Environnement et Création, sont deux visions opposées

Le nouveau compas quotidien

Le Synode de l’Amazonie souligne un autre point de grande confusion qui existe au sujet de l’environnement et du climat. C’est l’utilisation des termes “environnement” et “créé” comme s’ils étaient la même chose. En réalité, ce sont deux visages opposés et inconciliables. L’histoire de l’Église nous offre un brillant exemple de ce que signifie “collaborer à la Création”, dommage que les dirigeants d’aujourd’hui préfèrent courir après les idéologies du monde.

Le Synode de l’Amazonie met en évidence un autre point de grande confusion qui existe au sujet de l’environnement et du climat ; c’est une confusion terminologique qui concerne directement le monde catholique et qui a de graves conséquences tant sur le plan conceptuel qu’opérationnel. Il s’agit de l’utilisation des termes “environnement” et “créé” comme s’ils étaient la même chose. Ou, plutôt, comme si la Création était le terme chrétien pour désigner l’environnement mais substantiellement avec le même sens. Mais ce n’est pas le cas, en effet l’utilisation des mots environnement et Création représente la réalité de deux visions opposées et inconciliables.
Il s’agit évidemment du terme environnement selon la mentalité écologiste dominante, porteuse d’une vision négative de l’homme. Il serait un élément de perturbation d’une nature qui – implicitement – serait en bien meilleure condition si l’homme n’était pas là (nous avons aussi parlé du concept de développement durable).

Il est théorisé que la Terre est un organisme vivant autosuffisant (c’est l’hypothèse de Gaia, par exemple), en équilibre parfait avant l’intervention de l’homme. La seule possibilité pour l’homme de ne pas “déranger” semble être de rester au stade primitif, en se fiant uniquement à ce que la nature fournit. D’où l’exaltation des peuples primitifs, comme nous le voyons ces derniers temps concernant l’Amazonie, qui dans cette vision sont un exemple pour tous.

L’environnement est donc compris comme “autre” que l’homme, et ce dernier peut y vivre à condition qu’il fasse le moins d’activité possible et, en effet, limite aussi sa présence quantitative. En ces premiers temps du Synode, ce n’est pas par hasard que certains pères synodaux ont théorisé la réduction de l’homme à un “invité” de la terre. Et il n’est pas surprenant que le mouvement organisé autour de Greta Thunberg et des Fridays for Future ait aussi motivé le mouvement des jeunes qui se sont engagés à ne pas mettre de nouveaux enfants au monde. “Pas d’avenir, pas d’enfants” est le nom du plus célèbre, mais depuis de nombreuses années, prosélytes, surtout dans le monde anglo-saxon, le “Voluntary Extinction of Man Movement”. Et il y a quelques années, lors d’une des conférences internationales sur le climat, le représentant chinois a déclaré que la Chine avait déjà beaucoup fait pour lutter contre le changement climatique, en particulier avec la ” politique de l’enfant unique “, qui en près de 40 ans a empêché la naissance de 400 millions d’enfants.

C’est également de là que vient le terme “protection de l’environnement”. La défense parce qu’il y a évidemment un agresseur, qui est en fait l’homme, et qu’il faut donc le mettre en position de ne pas nuire. D’autre part, puisque la Terre – selon cette mentalité – serait un organisme vivant, ici elle “se rebelle” contre les abus de l’homme. Il réagit à l’agression comme notre corps le fait avec les virus, c’est-à-dire avec la fièvre, l’augmentation de la température. A tel point qu’en ce qui concerne le réchauffement climatique, on parle communément d’une “fièvre de la planète”. Par ailleurs, la ” défense ” implique aussi que l’objectif est de préserver la nature, de garder les choses intactes, de transmettre à la génération suivante ce qui a été transmis au présent, dans les mêmes conditions. En fait, les premiers mouvements écologiques, qui remontent à la fin du XIXe siècle, étaient en fait des mouvements pour la conservation de la nature.

