Le cardinal Zen écrit à tous les cardinaux du monde pour mettre en garde contre le “meurtre de l’Eglise en Chine”

INFOVATICANA – Par Fernando Beltran

« Pouvons-nous assister passivement à ce meurtre de l’Église en Chine pour ceux qui devraient la protéger et la défendre contre les ennemis ? »

Le cardinal Zen a envoyé une lettre à tous les cardinaux du monde, dans laquelle il expose le problème de l’accord secret entre le Vatican et le Parti Communiste de Chine.

Cette question, dit le cardinal chinois, ” ne concerne pas seulement l’Église en Chine, mais l’Église tout entière. Et nous, les cardinaux, avons l’immense responsabilité d’aider le Saint-Père à guider l’Église.

InfoVaticana a eu accès à la missive, que nous vous proposons ci-dessous. La lettre a comme annexes la Dubia du Cardinal Zen, publiée en juillet, et les directives publiées en juin par le Saint-Siège :

Eminence,

Je m’excuse des inconvénients que cette lettre peut vous causer ; mais en conscience, je crois que le problème que j’aborde concerne non seulement l’Église en Chine, mais l’Église tout entière. Et nous, les cardinaux, avons l’immense responsabilité d’aider le Saint-Père à guider l’Église.

Eh bien, d’après mon analyse du Document du Saint-Siège (28/6/19) “Orientamenti pastorali circa la registrazione civile del Clero in Cina”, il est tout à fait clair qu’il pousse les fidèles en Chine à entrer dans une Eglise schismatique (indépendante du Pape et aux ordres du Parti Communiste).

Le 1er juillet, j’ai présenté ma “dubia” au Pape. Sa Sainteté m’a promis le 3 juillet de s’y intéresser, mais à ce jour je n’ai toujours rien entendu.

Le cardinal Parolin dit que lorsque nous parlons aujourd’hui de l’Église indépendante, cette indépendance ne doit pas être comprise comme absolue, car l’accord reconnaît le rôle du pape dans l’Église catholique.

Tout d’abord, je ne peux pas croire que cette déclaration existe dans l’accord si je ne la vois pas (entre autres choses, pourquoi cet accord devrait-il être gardé secret et moi, un cardinal chinois, je ne peux pas le voir) ; mais, ce qui est encore plus évident, toute la réalité après la signature de l’accord montre que rien n’a changé, au contraire ?

Le cardinal Parolin cite une phrase de la lettre du pape Benoît, la sortant totalement de son contexte ; en effet, elle est diamétralement opposée à tout le paragraphe.

Cette manipulation de la pensée du pape émérite est un grave manque de respect ; ou plutôt, c’est une insulte déplorable à la personne du doux et doux pape, qui est encore en vie.

Je suis également dégoûté qu’ils déclarent souvent que ce qu’ils font est en continuité avec la pensée de l’ancien pape, alors que c’est le contraire qui est vrai. J’ai toutes les raisons de croire (et j’espère pouvoir le prouver un jour avec des documents d’archives) que l’accord signé est le même que celui que le pape Benoît a un jour refusé de signer.Chère Éminence, pouvons-nous assister passivement à ce meurtre de l’Église en Chine par ceux qui devraient la protéger et la défendre de ses ennemis ?

Il vous supplie, à genoux, son frère

Le Cardinal Joseph ZEN, S.D.B.

La “Dubia” du Cardinal Zen sur les orientations pastorales du Saint-Siège concernant l’enregistrement civil du clergé en Chine

(mis à jour le 8 juillet 2019)


Tout d’abord, il semble étrange que le “Saint-Siège” émette un document aussi important sans préciser de quel dicastère il provient et sans ajouter la signature de l’autorité responsable.


Aux paragraphes 1 et 2, le document expose le problème et la ligne générale de solution.


