L’évêque brésilien précise que les figures de la supposée ” Visitation ” sont des idoles païennes

InfoVaticana par Carlos Esteban

Trois jours, trois, conduisent les apôtres du renouveau dans les réseaux sociaux et les médias en fouettant les fidèles perplexes par la cérémonie chamanique dans les jardins du Vatican. Les sculptures de deux femmes enceintes nues étaient évidemment une Visitation – la troisième figure, la masculine, est préférée pour être évitée – et il faut être très rigide et avoir le visage très mariné au vinaigre pour ne pas le reconnaître, ainsi qu’un eurocentrique incapable de reconnaître un christianisme inculturé.

L’un de ces fouets rigides fut Austen Ivereigh, auteur de la première biographie autorisée de François, qui profita de la conférence de presse du deuxième jour du Synode de l’Amazonie pour rendre son triomphe officiel et définitif, interrogeant un évêque missionnaire au Brésil sur cette scène. Mais il ne s’en est pas très bien sorti, j’en ai peur.

L’évêque a répondu que les sculptures représentent probablement “la fertilité, la femme, la vie” et a ajouté qu'”il n’est pas nécessaire de croire à un lien quelconque avec la Vierge”. Nous ne sommes pas ici pour amender la page de Votre Grâce.

C’est un peu irritant ce désir de tout déformer pour que les fidèles voient une continuité qui n’est même pas voulue ; et c’est cette pose creuse continue qui trahit le fond inepte de cette “révolution” arriérée. Comme la croix pectorale ” pauvre ” choisie par le néocardinal Michael Czerny, sous-secrétaire de la Section des migrants du Dicastère du Service du développement intégré. Une croix étonnamment pauvre, pour ne pas dire honteusement laide, prétendument faite à partir des restes d’une barge utilisée par des trafiquants d’êtres humains pour amener illégalement des Subsahariens en Europe. Présumer la pauvreté est souvent une mauvaise chose, particulièrement insultante pour les vrais pauvres, mais cette fois-ci, ce n’est même pas vrai. Car bien qu’il puisse sembler conçu et élaboré par les artisans les plus maladroits, il est en fait l’œuvre exclusive de Mimmo Palladino, l’un des artistes les plus prestigieux actuellement en Italie, le plus haut représentant de la Transavantgarde.

Et cette même touche d'”ersatz”, de pauvreté conceptuelle – dans l’expression correcte de notre Specola -, qui couvre ce synode qui se concentre sur l’Amazonie même s’il est universel, qui traite des problèmes d’une poignée d’Indiens sud-américains de Rome, et qui théorise sur leurs conditions idylliques pour satisfaire les exigences de l’Église du premier monde.

Le Saint-Père a raconté sa tristesse lorsqu’il entend quelqu’un plaisanter sur l’assistance à la messe inaugurale de plusieurs indigènes avec leurs coiffes à plumes, en se demandant rhétoriquement : “Quelle est la différence entre cette coiffure et un birreta ? Supprimant l’invraisemblance de quelqu’un qui a osé en plaisanter à portée de l’oreille papale, même un enfant pourrait répondre à cette question : le birreta, ridicule ou non, périmé ou moins, représente quelque chose en rapport avec notre religion ; pas les plumes, donc. D’autre part, le birreta peut être associé à la tuile ou au saturn, un vêtement que François a récemment ridiculisé, l’identifiant avec des prêtres rigides et des clercs ayant de graves problèmes personnels. Voilà la différence, Votre Sainteté : l’une de ces deux coiffures l’aime et l’approuve, tandis que l’autre – celle qui concerne sa religion et sa civilisation – lui déplaît.

Dans le même ordre d’idées, le Cardinal Baldisseri, secrétaire du Synode, a annoncé, sous de grands applaudissements, que les membres peuvent se passer de la soutane lors de la réunion de l’après-midi. Il n’a rien ajouté par rapport à la coiffe, il ne faut donc pas exclure de voir un prélat avec une plume.