Évêque Strickland aux autres évêques: Réveillez-vous et sentez l’apostasie.

The Fatima Center – Par Chris Ferrara

L’un des rares évêques qui s’approche aujourd’hui de ce qu’on pourrait appeler une orthodoxie catholique ferme et militante est l’évêque Joseph Strickland de Tyler, au Texas. Il va sans dire qu’il n’a pas été nommé évêque par François, mais par le Pape Benoît XVI en 2012.

Dans une interview accordée à LifeSiteNews, Mgr Strickland a abordé la “controverse” entourant un tweet dans lequel il a simplement observé l’évidence de l’état actuel de l’élément humain de l’Eglise après plus de cinquante ans de “renouveau” illusoire au nom de Vatican II :

“Le dépôt de la foi n’a pas été gardé, au contraire, il a été fragmenté et corrompu, surtout dans les domaines du mariage, de la famille et de la sexualité. Je prie pour que les évêques et tous les catholiques reviennent à cette source de vérité révélée et prient pour la purification et le renouveau de la vie et de la grâce de Dieu”.

Notez bien : Mgr Strickland prie pour que les évêques reviennent à l’enseignement de l’Église (la “source de la vérité révélée”) et défendent sa doctrine sur le mariage, la famille et la sexualité.

Strickland n’est clairement pas l’une des figures hogarthiennes gonflées qui occupent tant de sièges épiscopaux, où il n’y a ni un mauvais repas à manger ni un mot décourageant à entendre, et le ciel du renouveau n’est pas couvert toute la journée. Strickland est donc tout à fait disposé à dire les choses difficiles qui doivent être dites, telles que : “Notre société se désagrège, surtout en ce qui concerne le mariage, la famille et la morale sexuelle. Ceci est d’autant plus tragique que Dieu a révélé la vérité que nous avons besoin de nous épanouir dans ce monde et de partager la vie éternelle avec Lui après notre départ de ce monde.”

Quitter ce monde ! La vie éternelle ! Ce ne sont pas exactement les points les plus importants de l’agenda épiscopal contemporain – ou, d’ailleurs, de l’agenda du successeur de Benoît XVI. Quant au Pape actuel, si Strickland est peut-être trop politique pour être aussi évident, il est évident que c’est en grande partie grâce à François que l’enseignement de l’Église a été “fragmenté et corrompu… dans les domaines du mariage, de la famille et de la sexualité”. Il ne serait pas exagéré de dire que cette fragmentation, au nom de la nouvelle “église synodale” de François, est le programme même de son pontificat.

Car ce n’est nul autre que François qui, seul parmi tous les Papes de l’histoire de l’Église, a autorisé la Sainte Communion pour les adultères publics qui prétendent s’être “remariés” après un divorce civil illicite, écartant ainsi même l’enseignement contraire de Jean Paul II et Benoît XVI. Et c’est François qui a déclaré que la contraception peut être justifiée comme le “moindre de deux maux” lorsqu’elle est utilisée pour prévenir la transmission de maladies – l’idée qu’on peut légitimement choisir de faire un mal pour éviter qu’un autre soit la mort de toute morale. N’oublions pas non plus que c’est le Pape François qui a insisté pour que le simulacre de “Synode sur la famille” comprenne un rapport intérimaire déclarant que les “unions homosexuelles” apportent “un soutien précieux à la vie des partenaires” même après que les évêques du Synode aient voté son rejet.

Strickland se trouve dans une situation tellement dégénérée qu’il lui faut maintenant affirmer avec force les principes les plus fondamentaux de la loi naturelle face à l’hostilité de ses propres confrères évêques de l’USCCB. Par exemple : “C’est dans notre foi que nous croyons que l’homosexualité est immorale.”

Mais même ici, Strickland semble se sentir obligé de prendre un demi recul rhétorique par rapport à toute la vérité : ce n’est pas que nous croyons que la sodomie est immorale, mais plutôt qu’elle est immorale, objectivement et intrinsèquement, quoi qu’on en dise.

Strickland a poursuivi en disant que lorsqu’il s’agit de prendre soin des personnes affligées par le trouble homosexuel, ” pour moi, le vrai soin vient de la reconnaissance du péché, et de la réalité que nous sommes tous des pécheurs appelés du péché à la vertu “. De toute évidence, oui. Mais bien sûr, dans le langage moderne, dire qu’une proposition donnée est vraie pour moi, c’est essentiellement dire qu’elle n’est qu’une opinion et non, comme c’est le cas ici, un conseil divin qui ne peut jamais être ignoré et qui ne dépend pas, pas plus que l’immoralité de la sodomie, de ce qui me semble “à moi”.

Mais Strickland peut être pardonné pour de si petites équivoques, nageant comme il l’est dans une mer d’apostasie. Car, comme il se plaint lui-même de l’échec généralisé de ses frères dans l’épiscopat à faire quoi que ce soit pour empêcher l’effondrement de la moralité dont nous sommes maintenant témoins : “Comment cela s’est-il produit, si nous croyons vraiment que ce qui se passait était mal ? … Et je pense que nous devons y faire face directement – Croyons-nous ou non à la doctrine de l’Église ?”

Strickland y croit, c’est évident. Mais la question qu’il pose identifie ce que cet apostolat a longtemps fait à la lumière du Message de Fatima et du Troisième Secret en particulier : une apostasie ecclésiale qui, comme l’a dit le Cardinal Ciappi, “commencera par le haut”.