Cardinal Hummes: “N’ayons pas peur de la nouveauté”

3) Préparation de cette Assemblée synodale

Cette Assemblée Spéciale arrive au terme d’un long cheminement qui a commencé avec la décision du Saint-Père, le 15 octobre 2017, de convoquer un Synode des Évêques sur le thème : Amazonie, nouvelles voies pour l’Église et pour une écologie intégrale. Quelques mois après la convocation de l’Assemblée synodale, le 19 janvier 2018, la première rencontre du Secrétariat général avec le Réseau ecclésial panamazonien (REPAM) a eu lieu à Puerto Maldonado. Dès le début, la Secrétairerie générale du Synode des Évêques et le Réseau ecclésial panamazonien ont travaillé ensemble dans un esprit de communion et de synergie pendant la phase préparatoire du Synode.

Le 9 mars 2018, le Saint-Père a créé le Conseil Pré-Synodal Spécial du Secrétariat Général, composé de plusieurs prélats, deux religieux et un laïc, appartenant au Réseau Ecclésiastique Pan-Amazonien (REPAM) mentionné ci-dessus. Ce Conseil s’est réuni deux fois : la première fois les 12 et 13 avril 2018 pour préparer le Document préparatoire et la deuxième fois les 14 et 15 mai 2019 pour préparer l’Instrumentum laboris, qui sera notre texte de référence dans la phase de célébration du Synode jusqu’à l’élaboration du projet de Document final.

Avec la publication du Document préparatoire, la grande consultation du peuple de Dieu en Amazonie sur le thème du Synode s’est ouverte. Le questionnaire joint au Document préparatoire a été l’occasion d’un riche débat au sein des sept Conférences épiscopales de la Région panamazonienne, qui ont envoyé leurs réponses au Secrétariat général. En outre, avec la collaboration du REPAM, environ 260 manifestations ont été organisées sur le territoire, dont 70 Assemblées territoriales, 25 Forums thématiques et plus de 170 autres activités, telles que séminaires, réunions et réunions de toutes sortes. On estime que plus de 87 000 personnes ont participé à ces manifestations, dont 22 000 ont pris part aux manifestations organisées dans les diocèses et autres organismes ecclésiaux, et 65 000 ont pris part aux processus préparatoires de diverses consultations.

Le matériel, résultat de cette vaste consultation, a fait l’objet d’une étude approfondie et d’une classification par la Secrétairerie générale du Synode des évêques qui, avec l’aide d’experts qualifiés, a procédé à l’élaboration d’un projet du document de travail. Le groupe de rédaction de ce texte était composé de plusieurs experts, dont certains venaient de la région pan-amazonienne.

Trois événements importants qui se sont déroulés pendant la phase préparatoire font également partie du parcours synodal, dont les résultats ont été intégrés de manière adéquate dans l’élaboration de l’Instrumentum laboris. La première a été la rencontre du REPAM avec la Secrétairerie Générale du Synode des Évêques les 14 et 15 novembre 2018 à Manaus. Au cours de cette rencontre, les résultats des Assemblées Régionales qui se sont tenues dans toute l’Amazonie ont été rassemblés et certains aspects ont été clairement exposés, parmi lesquels : la conscience que l’Amazonie n’est pas seulement une réalité géographique, mais aussi politique, sociale, économique et culturelle ; l’écoute comme paradigme du chemin ecclésial commencé avec l’Assemblée Pan-Amazonienne ; la vision d’une écologie intégrale comme défense mais aussi comme promotion des peuples et de la maison commune.

Le deuxième événement important de la phase préparatoire a été le Séminaire d’étude organisé à Rome par le Secrétariat général du 25 au 27 février de cette année sur le thème : Vers un Synode spécial pour l’Amazonie : dimension régionale et universelle. Le programme comprenait les deux thèmes principaux inclus dans le thème synodal, à savoir la mission de l’Église et l’écologie intégrale.

La première journée a été consacrée au premier argument qui a été présenté sous la forme d’un rapport sur la mission de l’Église en Amazonie à la lumière d’Evangelii Gaudium. Ce rapport d’ouverture a été suivi de six brèves communications qui ont approfondi les thèmes suivants : Catéchèse et formation chrétienne, inculturation, vie consacrée, liturgie et vie sacramentelle, ministères ecclésiaux, piété populaire et prosélytisme des communautés pentecôtistes.

La deuxième journée a été consacrée au thème de l’écologie, qui a fait l’objet d’un rapport sur l’écologie intégrale en Amazonie à la lumière de Laudato si’. Six autres courts articles ont ensuite été publiés sur l’écologie environnementale, l’écologie environnementale et culturelle, l’écologie politique et économique, la question autochtone, l’éducation écologique et la spiritualité écologique.

