L’Église vend-elle des indulgences?

THE FATIMA CENTER – par Matthew Plese

Beaucoup trop de gens ne comprennent pas les indulgences. D’abord et avant tout, une indulgence ne coûte absolument rien. Elle ne peut être ni achetée ni vendue. L’Église a toujours condamné les groupes qui ont tenté de vendre des indulgences pour un gain monétaire. La vente d’indulgences est condamnée sans équivoque[1].

Que sont les Indulgences ?

Le pape Paul VI a dit : “Une indulgence est une rémission devant Dieu du châtiment temporel dû aux péchés dont la culpabilité a déjà été pardonnée, que le chrétien fidèle qui est dûment disposé obtient sous certaines conditions définies par l’aide de l’Église lorsque, en tant que ministre de la rédemption, elle dispense et applique avec autorité le trésor des satisfactions obtenues par le Christ et les saints” (Indulgentiarum Doctrina 1).

Une indulgence est une suppression de la punition temporelle due au péché. Bien que les péchés soient pardonnés dans la Confession, la punition demeure, qui devrait être accomplie par la purification comme celle accomplie au Purgatoire. Si une indulgence est accomplie et méritée, alors une partie ou la totalité de cette punition est supprimée. Les catéchistes utilisent souvent l’histoire d’un garçon qui frappe une balle de baseball par la fenêtre de son voisin pour expliquer les indulgences. Le voisin pardonne au garçon l’offense – ce qui correspond à notre pardon dans le confessionnal – mais le garçon doit quand même faire une restitution et payer pour une nouvelle fenêtre – ce qui se rapporte à notre besoin de pénitence pour enlever les effets temporels du péché.

Rappelez-vous que les indulgences ne sont possibles que grâce à l’Amour infini de Dieu, parfaitement manifesté sur la Croix. Sans Jésus-Christ, qui a gagné toutes les grâces que nous pouvons recevoir par des indulgences ou autrement, nous n’aurions aucune chance d’être pardonnés et d’obtenir le salut.

Quel mérite l’Église doit-elle accorder aux indulgences ?

La Sainte Mère l’Église possède un trésor infini de mérites qui peuvent être appliqués aux âmes. Ce trésor est composé des mérites des actes antérieurs de ceux qui sont maintenant au Ciel ou qui sont encore sur la Terre dont ils n’avaient pas besoin au moment de leur acte (c’est-à-dire que leurs âmes étaient déjà purifiées de la punition temporelle due au péché). Cet excès n’est pas “perdu” si la personne qui accomplit l’acte en question ne demande pas à Dieu d’appliquer les mérites à quelqu’un en particulier, auquel cas ils restent dans le trésor de l’Église.

Cependant, ces mérites sont petits, en fait infiniment petits, en comparaison avec les mérites gagnés par Notre Seigneur sur la Croix. Par son Sacrifice, Notre Seigneur a gagné pour nous un trésor infini de mérites qu’il confie à son Épouse, l’unique et sainte Église catholique. Ce trésor en tant que tel ne peut jamais s’épuiser. Il n’y a pas lieu de craindre que l’Église ne soit à court de mérites pour nous demander nos actes de complaisance.

Comment les indulgences sont-elles classées ?

Bien qu’il n’y ait en général que deux “sortes” d’indulgences (partielle et plénière), il y a divers termes utilisés pour les classer ou les distinguer. Les termes ecclésiastiques les plus courants comprennent : universelle, locale, perpétuelle, temporaire, plénière et partielle.

Une indulgence universelle est accordée partout dans le monde, tandis qu’une indulgence locale ne s’applique qu’à un lieu ou une région spécifique. Une indulgence perpétuelle est celle qui peut être obtenue à tout moment, tandis qu’une indulgence temporaire n’est disponible que pour certains moments – par exemple, comme certaines indulgences pour les Âmes Saintes en novembre. L’indulgence plénière est la rémission complète de la peine temporelle due au péché, tandis que l’indulgence partielle est la rémission d’une partie seulement de la peine temporelle.

