Canada : de l’utopie à la dystopie

Un patient atteint de la maladie de Charcot s’est résigné à entamer une procédure d’euthanasie, les soins que son état réclame n’étant plus pris en charge par l’Etat. Les Canadiens découvrent que leur modèle social vire au cauchemar : limitant l’accès aux soins, tout en prenant en charge le suicide assisté.

« Personne ne devrait penser que la mort programmée reste la seule option, en raison d’un manque de soins », a déclaré Leonie Herx, médecin de Toronto (Canada), en réaction à la nouvelle de la mort de Sean Tagert.

Ce père de famille de 41 ans était atteint d’une pathologie neurodégénérative, la sclérose latérale amyotrophique (SLA), également appelée maladie de Charcot.

A la suite d’un arrêt cardiaque en 2017, l’état du patient réclamait des soins constants à domicile, d’autant plus onéreux que leur prise en charge allait diminuant.

Dans un message du 25 juillet 2019, Sean Tagert révèle que deux responsables du Vancouver Coastal Health – l’autorité sanitaire régionale censée fournir des services de santé aux malades – sont venus trouver sa mère. Ils lui ont expliqué que la prise en charge des soins serait de plus en plus réduite. Dans l’incapacité de payer les 237 euros de l’heure réclamés pour ses soins, le patient s’est résigné à demander l’aide sociale au suicide assisté qui, lui, est entièrement pris en charge.

Le 6 août 2019, Sean Tagert passait ainsi de vie à trépas. « Pour Sean, son fils était sa raison de vivre. Nous voudrions demander au gouvernement, en mémoire de Sean, de reconsidérer les graves problèmes de traitement des patients atteints de SLA, et de trouver de vraies solutions », déclarait la famille au lendemain du décès.

Suicide remboursé, soins vitaux à la charge du patient : le Canada – et plus largement l’Occident – découvre que l’utopie d’une liberté sans contrainte, sans Dieu ni maître, aboutit à la pire des dystopies, ou plutôt à la réalité d’une société bassement matérialiste, sans morale parce qu’apostate. Une société sordide.

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