Cardinal Hummes: “N’ayons pas peur de la nouveauté”

5) Communication pendant l’Assemblée synodale

Tout d’abord, je voudrais rappeler que depuis le début de la préparation du Synode panamazonien, le Secrétariat général a ouvert une page web multilingue avec diverses informations non seulement sur l’Assemblée spéciale – documents synodaux tels que le Document préparatoire avec le Questionnaire et l’Instrumentum laboris – mais aussi avec de nombreux documents sur l’événement synodal : articles, vidéos, interviews, etc.

Quant à la diffusion des informations relatives aux travaux de l’Assemblée par les médias, il convient de rappeler qu’elle sera assurée par le Dicastère de la Communication, présidé par son Préfet, le Dr Paolo Ruffini, qui sera à son tour Président de la Commission de l’Information. Giacomo Costa, S.I., par le Directeur du Bureau de Presse, Dr Matteo Bruni, par le Directeur éditorial du Département de Communication, Dr Andrea Tornielli, par M. Mauricio López Oropeza, Secrétaire exécutif du REPAM, par Sœur María Irene Lopes Dos Santos, Conseillère de la Commission épiscopale de l’Amazonie CNBB, nommée par le Saint Père et par quatre autres membres qui seront élus par les Pères synodaux.

La principale source d’information pour les médias sera les réunions d’information quotidiennes coordonnées par le Préfet du Dicastère de la Communication et le Directeur du Bureau de Presse du Saint-Siège, auxquelles assisteront quelques Pères synodaux et d’autres participants au Synode, désignés de temps en temps par la Commission de l’Information. De plus, à travers les réseaux sociaux (Twitter, Facebook et Instagram) de Vatican News et de la Secrétairerie générale du Synode des Évêques, des nouvelles sur l’avancement du travail synodal seront diffusées et partagées. Il est également suggéré d’utiliser le hashtag #SinodoAmazonico dans toutes les langues pour un aperçu informatif du Synode.

Les Pères synodaux seront libres d’accorder des interviews en dehors de la salle synodale, ainsi que de communiquer en général avec les médias à leur discrétion et sous leur responsabilité, évidemment à titre personnel, en maintenant la confidentialité nécessaire sur les noms des intervenants, sur les débats dans la salle et dans les cercles mineurs. Afin de garantir la confidentialité nécessaire au développement du Synode, les participants sont priés de ne pas interagir avec le monde extérieur par le biais de réseaux sociaux pendant leur travail, tant dans la salle de classe que dans les cercles.

En outre, il convient de rappeler que, comme lors des derniers Synodes, les interventions dans la salle de classe ne seront pas officiellement publiées dans le Bulletin du Bureau de presse. Au lieu de cela, les rapports soumis par les cercles seront rendus publics en temps utile par l’intermédiaire du Bureau de presse du Saint-Siège. Pour des raisons évidentes, les textes relatifs aux différentes phases de la préparation du Document final seront confidentiels, étant donné qu’ils peuvent évoluer continuellement jusqu’à leur rédaction finale.

6) L’Assemblée Spéciale dans le signe d’une écologie intégrale

A l’occasion de ce Synode – dont l’écologie est l’un des axes thématiques – le Secrétariat général a lancé une série d’initiatives visant à promouvoir la durabilité environnementale dans le but de défendre contre la pollution et de sauvegarder la Maison commune.

La première initiative, qui a donné d’excellents résultats, a été la nouvelle pratique de l’inscription des participants par le biais d’une procédure informatique, qui a permis aux invités de participer à l’Assemblée synodale en s’inscrivant directement en ligne, en utilisant un mot de passe et en envoyant leurs données personnelles, tout en indiquant leurs besoins logistiques. Vous avez déjà fait l’expérience de cette nouvelle pratique et vous aurez remarqué la rapidité de la communication, mais surtout l’économie de papier imprimé.

Une autre initiative concerne l’attention particulière accordée à s’assurer que les matériaux utilisés pendant le Synode ne contiennent pas d’objets en plastique, tels que des gobelets en matériaux biodégradables. Pour la même raison, le portefeuille mis à la disposition des participants est fait de fibres naturelles, tout comme les plumes sont faites de matériaux biodégradables. Enfin, le papier utilisé pour tous les documents à distribuer est celui qui possède le plus de certifications d’origine et de chaîne de transformation.