1. Le problème est que le gouvernement nie ses promesses de respecter la doctrine catholique et, dans le registre civil du clergé, exige presque toujours l’acceptation du principe de l’indépendance, de l’autonomie et de l’auto-administration de l’Église en Chine (il faut compléter cela par ce que dit la lettre du Pape Benoît XVI au point 7, 8 : “… adopter des attitudes, faire des gestes et assumer des engagements qui sont contraires aux diktats de leur conscience de catholiques”).


2. Face à une situation complexe qui n’est pas toujours la même partout, le Saint-Siège propose une ligne d’action générale :


d’une part, il n’a pas l’intention de forcer les consciences et demande donc (en omettant de dire explicitement “au gouvernement”) que la conscience catholique soit respectée ;


D’autre part, elle pose comme principe général que ” la clandestinité ne fait pas partie de la vie normale de l’Église ” (lettre du pape Benoît 8.10), c’est-à-dire qu’il est normal de la quitter.


En ce qui concerne la citation de la lettre du pape Benoît au point 8.10, je me permets de transcrire presque tout le paragraphe :

(a) “Certains d’entre eux [les évêques], ne voulant pas se soumettre à un contrôle indu sur la vie de l’Église, et désireux de maintenir leur pleine fidélité au Successeur de Pierre et à la doctrine catholique, ont été forcés de se consacrer clandestinement” ;

(b) “La clandestinité ne fait pas partie de la vie normale de l’Église” ;

(c) ” L’histoire montre que les pasteurs et les fidèles n’y ont recours [à la clandestinité] que dans le désir, longtemps éprouvé, de maintenir l’intégrité de leur foi ;

(d) “N’acceptez pas l’ingérence des organismes d’État dans ce qui affecte la vie intime de l’Église”.

Le Père Jeroom Heyndrickx et le Cardinal Parolin aiment à ne citer que la partie (b) ; le Pape François (dans son message du 26 septembre 2018) a également ajouté la partie (c) ; mais il me semble que les parties (a) et (d) sont également importantes.

Le paragraphe montre clairement que l’absence de normalité n’est pas un choix des clandestins, mais que ce choix est inévitable. Ce qui est anormal, c’est la situation ! Cette situation a-t-elle changé aujourd’hui ?

3. Le long paragraphe 3 tente de prouver que ce qui est suggéré au paragraphe 5 est justifié.

Premier test : la Constitution garantit la liberté de religion.

Je demande : Mais que nous dit la longue histoire de la persécution, malgré la Constitution ?

Deuxième test : Après l’Accord, il est ” logique ” que l’indépendance ne soit plus comprise comme une indépendance absolue, mais seulement dans la sphère politique.

Tout d’abord, si je ne vois pas le texte de l’accord, j’ai du mal à croire qu’ils aient réellement reconnu le rôle particulier du “successeur de Pierre”.

En outre, je demande : y a-t-il quelque chose de logique dans les systèmes totalitaires ? La seule logique est, comme l’a dit Deng Xiaoping, qu'” un chat blanc est la même chose qu’un chat noir “, tant qu’il sert les objectifs de la Partie.

Immédiatement après l’Accord, rien n’a changé dans la politique religieuse du Parti, tout a été officiellement réaffirmé et les faits le prouvent.

Troisième test : le contexte du dialogue ” consolidé “.

Je demande : mais le document ne reconnaît-il pas que le gouvernement est revenu sur ses promesses, comme indiqué au premier paragraphe et au paragraphe 9 de ce document ?

Quatrième test : Tous les évêques sont légitimés.

Cela ne fait que montrer l’infinie générosité du Pape ou peut-être la pression toute-puissante du gouvernement, mais dans les pardonnés et les ” récompensés “, nous ne voyons aucun changement, aucun signe de repentance, mais des actes clairs de triomphe audacieux, tandis qu’ils rient de ceux qui parient sur le mauvais cheval.

