La ‘Dubia’ du Cardinal Zen

INFOVATICANA – Par Fernando Beltrán
Le cardinal Zen, archevêque émérite de Hong Kong, très critique à l’égard des récentes relations du Saint-Siège avec la Chine communiste, a publié sur Facebook un communiqué intitulé ” Dubia ” du cardinal Zen sur les directives pastorales du Saint-Siège sur l’enregistrement civil du clergé en Chine, dans lequel il critique le document publié le 28 juin par le Saint Siège.


Joseph Zen

@CardJosephZen

(UPDATED 8 July)
“Dubia” by Cardinal Zen on the pastoral guidelines of the Holy See concerning the civil registration of the clergy in China
First of all I find strange that the document is issued by “The Holy See”, without specifying which Department…https://www.facebook.com/159315457546819/posts/1708551429289873?s=735749873&sfns=mo 

Voici le communiqué de Zen :

“Dubia” du Cardinal Zen sur les directives pastorales du Saint-Siège concernant l’enregistrement civil du clergé en Chine.

Tout d’abord, je trouve étrange que le document soit émis par “Le Saint-Siège”, sans préciser quel département et sans aucune signature de l’officier responsable.

Dans les paragraphes 1 et 2, le document explique le problème et la solution générale.

1. Le problème, c’est que le gouvernement a manqué à sa promesse de respecter la doctrine catholique. Dans le registre de l’état civil du clergé, il est presque toujours exigé que le clergé accepte le principe de l’autogestion, de l’autosuffisance et de l’autopropagation de l’Église en Chine (ceci pourrait être complété par ce que dit la lettre du Pape Benoît XVI au point 7.8 : ” adopter des attitudes, faire des gestes et prendre des engagements qui sont contraires aux dictats de leur conscience catholique.

2. Face à cette situation complexe, qui n’est pas toujours la même partout, le Saint-Siège a donné un aperçu général du comportement à adopter :
D’une part, il dit qu’il n’a pas l’intention de forcer les gens, d’où son appel (mais il omet explicitement de dire “gouvernement”) à respecter la conscience des catholiques.
D’autre part, il est affirmé comme principe général que “la clandestinité n’est pas une caractéristique normale de la vie de l’Église (voir la lettre 8.10 du Pape Benoît XVI)”, c’est-à-dire qu’il est normal pour elle de sortir de cette situation.

En ce qui concerne la citation de la lettre du pape Benoît XVI au point 8.10, je me permets de citer presque entièrement le paragraphe :

(a) “Certains d’entre eux, ne voulant pas être soumis à un contrôle excessif sur la vie de l’Église, et désireux de maintenir une fidélité totale au Successeur de Pierre et à la doctrine catholique, se sont sentis limités à opter pour une consécration clandestine.

(b) “La condition clandestine n’est pas une caractéristique normale de la vie de l’Église”, (C) “La condition clandestine n’est pas une caractéristique normale de la vie de l’Église”, (C) “La condition clandestine n’est pas une caractéristique normale de la vie de l’Église”, (C) “La condition clandestine n’est pas une caractéristique normale de la vie de l’Église”, (C) “La condition clandestine n’est pas une caractéristique normale de la vie de l’Église”, (C) “L’état clandestin n’est pas une caractéristique normale de la vie de l’Église

(c) “et l’histoire montre que les pasteurs et les fidèles n’y ont eu recours que dans la souffrance, dans le désir de maintenir l’intégrité de leur foi”.

(d) “et de résister à l’ingérence d’organismes d’Etat dans des questions intimement liées à la vie de l’Eglise.

FR. Jeroom heyndrickx et le Cardinal Parolin aiment à ne citer que la partie (b) ; le Pape François ajoute également la partie (c) dans son message du 26 septembre 2018 ; mais il me semble que les parties (a) et (d) sont aussi importantes.

Le paragraphe montre clairement que la non-normalité n’est pas le choix du clergé souterrain, le choix est inévitable, c’est la situation qui est anormale, cette situation a-t-elle changé maintenant ?

3. Le troisième et long paragraphe tente d’énumérer les justifications de ce qui est suggéré dans la partie 5.

Première justification : la Constitution garantit la liberté religieuse.

Que nous apprend la longue histoire des persécutions, malgré la Constitution ?

Deuxième justification : après l’accord, l'”indépendance” ne devrait logiquement plus être comprise comme une indépendance absolue, mais seulement relative à la sphère politique.