Les indulgences ne remettent (ou ” annulent “, dans un langage plus familier) qu’une certaine quantité de la punition temporelle, dont Dieu seul a connaissance. S’il reste plus de châtiments temporels, il faut plus d’indulgences ou de temps au purgatoire (qui est aussi biblique) pour atteindre la perfection du Ciel.

Il est important de réaliser que bien que beaucoup de cartes saintes et de livres de prières plus anciens indiquent une certaine durée d’indulgence – par exemple, 300 jours d’indulgence partielle – le temps tel que nous le connaissons n’existe pas au Purgatoire ou au Ciel ou en enfer. L’Église n’a jamais enseigné que si une telle prière était dite, la personne obtiendrait ” automatiquement ” 300 jours de congé de son temps de purgatoire. En fin de compte, une indulgence ne fait que réduire le châtiment temporel comme Dieu, dans sa justice et sa miséricorde parfaites, le juge bon. Ces délais ne correspondaient plutôt qu’aux pratiques pénitentielles telles qu’elles étaient communément prescrites par l’Église primitive. Par exemple, les 300 jours d’indulgence correspondraient à 300 jours de jeûne terrestre et de pénitence. Comme cela était si mal compris, la plupart des cartes de prière n’impriment plus ces dates, se référant plutôt aux indulgences comme étant partielles ou plénières.

Le Catéchisme de Saint Pie X sur les Indulgences :

124 Q. Qu’est-ce qu’une Indulgence ?

Une Indulgence est la remise de la peine temporelle due à cause de nos péchés qui ont déjà été pardonnés en ce qui concerne leur culpabilité – une remise accordée par l’Église en dehors du sacrement de Pénitence.

125 Q. De qui l’Eglise a-t-elle reçu le pouvoir d’accorder des Indulgences ?

L’Église a reçu de Jésus-Christ le pouvoir d’accorder des Indulgences.

126 Q. De quelle manière l’Eglise, au moyen des Indulgences, remet-elle ce châtiment temporel ?

L’Eglise par les Indulgences remet ce châtiment temporel en nous appliquant les mérites surabondants de Jésus-Christ, de la Sainte Vierge et des Saints, qui constituent ce qu’on appelle le Trésor de l’Eglise.

127 Q. Qui a le pouvoir d’accorder des Indulgences ?

Le Pape seul a le pouvoir d’accorder des Indulgences dans toute l’Eglise, et l’Evêque dans son propre diocèse, selon la faculté que lui donne le Pape.

128 Q. Combien y a-t-il de sortes d’Indulgences ?

Les Indulgences sont de deux sortes : plénières et partielles.

129 Q. Qu’est-ce qu’une Indulgence plénière ?

Une Indulgence plénière est celle par laquelle on remet toute la punition temporelle due à nos péchés. Ainsi, si quelqu’un devait mourir après avoir obtenu une telle Indulgence, il irait directement au Ciel, étant, comme il est, parfaitement exempt des douleurs du Purgatoire.

130 Q. Qu’est-ce qu’une Indulgence partielle ?

Une Indulgence partielle est celle par laquelle on ne remet qu’une partie de la peine temporelle due à nos péchés.

131 Q. Pourquoi l’Eglise accorde-t-elle des Indulgences ?

En accordant des Indulgences, l’Eglise veut aider notre incapacité à expier tous les châtiments temporels de ce monde, en nous permettant d’obtenir par des œuvres de piété et de charité chrétienne ce que les chrétiens des premiers âges ont gagné par la rigueur des pénitences canoniques.

132 Q. Que signifie une Indulgence de quarante ou cent jours ou de sept ans, et ainsi de suite ?

Par une Indulgence de quarante ou cent jours, ou de sept ans, ou autre, on entend la remise d’une partie de la peine temporelle qui aurait été payée par des pénitences de quarante ou cent jours, ou de sept ans, anciennement prescrites dans l’Église.

133 Q. Quelle valeur devrions-nous accorder aux Indulgences ?

Nous devrions accorder la plus grande valeur aux Indulgences parce que par elles nous satisfaisons la justice de Dieu et obtenons la possession du Ciel plus tôt et plus facilement.