Comme signe caractéristique de ce Synode, il est proposé qu’un geste symbolique soit fait d’un point de vue écologique. Nous voulons qu’il s’agisse d’un “synode à impact zéro”. Sur la base des calculs effectués, il est prévu de compenser les émissions de 572 809 kg de CO2 (438 373 kg pour le transport aérien et 134 435 kg pour les autres activités) générées par la consommation d’énergie, l’eau, la préparation, la mobilité des participants, la production de déchets et de matériel promotionnel, par l’achat de titres forestiers pour la reforestation d’une superficie de 50 hectares de forêt du bassin Amazonien. L’attention portée au thème de l’environnement par le Saint-Père et par tous les participants au Synode, dans le sillon de l’encyclique Laudato Sì, qui a parrainé la réduction des émissions de gaz à effet de serre, est ainsi soulignée. Avec cette initiative, nous voulons non seulement discuter de la conversion écologique, mais aussi proposer un geste concret et cohérent. En ce qui concerne ce projet, l’approbation de cette Assemblée est souhaitée.

CONCLUSION

Convaincu d’interpréter les sentiments de cette Assemblée spéciale, je conclus en m’adressant à tous les peuples autochtones qui nous suivent depuis l’Amazonie. Nous vous remercions de votre contribution à cette Assemblée Spéciale pendant le processus synodal jusqu’à présent. Sachez que nous avons entendu vos voix et qu’elles seront présentes dans nos réflexions. Grâce à cette initiative, les yeux du monde entier sont tournés vers vous dans votre héritage culturel, spirituel et de foi en Jésus Christ. L’Incarnation de la Parole réalise la pleine humanité, comme nous l’enseigne saint François d’Assise. Avec lui, vous aussi, face à la beauté de la création, louez le Seigneur avec et à travers ses créatures. Nous te portons dans nos cœurs pendant ces journées synodales et nous nous souvenons de toi dans notre prière. Nous invoquons donc la protection de la Bienheureuse Vierge Marie, aussi vénérée que Notre-Dame de l’Amazonie et avec divers autres titres dans toute la région panamazonienne, afin que cette Assemblée spéciale puisse offrir au Saint-Père des fruits fructueux pour l’application efficace de l’écologie intégrale et pour de nouveaux chemins ecclésiaux impliquant le peuple pèlerin entier du Dieu en Amazonie, source de vie exubérante, terre de beautés cachées, kairos de grâce et de bénédictions, lieu de dialogue entre foi et cultures, terre toujours fertile pour recevoir la semence de l’Evangile de Jésus Christ.

1] Francisco, Angélus, 15 octobre 2017.

2] Cf. francisco, Constitution apostolique épiscopale communio, art. 18 ; Istruzione art. 1 § 4° e 5°, art. 35 § 5.

A titre d’anecdote, selon Cindy Wooden du Catholic News Service, l’annonce du cardinal Baldisseri selon laquelle les Pères synodaux n’auraient pas à porter de soutane l’après-midi et qu’ils auraient pu opter pour le cleriman aurait été accueillie avec enthousiasme.


Adresse du Cardinal Hummes
Le discours de Mgr Baldisseri a été suivi par le rapport introductif du rapporteur général, le cardinal Cláudio Hummes, archevêque émérite de Sao Paulo, président de la Commission épiscopale pour l’Amazonie de la Conférence nationale des évêques du Brésil et président du Réseau ecclésial panaméricain (REPAM).

Nous publions le discours du Cardinal Hummes, prononcé par le Bureau de presse du Saint-Siège, en espagnol :

Le thème du Synode que nous inaugurons est : “L’Amazonie : de nouvelles voies pour l’Église et pour une écologie intégrale”. Le sujet reprend les grandes directives pastorales propres au Pape François. Tracer de nouvelles voies. Depuis le début de son ministère pontifical, François insiste sur le fait que l’Église a besoin de marcher. Elle ne peut pas rester assise dans sa maison, ne prenant soin que d’elle-même, enfermée dans des murs protecteurs. Et encore moins en regardant en arrière, en se languissant des temps passés. L’Église a besoin d’ouvrir ses portes, d’abattre les murs qui l’entourent et de construire des ponts, de sortir et de marcher à travers l’histoire. En ces temps de changements, elle doit marcher aux côtés de chacun d’entre nous, en particulier de ceux qui vivent à la périphérie de l’humanité. L’église “sur le chemin de la sortie”. Pourquoi sortir ? Allumer des lumières et des cœurs chaleureux qui aident les gens, les communautés, les pays et toute l’humanité à trouver le sens de la vie et de l’histoire. Ces lumières sont avant tout l’annonce de la personne et du royaume de Jésus-Christ mort et ressuscité, et la pratique de la miséricorde, de la charité et de la solidarité, spécialement pour les pauvres, les souffrants, les oubliés et les marginalisés du monde actuel, les migrants et les peuples indigènes.