La troisième journée a été consacrée à un débat général précédé d’un rapport sur les Perspectives du Synode panamazonien et suivi d’une réflexion finale du Cardinal Claudio Hummes, Président du REPAM et Rapporteur général de cette Assemblée synodale.

Le bilan d’ensemble du Séminaire a été globalement positif et satisfaisant, car il a révélé un riche panorama de toutes les questions et problèmes inhérents à l’Amazonie qui méritent d’être abordés pastoralement et dans un esprit de communion fraternelle durant ce Synode. Les actes du Séminaire sont publiés et, en plus d’être une contribution précieuse à l’élaboration de l’Instrumentum Laboris, ils constituent un matériel important qui sera bientôt à votre disposition.

Le troisième événement sur la route du Synode panamazonien a été la Conférence internationale qui s’est tenue à Washington sur le thème de l’écologie intégrale comme réponse synodale de la région amazonienne et d’autres biomes et territoires pour le soin de notre foyer commun. Cet événement, qui a eu lieu à l’Université de Georgetown du 19 au 21 mars dernier, a été organisé par le REPAM, le Dicastère pour le Service du Développement Humain Intégral, l’Observateur du Saint-Siège auprès de l’ONU et la Conférence des Provinciaux Jésuites des Etats-Unis et du Canada, en présence du Secrétariat Général.

Concrètement, cet événement a donné lieu à des orientations très importantes sur l’écologie intégrale, et a permis de donner un espace significatif à une pastorale renouvelée ouverte aux options de communion territoriale autour des biomes essentiels. Essentiellement, la Conférence de Washington a contribué au processus synodal principalement en aidant à faire prendre conscience de l’urgence d’appliquer à la vie concrète les directives de l’encyclique Laudato Sì et l’exhortation apostolique Evangelii Gaudium. Ce qui est peut-être le plus pertinent, c’est que tout ce qui a été développé lors de la Conférence précédente l’a été dans une perspective internationale, avec des réflexions sur l’impact sociopolitique visant à soutenir un dynamisme mondial aux niveaux ecclésial et civil pour promouvoir les identités territoriales.

Tout ce matériel – tant celui de la consultation que celui des résultats des manifestations culturelles de la phase préparatoire mentionnée ci-dessus – a été incorporé dans le texte de l’Instrumentum Laboris, qui a finalement été discuté et approuvé par le Conseil Pré-Synodal. Il a été rendu public lors de la conférence de presse du 17 juin.

Pour l’élaboration du document de travail ou Instrumentum laboris, le Secrétariat général a compté sur la collaboration d’un groupe d’experts pour la lecture et la synthèse du matériel résultant de la consultation, qui est arrivé principalement en espagnol et portugais. Il appartiendra au très éminent rapporteur général de présenter ce document dans son rapport, en identifiant les idées clés, c’est-à-dire les “noyaux génératifs” sur lesquels le débat synodal devrait se concentrer.

4) La méthodologie synodale

Dans les trois semaines de travail qui s’ouvrent devant nous aujourd’hui, l’Instrumentum laboris sera le point de référence et la base nécessaire à la réflexion et au débat synodal et non un texte à amender. Sa fonction s’achève avec la préparation du Document final, qui reflétera les résultats obtenus par cette Assemblée et par l’ensemble du processus synodal.

La phase de célébration du Synode qui commence aujourd’hui est le point culminant de tout le long parcours synodal, qui prendra en compte le précieux patrimoine d’idées et de réflexions qui s’est constitué jusqu’ici, ainsi que les nombreuses célébrations, activités et prières de tout le peuple de Dieu.

Compte tenu de ce qui précède, je voudrais maintenant expliquer brièvement comment le travail sera effectué, en indiquant pour plus de détails l’instruction qui est disponible et les règles données à tous les participants. Il contient une série de règles spécifiques pour cette Assemblée spéciale, ainsi que le calendrier des travaux préparé par le Secrétariat général en étroite relation avec la méthodologie proposée. Ce Règlement, établi sur la base de l’Instruction, contient des informations complètes et détaillées sur l’état d’avancement des activités de l’Assemblée et constitue donc un outil indispensable pour le suivi des travaux.

Dans cette première Congrégation générale, après mon rapport, le Rapporteur général présentera l’Istrumentum laboris dans ses lignes générales et, en même temps, soulignera les idées clés sur lesquelles doit porter le débat synodal. Ces idées fondamentales pourraient aussi être appelées “noyaux génératifs” parce que ce sont des concepts capables de générer de nouvelles propositions ou suggestions à inclure dans le projet de document final.