La conception de la Création est complètement différente, ce qui souligne d’abord l’existence d’un Créateur dont tout dépend. La terre est le don de Dieu à l’homme. Il ne fait donc pas seulement partie de la Création, mais il est le premier parmi les créatures. Il existe une hiérarchie ontologique entre l’homme et les autres êtres vivants.
D’autre part, précisément parce qu’il est aussi une créature, l’homme doit rendre compte au Créateur. C’est pourquoi nous parlons de soin ou de sauvegarde : il ne s’agit pas de “défendre” mais de “faire grandir”. Saint Jean Paul II a parlé de “collaboration avec la Création”.

Et c’est là que se joue la liberté de l’homme : s’il suit le plan de Dieu, il rend la Création plus belle et plus humaine ; s’il poursuit son propre plan, il “défigure” la Création. C’est pour cette raison que le Pape Benoît XVI a dit un jour que la menace la plus grave pour l’environnement est l’athéisme. Quand on embrasse des idéologies qui veulent nier le Créateur, on oscille inévitablement entre l’idolâtrie naturaliste et le culte inhumain de la technologie, entre l’adoration de Gaïa et l’exploitation irrationnelle des ressources.

Au contraire, dans l’histoire de l’Église, il y a un exemple brillant qui montre comment la reconnaissance du Créateur apporte un grand bien aux hommes et à la nature. Nous parlons du monachisme bénédictin.
Quiconque a visité un ancien monastère, normalement situé sur une colline, ne pouvait s’empêcher de remarquer la beauté de l’endroit où il est situé. Quelqu’un a dû penser au bon goût et à la ruse des moines, qui savaient choisir de beaux endroits. Il est juste au contraire de penser que ces lieux magnifiquement paysagers, n’étaient pas du tout comme ça quand les moines y sont arrivés. Au contraire, il s’agissait de lieux sauvages et inhospitaliers et, surtout au début du Moyen Âge, les moines étaient responsables de la mise en valeur de l’œuvre et de la récupération de l’environnement qui nous a permis de reconstruire littéralement l’Europe, alors que tout semblait destiné à être détruit et abandonné.

“Nous devons aux moines – écrit Thomas E. Woods dans le livre “How the Catholic Church has built Western civilization” (Cantagalli 2007) – la reconstruction agraire de l’Europe. Partout où ils allaient, les Bénédictins transformaient les terres désolées en terres cultivées. Ils cultivaient le bétail et la terre, travaillaient de leurs propres mains, asséchaient les marécages et coupaient les forêts. Et encore : ” Partout où ils allaient, les moines apportaient des récoltes, des industries ou des méthodes de production que personne n’avait jamais vues auparavant. C’est là qu’ils ont introduit l’élevage du bétail et des chevaux, le brassage de la bière, l’apiculture ou la culture fruitière”.

Même en Italie, nous avons d’innombrables témoignages de lieux devenus hospitaliers et luxuriants, bons pour l’homme, grâce à la présence des monastères bénédictins. Mais tout cela n’est pas le résultat d’un projet environnemental ou d’une analyse de l’état des écosystèmes. La racine de ce succès retentissant a été très bien décrite par le Pape Benoît XVI dans son célèbre discours au Collège des Bernardins à Paris le 12 septembre 2008, parlant précisément du “secret” des Bénédictins : “Leur objectif était : quaerere Deum, pour chercher Dieu. Dans la confusion des temps où rien ne semblait résister, ils voulaient faire l’essentiel : s’engager à trouver ce qui vaut et reste toujours, à trouver la Vie elle-même. Ils étaient à la recherche de Dieu. Le reste – la culture, les universités, le chant et même l’environnement – sont toutes des conséquences.

Ces quelques notes suffisent pour comprendre à quel point il est tragique pour l’humanité entière que les pasteurs de l’Église aient abandonné la vision catholique pour suivre un environnementalisme mondain qui, contrairement aux déclarations d’intention, est destructeur de la nature.