134 Q. Quelles sont les conditions nécessaires pour obtenir les Indulgences ?

Les conditions nécessaires pour obtenir des Indulgences sont : (1) L’état de grâce (au moins à l’achèvement final de l’oeuvre), et l’absence de ces fautes vénielles dont nous voulons annuler la punition ; (2) L’accomplissement de toutes les oeuvres que l’Eglise prescrit pour obtenir l’Indulgence ; (3) L’intention de l’obtenir.

135 Q. Les Indulgences peuvent-elles s’appliquer aussi aux âmes du Purgatoire ?

Oui, les Indulgences peuvent être appliquées aussi aux âmes du purgatoire, quand celui qui les accorde dit qu’elles peuvent être appliquées ainsi.

136 Q. Qu’est-ce qu’un Jubilé ?

Un Jubilé, qui en règle générale est accordé tous les vingt-cinq ans, est une Indulgence Plénière à laquelle sont attachés de nombreux privilèges et concessions spéciales, comme celle de pouvoir obtenir l’absolution de certains péchés réservés et de censures, et la commutation de certains vœux.

Conditions pour toute Indulgence :

La personne doit être en état de grâce par l’accomplissement de l’acte d’indulgence.
La personne doit accomplir toutes les œuvres requises par l’Église pour obtenir l’indulgence.
La personne doit aussi vouloir gagner l’indulgence.
Note : Une indulgence ne peut être appliquée qu’à soi-même ou à quelqu’un qui est décédé. On ne peut pas appliquer une indulgence à quelqu’un d’autre qui vit sur la terre.

Conditions pour les indulgences plénières :

Les conditions ci-dessus ainsi que les suivantes :

On est libre de tout attachement au péché, même des péchés véniels.[2]
On reçoit les sacrements de la Pénitence et de l’Eucharistie (dans les 7 jours avant ou après l’acte indulgent, bien qu’on doive être libre de tout péché mortel au moment où l’acte indulgent est accompli).
On prie aux intentions du Pape (par exemple, il est courant de prier un Notre Père, Je vous salue Marie et Gloire à Dieu ; certains ont l’habitude de prier un Credo des Apôtres, 1 Notre Père, et toute autre prière).
Si une personne ne répond pas aux critères de la plénière mais répond aux critères d’une indulgence partielle, elle obtiendra l’indulgence partielle. L’indulgence plénière ne peut être obtenue qu’une fois par jour, à moins que la personne ne soit en danger de mort. Certaines indulgences, telles que les visites dans un cimetière, ne peuvent s’appliquer qu’aux âmes du Purgatoire.

Conclusion

Tout au long de son histoire, la Sainte Mère l’Eglise a accordé des indulgences (c’est-à-dire la suppression d’une partie de la punition temporelle restant sur l’âme en raison des péchés qui sont pardonnés dans la Confession) pour l’aumône, pour la récitation de prières ou pour divers actes de piété. Mais l’idée que l’Église ait jamais demandé des paiements aux gens comme s’ils achetaient leur entrée au Ciel est une pure fausseté, et ceux qui ont tenté de commettre de tels actes de péchés ont été rapidement condamnés.


[1] https://www.catholic.com/qa/does-the-catholic-church-still-sell-indulgences

[2] Bien qu’une personne puisse encore pécher, comme nous le faisons tous, ou même être encline à un péché habituel, comme utiliser le nom de Dieu en vain, mais tant que l’attachement au péché ou le désir de le commettre est absent de l’âme de la personne, elle serait considérée comme libre de tout attachement au péché. Si cette disposition est d’une manière quelconque moins que parfaite ou si l’une des trois conditions prescrites n’est pas remplie, l’indulgence ne sera que partielle”. (Tiré directement de Enchiridion of Indulgences – Norms and Grants, édition anglaise autorisée, traduit par le Père William T. Barry, C.SS.R., Catholic Book Publishing Co., New York, New York ; de la deuxième édition révisée de l’Enchiridion of Indulgences publiée par la Pénitencier Sacré Apostolique, 1968 et publiée à l’origine par la Libreria Editrice Vaticana, Cité du Vatican)