Homosexualité et contraception, l’accord des évêques allemands

La nouvelle boussole quotidienneLa Commission épiscopale allemande pour le mariage et la famille a établi que l’homosexualité est une prédisposition sexuelle normale et s’est également ouverte pour légitimer la contraception. Pas seulement en Allemagne: en Autriche, l’évêque désigné de Klagenfurt s’est immédiatement rangé du côté de l’abolition du célibat.

Le 1er décembre dernier, l’Eglise d’Allemagne a ouvert son Synode, avec l’intention claire (voir ici) de renverser l’enseignement de l’Eglise sur la sexualité. Le président de la Conférence épiscopale allemande (DBK), le cardinal Reinhard Marx, avait déjà préparé le scénario à mettre en place pour pouvoir réciter ce qui semble de plus en plus une comédie, voire une tragédie, déjà mise en noir et blanc dans d’autres lieux, ou plutôt la confrontation aux “résultats scientifiques” irrévocables. Marx avait précisément mis les mains en avant, affirmant que “la théologie et les sciences humaines n’ont pas encore fourni aux morales sexuelles de l’Église des informations décisives”.

Il semble que l’information décisive soit arrivée, du moins selon le communiqué de presse du DBK du 5 décembre dernier, qui rapporte les conclusions de la consultation de la Commission du Mariage et de la Famille ; les experts, parmi lesquels il y avait plusieurs prélats, comme l’archevêque de Berlin, Mgr. Heiner Koch et les évêques d’Osnabrück, le célèbre Franz-Josef Bode, Görlitz, Wolfgang Ipolt et Mayence, Peter Kohlgraf, se sont réunis pour réfléchir sur le thème “La sexualité des hommes : comment l’analyser sur une base scientifique et théologique et comment l’évaluer sur le plan ecclésial”.

Ils, les experts, ont convenu que “la préférence sexuelle de l’être humain se développe pendant la puberté et prend une direction hétéro ou homosexuelle. Les deux directions appartiennent aux formes normales de prédisposition sexuelle, qui ne peuvent et ne doivent pas être modifiées par des socialisations spécifiques”. Ce serait là, selon les experts, la pensée de l’Eglise, lorsqu’elle “condamne toute forme de discrimination à l’égard des homosexuels, comme le demande déjà depuis quelque temps le Magistère et comme le souligne le Pape François dans Amoris Laetitia”. Bode et Koch étaient tous deux présents au Synode sur la famille de 2014-2015 et agissent maintenant comme interprètes de l’Exhortation post-synodale, voire du dédouanement de l’homosexualité comme une forme normale de prédisposition sexuelle.

Qu’est-il arrivé à tous les enseignements de l’Église sur la sodomie, l’un des péchés impurs contre la nature qui réclament vengeance devant Dieu, se demanderont les lecteurs ? Qu’en est-il de Persona Humana, 1974, qui a écrit, noir sur blanc, que “les actes d’homosexualité sont intrinsèquement désordonnés et que, en aucun cas, ils ne peuvent recevoir d’approbation” ? Ou la Lettre aux évêques de l’Église catholique sur la pastorale des personnes homosexuelles de 1986, qui définissait les actes homosexuels comme un “désordre moral”, “un comportement intrinsèquement mauvais du point de vue moral”, un jugement qui conduit à considérer “l’inclination elle-même (…) comme objectivement désordonnée” ? Que dire, enfin, de l’enseignement du Catéchisme de l’Église catholique, qui indique dans l’Écriture Sainte et la Tradition la référence sûre à considérer les actes homosexuels comme “intrinsèquement désordonnés”, “contraires à la loi naturelle”, excluant le don de vie et “une véritable complémentarité émotionnelle et sexuelle” (CEC, § 2357), combinant ce jugement clair et distinct avec l’invitation à éviter d’attaquer le peuple par le “signe de discrimination injuste” (note : pas toute discrimination mais toute discrimination injuste) des personnes ayant tendance homosexuelle de toucher avec la “cible

