Qu’est-ce que l’homme ? Le fruit d’une évolution non-dirigée ou le but ultime de la création de l’univers

LE SALON BEIGE – En ce début d’année, il peut être utile de rappeler d’où nous venons et où nous allons. Bernard Mitjavile nous propose ce texte sur le thème de l’évolution et de la création :

Le mot évolution est un mot ambigu. Il est indiscutable que l’on a vu apparaître au cours de longues périodes des espèces toujours plus complexes ou évoluées mais affirmer que ce changement s’est fait automatiquement sans apport d’informations extérieures à l’origine comme tout au long du processus, n’est pas en soi scientifique et correspond à une approche athée ou matérialiste. On peut associer le processus d’évolution avec un processus de création au lieu de défendre un processus d’évolution causé pour reprendre les mots du biologiste prix Nobel Jacques Monod par le hasard et la nécessité.

Hasard et ADN

L’apparition de la vie elle-même est déjà un coup sérieux portée à l’idée selon laquelle tout s’explique par une combinaison de hasard et de lois naturelles.

Cette apparition dès les plus petits organismes révèle la présence d’une quantité d’informations extrêmement importante. Ainsi on a calculé que l’être vivant le plus élémentaire, le protozoaire unicellulaire, contient dans son noyau une quantité d’informations équivalente à 1000 fois celle contenue dans les volumes de l’Encyclopédie Britannique et il ne s’agit que du noyau. La chance pour qu’un tel être vivant si simple soit-il, soit apparu par hasard est de l’ordre de 10-70, ou pour parler en langage commun nulle et encore plus nulle si on la combine avec la probabilité des constantes à l’origine de l’univers.

Cela a amené certains scientifiques et non des moindres comme Francis Crick, l’un des deux découvreurs avec J. Watson de l’ADN, la plus importante avancée en biologie/génétique des 70 dernières années, à supposer que l’ADN aurait été déposé sur la terre par des extra-terrestres, idée qu’il a défendu publiquement dès 1973. Cette hypothèse est plus intelligente que celle du hasard et de la nécessité, titre du livre de Monod, mais ne fait que repousser le mystère un peu plus loin, en effet la question demeure, terrestre ou extra-terrestre, d’où vient la vie ?

Quoiqu’il en soit, l’alternative raisonnable à ce hasard plus qu’improbable est de reconnaître que cette information si complexe contenue dans le protozoaire ne peut venir que d’un informateur à l’origine des composants chimiques de la vie et donc de l’univers et de l’assemblage de certaines molécules dans un ordre et avec un langage d’une précision extraordinaire pour qu’apparaisse le premier ADN.

La vie pour apparaître, nous apprennent les cosmologues, nécessite des composants chimiques complexes (voir ci-dessous le tableau périodique des éléments de Mendeleïev) qui eux même résultent de transformations à de très hautes températures dans des étoiles géantes et des supernovae. C’est ainsi qu’Hubert Reeves appelle les hommes des « poussières d’étoiles ».

Evolution graduelle et changements brusques

Laissant de côté la question de l’apparition de la vie, les Darwinistes ont cherché à défendre leur approche en expliquant l’apparition des différentes espèces vivantes jusqu’à l’homme par la sélection naturelle, l’adaptation au milieu environnant et des mutations.

Mais en défendant cette théorie, les Darwinistes ont très largement confondu microévolution et macroévolution. Si les preuves de la première, la microévolution ou l’évolution au sein d’une espèce sont nombreuses comme on peut le voir par la diversité des races de chiens ou de chats, celles de la seconde sont pratiquement inexistantes. Darwin s’était basé pour affirmer sa théorie sur l’évolution du bec de certains oiseaux en fonction du climat plus ou moins sec de l’île qu’ils habitaient. Cette évolution cyclique vers des becs larges en période humide ou longs et pointus en période sèche pour mieux chercher leur nourriture sous la terre, est cyclique et n’amène aucun dépassement des limites de l’espèce.

