Le conseil confus de Vatican II sur la conscience et la dignité humaine

1P5 par Hilarius Bookbinder –

La conscience douteuse de l’homme contemporain

La doctrine moderne sur les dignitatis humanae, ou dignité de l’homme, a encouragé et même assuré la laïcité, ou la sécularisation de la sphère politique. Le Dignatis Humanae du Concile Vatican II aborde d’abord cette doctrine d’une manière descriptive, notant que ” le sens de la dignité de la personne humaine s’est imposé de plus en plus profondément dans la conscience de l’homme contemporain, et l’on exige de plus en plus que les hommes agissent selon leur propre jugement, jouissant et utilisant une liberté responsable, non motivée par la contrainte mais par un sens du devoir “. La dignité, poursuit le document, exige que les pouvoirs du gouvernement n’empiètent pas sur la liberté légitime des personnes et des associations. La dignité exige donc des limites constitutionnelles et d’autres lois garantissant la liberté, en particulier la libre recherche des “valeurs propres à l’esprit humain”.

Cependant, à la fin de son tout premier paragraphe, Dignitatis Humanae passe de la description à la tolérance : “Ce Concile du Vatican prend bonne note de ces désirs dans l’esprit des hommes. Il propose de les déclarer en accord avec la vérité et la justice.” Le Concile, proclame Dignitatis, recherchera la “tradition sacrée” et la doctrine pour faire émerger des choses qui harmoniseront l’Église avec cette conscience croissante de la dignité humaine. Nous verrons que cette tentative d’harmonisation n’a laissé à l’Église qu’une coque de cette dignité profonde que la nature rationnelle, politique et éternelle de l’homme exige. L’homme s’est mutilé lui-même à travers cette conscience moderne et est maintenant à peine maintenu en vie dans un hôpital de campagne de l’État séculier. Le traitement après le traitement n’a fait qu’aggraver la maladie. L’Église doit à nouveau proclamer une définition de l’homme qui rende justice à la dignité humaine, ce qui signifie en grande partie donner à Dieu son dû.

Dignitatis Humanae et la Divine Révélation de la Dignité

Quand Dignitatis Humanae fouille le trésor de l’Eglise, il ne semble pas trouver grand-chose qui corresponde au sens de la dignité humaine “de l’homme contemporain”. Le document affirme que la dignité humaine est connue “par la parole révélée de Dieu et par la raison elle-même”. L’être humain a de la dignité, poursuit-il, parce qu’il “est doté de raison et de libre arbitre”, capacités qui l’obligent à la recherche de la vérité. Mais, et ici Dignitatis propose des prémisses directement tirées des denses pages du philosophe des Lumières Emmanuel Kant, les hommes ne peuvent entreprendre la recherche “d’une manière conforme à leur propre nature à moins de jouir de l’immunité contre la coercition extérieure ainsi que de la liberté psychologique”. Ainsi, encore une fois, nous voyons un lien intrinsèque entre dignité et liberté. Jusqu’à présent, cependant, bien que l’accent ait été tacitement mis par les Kantiens sur l’autodétermination, le lien entre la tradition et la doctrine sacrées et le sens de la dignité humaine de l’homme contemporain ne nous a pas été clairement démontré. En outre, nous apprenons que les exigences qui se sont développées en raison de la “dignité de la personne humaine… sont pleinement connues de la raison humaine à travers des siècles d’expérience”.

Il est important de noter que Dignitatis continue en insistant sur le fait que “la doctrine de la liberté a ses racines dans la révélation divine”. Dans la phrase suivante, cependant, nous lisons que “[l]a révélation n’affirme pas en effet en tant de mots le droit de l’homme à l’immunité contre toute contrainte extérieure en matière religieuse “, mais elle ” révèle la dignité de la personne humaine dans toutes ses dimensions “. Cette révélation prend la forme du respect du Christ pour la liberté avec laquelle l’humanité doit en arriver à croire en Dieu.

Enfin, le document nous donne la révélation divine de la pleine révélation de la dignité de la personne humaine. Premièrement, l’un des principes majeurs de la doctrine catholique est que la réponse de l’homme à Dieu doit être raisonnable et libre. Deuxièmement, le Christ est venu en douceur, refusant “d’être un messie politique, gouvernant par la force.” Enfin, ses apôtres se sont efforcés de se convertir non pas par la coercition, mais par la puissance de la parole de Dieu.

Considérant tout cela, en soutenant “le principe de la liberté religieuse comme digne de la dignité de l’homme”, l’Église est simplement fidèle “à la vérité de l’Évangile”. A ce stade du document, les auteurs semblent faire une affirmation douteuse concernant la consonance entre l’approfondissement de la conscience de l’homme contemporain et la révélation divine. Car, parce que “le levain de l’Evangile a longtemps été son œuvre tranquille dans l’esprit des hommes… il lui est dû en grande partie le fait qu’au cours du temps les hommes sont venus plus largement à reconnaître leur dignité de personnes, et la conviction s’est renforcée que la personne en société doit être tenue à l’écart de toute forme de contrainte en matière religieuse”.

