L’Église semble imprégnée de l’esprit de l’athéisme

Nos nouveaux dirigeants du monde ne peuvent pas non plus résister à la tentation de se comporter comme de nouvelles races de maîtres qui revendiquent le droit à la vie et à la mort et en même temps définissent à partir de quand et dans quelles conditions une vie vaut d’être vécue ou doit être détruite, sans même demander au porteur physique, ontologique et juridique de cette vie sa volonté. Déclarer le meurtre d’un enfant dans l’utérus comme un droit humain au nom de l’autodétermination des femmes n’est épistémologiquement qu’une justification de l’esclavage, par exemple dans les États américains du sud jusqu’au 18 décembre 1865, l’affirmation protectrice contredisant toute raison et empirisme selon lesquels les Noirs africains ne sont pas de véritables êtres humains. Il n’est qu’hypocrisie de se distinguer verbalement de la “droite” et en même temps de postuler et de pratiquer les méthodes du darwinisme social fasciste et communiste. “Cligner des yeux à gauche et tourner à droite” est le credo des nouveaux dirigeants du monde. Un président français a gravi le sommet du cynisme au sommet du G20 en déclarant : “Dans un pays où les femmes donnent encore naissance à sept ou huit enfants, on peut dépenser des milliards sans rien stabiliser en conséquence. (S. 334).

Le cardinal Sarah, catholique chrétienne et africaine, a répondu : ” La culture chrétienne est l’amour d’une sagesse qui nous est venue en tant que personne : Jésus Christ, le Fils de Dieu. En lui toute vie a sa justification”. ( S. 335).

Avec cette phrase, le Cardinal Sarah reprend l’alternative exprimée dans le titre de son premier livre de cette trilogie : Dieu ou rien. Maintenant nous pouvons dire : amour ou haine. L’humanité est à la croisée des chemins. Soit il retourne au Dieu de la vie, de la vérité et de l’amour, soit il meurt de la mort froide de la haine, de l’indifférence, du mépris pour la vie nécessiteuse des enfants, des malades, des personnes âgées et des mourants. L’Occident semble perdu parce qu’il s’est abandonné lui-même : “Il n’a aucune force, aucun enfant, aucune morale, aucun espoir”. (S. 356).
Dans la quatrième et dernière partie, le Cardinal Sarah ne recommande pas des réformes structurelles, des adaptations à l’inévitable, la dissimulation de vérités désagréables et la réinterprétation des mystères révélés de la foi chrétienne en principes existentiels surnaturels, mais plutôt le renouvellement des vertus cardinales de sagesse, justice, courage et mesure. Et il conclut par un passage sur la confiance en la Providence dans l’exercice des vertus divines de la foi, de l’espérance et de l’amour.

Si nous regardons l’église aujourd’hui, beaucoup de gens sentent que leur foi a été ébranlée et que tout a été perdu. “L’Église semble être imprégnée de l’esprit de l’athéisme. Certains bergers abandonnent même leurs moutons La bergerie est dévastée… Un chemin s’ouvre devant nous qui semble ne mener à rien. Nous continuons sans comprendre, sans savoir où aller. Mais un randonneur est en route avec nous. De quoi parle Weg ? demande-t-il. Et nous lui parlons de notre tristesse, de notre peur, de notre déception. Puis il prend la parole et réprimande notre manque de foi : ” Imbéciles dont le cœur est trop lent pour croire tout cela. Le Christ n’avait-il pas à souffrir cela et à atteindre ainsi sa gloire ? L’Église n’avait-elle pas à souffrir pour être fidèle à son Maître” (p. 419).
L’Église ne doit-elle pas souffrir aujourd’hui pour réapprendre la fidélité à Jésus-Christ, le Fils de Dieu, et ne pas tomber dans les fausses sécurités sociales, la puissance financière des diocèses allemands ou la gloire d’être le meilleur employeur après l’État ?

Je voudrais conclure avec les paroles du grand théologien Henri de Lubac SJ, également très estimé par le Cardinal Sarah, qui a été accusé devant le Conseil du Modernisme et après que le Conseil ait été ostracisé par les Supérieurs de l’Ordre des Jésuites comme un ultra-conservateur. Le texte provient de son livre “Glaubensparadoxe” de 1944, de sorte que toute similitude et allusion aux personnes et aux circonstances du présent est exclue ou purement fortuite. Le fait est que le catholique ne place pas son espérance sur les gens de l’église, mais sur Dieu seul.
Si Paul avait eu vingt fois plus d’accusations contre Pierre dans le conflit d’Antioche, il aurait jugé à tort ou à raison l'”attitude” des “piliers de l’Eglise” vingt fois plus scandaleuse : peut-on imaginer que sa foi en Christ aurait été secouée au moins par elle ? Ou que ce scandale aurait pu le distraire, même le moindrement, de l’unique Église du Christ ? Notre foi est toujours la même aujourd’hui, elle repose sur les mêmes fondements, elle brûle de la même flamme du foyer, le même esprit l’enfonce dans notre cœur. C’est toujours la même Église ; elle nous déçoit, elle nous blinde, elle nous rend impatients, elle nous décourage par tout ce qui est lié à notre propre corruptibilité ; mais elle persécute aussi parmi nous sa mission irremplaçable, elle ne laisse pas passer un jour sans nous donner Jésus Christ à nouveau, où le Père ” nous libère du pouvoir des ténèbres et nous transporte au royaume du Fils de son amour “. Qui nous séparera de la foi, de l’espérance, de l’amour du Christ ? (H. de Lubac, Paradoxe de la foi, transmis par Hans Urs von Balthasar, Einsiedeln 1972, 108f).

Je vous remercie, Cardinal Robert Sarah, cher frère, pour votre témoignage apostolique pendant les 50 ans de votre ministère sacerdotal et pour votre confirmation dans la foi en Jésus Christ, le Fils de Dieu, le Verbe fait chair”. Il est vraiment et le Sauveur du monde”. (Jn 4:42)

Publication du discours avec l’aimable autorisation du Cardinal Müller