Par contre la macroévolution ou dépassement des limites de l’espèce implique des modifications très substantielles du code génétique qui ne peuvent s’expliquer par le principe darwiniste de la survie des mieux adaptés. Ce dépassement impliquerait dans l’optique darwinienne l’existence d’espèces transitionnelles, de chaînons manquants, d’innombrables espèces non abouties qui n’ont jamais été mis en évidence par l’étude des fossiles. Ces espèces transitionnelles ne seraient pas viables et seraient stériles dans le cas de mutations sensibles de gènes.

En 1980, environ 150 des principaux théoriciens de l’évolution se sont rassemblés à l’Université de Chicago pour une conférence dont le titre était « Macroevolution. » Leur tâche : « considérer les mécanismes sous-tendant l’origine des espèces » (Lewin, Science vol. 210, pp. 883-887). “La question centrale de la conférence de Chicago était si les mécanismes sous-tendant la microévolution peuvent être extrapolés pour expliquer le phénomène de la marcroévolution . . . la réponse a été un clair « Non ».

D’autre part, l’apparition des espèces est loin de se produire de façon continue ou linéaire. On assiste plutôt à des explosions de vie, de véritables big-bang biologiques, avec l’apparition de nombreuses espèces à différentes périodes géologiques. On a ainsi parlé de l’explosion du début du Miocène avec les innombrables fossiles correspondant à cette période succédant à des très longues périodes sans nouveautés. Des soudaines disparitions de milliers d’espèces peuvent aussi se produire durant des périodes de transition géologique… Les évolutionnistes ont sur ce point comme sur bien d’autres revu leurs théories, passant du changement graduel d’une espèce à l’autre à l’idée développée ces dernières décennies de longues périodes de stabilité d’une ou de nombreuses espèces suivies de changements brusques et du passage en une courte période à une autre ou d’autres espèces suite à de brusques changements environnementaux. Cette théorie semble plus correspondre à la réalité et on s’éloigne de la conception d’origine de petits changements graduels de Darwin.

Du temps de Darwin, l’ignorance de la génétique pouvait permettre ce genre de confusion entre ces deux types d’évolution et amener à penser que les macroévolutions étaient dues à la simple accumulation de microévolutions mais depuis, ce n’est plus le cas.

Evolution et génétique

On fait souvent passer Darwin pour le grand scientifique de la nature du 19ème siècle mais le grand scientifique de la vie pour cette période serait plutôt un moine morave, Gregor Mendel qui dans son monastère a découvert des lois de l’hérédité (on parle des lois de Mendel et non de la théorie de Mendel comme de la théorie de Darwin) en se basant sur des pois de couleurs différentes mais les travaux de Mendel étaient de son temps largement ignorés contrairement à ceux de Darwin.

La génétique nous montre que deux espèces peuvent être très proches par leur forme extérieure et leur squelette tout en étant très éloignée génétiquement et réciproquement. Ainsi on peut constater de très grandes différences morphologiques entre un teckel et un St Bernard ou un épagneul irlandais, pourtant ils appartiennent tous à la même espèce et descendent de loups. De même, pendant longtemps on a expliqué sur la base de différences extérieures que l’homme de Neandertal était d’une autre espèce que l’homme de Cro-Magnon et maintenant on en arrive à la conclusion qu’il s’agissait dans les deux cas d’hommes, peut-être de tribus ennemies, pas plus éloignés que deux hommes de races différentes.

Et Adam et Eve dans tout ça ?

Certains idéologues nazis, de fervents darwinistes, rejetant la conception judéo-chrétienne de l’unité de la race humaine, ont défendu sur la base de recherches scientifiques concernant les squelettes et la forme du crâne des différentes races humaines, l’idée que les races humaines avaient évoluées à partir de familles de singes à différentes périodes, les noirs ayant évolués plus récemment que les blancs et étant donc moins avancés. Cette opinion est clairement contredite par la génétique qui défend l’unité de la race ou espèce humaine et donc retrouve l’unité de la famille humaine défendue par le Christianisme.

En effet, depuis Darwin, la notion d’un couple unique, un homme et une femme, à l’origine de l’humanité passe dans la culture populaire pour un résidu de vieilles croyances religieuses ou un conte de fée pour enfants avant leur scolarisation au cours de laquelle, bien sûr, l’Education Nationale veillera à les rééduquer dans le sens de l’évolution darwinienne faisant passer les parents qui défendent la conception biblique de la Genèse pour des arriérés.

