St. Antoine Marie Claret: Avec quelle facilité les gens commettent-ils des péchés capitaux?

1P5 – par John Henderson 

Antoine Marie Claret est souvent dépeint dans les peintures comme ayant une substance rougeoyante dans son sein. C’est parce que le 16 mai 1862, Notre Seigneur a donné à saint Antoine le privilège extraordinaire de conserver perpétuellement en lui l’espèce sacramentelle. Saint Antoine écrit dans son autobiographie qu’il envisageait d’omettre ce détail remarquable sur lui-même dans le livre, mais la Sainte Vierge lui dit de ne pas le faire. Il est surprenant qu’un saint qui a reçu un signe si merveilleux de la prédilection de Dieu n’ait pas un culte plus grand. L’une des raisons importantes de son absence actuelle est peut-être qu’il a mis l’accent sur certaines vérités catholiques qui ne sont pas les bienvenues et qui sont déformées dans de nombreuses paroisses modernes.

L’un des moins prêchés sur les dogmes de la Foi de notre temps est que tous ceux qui meurent dans un état de péché mortel seront condamnés aux tourments éternels de l’enfer. Saint Antoine a écrit ce dogme à plusieurs reprises dans son autobiographie, attribuant l’inspiration de ses travaux épuisants à son désir de sauver les âmes d’un tel destin.

Saint Antoine ne pensait pas qu’il était difficile ou rare pour les gens de commettre des péchés mortels. Il a écrit : “La foi enseigne que les douleurs de l’enfer sont éternelles, et elle nous avertit aussi qu’un seul péché mortel suffit pour condamner une âme à jamais à cause de la malice infinie par laquelle elle offense un Dieu infini. Avec ces principes les plus positifs à l’esprit, comment puis-je rester indifférent quand je vois la facilité avec laquelle les péchés sont commis, des péchés qui se produisent aussi souvent qu’on prend un verre d’eau, des péchés et des offenses qui sont commis par légèreté ou diversion ? Comment puis-je me reposer alors que tant de gens vivent continuellement dans le péché mortel ?”

Il exprima son incrédulité devant le nombre de prêtres et de fidèles laïcs contemporains qui n’avertissaient pas les pécheurs du chemin effrayant qu’ils avaient pris : “Je ne comprends pas non plus pourquoi d’autres prêtres qui croient aux mêmes vérités que moi, comme nous devons tous le faire, ne prêchent pas ou n’exhortent pas leur troupeau pour qu’ils évitent cette éternité insupportable de l’enfer. Je m’étonne encore que les laïcs – ces hommes et ces femmes bénis par la foi – ne donnent pas d’avertissement à ceux qui en ont besoin”.

Les trois conditions requises pour qu’un péché soit mortel sont actuellement expliquées dans un sens qui est complètement étranger au sens dans lequel les conditions étaient traditionnellement comprises. L’exigence de “pleine connaissance”, par exemple, est actuellement considérée (à tort) comme signifiant que si quelqu’un ne sait pas que l’acte qu’il commet constitue une matière grave, alors il ne sera pas tenu responsable pour avoir commis un péché mortel.

Dans le Catéchisme de Baltimore No. 4, les mots exacts “pleine connaissance” n’apparaissent pas dans la section sur le péché mortel, mais trois conditions sont énumérées. Une ” réflexion suffisante ” serait la condition mentionnée dans le Catéchisme qui correspond le mieux à la pleine connaissance. Le Catéchisme dit que pour avoir une réflexion suffisante, “il faut savoir ce que l’on fait au moment où on le fait. Par exemple, supposons que pendant que vous voliez une épingle de diamant, vous pensiez voler une épingle avec un petit morceau de verre, de peu de valeur. Vous n’auriez pas eu une réflexion suffisante et n’auriez pas commis un péché mortel jusqu’à ce que vous découvriez que ce que vous aviez volé était un diamant précieux ; si vous continuiez à le garder après avoir appris votre erreur, vous commettriez sûrement un péché mortel.” Si une personne volait une épinglette de diamant en sachant pendant tout ce temps qu’elle volait un objet coûteux, elle serait coupable d’un péché mortel, qu’elle sache ou non que voler des objets de grande valeur constitue une infraction grave.

Saint Thomas a soulevé la question dans sa Somme de savoir si un péché mortel peut ou non devenir véniel (I-II:88:6). La deuxième objection et la réponse qu’il y a apportée sont à lire absolument pour quiconque veut avoir une conscience informée sur la question à l’étude :

Objection 2, “Il peut arriver qu’une personne, en commettant un péché de manière générique, aime une créature moins que Dieu ; par exemple, si quelqu’un ignore que la simple fornication est un péché mortel, et contrairement à l’amour de Dieu, commet le péché de fornication, mais pour être prêt, par amour de Dieu, à s’abstenir de ce péché, il sait que c’est en agissant contre l’amour de Dieu. C’est pourquoi sa volonté sera un péché véniel ; et en conséquence un péché mortel peut devenir véniel.”

Répondez à l’objection 2 : “Si l’ignorance est telle qu’elle excuse complètement le péché, comme l’ignorance d’un fou ou d’un imbécile, alors celui qui commet la fornication dans un tel état d’ignorance, ne commet aucun péché, ni mortel ni véniel. Mais si l’ignorance n’est pas invincible, alors l’ignorance elle-même est un péché, et contient en elle le manque d’amour de Dieu, dans la mesure où un homme néglige d’apprendre ces choses par lesquelles il peut se protéger dans l’amour de Dieu.”

Quand Notre Seigneur dit aux scribes et aux pharisiens que “les bien portants n’ont pas besoin d’un médecin”, et qu'”il n’est pas venu pour appeler les justes, mais les pécheurs”, beaucoup de commentateurs