Tout d’abord, si je ne vois pas le texte de l’Accord, il m’est difficile de croire qu’ils ont réellement reconnu le ” rôle particulier du successeur de Pierre “.

La question est donc : “Y a-t-il quelque chose de logique dans un système totalitaire ? La seule chose logique est que, selon Deng Xiaoping, un chat blanc est le même qu’un chat noir, tant qu’il sert les intérêts du Parti.

Dans la période qui a suivi immédiatement l’accord, rien n’a changé. Tout a été officiellement réaffirmé et les faits le prouvent.

Troisième justification : le contexte du dialogue ” consolidé

Le document ne reconnaît-il pas que le gouvernement n’a pas tenu ses promesses, comme il est indiqué dans les premier et neuvième paragraphes du document ?

Quatrième justification : tous les évêques sont légitimés.

Cela ne fait que démontrer la générosité sans bornes du Pape ou peut-être la puissante pression du gouvernement, mais nous ne voyons aucun changement de la part des pardonnés et des “récompensés” ; aucun signe de repentance ; seulement des actes clairs de triomphe audacieux, riant des autres qui ont parié sur le cheval vaincu.

4. Le paragraphe 4 indique que les raisons mentionnées justifient une nouvelle attitude. Ici au moins, il y a l’honnêteté de dire que ce qui est proposé est quelque chose de nouveau, et qu’il ne s’agit donc pas d’une continuation du passé, mais d’une négation du passé comme quelque chose déjà passé, quelque chose qui n’est plus valable.

On dit aussi que le Saint-Siège essaie de s’entendre avec le gouvernement sur une formule (et d’avoir le beurre et l’argent du beurre).

Mais ma question est : “Une formule” ? Ce qu’on demande à nos frères, ce n’est pas la déclaration d’une théorie : c’est d’accepter un système, un régime dans lequel il n’y aura pas de liberté pastorale, dans lequel tout le monde suivra les ordres du Parti, y compris les moins de 18 ans à qui on interdit de participer à toute activité religieuse.

5. Les directives pastorales appropriées se trouvent dans la partie 5. En bref : Il est acceptable de signer tout ce dont le gouvernement a besoin, éventuellement avec une clarification écrite niant ce qui est signé. S’il n’est pas possible d’obtenir des éclaircissements par écrit, il faut le faire verbalement, avec ou sans témoin. Tant qu’il y a une intention de conscience de ne pas accepter ce qui a été signé.
Un texte est signé contre la foi et on dit que l’intention est de promouvoir le bien de la communauté, une évangélisation plus adéquate et une gestion responsable des biens de l’Église ; cette règle générale est évidemment contre toute théologie morale fondamentale ! si valide, elle pourrait même justifier l’apostasie !

6. La partie 6 dit que le Saint-Siège comprend et respecte ceux qui, en bonne conscience, n’acceptent pas la règle ci-dessus. Évidemment, c’est de la “compassion” envers une minorité “têtue” qui ne comprend toujours pas la nouvelle règle. Leur attitude est erronée, mais le Saint-Siège les tolère pendant un certain temps.

7. La partie 7 parle de certains devoirs qui incombent aux évêques, citant un document qui n’a rien à voir avec notre problème.

8. La partie 8 dit que les fidèles doivent accepter la décision de leurs pasteurs, qu’est-ce que cela signifie, qu’ils n’ont pas la liberté individuelle de choisir, que leur conscience ne doit-elle pas aussi être respectée ?

Quand les frères de Chine me demandent quoi faire, j’ai toujours donné la réponse : respecter les décisions des autres et rester ferme dans la conviction de la conscience de chacun. C’est parce que je n’ai pas le pouvoir d’imposer mes opinions aux autres sur ce qui est bien ou mal.]
Mais le Saint-Siège n’a-t-il pas l’autorité et donc le devoir de clarifier précisément cela aux membres de l’Église, les directives pastorales ne le font-elles pas, ne disent-elles pas qu’il est bon de sortir de la clandestinité et qu’il est toléré que certains refusent de le faire ? ne disent-elles pas que les évêques et les prêtres ont un choix, mais non les fidèles ?

9. Dans la partie 9, il est dit que le Saint-Siège est si vif (et il n’est pas vrai que le “gobierno” est le mot nouveau) que les communautés catholiques ne sont pas officielles mais ne sont pas accusées injustement, comme elles le sont dans le passé.