Or ces dernières décennies, la biologie génétique, allant à contre-courant de cette vulgate pseudo-scientifique, a apporté un certain nombre d’éléments justifiant la conception biblique d’un couple unique à l’origine de l’humanité.

Il y a d’abord la découverte qu’il n’existe que des différences superficielles au niveau génétique entre les « races » d’Asie, d’Afrique, d’Amérique ou des différents peuples indigènes, ce qui a amené  à remettre en question d’un point de vue génétique le concept même de race.

A cause de l’importance des points communs dans le génome humain, de nombreux généticiens en sont arrivés à reconnaître que les êtres humains sur terre ont une origine commune unique.

Ainsi, depuis une vingtaine d’année, est apparu dans le monde des généticiens le concept d’une « Eve mitochondriale » à l’origine de l’humanité. L’existence d’un tel ancêtre féminin unique est attestée par la démonstration qu’il y a une lignée unique de mitochondries, transmises par les femmes, dans les cellules de tous les humains.

Quant au côté masculin, on parle de plus en plus librement d’Adam chromosome Y. 

Conséquences de la théorie de Darwin sur le darwinisme social, le nazisme et le marxisme

La conception évolutionniste de l’homme et de la vie a souvent été résumée par cette phrase « la survie du mieux adapté » (« the survival of the fittest » selon Herbert Spencer qui basa sa philosophie sur les théories de l’évolution de Lamarck et Darwin). Cette conception correspond à une négation de la conception à la base des droits de l’homme. En effet comment défendre les droits des faibles, des enfants, des moins bien adaptés, des personnes mentalement ou physiquement handicapées si la loi naturelle nous dit que seuls les mieux adaptés doivent survivre pour le bien de l’espèce.

Cette notion darwinienne que le progrès s’installe lorsqu’il y a élimination des plus faibles dans le combat pour la survie, a été largement utilisée par les nazis. En effet, quoi de plus darwinien que cette idée des races supérieures qui doivent remplacer les races inférieures au nom de lois naturelles. Ou encore cette déclaration d’Adolf Hitler s’opposant aux mariages interraciaux et déclarant que l’on détruirait ainsi « ce qu’il a fallu à la nature des dizaines de milliers d’années à réaliser » (la supériorité de certaines races sur d’autres selon le principe de la survie des mieux adaptés). Toute la politique eugéniste des nazis se voulait être une contribution à l’œuvre imparfaite de la nature, en renforçant la sélection naturelle et éliminant les plus faibles.

Dans le domaine économique et social, le darwinisme s’est transformé en darwinisme social une conception qui aboutit à justifier l’exploitation des pauvres par les riches, ce qui correspondait à l’esprit d’une époque où le travail des enfants dans les mines était sérieusement défendu par des membres du parlement britannique.

La conception marxiste n’est pas très différente de la conception darwiniste et pose que c’est le travail social qui a permis à l’homme de passer du stade animal au stade humain, une conception qui à nouveau contredit la notion de droits universels de l’homme. En effet, seuls les hommes engagés dans un travail social productif ont de la valeur, les autres, les parasites ou ennemis de classe, ne valent guère mieux que des animaux et sont bons pour le Goulag ou la mort comme les différents régimes de socialisme réel l’ont montré à leurs opposants.

Pour un fondement philosophique solide aux droits de l’homme

Quant à la Déclaration des droits de l’homme française, elle reconnaît l’existence de droits imprescriptibles « en présence et sous les auspices de l’Etre suprême » mais cette mention déiste est quelque peu théorique et souvent oubliée ce qui a amené la philosophe Simone Weil à expliquer dans « L’Enracinement » que « les hommes de 1789 ont voulu poser des principes absolus  » avec les droits de l’Homme sans reconnaître « la réalité d’un domaine au dessus de ce monde », ce qui les a fait tomber dans « une confusion de langage et d’idées  » et violer les droits affirmés auparavant sous la Terreur.

Finalement, on en revient à la conception chrétienne d’un Dieu créateur qui a fait l’homme à son image en lui donnant des droits imprescriptibles comme le déclare par exemple la Constitution américaine pour pouvoir fonder solidement l’idée de droits universels de l’homme.