Feu vert à l’Assemblée épiscopale allemande qui va “réviser” la doctrine de l’Église

INFOVATICANA – Par Carlos Esteban

L’agence catholique américaine CNA a obtenu une copie des statuts qui régiront l’assemblée avec laquelle l’Eglise allemande commencera ce ” chemin synodal ” qui, selon certains prélats, pourrait conduire au schisme.

Dans un message ambigu et contemporain, Sa Sainteté a mis en garde l’épiscopat allemand contre le risque de revoir sur ses propres questions disciplinaires et doctrinales qui ne correspondent qu’à l’Église universelle et que la Conférence épiscopale allemande (CEA) entend rendre “contraignantes”, en les exhortant à marcher main dans la main avec l’Église entière. Mais les évêques allemands ont fait la sourde oreille et en août et lors de l’assemblée des évêques allemands, le projet de statuts de ce processus a été présenté dans lequel est proposée la formation d’une “assemblée synodale” pour revoir ces questions.

L’Agence nationale catholique (ANC) a réussi à obtenir un projet de statuts qui régira cette assemblée. Ils stipulent que l'”assemblée synodale”, créée pour “examiner et clarifier des questions vitales telles que l’autorité et la séparation des pouvoirs, la morale sexuelle, le mode de vie sacerdotal et la question des femmes occupant des postes ecclésiastiques”, aura le pouvoir de prendre des décisions au nom de l’Église en Allemagne. L’assemblée comptera jusqu’à 200 membres. Parmi ceux-ci, 70 proviendront du Comité central des catholiques allemands (ZdK), un organisme qui a déjà montré à plusieurs reprises son zèle à réformer de fond en comble les questions de morale et de gouvernance de l’Église dans un sens “progressiste”.

Les 69 évêques du CEA participeront à l’assemblée, en plus des prêtres, diacres, agents pastoraux, ouvriers et membres d’autres groupes laïcs. C’est-à-dire que les évêques eux-mêmes seront en minorité.

Chaque membre aura droit à une voix et, pour l’adoption des résolutions, une majorité des deux tiers sera requise, soit environ 134 voix, qui doivent également inclure les deux tiers des voix des évêques. Autrement dit, si plus d’un tiers des évêques n’appuient pas une résolution, elle ne sera pas approuvée même si elle a obtenu l’appui des deux tiers des voix du reste de l’assemblée. L’article 11 du projet de statuts stipule que “les résolutions concernant les questions réservées au contrôle de l’Église universelle sont transmises au Siège apostolique.

Le cardinal Walter Brandmüller, l’un des deux signataires survivants de la Dubia, a mis en garde, dans une interview à Die Tagenpost, contre l’énorme danger que représente le ” chemin synodal ” qu’il a emprunté à la Conférence épiscopale allemande pour ” réviser ” la doctrine de l’Église sur la morale sexuelle, crainte ravivée cette semaine par le cardinal Rainer Woelki, archevêque de Cologne.

Il est difficile de dissocier cette nouvelle de la lettre que, selon le Wall Street Journal, Sa Sainteté a écrite au cardinal Marx, en sa qualité de coordinateur du Concile de l’économie du Vatican, pour lui demander de mettre un terme à la dette alarmante de l’État du Vatican. Dans cette lettre, le Saint-Père demande au Pape “d’étudier toutes les mesures jugées nécessaires pour sauvegarder l’avenir économique du Saint-Siège et de veiller à ce qu’elles soient mises en pratique le plus tôt possible”, ainsi que “d’informer les responsables des départements de la gravité de la situation” afin de trouver immédiatement des remèdes. Marx a convoqué les chefs de département pour une réunion extraordinaire le 20 septembre afin d’aborder cette question.