4. Le paragraphe 4 indique que les raisons susmentionnées justifient une nouvelle attitude. Au moins ici, il est honnêtement déclaré que ce qui est proposé est une nouveauté, et n’est donc pas une continuation du passé, mais nie le passé comme déjà passé, c’est-à-dire comme n’étant plus valable.

On dit aussi que le Saint-Siège cherche une formule pour s’entendre avec le gouvernement (et faire d’une pierre deux coups).

Mais nous nous demandons : “Une formule” ? Ce que le gouvernement demande n’est pas une déclaration de théorie : c’est tout un système, un régime dans lequel il n’y aura plus de liberté pastorale, et dans lequel les ordres du Parti seront suivis, y compris l’interdiction pour les moins de 18 ans de participer à toute activité religieuse.

5. Au paragraphe 5 se trouvent les véritables orientations pastorales. En bref : que tout ce que le gouvernement demande soit signé, éventuellement avec une clarification écrite qui nie par la suite ce qui est signé. Si la clarification écrite n’est pas possible, elle doit être faite verbalement, avec ou sans témoin. Il suffit qu’il y ait l’intention de ne pas avoir accepté en conscience ce qui a effectivement été signé.

Un texte est signé contre la foi et il est déclaré que l’intention est de favoriser le bien de la communauté, une évangélisation plus adéquate, la gestion responsable des biens de l’Église.

Cette règle générale est, bien sûr, contraire à tout principe de moralité. Si elle était acceptée, elle justifierait l’apostasie.

6. Au paragraphe 6, il est dit que le Saint-Siège comprend et respecte ceux qui, en conscience, n’acceptent pas la règle ci-dessus.

Évidemment, c’est faire preuve de compassion envers une minorité ” têtue ” qui n’est pas encore capable de comprendre la nouvelle règle. Leur attitude est erronée, mais le Saint-Siège la tolère de façon “provisoire”.

7. Le paragraphe 7 parle de certains devoirs des évêques, en citant un document qui n’a rien à voir avec notre question.

8. Le paragraphe 8 dit que les fidèles accueillent favorablement la décision de leurs pasteurs. Qu’est-ce que cela signifie ? Qu’ils n’ont pas de liberté de choix individuelle ? Et que leur conscience ne doit pas être respectée ?

Aux frères qui me demandent quoi faire, je donne toujours cette réponse : qu’ils respectent les choix des autres et restent fermes dans la conviction de leur propre conscience. C’est parce que je n’ai pas l’autorité de juger les autres sur ce qui est bien ou mal.

Mais le Saint-Siège n’a-t-il pas l’autorité et donc le devoir de faire comprendre aux membres de l’Église ce qui est bien et ce qui est mal ? L’a-t-il fait avec ces ” Orientations ” ? Devons-nous encourager l’abandon du secret et tolérer d’y rester ? Les évêques et les prêtres peuvent-ils choisir et les fidèles non ?

9. Au paragraphe 9, il est dit que le Saint-Siège, entre-temps, demande (et omet à nouveau l’expression ” au gouvernement “) qu’aucune pression intimidante ne soit exercée sur les communautés catholiques non officielles, comme cela s’est déjà produit.

(Le fait de ne pas mentionner le mot “gouvernement” est presque comme la révérence traditionnelle pour ne pas mentionner le nom de l’empereur)

Enfin, il est recommandé à chacun de discerner la volonté de Dieu avec ” patience et humilité “. Mais je me demande : où est passée la fermeté dans la foi ?

On dit ensuite que ” le cheminement actuel, malgré les difficultés, est aussi marqué par de nombreux espoirs “. Il me semble plutôt que les événements détruisent tous les fondements de l’espoir humain. Quant à l’espérance en Dieu, elle ne peut jamais être séparée de la volonté sincère de souffrir aussi selon sa volonté.

Conclusion

Ce document a radicalement inversé ce qui est normal et ce qui est anormal, ce qui est nécessaire et ce qui doit être toléré.

