Rupture: la police du Vatican fait une descente dans les locaux du Secrétariat d’État à la recherche de preuves de corruption financière

Des officiers de police vêtus d’un uniforme de ville montent la garde au bord de la place Saint-Pierre le 26 février 2013 à Vatican, au Vatican.

Dorothy Cummings McLean
Dorothy Cummings McLean

VATICAN CITY, 1er octobre 2019 (LifeSiteNews) – La police du Vatican a perquisitionné ce matin sa propre Secrétairerie d’Etat pour saisir des preuves liées à des transactions financières suspectes qui auraient été effectuées au fil du temps.

Selon un bulletin publié par le Bureau de presse du Saint-Siège, “des documents et des appareils électroniques” ont été saisis dans “certains bureaux de la première section du Secrétariat d’État et de l’Autorité nationale de l’information financière”.

Le raid a été autorisé par Gian Piero Milano, le “Promoteur de la Justice du Tribunal”, c’est-à-dire le procureur de la Cité du Vatican, et Alessandro Diddi, le “Promoteur adjoint”.

L’opération était “liée à des plaintes” déposées l’été dernier par la Banque du Vatican, officiellement connue sous le nom d’Institut des œuvres de religion (IOR), et le Bureau de l’auditeur général au sujet d’un certain nombre d’opérations financières “effectuées dans le temps”.

La Secrétairerie d’Etat est, en gros, la fonction publique du Saint-Siège, qui dirige les activités de la Curie, assiste les Nuncios et gère les relations diplomatiques avec les autres Etats. Il est actuellement dirigé par le cardinal Pietro Parolin, qui a succédé au cardinal Tarciso Bertone comme secrétaire d’État en octobre 2013.

La “Première Section” de la Secrétairerie d’Etat est la Section des affaires générales, qui s’occupe du remplissage des bureaux de la curie, de la publication des documents officiels et du travail diplomatique. Il est dirigé par l’archevêque vénézuélien Edgar Peña Parra depuis octobre 2018. En tant que “suppléante” de cette section, Peña Parra est l’équivalent d’un “chef d’état-major” et le troisième prélat le plus haut placé du Saint-Siège.

Peña Parra est un personnage controversé. Selon l’archevêque Carlo Maria Vigano, dénonciateur du Vatican, il a été accusé d’immoralité flagrante par un groupe de laïcs au Venezuela. Par ailleurs, le Suppléant a affirmé dans une lettre adressée à un juge argentin en juin dernier qu’un évêque accusé d’abus sexuel contre des séminaristes en Argentine avait un emploi à Rome, même si ce prélat, Mgr Gustavo Zanchetta, avait été suspendu depuis janvier dernier.

Le Suppléant est également un ami proche du cardinal hondurien Óscar Rodríguez Maradiaga et de son ancien évêque auxiliaire, Juan José Pineda Fasquelle, qui a été accusé de manière crédible d’abus sexuels sur des séminaristes et d’irrégularités financières.