Le naturalisme maçonnique et la quasi-occasion du péché

1P5 – par John Henderson 

L’acceptation généralisée du mensonge promu par Jean-Jacques Rousseau et d’autres francs-maçons influents concernant la prétendue bonté naturelle de l’homme a entraîné une corruption morale extrême et la dévastation des âmes. Dans sa première encyclique sur la société secrète, le Pape Léon XIII écrivait : “Les francs-maçons, n’ayant aucune foi en ce que nous avons appris par la révélation de Dieu, nient que nos premiers parents aient péché, et par conséquent pensent que le libre arbitre n’est en rien affaibli et incliné vers le mal. Au contraire, exagérant plutôt le pouvoir et l’excellence de la nature, et y plaçant seuls le principe et la règle de justice, ils ne peuvent même pas imaginer qu’il y ait besoin d’une lutte constante et d’une ténacité parfaite pour surmonter la violence et la règle de nos passions.” Le déni ou l’oubli de notre condition déchue a conduit à négliger la discussion sur le concept important des occasions de péché.

Une occasion de péché a été définie comme ” toute personne, tout lieu ou toute chose qui, de par sa nature ou à cause de la fragilité humaine, peut conduire quelqu’un à faire le mal, commettant ainsi le péché “. Il y a certains genres de personnes et de lieux qui sont des occasions de péché pour la plupart des gens généralement en raison de la nature que nous partageons tous comme enfants d’Adam. Il y a d’autres personnes, lieux et choses qui sont des occasions de péché seulement pour des individus particuliers à cause de différences d’âge, de sexe, de tempérament, de vertu, etc.

Un lieu avec un bar ouvert n’est peut-être pas une occasion proche du péché d’ivrognerie pour beaucoup, mais pour certains, il le sera. Un ordinateur portable ou un téléphone personnel avec accès à Internet n’est peut-être pas une occasion de péché pour une femme âgée moyenne, mais pour un adolescent moyen, ce sont des occasions immédiates de péchés mortels contre la pureté.

Notre Seigneur a fait allusion au concept des occasions de péché lorsqu’Il a dit : “Et si ton oeil droit te scandalise, arrache-le et jette-le loin de toi. Car il est préférable pour toi qu’un de tes membres périsse, au lieu que tout ton corps soit jeté dans la géhenne. Et si ta droite te scandalise, coupe-la et jette-la loin de toi, car il est préférable pour toi qu’un de tes membres périsse, plutôt que de jeter tout ton corps dans la géhenne” (Mt 5:29,30).

Ce qu’il est crucial de considérer, c’est que pour être valablement absous par le sacrement de pénitence, nous devons avoir un but ferme d’amendement, et on ne peut pas dire que nous possédons ce but ferme si nous ne sommes pas résolus à éviter les occasions proches et volontaires du péché que nous confessons.

Une occasion immédiate volontaire de péché est une occasion qui peut facilement être évitée. Les occasions nécessaires de péché sont telles qu’elles ne peuvent être évitées sans scandale ou difficulté sérieuse. Quand nous discernerons si une occasion est “nécessaire” ou non, nous devons nous rappeler que Notre Seigneur, dans le passage de l’Écriture cité plus haut, a mis la barre très haut, déclarant que notre “oeil droit” et notre “main droite” doivent être écartés s’ils nous empêchent de vivre dans la grâce divine.

Si le péché particulier que nous confessons est quelque chose que nous n’avons pas l’habitude de commettre, alors les mesures que nous décidons d’adopter pour éviter les occasions du péché particulier n’ont pas besoin d’être aussi drastiques que si le péché que nous confessons est devenu une habitude pour nous.

L’un des événements les plus significatifs dans le monde chrétien du XIXe siècle fut la définition ex cathèdre du dogme de la conception immaculée de la Vierge par le pape Pie IX. Le Petit Office de la Bienheureuse Vierge Marie contient un antienne qui fait référence au rôle de la Gospa en tant que “destructeur des hérésies”[1], et il est probable que Marie ait voulu que la vérité sur sa conception immaculée soit définie au moment précis où c’est à cette époque que l’hérésie naturelle de l’homme a le plus pris son sens. La définition de Pie IX nous donne à tous l’occasion de méditer sur le privilège singulier et unique de la Gospa et, ce faisant, nous a donné l’occasion de réfléchir sur notre différence avec elle. Marie n’avait pas de concupiscence ni aucune autre blessure de l’âme causée par le péché originel ; nous en avons.

Plus nous adapterons nos esprits à la réalité, mieux nous nous porterons. Quel est le bonheur de l’homme qui contemple sa nature déchue et agit en conséquence, en évitant avec diligence les occasions inutiles de péché ? Mgr Gaume écrit : “Sans doute, si les hommes prenaient soin d’éviter les occasions de péché, la plus grande partie de ces péchés qui sont commis serait évitée”. La plus grande partie des péchés qui sont commis pourrait être évitée si seulement nous reconnaissions nos faiblesses et nous mettions des contraintes sur nous-mêmes !

Vierge Immaculée, destructeur d’hérésies, patronne de la Contre-Révolution, toi seule qui as été conçue sans péché, prie pour nous qui avons recours à toi !

1] Bureau de la Maternité : “Gaude, Maria Virgo, cunctas haereseses sola interemisti in universo mundo. Réjouis-toi, ô Vierge Marie, seule tu as détruit toutes les hérésies dans le monde.”