Le communiqué de presse nous dit qu’en fait, cette situation problématique du Magistère avant l’an zéro d’Amoris Laetitia a été discutée ; et elle a été discutée avec un autre petit problème, que nous voudrions retirer de nos pieds dès que possible. En fait, les experts se sont demandés “si l’interdiction magistrale de pratiquer l’homosexualité est toujours pertinente, ainsi que la question de savoir si les contraceptifs non naturels sont autorisés dans le mariage et entre couples non mariés. Telle est la question ; pour la réponse, nous devons attendre le prochain forum qui se tiendra en février 2020. Qu’est-ce que tu veux, tout en son temps. Il a fallu plusieurs jours, dans le style de Barbalbero, pour dire guten Tag, puis d’autres jours pour poser les questions : maintenant, il faut être très patient pour les réponses, “ne soyez pas pressé, maître Meriadoc”… Est-ce pour cette raison que le Synode durera deux ans ?

Et pour ne rien laisser sous les feux de la rampe, Koch et Bode ont voulu préciser qu’après Amoris Laetitia, “on ne peut plus généralement qualifier de péché mortel les rapports sexuels après un divorce ou dans les divorcés remariés, de même qu’il n’y a plus d’exclusion générale de recevoir la Sainte Communion”. Mais cela, en Allemagne, n’est pas nouveau.

Si l’Allemagne pleure, l’Autriche ne rit pas. Pas même le temps de prendre connaissance de la nomination comme nouvel évêque de Klagenfurt, que Mgr Josef Marketz, actuel directeur de la Caritas diocésaine, a déjà donné deux interviews “prophétiques”, comme on dit aujourd’hui.

Marketz, qui prendra possession du diocèse de Carinthie le 2 février, s’est prononcé en faveur de l’abolition du célibat dans un entretien avec le Kleinen Zeitung. Raison ? Selon Marketz, il y a beaucoup de raisons, mais la raison pastorale la plus importante est la solitude des prêtres âgés ; le célibat ne devrait plus être contraignant “pas tant parce que chaque homme a nécessairement besoin d’une femme à ses côtés. Je vois l’isolement de nombreux prêtres âgés, qui souvent n’ont plus de famille. Il s’agirait d’établir miséricordieusement une sorte de “conjoint perpétuel”, pour consoler les pauvres prêtres dans leur vieillesse. C’est de la folie.

Mgr Marketz n’a certainement pas proposé l’abolition du célibat pour faire face à l’effondrement des vocations sacerdotales, vu la façon dont il pensait faire face à la crise. Dans une interview avec kath.press, il a d’abord voulu soulager les laïcs du stress d’aller ici et là pour assister à la Sainte Messe du dimanche, parce que – a-t-il souligné – l’amour et le fait de ne pas aller à la Messe est un indicateur de la vie chrétienne en Autriche. Et puis il a voulu souligner qu’en ce qui concerne les vocations, la prière ne pourra pas dépasser les conditions de vie d’aujourd’hui ; il est donc nécessaire de donner plus de possibilités aux laïcs d’assumer des tâches dans l’Église. Et surtout pour les laïcs, parce qu’en ce qui concerne l’ordination des femmes, Marketz ne semble pas avoir beaucoup d’intérêt à la fin de la discussion que l’Église a sanctionnée sur la question ; “si une femme – le futur évêque dit – me dit qu’elle voudrait devenir prêtresse, alors je ne peux que souhaiter avec elle, que cela devienne possible – je le dis très sincèrement”. Et ils vécurent tous heureux pour toujours.

Ce qui rend la nomination de Marketz encore plus surréaliste, c’est le contexte dans lequel elle a eu lieu. Le diocèse pauvre de Klagenfurt avait récemment été frappé par le scandale allégué de son évêque, Mgr Alois Schwarz, accusé d’une gestion peu claire des biens immobiliers et des ressources économiques du diocèse et, surtout, d’un rapport de célibat non observé avec une femme (voir ici). Le Saint-Siège, en nommant Marketz, a dû penser à résoudre le problème à sa racine : au lieu de “se limiter” au retrait de l’évêque, il essaie de supprimer le célibat ; ainsi les gens finiront enfin par crier scandaleusement.