Synode: le Pape est déçu

Benoît & moi – C’est du moins ce que croit savoir Marco Tosatti (généralement plutôt bien informé). La belle machine construite autour d’une table des mois avant l’Assemblée se serait enrayée, et le vote final sur les viri probati (41 voix contre sur 181, malgré une sélection rigoureuse des votants) en serait une manifestation. D’où la mauvaise humeur du Pape perceptible dans le discours conclusif et dans l’homélie finale.


Déception du Souverain Pontife à la fin du Synode. Pourquoi?

Marco Tosatti
www.radioromalibera.org/
30 octobre 2019
Ma traduction

Aussi étrange que cela puisse paraître, le Souverain Pontife n’était pas content, à la fin du Synode de l’Amazonie, un événement « inventé » pour essayer de faire passer certains éléments pour renverser la tradition de l’Église.
Il a organisé un synode local – qui aurait dû avoir lieu localement, pour examiner localement les problèmes locaux d’une situation qui implique peut-être quelques millions de fidèles sur le milliard et trois cents millions de fidèles de l’orbe terrestre – pour faire passer, comme l’extrémité d’un coin, des changements qui seront très vite saisis par les évêques intéressés ici et là, partout dans le monde, et qui n’auraient pas été approuvés si on les avait soumis à l’examen d’un « vrai » synode mondial.

La Conférence épiscopale allemande, qui est la principale financière du Saint-Siège, et qui pense par conséquent pouvoir dicter sa politique, veut des changements sur différents points de la doctrine catholique. Célibat des prêtres, rôle des femmes, des laïcs, mariage homosexuel, etc.

Pendant des décennies, les Allemands ont aussi été de grands financiers de l’Eglise au Brésil, et la Théologie de la Libération brésilienne, devenue plus tard Théologie indienne, est née en Allemagne, et prospère au Brésil grâce aussi à des évêques d’origine allemande: Krautler, par exemple, grand inspirateur du Synode (et photographié en promenade dans Rome tenant par la main une femme inconnue… [1]) qui s’est vanté de ne pas avoir baptisé un seul Indien; et Spengler, Hummes, et d’autres.

Les changements souhaités par les Allemands, s’ils étaient soumis – comme il se doit, puisqu’ils se répercutent alors sur toute l’Église – à un examen collectif des évêques du monde, ne seraient pas passés. Alors on a inventé le tour de passe-passe du Synode sur l’Amazonie, l’assaisonnant d’une petite sauce écologiste, tellement en vogue aujourd’hui, dans le langage des Maîtres du Monde, et donc aussi dans le sien, celui du Pontife.

Mais pourquoi à Rome? C’est là qu’est l’astuce: d’une part, s’agissant d’un synode « local », la majorité des participants sont « locaux », c’est-à-dire des évêques du parti en faveur des changements; et donc vous pouvez être sûrs que même si elles sont consultatives, les propositions seront acceptées. Mais si vous le faites à Rome, vous avez un upgrade (sic!) immédiat des résultats, une scène exceptionnelle.

Mais quelque chose a mal tourné, du moins en partie. Les 41 votes contre les Viri Probati, sur 181 votants, peuvent paraître peu, mais en réalité ils sont beaucoup, dans un synode lourdement manipulé et dans lequel le panel des électeurs a été choisi de manière soviétique.

C’est parce qu’il y a eu une opposition claire, plus ou moins voilée, plus ou moins soft, y compris de la part de cardinaux et d’évêques qui font partie de la « majorité » de Bergoglio, et qui pourtant on pu, à cette occasion, tirer un trait, le faire comprendre et le dire.

De la même façon le report en matière de ministères féminins, si fortement souhaités par les germano-brésiliens, représente un autre stop. Tant et si bien que, selon certains, il n’est même pas sûr que le Pape prépare une exhortation post-synodale. Quelques cardinaux présents au Synode ont eu cette impression. Donc, si tel était le cas, le document final resterait là, mais sans effets concrets, étant donné son caractère de suggestion…

C’est pourquoi le Souverain Pontife, comme toujours quand son auguste volonté rencontre des obstacles, a montré sa déception dans le discours final, et dans l’homélie de la messe (dont la Pachamama sauvée des eaux comme Moise était absente…). Et ce sont, comme d’habitude, les catholiques qui en ont fait les frais, dont certains, selon le Pape, s’occupent des petites choses et oublient les grandes. Comme si la foi, le salut des âmes et quelques rites païens dans les jardins du Vatican, avec tous ces frères prosternés le derrière en l’air, étaient de petites choses.