Les intervenants à la réunion d’Assise: beaucoup d’utopistes et très peu de catholiques

INFOVATICANA – Par Carlos Esteban

La liste de la rencontre sur l’économie d’Assise, prévue en mars 2020, donne un aperçu de l’agenda économique de François.
Quand, après le Synode des jeunes, François a proclamé la naissance de l’Église synodale, l’Église décentralisée et collégiale, beaucoup de penseurs catholiques ont sonné l’alarme, préoccupés par une réforme qui semblait ignorer le caractère fondamentalement hiérarchique de l’Église. Dans des articles de fond et des manifestes réfléchis et documentés, ils pensaient que le Souverain Pontife ne pouvait pas céder ou déléguer la responsabilité que le Christ et la Tradition lui avaient confiée, et que cette ” synodalité ” annoncée risquait de multiplier des ” vérités catholiques ” incompatibles, de sorte que ce qui était légal en un lieu ne l’était plus en un autre en traversant une frontière.

Mais si presque tout ce que je lisais à l’époque à ce sujet me semblait parfaitement logique et fidèle à l’éternel Magistère, mon impression générale, confirmée à chaque pas, est que les auteurs manquaient le coup et tiraient sur l’épouvantail. La décentralisation telle qu’elle est proposée peut ou non être incompatible avec la structure ecclésiale nécessaire, mais elle a l'” avantage ” d’être fausse.

Il n’y a pas une telle décentralisation ; jamais auparavant, ces derniers temps, un pontife n’a eu autant de pouvoir, un contrôle aussi méticuleux. Les exemples sont si nombreux et si fréquents qu’il ne les mentionne pas en détail, ne serait-ce que parce que dans cette publication nous avons rendu compte des plus significatifs, et ils vont du plus grand – imposer une vision politique en priorité à l’urgence évangélique du surnaturel – à la simple anecdote du dernier évêque auxiliaire imitant ses nattes et expressions personnelles.

Ce qui produit le mirage, c’est que le Pape n’agit pas selon les structures habituelles. Il les saute. Roberto de Mattei a récemment fait une magnifique présentation sur le danger que représente le fait que l’Église ignore de plus en plus le principe de légalité, et nous avons donc des verdicts sans cause, comme dans le cas célèbre de l’ancien cardinal McCarrick. De même, il est de plus en plus fréquent que des commissariats ou des fermetures, des dépositions ou des cessations soient annoncés sans allégation de motif.

Or, d’aussi loin que je me souvienne, c’est le mot d’ordre pour le monde, que les années soixante détestent les formalités lourdes et rigides qui, pourtant, garantissent la sécurité juridique et empêchent l’arbitraire. De la culture à l’éducation, en passant par le message publicitaire des grandes entreprises, tout a été une romantisation de l’individu qui enfreint les règles pour obtenir ce qu’il croit être juste, d’abord ce qu’il veut, enfin.

Et c’est ce qui vient à l’Église. Sa Sainteté ne règne pas seule ou principalement à travers les dicastères et les congrégations. En fait, la réforme annoncée de la Curie réduit à néant l’autonomie discrétionnaire de ces institutions intermédiaires. Dans la pratique, le Saint-Père se sert des synodes comme d’une simple caisse de résonance, microgérant méticuleusement dans toutes ses phases ce qui est censé être une rencontre d’évêques qui discutent librement et soumettent ensuite leurs propositions au Pape.

Ce serait peut-être moins risqué si François n’avait pas un parti pris politique clair, un schéma idéologique avec de nombreux points qui coïncident avec la pensée séculière dominante qui, à son tour, domine le discours du Pape, souvent une chose de prédication et de clarification de la doctrine catholique.

Un exemple de cet agenda politique est la réunion sur l’économie qui se tiendra à Assise en mars 2020. Il suffit de regarder les intervenants invités pour déduire, d’une part, quel modèle économique le Pape veut ” baptiser ” et transformer en doctrine et, d’autre part, combien il considère insignifiant que ses collaborateurs dans cette entreprise ont une relation avec la foi catholique. Le blog du Vaticaniste Marco Tosatti en énumère quelques-unes, que nous allons maintenant énumérer.

Amartya Sen : 83 ans, économiste bengali, expert en économie durable, marié pour la troisième fois à Emma Rothschild.

-Mohammed Yunus : économiste bangladais, Prix Nobel de la Paix 2006, créateur du microcrédit et fondateur de la Grameen Bank, une banque spécialisée dans les prêts, notamment aux femmes (90%), en Inde, basée uniquement sur une garantie fiduciaire. Nous ne savons pas comment se déroule le projet.

-Vandana Shiva : Ecologiste indienne, connue pour sa lutte contre les OGM. Ses thèses sont considérées comme inapplicables et utopiques. Vice-président de Slow Food.

Jeffrey Sachs : économiste américain bien connu, écologiste néomalthusien, ami de Monseigneur Sanchez Sorondo, prétend avoir contribué à l’écriture de l’encyclique Laudato Sì.

-Bruno Frey : économiste suisse connu pour ses écrits sur l’économie du bonheur. Expulsé de la faculté de l’Université de Zurich pour “mauvaise conduite”.

-Kate Raworth : économiste britannique, écologiste, experte en développement durable.

-Carlo Petrini : gourmet, fondateur de Slow Food ( ?)

-Stefano Zamagni : Président de l’Académie pontificale des sciences sociales, ami de Sánchez Sorondo et protégé de Romano Prodi.

Tony Meloto : Homme d’affaires philippin, expert en théories de réduction de la pauvreté dans les pays sous-développés.