, 1977, p. 24 
  7. Alan Hart, sionisme : The Real Enemy of the Jews, vol. 1 : The False Messiah, Clarity Press, 2009, p. 164 
  8. Theodore Kaufman, Germany Must Perish, Argyle Press, 1941 (archive.org), p. 30 
  9. « Hitler ne sera rien d’autre qu’un bouton de rose », dit l’auteur de « Germany Must Perish / L’Allemagne doit périr », The Canadian Jewish Chronicle, 26 septembre 1941, cité dans Brandon Martinez, Grand Deceptions: Zionist Intrigue in the 20th and 21st Centuries, Progressive Press, 2014, kindle, k. 226 
  10. Louis Nizer, What to do with Germany?, Brentano’s, 1944 (archive.org), p. 98-107 
  11. Louis Marschalko, The World Conquerors : The Real War Criminals, 1958 (archive.org), p. 105 
  12. Cité dans David Irving, Nuremberg : The Last Battle, Focal Point, 1996, p. 20 
  13. John Mulhall, America and the Founding of Israel: An Investigation of the Morality of America’s Role, Deshon, 1995, p. 109 
  14. Complete Diaries of Theodore Herzl (1960), vol. 2, p. 581, cité dans Alan Hart, Zionism, The Real Ennemies of the Jews, vol. 1, The False Messiah, Clarity Press, 2009, p. 163. Les 5 volumes complets des répertoires de Herzl se trouvent sur archive.org 
  15. Lenni Brenner, Le sionisme à l’ère des dictateurs, Lawrence Hill & Co, 1983 
  16. Lucy Dawidowicz, A Holocaust Reader, Behrman House, 1976, p. 150-155 
  17. Cité dans Israel Shahak, Jewish History, Jewish Religion: The Weight of Three Thousand Years, Pluto Press, 1994, p. 86 
  18. Harry Waton, A Program for the Jews, op. cit. p. 54 
  19. Lenni Brenner, 51 Documents: Zionist Collaboration with the Nazis, Barricade Books, 2002, pp. 7-20 
  20. Cité dans Heinz Höhne, The Order of the Death’s Head: The Story of Hitler’s SS, Penguin Books, 2001, p. 133 
  21. Tom Segev, The Seventh Million: The Israelis and the Holocaust, Hill et Wang, 1993 
  22. Hannah Arendt, Eichmann à Jérusalem. Rapport sur la banalité du mal (1963), Gallimard, « Folio/histoire », 1997, p. 136 
  23. Adolf Hitler, Mein Kampf, Reynal & Hitchcock, 1941 (archive.org), pp. 447-448 
  24. Toutes les citations bibliques de la Bible de la Nouvelle Jérusalem, www.catholic.org/bible 
  25. Norman Cantor, The Sacred Chain : The History of the Jews, Harper Perennial, 1995, pp. 55-61 
  26. Karl Budde, Religion of Israel to the Exile, New York, 1899 (archive.org), p. 82 
  27. Benzion Netanyahu, The Founding Fathers of Zionism (1938), Balfour Books, 2012, enflammé 2203-7 
  28. Cité dans Edgar Morin, Le Monde moderne et la question juive, Seuil, 2006 
  29. Jean-Paul Sartre, Réflexions sur la question juive (1946), Gallimard, 1985, p. 183 
  30. Leon Pinsker, Auto-Emancipation : An Appeal to His People by a Russian Jew (1882), sur  https://www.jewishvirtuallibrary.org/jsource/Zionism/pinsker.html 
  31. Henry Miller, Tropic of Cancer, cité dans Josh Lambert, Unclean Lips : Obscenity, Jews, and American Culture, New York UP, 2013, p. 125 
  32. J’ai confondu les deux récits presque identiques du même épisode dans 2 Samuel 12:31 et 1 Chroniques 20:3 
  33. Yosef Hayim Yerushalmi, Zakhor : Jewish History and Jewish Memory (1982), University of Washington Press, 2011, p. 530-35 et 1846-78 
  34. Norman Finkelstein, The Holocaust Industry: Reflections on the Exploitation of Jewish Suffering, Verso, 2014, p. 47 
  35. Cité dans Tim Cole, Selling the Holocaust : From Auschwitz to Schindler: How History is Bought, Packaged, and Sold, Routledge, 1999, p. 16 
  36. Simon Baron-Cohen, The Science of Evil : On Empathy and the Origins of Cruelty, Basic Books, 2011. Ce passage est tiré de l’édition kindle (108-150), et peut également être lu sur l’édition en ligne sur archive.org, ou en « regardant à l’intérieur » sur Amazon l’édition intitulée Zero Degrees of Empathy chez Penguin. Mais, comme j’ai eu du mal à croire ce que j’ai lu, j’ai aussi « consulté » d’autres éditions d’Amazon, et j’ai eu la surprise de voir que l’auteur a modifié ce passage dans une nouvelle édition 2012 de Basic Books, en supprimant la phrase « ça semble incroyable, mais c’est vrai », et en requalifiant les histoires de savons et abat-jour en « rumeurs ». Pourtant, il s’en tient à sa croyance dans le miracle chirurgical des mains inversées. Ce passage est même reproduit, sous une forme légèrement modifiée, dans le New York Times 
  37. Primo Levi, Les Naufragés et les rescapés. Quarante ans après Auschwitz, Gallimard, 1989, p. 11 
  38. Rapporté par Uri Avnery en 2005, cité dans Gilad Atzmon, The Wandering Who ? A Study of Jewish Identity Politics, Zero Books, 2011, pp. 161-162 
  39. « A Portrait of Jewish Americans », sur www.pewforum.org 
  40. Alexander Motyl, « Ukrainians and Jews… », 15 avril 2011, worldaffairsjournal.org 
  41. Cité dans Alan Hart, Zionism : The Real Enemy of the Jews, vol. 3 : Conflict Without End ? Clarity Press, 2010, p. 364 
  42. Idith Zertal, Israel’s Holocaust and the Politics of Nationhood, Cambridge University Press, 2010, p. 4 
  43. Leon Pinsker, Auto-Emancipation, op. cit. sur http://www.jewishvirtuallibrary.org/jsource/Zionism/pinsker.html