Un EXORCISTE ITALIEN : LA MENTALITÉ SATANISTE DEVIENT NORMALE PARMI LES JEUNES

par Jules Gomes ChurchMilitant

L’activité démoniaque agressive comble le vide laissé par la sécularisation

Un exorciste chevronné signale qu’une épidémie de satanisme agressif menant à la violence chez les jeunes pourrait entraîner l’effondrement de la société.

” Alors que le satanisme et les pratiques occultes deviennent de plus en plus normaux chez les jeunes “, une mentalité violente qui est ” très, très dangereuse pour notre société ” s’accélère, le prêtre dominicain Fr. François Dermine met en garde.

” Ce n’est pas seulement une vague peur, c’est un risque très concret. Nous ne devons pas le sous-estimer, car la violence chez les jeunes est de plus en plus diffuse”, a déclaré à Crux l’exorciste de l’archidiocèse italien d’Ancône-Osimo.

En s’adonnant très tôt à l’occultisme, les enfants et les jeunes risquent d’acquérir “une mentalité sataniste” qui résulte d’une familiarité avec le monde démoniaque. Une telle familiarité avec le satanisme devient normale à un certain moment.

Et quand il le fait, ” ils risquent de passer de la culture aux actes. Ils peuvent eux-mêmes devenir très facilement le mal”, prévient Dermine, qui s’occupe du ministère de l’exorcisme depuis un quart de siècle.
L’exorciste attribue la contagion du “satanisme agressif” à la sécularisation, à la désintégration des familles et à la promotion de la littérature démoniaque et des jeux vidéo chez les enfants.


Comme le satanisme devient de plus en plus normal chez les jeunes, une mentalité violente s’accélère.


” La sécularisation laisse un vide “, a-t-il dit, expliquant qu’à côté de cela se trouve ” une sorte de vide spirituel, idéologique et aussi culturel “. Les jeunes n’ont rien pour satisfaire leurs besoins spirituels et profonds. Ils ont soif de quelque chose, et l’Église n’est plus attirante”.

Les jeunes ne voient plus l’Église, vieillissante et criblée de scandales, comme une alternative valable dans la société occidentale, a noté Dermine, “alors ils essaient de trouver quelque chose ailleurs”. Ce quelque chose est, bien souvent, le monde démoniaque”.

L’éclatement de la famille laisse les enfants dans l’insécurité, dans des environnements instables et sans points de référence fiables, et donc quand “les enfants sont laissés seuls, ils sont déstabilisés et n’ont aucune défense”.

La situation s’aggrave lorsque les pairs les invitent à se joindre à une activité occulte, ” surtout avec la promesse que le diable leur donnera du pouvoir en échange de leur loyauté “, a observé Dermine.

” Si [les enfants] ont reçu de l’amour dans leurs propres familles, il serait beaucoup plus difficile de suivre ce genre d’idéologies ” et ” beaucoup plus difficile de pénétrer leur esprit “, a-t-il dit, expliquant comment, sans un arrière-plan stable, les enfants sont attirés par l’activité satanique en partie par désir de surmonter leurs peurs, et aussi comme un moyen de rompre avec les ” vieilles façons ” de faire les choses dans le passé.

L’exposition à Internet a fait monter les enjeux de façon exponentielle et les jeux vidéo et les jeux scolaires sont maintenant remplis de références explicites au démon, a fait remarquer Dermine, citant le jeu ” Charlie, Charlie Challenge ” dans lequel les enfants croisent deux crayons sur une grille avec des secteurs marquant ” oui ” ou ” non ” et demandent à un démon mexicain, ” Charlie “, de répondre aux questions qu’ils posent.

En 2015, le magazine Time a qualifié Charlie Charlie Challenge de ” dernière lubie Internet ” et de ” chose amusante que les enfants font de nos jours “, même s’il a admis les ” origines troubles ” du jeu. Le journal britannique de gauche Independent a écarté l’aspect surnaturel du jeu, estimant qu’il trouvait sa source dans la “gravité” plutôt que dans “un esprit mexicain malin”.

Mais de nombreux participants ont affirmé que le jeu implique effectivement que le crayon bouge tout seul, auquel cas l’activité, selon les critiques, consisterait à invoquer des démons et à s’ouvrir au diabolique.

ImageL’exorciste a également cité le Livre des Démons des Enfants comme exemple de la normalisation du satanisme. Publié en mai 2019, ce livre s’adresse aux enfants de 5 à 10 ans. Son illustrateur est Aaron Leighton, un promoteur connu des pratiques occultes, qui a dessiné des images colorées de 20 démons différents et enseigne aux enfants le sigle, ou symbole magique, des démons et comment les invoquer.

Une revue note que le livre est ” essentiellement un grimoire [un manuel de sorcellerie pour invoquer les démons et l’esprit des morts] pour les enfants. Il contient 72 démons qui peuvent être invoqués par les enfants pour leur bénéfice personnel”.

Leighton écrit son résumé du livre :

Vous ne voulez pas sortir les poubelles ce soir ? Peut-être que tu nages dans les devoirs ? Peut-être que cette grosse brute est un vrai boulet ? Prends tes crayons de couleur et tes talents de dessinateur et appelle des démons ! Mais attention, même si ces esprits sont plus bêtes qu’effrayants, ce sont quand même des démons.

Les prédictions de Dermine ont provoqué une réaction hostile dans certains médias grand public.

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Fr. François Dermine

Newsweek cite le co-fondateur du Temple satanique, Lucien Greaves, attaquant le ministère de délivrance de l’exorciste comme étant “arriéré”, “nuisible” et montrant “une remarquable et impénitente ignorance délibérée de l’horrible histoire récente de l’abus des enfants, accumulée par l’Église moralement en faillite qu’il représente”.

Greaves défend aussi le “satanisme moderne” comme étant “de nature non théiste”, appelant le Temple satanique “incontestablement plus moral que l’Église catholique”.

En mai, Dermine a dit que la tentation, et non la possession, est l’activité démoniaque la plus importante.

Dermine, qui est Canadien français, a vécu en Italie depuis peu de temps avant son ordination sacerdotale en 1979.