L’espoir de ses écrivains est peut-être que la minorité pitoyable mourra de mort naturelle. Par cette minorité, j’entends non seulement les prêtres clandestins (qui depuis un certain temps n’ont plus d’évêques à la mort des personnes âgées, et plus de délégués, car l’évêque officiel du diocèse est déjà légitime), mais aussi de nombreux frères de la communauté officielle qui, avec une grande ténacité, ont travaillé pour un changement, faisant confiance au soutien du Saint-Siège, étant au contraire poussés à accepter la soumission au gouvernement, ridiculisés par les vainqueurs opportunistes.

Que le Seigneur ne permette pas l’accomplissement de ces désirs, de ceux qui veulent la mort de la vraie foi dans mon pays bien-aimé. Seigneur, aie pitié !

Directives pastorales du Saint-Siège sur l’enregistrement civil du clergé en Chine, 28 juin 2019

Depuis quelque temps, des évêques du continent demandent au Saint-Siège quelle attitude ils devraient adopter face à l’obligation de présenter une demande d’enregistrement à l’état civil. A cet égard, comme on le sait, de nombreux Pasteurs restent profondément perplexes car la forme d’un tel enregistrement – obligatoire selon la nouvelle réglementation sur les activités religieuses, sous peine de ne pas pouvoir agir pastoralement – implique presque toujours la signature d’un document dans lequel, malgré l’engagement pris par les autorités chinoises de respecter également la doctrine catholique, il faut déclarer l’acceptation, entre autres, du principe d’indépendance, d’autonomie et d’auto-administration de l’Eglise en Chine.

La complexité de la réalité en Chine et le fait qu’il ne semble pas y avoir une seule pratique dans le pays pour l’application des règlements sur les affaires religieuses rendent particulièrement difficile de se prononcer sur cette question. Le Saint-Siège, d’une part, ne veut pas forcer la conscience de qui que ce soit. D’autre part, elle considère que l’expérience de la clandestinité ne fait pas partie de la norme de la vie de l’Église, et que l’histoire a montré que les pasteurs et les fidèles n’y ont recours qu’avec le désir durable de maintenir intacte leur foi (cf. n. 8 de la lettre de Benoît XVI aux catholiques chinois du 27 mai 2007). Pour cette raison, le Saint-Siège continue à demander que l’enregistrement civil du clergé soit effectué avec la garantie du respect de la conscience et des profondes convictions catholiques des personnes concernées. C’est seulement de cette façon, en effet, qu’il est possible de promouvoir à la fois l’unité de l’Église et la contribution des catholiques au bien de la société chinoise.

En ce qui concerne l’évaluation de l’éventuelle déclaration à signer au moment de l’enregistrement, il faut tout d’abord garder à l’esprit que la Constitution de la République populaire de Chine déclare formellement la protection de la liberté religieuse (article 36). Deuxièmement, l’Accord intérimaire du 22 septembre 2018, reconnaissant le rôle particulier du Successeur de Pierre, conduit logiquement le Saint-Siège à comprendre et à interpréter l'”indépendance” de l’Église catholique en Chine non pas dans un sens absolu, c’est-à-dire comme une séparation du Pape et de l’Église universelle, mais plutôt dans la sphère politique, selon ce qui se passe dans toutes les parties du monde dans les relations entre le Pape et une Église particulière ou entre des Églises particulières. De plus, affirmer que dans l’identité catholique il ne peut y avoir de séparation d’avec le Successeur de Pierre ne signifie pas vouloir faire d’une Église spécifique un corps étranger à la société et à la culture du pays dans lequel elle vit et agit. Troisièmement, le contexte actuel des relations entre la Chine et le Saint-Siège, caractérisé par un dialogue consolidé entre les deux parties, est différent de celui qui a vu la naissance des corps patriotiques dans les années 1950. Quatrièmement, nous devons ajouter le fait très important que, au cours des années, de nombreux évêques ordonnés sans mandat apostolique ont demandé et obtenu la réconciliation avec le Successeur de Pierre, de sorte que tous les évêques chinois sont aujourd’hui en communion avec le Siège Apostolique et désirent une intégration toujours plus grande avec les évêques catholiques du monde entier.