Après cette présentation, les interventions des Pères synodaux, des auditeurs, des délégués fraternels et des invités spéciaux commenceront dans la salle de classe selon l’ordre de présentation des demandes reçues par le biais du module petitio loquendi. Chaque orateur a la faculté de ne parler qu’une seule fois au cours de la Congrégation générale, en se référant à la partie et au numéro du paragraphe de l’Instrumentum laboris qu’il préfère. Comme le nombre de ceux qui ont le droit de parole est élevé (258 oratoires, dont 185 sont des Pères synodaux, 55 auditeurs, 6 délégués fraternels et 12 invités spéciaux) et que les Circuli Minores (XI sessions) ont plus de place, chacun pourra s’exprimer dans la salle pendant quatre minutes au maximum, et dans le Circuli il aura la possibilité de le faire largement. En outre, comme par le passé, certaines Congrégations générales offrent des temps, d’une heure chacun, consacrés aux interventions dites “libres” des Pères synodaux. Le but de ce calendrier est de fournir un cadre pour un dialogue ouvert et un débat sincère entre les Membres. Nous vous demandons donc de profiter de cette occasion, non pas pour une deuxième intervention, mais pour réagir à une intervention faite, pour demander des explications possibles, pour exprimer votre soutien ou votre désaccord avec d’autres interventions. Ce n’est qu’ainsi, par un échange de vues dans un esprit de communion fraternelle, qu’il sera possible de parvenir à un consensus sur les principales questions qui se posent au cours du débat en classe.

Le calendrier prévoit que les Congrégations générales alternent avec les cercles mineurs. Ainsi, à la fin de la sixième Congrégation générale (mercredi 9 octobre), quatre sessions des cercles mineurs commencent (jusqu’au vendredi 11 octobre). Ces groupes discuteront de ce qui a émergé dans les Congrégations générales et commenceront à élaborer les contributions restantes, ouvertes, cependant, à de nouvelles intégrations. Le samedi 12 au matin, les Congrégations générales reprennent jusqu’au mardi 15 en après-midi. Du mercredi 16 au jeudi 17 au matin, les cercles mineurs se réuniront à nouveau pour finaliser les contributions qui seront présentées au Secrétariat général. Le jeudi 17 après-midi, une Congrégation Générale est célébrée dans laquelle chaque Cercle Mineur partage son travail avec les autres participants, en présentant le fruit de son propre débat dans la classe.

Une fois les interventions en classe et le travail des cercles mineurs terminés, le processus d’élaboration du document final commence, qui comprend la compilation de tout ce qui a été présenté en classe, mais aussi, et surtout, le résumé des contributions que chaque cercle présentera dans sa propre langue. Ce projet sera présenté à toute l’Assemblée dans la salle de classe le lundi 21 dans la 14e Congrégation générale, et immédiatement après le texte passera aux cercles mineurs où il sera discuté pour proposer des amendements ou des moyens, appelés “collectifs”, car ils doivent être approuvés, au moins à la majorité absolue, des membres du cercle.

L’examen des modes collectifs est effectué sous la coordination du Rapporteur général, qui s’appuiera sur la collaboration des deux Secrétaires spéciaux et de quelques experts. Comme lors des trois dernières Assemblées générales, depuis le début, c’est-à-dire après la présentation du Rapporteur général, une Commission sera élue pour l’élaboration du Document final. Il sera composé du Rapporteur général (qui préside), du Secrétaire général du Synode des Évêques, des Secrétaires spéciaux et de 7 Pères synodaux (4 élus par l’Assemblée synodale et 3 nommés par le Saint-Père). Toujours à la lumière de l’expérience acquise dans un passé récent, cette Commission aura pour tâche de coordonner et de superviser l’élaboration des textes synodaux, dans leurs différentes étapes d’avancement jusqu’au projet de document final du Synode. La version finale du document sera présentée dans l’Aula le vendredi 25 au matin, afin qu’il y ait suffisamment de temps pour la lecture individuelle du texte.

Enfin, dans la dernière Congrégation générale, dans l’après-midi du samedi 26, le Document final sera voté et le travail sera terminé. Conformément à la nature du Synode, ce document, fruit du travail synodal, sera remis au Souverain Pontife, responsable de toutes les décisions en la matière[2] Le document sera soumis au Souverain Pontife, qui sera responsable de toutes les décisions en cette matière.

La dernière étape avant la dissolution de l’Assemblée synodale est la constitution du Conseil spécial, disons post-synodal, pour le distinguer du Conseil présynodal. En effet, l’Instruction prévoit qu’à la fin des travaux sera élu le Conseil spécial de la Secrétairerie générale du Synode, dont la tâche sera de collaborer avec le Dicastère compétent dans la phase d’application après la clôture du Synode, restant toujours à la disposition du Saint-Père pour toute tâche qu’il voudra lui confier. L’élection des membres qui seront membres de ce Conseil de Secrétariat aura lieu dans la Congrégation générale le vendredi 25 octobre, selon les normes et procédures qui seront indiquées si nécessaire.