On est passé de la défense des coquelicots à la volonté de détruire l’homme blanc, hétérosexuel, chrétien et européen

LE SALON BEIGE

Greta Thunberg a co-signé une tribune, dans laquelle il est affirmé :

“la crise climatique ne concerne pas que l’environnement. C’est une crise des droits de l’homme, de la justice et de la volonté politique. Les systèmes d’oppression coloniaux, racistes et patriarcaux l’ont créée et alimentée”.

Le Dr Laurent Alexandre décrypte sur Atlantico :

D’emblée, une chose étonnante est que ce discours a été écrit, ce qui montre bien que les spin-doctors (ou communicants) qui manipulent Greta Thunberg se sentent tout puissants. Ils se permettent de dire que le CO2 n’est pas leur objectif contrairement au fait de mettre la société occidentale – responsable de tous les maux de la terre – à mort. Ils ont tout de même dit que la crise climatique est liée au patriarcat raciste, colonial, oppressif et qu’il est nécessaire de le démanteler. C’est un discours trotskiste, révolutionnaire au sens propre du terme et il est très étonnant de voir ce passage à l’acte car ils vendent la mèche alors que jusqu’à présent ils n’ont jamais dit quel était leur véritable agenda. On est passé en réalité de la défense des coquelicots à la volonté de détruire l’homme blanc, hétérosexuel, chrétien et européen. Pour un peu, cela donnerait raison à Eric Zemmour. […] C’est un discours qui fait de l’homme blanc hétérosexuel et père de famille le responsable de la totalité des malheurs sur terre. C’est une énorme faute de communication car on ne peut plus dire après un tel écrit «je ne m’occupe que de la science, du CO2, de la réalité scientifique ». C’est un discours politique extrémiste, masochiste pour l’Europe, qui est rendue responsable de tout ce qui ne va pas sur terre. […]

Dans Le Point, l’écologiste Michael Shellenberger dénonce les prédictions apocalyptiques sur le changement climatique :

Premièrement, aucun organisme scientifique crédible n’a jamais dit que les changements climatiques menacent la civilisation d’effondrement et encore moins l’espèce humaine d’extinction. « Nos enfants vont mourir dans les 10 à 20 prochaines années. » Quel est le fondement scientifique de ces allégations ? » Andrew Neil, de la BBC, a interrogé le mois dernier une porte-parole de XR visiblement mal à l’aise. « Il est vrai que ces affirmations ont été contestées », répond-elle. « Il y a des scientifiques qui sont d’accord et d’autres qui disent que ce n’est pas vrai. Mais le problème général, c’est que ces morts vont bien se produire. » « Mais la plupart des scientifiques ne sont pas d’accord avec cela » poursuit Neil. « J’ai examiné les rapports du Giec et je ne vois aucune référence à des milliards de personnes qui mourront, ou à de telles conséquences pour les enfants dans 20 ans. Comment mourraient-ils ? » « Des migrations de masse à travers le monde ont déjà lieu en raison de la sécheresse prolongée qui sévit dans certains pays, en particulier en Asie du Sud. Il y a des incendies de forêt en Indonésie, dans la forêt amazonienne, en Sibérie, dans l’Arctique », dit-elle.

Mais en disant cela, la porte-parole de XR a grossièrement déformé la science. « Il existe des preuves solides que les catastrophes déplacent des personnes dans le monde entier, note le Giec, mais des preuves limitées que le changement climatique ou l’élévation du niveau de la mer en sont la cause directe. » Qu’en est-il de cette « migration de masse » ? « La majorité des mouvements de population qui en résultent ont tendance à se produire à l’intérieur des frontières des pays touchés », explique le Giec. […]

Qu’en est-il de l’élévation du niveau de la mer ? Le Giec estime que le niveau de la mer pourrait monter de deux pieds (0,6 mètre) d’ici 2100. Est-ce que cela semble apocalyptique ou même « ingérable » ? Considérons qu’un tiers des Pays-Bas se trouve sous le niveau de la mer et que certaines régions se trouvent à sept mètres sous le niveau de la mer. On pourrait objecter que les Pays-Bas sont riches alors que le Bangladesh est pauvre. Mais les Pays-Bas se sont adaptés à la vie sous le niveau de la mer il y a quatre cents ans. La technologie s’est un peu améliorée depuis.

Qu’en est-il des allégations de mauvaises récoltes, de famine et de mortalité massive ? C’est de la science-fiction, pas de la science. Aujourd’hui, les humains produisent suffisamment de nourriture pour 10 milliards de personnes, soit 25 % de plus que ce dont nous avons besoin, et les organismes scientifiques prédisent une augmentation de cette tendance, et non un déclin. L’Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) prévoit une augmentation des rendements agricoles de 30 % d’ici 2050. Et les régions les plus pauvres du monde, comme l’Afrique subsaharienne, devraient connaître des augmentations de 80 à 90 %. Personne ne suggère que le changement climatique n’aura pas d’impact négatif sur le rendement des cultures. Cela se pourrait. Mais ces baisses doivent être relativisées. […]

Ce qui me dérange pour partie dans la rhétorique apocalyptique des activistes du climat, c’est qu’elle s’accompagne souvent d’exigences visant à refuser aux pays pauvres les sources d’énergie bon marché dont ils ont besoin pour se développer. J’ai constaté que de nombreux scientifiques partagent mes préoccupations.