Dignité contemporaine, conscience kantienne

Il est tout à fait correct de retracer les origines de la “dignité contemporaine” non pas au levain de l’Evangile, mais au penseur des Lumières Immanuel Kant. Pierre Manent, dans A World Beyond Politics ? écrit : “Si pour Thomas d’Aquin la dignité humaine consiste à obéir librement à la loi naturelle et divine, pour Kant elle consiste à obéir à la loi que les êtres humains se donnent à eux-mêmes”. La tradition catholique soutient donc que toute dignité humaine qui existe vient de Dieu, en tant que don, car seul Dieu est capable de leur donner le pouvoir de suivre leurs propres conseils. Pour Kant, “la différence est à la fois radicale et subtile, être humain est une dignité.” Kant a enseigné que les êtres humains ne peuvent jamais être instrumentalisés, c’est-à-dire que nous ne pouvons jamais traiter une autre personne humaine comme un moyen d’atteindre un but en dehors ou au-delà de cette personne. Une personne humaine, affirme Kant, est une fin en soi. L’humanité “seule a de la dignité”, affirme Kant, parce que seule l’humanité est capable d’autonomie – la capacité de choisir ses propres actions. En d’autres termes, pour Kant, les humains ont de la dignité non pas parce qu’ils sont faits à l’image de Dieu, mais parce qu’ils incarnent l’autonomie.

Pour Kant, comme pour Dignitatis, la dignité d’une personne n’est manifeste que dans la mesure où cette personne est autodéterminée ; elle doit être indépendante du simple ordre causal naturel. Ce Kant nomme la liberté négative. De plus, on n’a de dignité que dans la mesure où l’on est son propre maître ; ce n’est que lorsque la volonté est une loi en soi qu’elle se détermine d’elle-même. Dans un passage remarquable, Kant écrit que lorsque, dans la liberté, l’homme détermine ses propres idéaux moraux, nous pouvons voir qu'”un être humain est certes assez impie mais l’humanité en sa personne doit être sainte pour lui”. La dignité se transforme facilement en déification.

La dignité du bœuf muet

Bien que saint Thomas d’Aquin prenne soin de qualifier la définition de Boèce de “personne”, il est d’accord avec cette dernière définition d’une personne comme “une substance individuelle de nature rationnelle”. Par nature, une personne a des pouvoirs d’intelligence, de mouvement de soi et de choix. Selon cette définition initiale, donc, bien que nous puissions faire des distinctions réelles et importantes entre les deux, la personne rationnelle d’Aquinas n’est pas incongrue avec l’exploration par Kant de la nature de la dignité humaine.

Cependant, Aquinas ne s’arrête pas là, et ce qu’il ajoute à cette définition initiale de la nature humaine met la compréhension catholique de la personne hors de portée de Kant – et entre les mains de Dieu. Il écrit : “Il est évident qu’il y a en l’homme une ressemblance à Dieu, copiée de Dieu comme d’un exemplaire ; mais cette ressemblance n’est pas une ressemblance d’égalité, car un tel exemplaire excelle infiniment dans sa copie. Il y a donc en l’homme une ressemblance à Dieu, non pas une ressemblance parfaite, mais imparfaite.” L’homme n’a pas de dignité en tant qu’homme. Nous pourrions dire que l’homme a la dignité de l’imago Dei, mais, comme l’affirment les exigences d’Aquinas, ce n’est pas une cause de jubilation, car la ressemblance est imparfaite au point que la nature de Dieu dépasse infiniment la notre.

Nous trouvons d’autres éventualités. Pour Kant, la dignité de l’homme dépend de son autonomie et de son autodétermination. Pour Aquinas, la dignité de l’homme dépend de son telos, sa fin naturelle, qui est l’union avec Dieu. C’est dans cette fin, et non dans sa maîtrise de soi, que la dignité humaine trouve son accomplissement.

Gaudium’s Corrective ?

Sous le titre “La dignité de l’homme”, Gaudium et Spes s’efforce d’enraciner la dignité humaine en Dieu, notant que “l’homme a été créé “à l’image de Dieu” et est donc “capable de connaître et d’aimer son Créateur”. Gaudium et Spes va encore plus loin en insistant sur le fait que ” l’Église considère que la reconnaissance de Dieu n’est nullement hostile à la dignité de l’homme, puisque cette dignité est enracinée et rendue parfaite en Dieu. Car l’homme a été fait membre intelligent et libre de la société par Dieu qui l’a créé, mais plus important encore, il est appelé en tant que fils à communier avec Dieu et à partager son bonheur.” En effet, la constitution pastorale fait une proclamation encore plus audacieuse, qui, à première vue, semble être une répudiation directe de la conception de la dignité de Kant : “Au plus profond de sa conscience, l’homme détecte une loi qu’il ne s’impose pas à lui-même, mais qui l’oblige à obéir.”