La décision de ne pas mentionner le palabre “Gobierno” est un cas comme la vénération traditionnelle de ne pas mentionner le nom de l’empereur.

Enfin, je voudrais dire que le monde entier décrit la volonté de Dieu avec paix et humilité. Je me pose la question sans embargo : la signature de l’accord s’est-elle effondrée d’une manière ou d’une autre ?

Puis il dit que “le voyage des Anglais en Chine, marqué par beaucoup d’espoir de peser les plus dures difficultés”. En retour, il me semble qu’ils ont détruit toutes les bases de l’expérience humaine. En ce qui concerne l’expérience de Dios, personne ne peut être séparé du désir sincère de parvenir à un accord avec son partenaire.

Conclusion :

Ce document a radicalement inversé ce qui est normal et ce qui est anormal, ce qui est légal et ce qui est lamentable. Ceux qui l’ont écrit espèrent que la minorité mourra de catastrophes naturelles. Pour cette minorité, je ne suis pas seulement responsable des prêtres clandestins (qui ont été privés de la direction d’une obisposition, et qui ont donc été privés d’une simple délégation – parce que l’obisposition officielle a été légitimé), mais aussi de nombreux Allemands de la communauté officielle qui ont travaillé avec une grande ténacité pour enregistrer le changement, espérant le soutien du Saint-Siège, il est maintenant temps pour le peuple d'”entrer dans la jungle” au milieu des rires des ouvriers ganadore.

Ceux qui ne permettent pas l’effondrement des désirs de ceux qui ont perdu la vie dans mon propre pays. #Sñor, suis-nous. #

Nous proposons en anglais et en italien le texte qui critique le cardinal zen :

Directives pastorales du Saint-Siège sur l’état civil du clergé en Chine

Depuis quelque temps déjà, les évêques de Chine continentale demandent au Saint-Siège des indications concrètes sur l’attitude à adopter face à l’obligation de demander l’enregistrement à l’état civil. A cet égard, comme on le sait, de nombreux Pasteurs sont profondément perplexes parce que la méthode d’un tel enregistrement – obligatoire selon la nouvelle réglementation sur les activités religieuses, sous peine de l’impossibilité d’agir pastoralement – implique presque toujours la signature d’un document dans lequel, malgré l’engagement des autorités chinoises à respecter également la doctrine catholique, on doit déclarer accepter, entre autres choses, le principe d’indépendance, d’autonomie et d’auto administration de l’Eglise en Chine.

La complexité de la situation chinoise et le fait qu’il ne semble pas y avoir une seule pratique dans le pays pour l’application de la réglementation des affaires religieuses, rendent particulièrement difficile de se prononcer sur cette question. Le Saint-Siège, d’une part, n’a pas l’intention de forcer la conscience de qui que ce soit. D’autre part, elle considère que l’expérience de la clandestinité ne relève pas de la normalité de la vie de l’Eglise et que l’histoire a montré que les pasteurs et les fidèles n’y ont recours que dans le douloureux désir de maintenir leur foi intacte (cf. n° 8 de la Lettre aux catholiques chinois du 27 mai 2007 de Benoît XVI). Par conséquent, le Saint-Siège continue d’exiger que l’enregistrement civil du clergé ait lieu avec la garantie de respecter la conscience et les convictions profondément catholiques des personnes impliquées. Ce n’est qu’ainsi, en effet, que l’unité de l’Église et la contribution des catholiques au bien de la société chinoise pourront être promues.

Quant à l’évaluation de l’éventuelle déclaration à signer au moment de l’enregistrement, il convient tout d’abord de garder à l’esprit que la Constitution de la République populaire de Chine déclare formellement qu’elle protège la liberté religieuse (article 36). Deuxièmement, l’Accord provisoire du 22 septembre 2018, reconnaissant le rôle particulier du Successeur de Pierre, conduit logiquement le Saint-Siège à comprendre et à interpréter l'”indépendance” de l’Église catholique en Chine non pas dans un sens absolu, c’est-à-dire comme une séparation du Pape et de l’Église universelle, mais relative à la sphère politique, selon ce qui se passe dans chaque partie du monde dans les relations entre le Pape et une Église particulière ou entre Églises particulières. De plus, affirmer que dans l’identité catholique il ne peut y avoir de séparation d’avec le Successeur de Pierre ne signifie pas vouloir faire d’une Église particulière un corps étranger à la société et à la culture du pays dans lequel elle vit et travaille. Troisièmement, le contexte actuel des relations entre la Chine et le Saint-Siège, caractérisé par un dialogue consolidé entre les deux parties, est différent de celui qui a vu la naissance des corps patriotiques dans les années 50 du siècle dernier. Quatrièmement, ajoutons le fait d’une grande importance qu’au cours des années, beaucoup d’évêques ordonnés sans le mandat apostolique ont demandé et obtenu la réconciliation avec le Successeur de Pierre, afin que tous les évêques chinois sachent qu’ils sont au milieu d’un monde nouveau.