La marche permet à l’Église d’être fidèle à sa vraie tradition. Une chose est le traditionalisme qui est lié par le passé, et une autre est la vraie tradition, qui est l’histoire vivante de l’Église, dans laquelle chaque promotion en accueillant l’héritage du premier, comme la compréhension et l’expérience de la foi en Jésus Christ, enrichit cette tradition dans le présent de sa propre expérience et compréhension de la foi en Jésus Christ.

Les lumières : l’annonce de Jésus-Christ et la pratique inlassable de la miséricorde dans la tradition vivante de l’Église indiquent la voie à suivre pour continuer à marcher d’une manière inclusive, invitant, accueillant et encourageant chacun sans exception dans le futur, comme amis et frères dans le respect mutuel des différences.

“De nouvelles façons”. Nouveau. N’ayez pas peur de la nouveauté. Déjà dans l’homélie de la Pentecôte 2013, le Pape François soutenait : “La nouveauté nous fait toujours un peu peur, parce que nous nous sentons plus en sécurité si nous avons tout sous contrôle, si nous sommes ceux qui construisons, programmons, planifions notre vie selon nos projets, valeurs, goûts (…) nous avons peur que Dieu nous entraîne sur de nouveaux chemins, nous sorte de nos horizons souvent limités, fermés et égoïstes, pour nous ouvrir à son peuple. Mais, dans toute l’histoire du salut, quand Dieu se révèle, sa nouveauté apparaît – Dieu offre toujours la nouveauté – il transforme et demande une confiance totale en Lui”. Dans Evangelii Gaudium (n. 11), le Pape montre Jésus Christ comme “une éternelle nouveauté”. Il est toujours la nouveauté. Il est toujours le même, la nouveauté, “hier, aujourd’hui et toujours” (He 13,8). C’est pourquoi l’Église prie : “Envoie ton Esprit et il sera une nouvelle création et tu renouvelleras la face de la terre”. Alors, n’ayons pas peur de la nouveauté. N’ayons pas peur du Christ, de la nouveauté. Ce Synode cherche de nouvelles voies.

Dans son discours aux évêques brésiliens lors de la Journée mondiale de la jeunesse 2013 à Rio de Janeiro, le Pape, assimilant l’Amazonie à “un test décisif, un banc d’essai pour l’Église et la société brésilienne”, exhorte à “relancer davantage le travail de l’Église[en Amazonie]”, à “renforcer le visage amazonien de l’Église” et à former un clergé autochtone ;” il ajoute : “Pour cela je vous demande, soyez courageux, ayez du courage et sans crainte. Ces mots font nécessairement allusion à l’histoire de l’Église dans cette région. Depuis l’aube de la colonisation de l’Amazonie, il y a eu des missionnaires catholiques pour fournir une assistance spirituelle aux colonisateurs ou pour évangéliser les peuples indigènes. Ainsi commença la mission évangélisatrice de l’Église dans la région. Entre lumières et ombres – sûrement plus de lumières que d’ombres – des générations successives de missionnaires, surtout des Ordres et des Congrégations religieuses, mais aussi des prêtres diocésains et des laïcs – surtout des femmes – ont essayé d’apporter Jésus Christ aux populations locales en édifiant des communautés catholiques. Il convient de rappeler, de reconnaître et d’exalter, dans ce synode, l’histoire de l’héroïsme – et souvent du martyre – de tous les missionnaires d’antan, mais aussi de ceux qui sont aujourd’hui en Panamazonie ; à côté de ces missionnaires, il y a toujours eu des leaders laïcs et indigènes qui, par leur témoignage héroïque, ont souvent été tués et continuent à être ainsi. En outre, il ne faut pas oublier que tout au long de son histoire, l’Église missionnaire amazonienne s’est distinguée par la fourniture de services importants et fondamentaux à la population locale dans les domaines de l’éducation, de la santé, de la lutte contre la pauvreté et la violation des droits humains. L’histoire de l’Église en Panamazonie montre qu’il y a toujours eu une grande pénurie de ressources matérielles et de missionnaires pour que les communautés puissent se développer pleinement : elle souligne l’absence presque totale de l’Eucharistie et des autres sacrements essentiels pour la vie chrétienne de tous les jours.