Socci: la signification d’un Vatican sans porc

THE FATIMA CENTER – par Chris Ferrara

Le toujours perspicace Antonio Socci a publié une chronique sur le dernier “déjeuner pour les pauvres” au Vatican. C’est l’une des nombreuses cascades publicitaires qui sont censées démontrer la compassion du Pape pour les pauvres, qui finissent pourtant de temps en temps dans la misère après un repas ostentatoire et gratuit – devant les caméras, bien sûr, avec le Pape en tête et au centre du spectacle (voir photo dans la rubrique Socci).

Socci note l’absurdité qu’à ce déjeuner gratuit, aucun porc n’a été servi, même si les plats de porc à l’italienne sont “non seulement une cuisine savoureuse, mais aussi la civilisation italienne, comme le vin et le parmigiana”. Ce n’est pas un hasard, note-t-il, si “Pork November” est en cours dans la province italienne d’Emilie. “Qui aurait cru, écrit-il, qu’un jour ce[porc] serait “excommunié” ou supprimé pour ne pas irriter les musulmans. Dans le même ordre d’idées, poursuit-il, il y a deux mois, la curie de Bologne a inventé, toujours pour le même motif, des tortellini “sans porc” ridicules.

Ce qui peut sembler être une plainte superficielle de la part de Socci est le signe qu’il s’agit d’une chose beaucoup plus profonde. “L’astuce bergoglienne” du déjeuner ostentatoirement sans porc, proposé à Bologne, affirme-t-il, indique un programme qui “pourrait se résumer par le slogan : les musulmans d’abord”. Socci cite un éditorial critique dans le Corriere della Sera d’un certain Ernesto Galli, qui observe qu'”il y a des raisons bien plus importantes que la cuisine gastronomique… entourant la décision d’interdire la viande de porc dans la préparation des tortellinis. Parce qu’il ne s’agit pas tant ici de ” nos traditions ” ou d’autres choses semblables. Ce qui est en jeu, à mon avis, ce sont des indications décisives des tendances à long terme de l’Église catholique.”

Le même éditorial, résumé par Socci, parle d’une “tendance désormais perceptible à partir de mille signes”, à savoir une “fusion” de l’Église en “indistinction”, c’est-à-dire une réduction de la foi à “une “idéologie éthique”… à un niveau global basé sur les “droits humains”, à laquelle “elle[l’Église] participe progressivement,ainsi que “le pacifisme, l’écologisme, l’anti-sexisme et tout ce qui peut être compris par une perspective indistincte globaliste-bienfaisant sous l’égide de certaines organisations et mouvements internationaux”.”

Tout cela, dit Socci (citant Galli) “confronte le catholicisme à “un défi sans précédent”, parce qu’une morale aussi universelle, d’inspiration naturaliste et au ton fortement séculier, conteste le champ”. Et en réponse, dit Galli, “l’Église de Bergame “enlève tous les traits de sa propre identité historique et dénonce une déviation trop marquée des principes indistincts d’une éthique mondialiste”.

“C’est-à-dire, dit Socci, l’Église se rend. Une adhésion suicidaire à une idéologie multiculturaliste qui finit par rejeter ce qui est chrétien ou occidental pour se soumettre à d’autres cultures, comme celle de l’Islam.” Cette évolution, disait le Pape Benoît XVI dans un discours cité par Socci, représente “une haine de l’Occident qui est étrange et que l’on ne peut considérer que comme pathologique”. En effet, cette répugnance de la culture occidentale a imprégné tout le synode ridicule de l’Amazonie.

Ainsi, cette nouvelle aversion pour le porc dans les circonscriptions catholiques représente beaucoup plus qu’il n’y paraît au premier abord. Cela suggère quelque chose comme le fait que saint Pierre s’accroche lâchement aux lois alimentaires juives au début de la mission de l’Église envers les païens, pour laquelle saint Paul l’a réprimandé à Antioche en pleine face. C’est-à-dire qu’elle représente une menace pour le fondement même de l’existence de l’Église : la conversion de toutes les nations et le salut des âmes.