Philip Lawler et l’homme caché

THE FATIMA CENTER – Chris Ferrara

Philip Lawler nous apprend la nouvelle surprenante qu’il a rencontré en secret “le controversé et (je pense) saint Archevêque Carlo Maria Vigano… dans un endroit calme”. Vigano se cache de l’humble et miséricordieux Pape François et de ses collaborateurs qui, comme le rapporte Lawler, auraient engagé les services secrets du Vatican pour le traquer suite à la publication de la célèbre lettre dans laquelle il accuse le Pape de ne pas avoir écouté ses avertissements pendant une audience privée en 2013 sur les crimes de l’ex-Cardinal McCarrick. En ce qui concerne cette rencontre fatidique, comme je l’explique ici, François revendique aujourd’hui un manque de mémoire tout en se réjouissant de ce qu’il considère comme le travail “fantastique” des médias de discréditer l’archevêque pour un différend de propriété non pertinent et réglé avec son frère.

Le 30 juillet, dans le premier point lié ci-dessus, Lawler raconte comment Vigano, avec qui il s’est entretenu “pendant de nombreuses heures”, a une préoccupation centrale : “la sécurité, la liberté et la pureté doctrinale de l’Église – le corps mystique du Christ, le peuple de Dieu, qu’il a servi toute sa vie, et souhaite encore servir de tout son être”.

Lawler se demande si ce témoignage contre un Pape manifestement égaré est “une âme courageuse, équilibrée entre piété, prière et compétence professionnelle, prête à risquer sa réputation pour parler au nom de tous les croyants, en particulier les faibles et les maltraités” ou bien “quelqu’un de beaucoup moins attirant, un lâche, pas un héros, comme disent certains monsignols à Rome qui parlent avec venin…”.

Il est clair quel point de vue de Vigano Lawler détient. Il décrit ainsi son sujet :

“un petit homme aux yeux intelligents, aux manières exquises, studieux, travailleur, sans scrupules au milieu des rigueurs du voyage, ni fringant, ni manifestement héroïque… une sorte de réservoir vivant du savoir curial romain, ce qui signifie qu’il connaît la Curie avec une précision mathématique de bout en bout, d’un bureau à l’autre, et sa mémoire remonte plus de 50 ans. Il est’M. Curie Romaine’. Cet homme est donc un archétype de “serviteur du Pape”. Chaque Pape ! Il a servi le Pape Paul VI, le Pape Jean-Paul I, le Pape Jean-Paul II, le Pape Benoît XVI et maintenant le Pape François. Alors comment le serviteur pontifical archétypal aurait-il pu soudainement devenir l’archétype du traître papal, le ” Judas ” de la Curie au début du 21e siècle ? La seule pensée fait secouer la tête avec perplexité. C’est impossible !”

Un témoin crédible, alors ! Et Lawler cite ce témoin crédible comme suit au sujet du document de travail grotesque et hétérodoxe pour le prochain Synode amazonien : “Où est le message chrétien ici ? En fait, la figure du Christ est absente. Le document de travail du Synode témoigne de l’émergence d’une théologie catholique post-chrétienne, maintenant, en ce moment. Et c’est très troublant. C’est contre tout ce pour quoi j’ai travaillé et cru toute ma vie.”

Vigano soutient que ce Synode représente “le triomphe d’un projet vieux de 60 ans… pour apporter une nouvelle sorte de pensée au cœur de l’Église, une pensée enracinée dans des éléments de la théologie de la libération contenant des éléments de marxisme” – un projet, en fait, des Jésuites libéraux de l’époque post-Vatican II. Et maintenant, note-t-il, un jésuite libéral siège sur la chaise de Pierre pour la première fois en 2000 ans.

L’homme qui se cache est-il un témoin crédible ? Qu’il en soit ainsi semble au-delà de tout doute raisonnable. Mais étant donné la montagne de preuves que François lui-même a fournies quant à ses propres intentions, la crédibilité de l’archevêque Vigano n’est guère plus qu’une question académique. Nos propres yeux en sont la meilleure preuve.