Coeur Immaculé de Marie, plein de grâce

par Padre Jorge Luis Hidalgo

Contemplons le Cœur Immaculé de Marie comme “plein de grâce”.

“L’ensemble de toutes les eaux sont appelées mers, et l’ensemble de toutes les grâces est appelé Marie, comme disait saint Bernard. C’est son nom propre. C’est ainsi que l’Ange Gabriel la salue à son Annonciation. Elle est la Nouvelle Eve, la vraie Mère de tous les vivants, non pas comme la première, qui les a engendrés avec le péché originel, pour la mort ; mais qui les prédispose au salut, qui vient de Jésus Christ.

Elle est si pleine de grâce que “en elle, l’Esprit a agi d’une manière incompréhensible” (Saint Ambroise). Comme le dit saint Bernard : “Je vous salue Marie, pleine de grâce. Elle remplit vraiment Dieu, les anges et les hommes de joie. Aux hommes pour leur fécondité, aux anges pour leur virginité, et à Dieu pour son humilité. L’abîme appelle un autre abîme. L’humilité de la Servante du Seigneur a attiré la charité du Très-Haut. C’est ainsi que “la Vierge est la maison dédiée à Dieu, consacrée par l’onction du Saint-Esprit”, comme dit saint Antoine de Padoue. Saint Épiphane dit : “Que dirai-je ? comment parlerai-je de l’illustre et sainte Vierge ? Car, sauf Dieu seul, elle est supérieure à tous. (….) Un nuage lumineux, reçu du Ciel, pour illuminer la terre, son soleil le plus lumineux : le Christ”. C’est pourquoi saint Thomas dit que le Seigneur ne peut pas faire quelque chose de plus grand qu’Elle, “car il n’y a rien de plus grand que Dieu”. “Elevée aux confins de la Divinité”, comme l’a dit le Cardinal Cajetan, Elle est devenue un Tabernacle Vivant, mais avant dans Son Cœur plus que dans Son sein, comme le dit saint Augustin : “car ce qui est dans le mental est plus excellent que dans le sein”. Par conséquent, si sainte Thérèse pouvait écrire : “Dieu veut convertir le Cœur de la Vierge en un petit tabernacle où il peut se réfugier”, alors il veut aussi être un modèle de grâce et de charité pour nous tous.

Puisque Dieu Lui-même demeure, Elle est le modèle de toutes les vertus. Comme le dit saint Bernard : “De cette Sagesse qui est venue de Dieu et qui était Dieu, est venue du sein du Père pour nous et une maison a été construite, sa propre Mère la Vierge Marie, et en elle il a sculpté sept colonnes, que symbolisent ces colonnes, sinon qu’une demeure digne a été préparée en elle par la foi et les œuvres ? Trois d’entre eux correspondent à la Foi en raison de sa relation avec la Sainte Trinité, et les quatre autres à la vie morale en raison des quatre vertus principales. En Marie, la Très Sainte Trinité était présente par sa majesté et seul le Fils pour assumer son humanité”. Dieu vit dans son Coeur comme dans un Temple. Saint Ambroise dit, commentant le départ précipité de la Vierge pour aider sa cousine sainte Elisabeth : “Maintenant totalement remplie de Dieu, où Marie ne pouvait-elle aller en hâte que dans les hauteurs ? En effet, la grâce de l’Esprit Saint ignore la lenteur.

Comme l’écrivait le Père Carlos Biestro : “Quand le Seigneur entre dans le monde par la Porte du Ciel, il y a fusion de Dieu et de la Vierge – fusion, non confusion, car la différence entre Créateur et créature demeure incomparablement supérieure à celle qui a lieu dans le cœur des plus grands saints. Chacun possède l’autre, et ainsi celui qui s’abandonne au Seigneur peut communiquer la vie divine à ses enfants.

C’est pourquoi nous devons tous être, comme le dit saint Louis-Marie Grignion de Montfort, des vrais enfants de la Sainte Vierge qui imitent son Fils unique. Mettons-nous dans son moule vivant afin d’atteindre plus rapidement la perfection. De cette façon, nous vivrons toujours dans la grâce de Dieu, protégés dans son sein virginal de la déception et de la tromperie de Satan. Nous préférons mourir plutôt que d’offenser le Seigneur. Vivons en méditant les mystères divins à l’exemple de Celui qui a gardé tous les événements du Christ dans son Cœur. Comme l’écrivait saint Ambroise : “Que l’âme de Marie réside en nous tous pour glorifier le Seigneur, que l’esprit de Marie réside pour exulter en Dieu. Car si elle a été corporellement la Mère du Christ, par la foi le Christ est le fruit de tous ; car toute âme reçoit la Parole de Dieu à condition qu’elle soit préservée de tout vice, sans défaut, et qu’elle garde la chasteté dans une pureté sans défaut. Toute âme qui atteint cet état magnifiera le Seigneur, comme l’âme de Marie a loué le Seigneur et comme son esprit a exulté en Dieu, son Sauveur.

Les vrais dévots de la Sainte Vierge sont ceux qui écrasent la tête de Satan, en vainquant le péché mortel et véniel, en se détournant de toute imperfection, et ceux qui “marchent de haut en bas, jusqu’à voir Dieu en Sion”, comme dit le Psaume, c’est-à-dire qui progressent dans la perfection spirituelle, sans être arrêtés ni craindre ceux qui tuent le corps ou les plaisirs de la chair, ou, comme dit Saint Jean de la Croix : “Je ne prendrai pas les fleurs, je ne craindrai pas les bêtes sauvages” ; car, en définitive, “aucune autre créature ne pourra jamais nous séparer de l’amour de Dieu, manifesté dans le Christ Jésus, notre Sauveur”, fait chair dans le sein très pur de la Mère Immaculée. Son Coeur sera donc notre refuge sûr pour atteindre le Ciel et la perfection. En vivant dans la grâce, nous grandirons dans la piété filiale envers Dieu à travers Elle. Les tromperies de l’ennemi maléfique des âmes n’y arrivent pas.

Demandons donc à notre Mère de nous protéger sur ses genoux, comme ses plus jeunes enfants.