Face à ces faits, il est légitime d’attendre de tous une nouvelle attitude, même dans le traitement des questions pratiques concernant la vie de l’Église. Pour sa part, le Saint-Siège poursuit le dialogue avec les autorités chinoises sur l’enregistrement civil des évêques et des prêtres afin de trouver une formule qui, dans l’acte d’enregistrement, respecte non seulement les lois chinoises mais aussi la doctrine catholique.

Dans l’intervalle, à la lumière de ce qui précède, si un évêque ou un prêtre décide de s’enregistrer civilement mais que le texte de la déclaration d’enregistrement ne semble pas respecter la foi catholique, il précisera par écrit au moment de la signature qu’il le fait sans manquer d’être dûment fidèle aux principes de la doctrine catholique. S’il n’est pas possible de faire cette déclaration par écrit, le demandeur ne la fera même que verbalement et si possible en présence d’un témoin. En tout état de cause, il est souhaitable que le demandeur certifie l’intention avec laquelle il a procédé à l’enregistrement à la propriété ordinaire. Ceci, en effet, doit toujours être compris dans le seul but de promouvoir le bien de la communauté diocésaine et sa croissance dans l’esprit de l’unité, ainsi que dans celui de l’unité

une évangélisation adaptée aux nouveaux besoins de la société chinoise et à la gestion responsable des biens de l’Église.

En même temps, le Saint-Siège comprend et respecte le choix de ceux qui, en conscience, décident de ne pas s’enregistrer dans les présentes conditions. Elle reste proche d’eux et demande au Seigneur de les aider à préserver la communion avec leurs frères et sœurs dans la foi, même face aux épreuves que chacun devra affronter.

L’évêque, pour sa part, “doit nourrir et exprimer publiquement son estime pour les prêtres, en leur témoignant sa confiance et en les louant s’ils le méritent ; respecter et faire respecter leurs droits et les défendre contre toute critique infondée ; avant tout, résoudre rapidement les différends, afin d’éviter que des angoisses prolongées n’occultent la charité fraternelle et n’endommagent le ministère pastoral” (Apostolorum Successores, Directoire pour le ministère pastoral des évêques, 22 février 2004, n° 77).

Il est également important que les fidèles laïcs comprennent non seulement la complexité de la situation décrite ci-dessus, mais qu’ils accueillent avec un grand cœur la décision douloureuse prise par leurs pasteurs, quelle qu’elle soit. La communauté catholique locale doit les accompagner avec un esprit de foi, de prière et d’affection, en s’abstenant de juger les choix des autres, en préservant le lien de l’unité et en faisant preuve de miséricorde envers tous.

En tout état de cause, en attendant qu’un dialogue franc et constructif s’établisse entre les deux parties, comme convenu, afin de parvenir à une méthode d’enregistrement civil du clergé plus respectueuse de la doctrine catholique, et donc de la conscience des personnes concernées, le Saint-Siège demande que des pressions intimidantes ne soient pas mises en place contre les communautés “non officielles”, comme ce fut malheureusement déjà le cas.

Enfin, le Saint-Siège est confiant que chacun peut accepter ces indications pastorales comme un instrument pour aider ceux qui doivent faire des choix difficiles, à les faire dans un esprit de foi et d’unité. Tous – Saint-Siège, évêques, prêtres, religieux et religieuses et fidèles laïcs – sont appelés à discerner la volonté de Dieu avec patience et humilité dans cette partie du chemin de l’Église en Chine, marquée par de nombreux espoirs mais aussi par des difficultés persistantes.

Du Vatican, le 28 juin 2019, solennité du Très Saint Cœur de Jésus.

Le Saint-Siège