Critiquer le pape: être courageux et charitable

1P5David Dashiell 

“Petits enfants, gardez-vous des idoles” (1 Jean 5.20-21). “Car tous les dieux des païens sont des démons ; mais le Seigneur a fait les cieux ” (Psaume 96:5). Récemment, ces versets ont été cités dans une homélie par un prêtre de ma paroisse locale. Il s’est élevé contre les idoles et s’est concentré sur la fabrication d’une idole de la Terre. Il a souligné que nous devrions prier et travailler pour la conversion de ceux qui sont en dehors du bercail, plutôt que de mettre en avant une fausse unité entre les catholiques et ceux d’autres religions. Après nous avoir exhortés de cette manière, il nous a exhortés à prier pour le pape, à l’aimer et à le vénérer, car il occupe une fonction digne et est donc la plus grande cible de la tentation démoniaque. Il a dit que ces principes sont pertinents à notre époque. On savait tous de quoi il parlait.

L’homélie était un combat courageux contre l’idolâtrie. C’était à la fois un sermon sobre et courageux. Aucun nom des prélats actuels n’a été mentionné et aucun événement particulier n’a été mentionné directement. Pourtant, nous avons tous compris de quoi il parlait quand il a dit que Dieu veut nous sauver de notre péché ; Il ne veut pas sauver la Terre de nous. Nous savions de qui il parlait quand il a expliqué que, quelle que soit l’intention, l’idolâtrie est un mal grave et un adultère spirituel. Bien que j’aie été impressionné et encouragé par son message audacieux, le plus émouvant a été qu’il ne se sentait pas à l’aise de dire tout ce qu’il avait pu dire.

Il y a de graves scandales dans notre Église. Ceux qui les commettent sont assez puissants pour mettre les saints sur leurs gardes. Mgr Athanasius Schneider est l’un des seuls prélats encore présents sur la place publique à parler directement de ces choses. Les cardinaux Walter Brandmüller et Raymond Burke le sont aussi, mais ils sont moins actifs en public. Certains parlent d’idolâtrie et d’environnementalisme sans mentionner directement des événements spécifiques. D’autres, comme l’archevêque Viganò, sont spécifiques mais se sont cachés. Pourquoi certains prêtres sont-ils courageux mais indirects ? Pourquoi Viganò se cache-t-il ? L’idolâtrie est-elle un point de discorde majeur ? L’Écriture est-elle taboue ?

Ces hommes se soucient de leur bien-être. Des prêtres fidèles sous les auspices d’un diocèse pourraient être réprimandés ou pratiquement exilés pour avoir défendu la vérité. Les évêques ne font pas exception si l’on en croit Viganò. Ceux qui dirigent l’Église sont impliqués dans des choses terribles, et les prêtres fidèles qui sont en dessous d’eux ne sont pas certains de leur sécurité. Qu’arriverait-il à l’archevêque Viganò si son emplacement était révélé ? Nous ne pouvons en être sûrs, mais nous savons qu’il se considère en danger.

Entre-temps, Mgr Athanasius Schneider continue de défendre publiquement la foi catholique et de traiter ses confrères évêques avec respect et en privé. Peut-être que son ministère au Kazakhstan semble insignifiant. Peut-être que sa simple vie de prière, de jeûne et de charité n’est pas une menace pour ses frères hétérodoxes. Ou peut-être que son statut d’évêque actif le protège. Il pourrait s’attendre à être discipliné par le pape François, mais réprimander et chasser un évêque non retraité est un spectacle. Au lieu de cela, il est calomnié avec les cardinaux Burke et Brandmüller. Mais il parle sans crainte et ne semble pas se soucier de son bien-être. D’une manière ou d’une autre, il est capable de s’exprimer sans crainte des conséquences.

Il en va de même pour les deux cardinaux. Bien qu’ils ne soient pas aussi publics et actifs que l’évêque Schneider et qu’ils soient donc des cibles faciles, ils sont toujours des cardinaux, contrairement à Viganò. Lui aussi s’exprime, mais il doit le faire pour ne pas se cacher. Son exil n’est pas sans précédent dans l’histoire de l’Église. Des évêques saints comme saint Athanase priaient et jeûnaient en secret, continuant à prêcher la foi catholique.

L’exil n’est pas la pire punition pour défendre la vérité. Le père Paul Kalchik craignait raisonnablement d’être institutionnalisé, arrêté ou tué après avoir brûlé un drapeau arc-en-ciel dans sa paroisse. Peut-être même nos évêques se sentent-ils menacés par ces mêmes choses.

Quelle est la réponse appropriée à l’infidélité scandaleuse dans l’Église ? Les prêtres et évêques fidèles prennent des angles variés : silence, langage abstrait, langage direct, correction fraternelle, critique directe, manifestations, invectives. Les prêtres et les évêques qui se taisent, dansent autour des vraies questions ou restent abstraits ne risquent pas de souffrir parce qu’ils ne défendent pas la Foi. Ceux qui sont plus directs sont plus à risque. Plus ils sont publics et directs, plus ils peuvent s’attendre à des représailles sévères. Les corrections anonymes permettent aux écrivains de rester en sécurité, mais brûler un drapeau arc-en-ciel ou impliquer le souverain pontife dans un scandale signifie l’exil. Malgré tout, l’exil s’accompagne d’une plate-forme plus grande. Les tribulations du Père Kalchik et de l’Archevêque Viganò nous font écouter plus attentivement ce qu’ils ont à dire. Bien que certains puissent ne pas les trouver courageux de fuir, ils avaient des raisons légitimes de se cacher et de continuer à défendre la Foi contre leur exil.

D’un autre côté, des bergers comme Schneider, Burke et Brandmuller s’expriment tout en restant en sécurité. Leur sécurité ne remet pas en cause leur intégrité et leur sainteté, et nous les écoutons avec autant d’attention que Mgr Viganò. Peu importe qu’ils n’aient pas été forcés de se cacher. Ce qui importe, c’est qu’ils parlent avec audace et clarté, en criant l’erreur et en la juxtaposant avec la vraie foi catholique.

C’est une chose de défendre avec audace la foi catholique et une autre de le faire avec respect. Mgr Schneider et le cardinal Burke sont à la fois courageux et respectueux, attentifs à ne pas manquer de respect au pape François en le corrigeant. Ils gardent le haut du pavé moral en restant du côté de l’orthodoxie et en aimant leurs ennemis. Leurs adversaires peuvent les calomnier, mais cela ne fera pas de différence pour ceux qui connaissent leur charité. L’idolâtrie, l’obsession environnementale et la fausse fraternité sont condamnées sans amertume. De cette façon, les ennemis de Christ ne peuvent pas formuler de véritables critiques contre ses soldats.

La différence entre mon curé et nos saints prélats est que mon curé est sous l’autorité d’un évêque. C’est peut-être pour cette raison qu’il a ressenti le besoin d’éviter de mentionner spécifiquement les idoles de la Pachamama ou la Maison de la Famille Abrahamic par leur nom en public. Quoi qu’il en soit, ce qu’ils ont en commun avec les autres saints prêtres, c’est qu’ils disent la vérité directement et crient les erreurs avec audace. Ils refusent tout compromis et refusent de rester abstraits. Ils ont choisi de combattre avec charité et courage les mensonges pernicieux qui se répandent à l’étranger. Ils parlent sans craindre les conséquences. De cette façon, ils servent de modèle à suivre pour le reste d’entre nous. Nous devons dire la vérité dans la charité, en conservant la supériorité morale et en refusant d’abandonner la bataille.