Face à ces faits, il est légitime d’attendre de tous une attitude nouvelle, même face à des questions pratiques concernant la vie de l’Église. Pour sa part, le Saint-Siège poursuit son dialogue avec les autorités chinoises sur l’enregistrement civil des évêques et des prêtres afin de trouver une formule qui, dans l’acte d’enregistrement, respecte non seulement les lois chinoises mais aussi la doctrine catholique.

En attendant, à la lumière de ce qui précède, si un évêque ou un prêtre décide de procéder à un enregistrement civil, mais que le texte de la déclaration d’enregistrement n’est pas respectueux de la foi catholique, il précisera par écrit au moment de la signature qu’il le fait sans manquer de fidélité aux principes de la doctrine catholique. S’il n’est pas possible de faire cette précision par écrit, le demandeur la fait oralement et, si possible, en présence d’un témoin. En tout état de cause, il convient que le demandeur certifie ultérieurement à son ordinaire l’intention avec laquelle il a enregistré. En fait, cela doit toujours être compris dans le seul but de promouvoir le bien de la communauté diocésaine et sa croissance dans l’esprit de l’unité, ainsi que l’évangélisation adaptée aux nouveaux besoins de la société chinoise et la gestion responsable des biens de l’Église.

En même temps, le Saint-Siège comprend et respecte le choix de ceux qui, en conscience, décident de ne pas faire partie des conditions actuelles. Elle se tient à leurs côtés et demande au Seigneur de les aider à conserver la communion avec leurs frères dans la foi, même face aux épreuves que chacun devra affronter.

L’évêque, pour sa part, “nourrit et manifeste publiquement sa confiance dans les prêtres, en leur manifestant sa loyauté et en les louant s’ils le méritent ; il respecte et fait valoir leurs droits en les défendant contre les critiques sans fondement ; il règle promptement les controverses, afin que des préoccupations prolongées ne viennent pas troubler la charité fraternelle et nuire au ministère pastoral” (Apostolorum Succursores, Directoire pour le ministère pastoral des évêques, 22 février 2004, n. 77).

Il est important, en outre, que même les fidèles laïcs non seulement comprennent la complexité de la situation mentionnée ci-dessus, mais aussi accueillent avec un grand cœur la décision douloureuse prise par leurs pasteurs, quelle qu’elle soit. Que la communauté catholique locale les accompagne dans un esprit de foi, avec prière et affection, en s’abstenant de juger les décisions des autres, en gardant le lien de l’unité et en faisant preuve de miséricorde envers tous.

En tout cas, dans l’espoir de pouvoir arriver, par un dialogue franc et constructif entre les deux parties, comme convenu, à une forme d’enregistrement civil du clergé plus respectueuse de la doctrine catholique et donc de la conscience des personnes concernées, le Saint-Siège demande qu’aucune pression intimidante ne soit exercée contre les communautés catholiques ” non officielles “, comme cela s’est malheureusement déjà produit.

Enfin, le Saint-Siège espère que ces directives pastorales pourront être acceptées par tous comme un moyen d’aider ceux qui doivent prendre des décisions difficiles à s’y conformer dans un esprit de foi et d’unité. Tous – Saint-Siège, évêques, prêtres, religieux et fidèles laïcs – sont appelés à discerner la volonté de Dieu avec patience et humilité dans cette partie du cheminement de l’Église en Chine, marquée par de nombreuses espérances malgré les difficultés constantes.

Du Vatican, le 28 juin 2019, Solennité du Sacré-Cœur de Jésus

Le Saint-Siège