La gifle papale entendue autour du monde. Pourquoi est-ce une telle affaire?

THE FATIMA CENTER – Chris Ferrara

Lors d’un rassemblement sur la place Saint-Pierre pour la célébration du Nouvel An, le pape François serrait la main de diverses personnes derrière la barricade à la manière d’un politicien qui ” presse la chair ” lors d’une apparition de campagne. Aucune bénédiction papale n’a été administrée, seulement des poignées de main, comme d’habitude.

Une femme manifestement asiatique a fait le signe de croix alors que François descendait la ligne vers elle, espérant et priant évidemment qu’elle puisse avoir un contact avec lui dans un moment. Mais juste au moment où il l’atteignit, François se détourna de la foule. Elle a alors saisi sa main droite et a essayé de le tirer vers elle tout en disant quelque chose qui est difficile à déchiffrer, bien que certains prétendent que c’était une référence à la persécution des catholiques en Chine. François a réagi avec rage, en lui donnant deux gifles et en criant “Mains ! Mains !”, avec un air renfrogné et en colère, qui était bien en vue de la caméra lorsqu’il s’est éloigné.

Comme le montrera une recherche sur Google pour “Pope slaps woman’s hand”, la presse mondiale et YouTube ont explosé avec des reportages et même des parodies instantanées de l’incident, dont celle de l’homme politique italien Matteo Salvini, que Francis a refusé de rencontrer en raison de son opposition à l’immigration illégale massive. Il y a même eu un article dans le New York Times, et une vidéo YouTube liée ci-dessus a été visionnée 3,5 millions de fois en moins de deux jours. Le lendemain, Francis, clairement humilié par la publicité négative mondiale, s’est excusé publiquement pour ” le mauvais exemple d’hier ” lors d’un discours dans lequel, avec une ironie exquise, il a dénoncé les mauvais traitements infligés aux femmes. Mais ce n’est pas la première fois que François dénonce dans d’autres la faute qu’il manifeste lui-même, l’exemple le plus marquant étant ses constantes dénonciations des catholiques pratiquants comme “rigides”, “pharisaïques” et un essaim d’autres insultes, depuis plus de six ans, en même temps qu’il condamne les commérages et le jugement.

Et pourtant, on a trop parlé de cet incident. Vu sous son meilleur jour, nous avons un homme âgé qui a déjà tendance à être grincheux en réagissant avec colère et spontanéité à la grossièreté de la femme. Bien que l’explosion montre une attitude moins que sainte – on peut difficilement imaginer qu’un pape comme le Vénérable Pie XII agisse ainsi – cela n’explique pas l’attention mondiale portée à l’incident.

Voici, je crois, ce qui l’explique : François a soigneusement cultivé le personnage du Pape doux, gentil et humble qui est une véritable source de miséricorde, contrairement à ses sévères prédécesseurs. Mais dans ce moment sans surveillance, il a révélé que ce personnage est une façade de relations publiques derrière laquelle un homme ordinaire, sujet à des accès de colère ordinaires (et peut-être même inexcusables), est soigneusement caché à la vue. Il a aussi révélé la vérité que François est peut-être en réalité moins doux et humble – et de loin – que Benoît XVI, que la presse a faussement dépeint comme un “régalien” distant et intolérant, avec un penchant pour les chaussures de cuir rouge et le faste royal.

Si l’on doit agir comme un politicien, en cultivant une image publique qui ne correspond pas à la personne réelle vue en privé, ce que font les politiciens, alors on doit subir les conséquences négatives pour l’opinion publique quand l’image est révélée comme fausse, y compris une parodie d’un collègue politicien comme on l’a vu avec la vidéo de Salvini. Quant à l’excuse papale du lendemain, il est juste de la considérer comme une limitation des dégâts motivée par une tempête de mauvaise publicité, car comme nous le voyons ici, ce n’est pas la seule fois que François a éclaté en colère contre les tentatives des gens pour l’attraper, ce qu’il invite lui-même par son style de politicien pataugeant dans la foule. Aucune excuse à cette occasion, cependant, quant à la publicité qui a été minime en comparaison de ce que le monde a vu la veille du Nouvel An.

Il y a des questions beaucoup plus importantes qui découlent des paroles et des actes de ce pape, mais la gifle entendue dans le monde entier résonne dans l’esprit du public parce qu’elle est liée à une image publique assidûment gérée qui, en un instant, s’est effondrée. Celui qui vit par les relations publiques meurt par les gaffes des relations publiques. C’est aussi vrai pour les papes en quête de publicité que pour les politiciens.