Qu’est-ce qu’une science ?

La quête de la certitude répond au besoin qu’à l’esprit de connaître de manière assurée. Mais pourquoi une telle recherche si ce n’est pour satisfaire, soit des fins sensibles et utilitaires prochaines, soit pour répondre à un désir plus profond de vérité susceptible de combler tout l’être ? La certitude témoigne de ce que la science est une quête de l’adéquation de la pensée avec ce qui est, ceci en vue de la possession effective d’un bien sensible ou intellectuel.
La recherche des causes réelles vise justement à acquérir les certitudes et les biens que procure la connaissance. La recherche des causes est donc elle-aussi une recherche de ce qui est adéquate au jugement. Cette quête ne saurait s’arrêter aux causes et aux réalités physiques, c’est pourquoi la recherche des causes ne s’entend pas seulement des vérités logiques ou physiques mais également des causes de plus en plus abstraites, premières ou métaphysiques. La notion de cause nous montre à son tour qu’en cherchant des vérités limitées, la science ne peut manquer de remonter aux premiers principes et même aux vérités éternelles et immuables capables de répondre à notre quête de vérité ou d’absolu.
La méthode enfin exprime elle aussi que l’objet d’étude impose son ordre au sujet connaissant exigeant des dispositions et des moyens propres à trouver les causes et les lois qui régissent les choses ou les êtres étudiés. La méthode doit être adéquate à ce qui est étudié, elle provient de la nécessaire adaptation des procédés avec ce qui est, autre expression de la vérité logique et ontologique.

Annexe : Evidence et certitude

Trois ordres de vérités et par suite trois ordres d’évidence et de certitude :

Certitude métaphysique : se caractérise par le caractère inconcevable de sa contradictoire : le tout est plus grand que la partie, 2 × 2 = 4. « Ces vérités sont perçues par la raison, l’évidence et la certitude qu’elles engendrent sont dites métaphysiques »

Certitude physique : a pour caractère d’être contingente, exemple : le soleil brille ; cette propriété pourrait ne pas être attribuée au soleil (par ex. il se peut qu’un jour le soleil s’éteigne). Ce sont des évidences physiques ou empiriques, leur contraire est simplement le faux, à un moment donné.

Certitude morale : relève d’une loi qui caractérise la nature humaine intelligente et libre. Exemple : l’homme tend au bonheur ; l’homme est soumis à la loi du devoir.

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Evidence immédiate : (physique, métaphysique ou morale) : perçue du premier coup d’œil sans recours à aucune autre évidence intermédiaire : il fait jour, une chose ne peut pas à la fois être et ne pas être.

Evidence médiate : mise en lumière par une autre vérité, par la démonstration : l’ascension des liquides dans le vide est due à la pression atmosphérique, le théorème de Pythagore, ou la victoire de César sur Pompée sont des vérités médiates respectivement physique, métaphysique et morale.

Evidence intrinsèque est perçue directement dans l’objet médiatement ou immédiatement, l’évidence extrinsèque est celle qui est perçue non dans l’objet mais dans l’autorité de celui qui l’affirme, telle est l’évidence des vérités historiques.

Cf. Synthèse à partir de Ch. Lahr, Manuel de philosophie, Beauchesne, 1926, p. 448.

MPI