Alors que la dignité de l’homme de Kant exige seulement qu’il rédige lui-même ses lois, la conscience dans le cœur de l’homme est “une loi écrite par Dieu ; obéir à elle est la dignité même de l’homme ; selon elle, il sera jugé”. Là encore, Gaudium et Spes semble faire d’importants progrès pour distinguer la dignité catholique de la dignité de “l’homme contemporain”, qui trouve son expression la plus intelligible dans Kant. Obéir à Dieu est la dignité même de l’homme.

Malheureusement, ce serait une mauvaise interprétation. Ce que dit la constitution pastorale, c’est que la dignité de l’homme se trouve dans l’obéissance à la conscience. Cette distinction peut sembler mineure, mais nous y voyons une brèche qui a déchiré l’Église de l’intérieur.

La mauvaise foi du modernisme dans la conscience de l’homme

Si l’on cherche d’autres utilisations du mot “conscience” dans Gaudium et Spes, un certain nombre de cas semblent susciter de graves préoccupations. Considérez ce qui suit :

Dans la conscience de beaucoup de gens, on se préoccupe de plus en plus de la reconnaissance des droits des minorités, sans négliger leurs devoirs à l’égard de la communauté politique. En outre, le respect pour les hommes d’autres opinions ou d’autres religions ne cesse de croître.

Et ailleurs, en ce qui concerne la guerre :

La conscience de l’homme lui-même donne une voix de plus en plus emphatique à ces principes…

Comme dans le premier paragraphe de Dignitatis Humanae, la voix semble quelque peu descriptive, comme si la constitution ne faisait que documenter les opinions changeantes de l’époque à laquelle elle a été écrite. Pourtant, il n’y a pas de langage subséquent qui distingue cette description de la propre proclamation de l’Église à ce sujet. Pour cette raison, il serait facile de lire le passage comme applaudissant à un tel “développement de la conscience”. Plus loin, nous voyons ici l’utilisation curieuse de la singulière “conscience de beaucoup”. Le langage ambigu, parfois douloureusement douteux, de Dignitatis renvoie au langage beaucoup plus lucide du Pascendi du Pape Pie X, dans lequel il écrit que pour les modernistes, l’Église est ” le produit de la conscience collective, c’est-à-dire de la société des consciences individuelles qui, en vertu du principe de permanence vitale, dépendent toutes d’un premier croyant, qui pour les catholiques est Christ “. Le passage de Gaudium, faisant appel à la singulière “conscience de beaucoup”, semble similaire à la conscience collective moderniste. Ailleurs, le Pape Saint Pie X précise que pour les modernistes, “[t]outes les consciences chrétiennes étaient, affirment-ils, d’une manière virtuellement incluse dans la conscience du Christ comme la plante est incluse dans la semence. Le remaniement moderniste du Christ élève donc l’importance de sa conscience et, par extension, de celle des chrétiens. Cette augmentation de la valeur de la conscience intérieure a des ramifications étonnantes pour le magistère extérieur qui, pour le moderniste, jaillit ” des consciences individuelles et possède son mandat d’utilité publique à leur profit “. De cette prémisse “il s’ensuit que le magistère ecclésiastique doit leur être subordonné et doit donc prendre des formes démocratiques”. En effet, si le magistère empêchait les consciences individuelles de révéler librement et ouvertement les impulsions qu’elles ressentent, ou protégeait les dogmes de leur “évolution nécessaire”, ce serait, pour le moderniste, un grave abus de pouvoir.

Bien que Gaudium et Spes enracine sa conception de la conscience dans la loi de Dieu écrite sur le cœur humain, elle inclut néanmoins des passages indéfinis sur la conscience qui laissent une large place aux interprétations modernistes. De plus, en posant la dignité même de l’homme dans sa conscience, la Constitution offre une analyse réductrice de la dignité de l’homme. Oui, ailleurs, Gaudium dit : “La raison profonde de la dignité humaine réside dans l’appel de l’homme à la communion avec Dieu”, mais il serait facile de conclure, sur la base de la teneur et des principes de la constitution, que cette communion vient par la conscience avant tout, ou du moins par la négligence de la soumission aux lois extérieures formées par la juste raison et l’obéissance due au magistère.

Dans Pascendi Dominici Gregis, le Pape Saint Pie X observe que pour le Moderniste, “tout phénomène de conscience procède de l’homme comme homme. La conclusion rigoureuse en est l’identité de l’homme avec Dieu.”

Je ne veux pas prétendre que la compréhension de la dignité de l’homme et la compréhension de la conscience qui l’accompagne, que les documents de Vatican II précités incluent, sont de parfaites collusions avec le modernisme. Il est clair, cependant, que ces documents contiennent des points étonnants de continuité avec les doctrines kantienne et moderniste. Il semble, en effet, qu’à tout le moins, les documents précités du Concile Vatican II témoignent d’une certaine capitulation face aux tendances du kantianisme et du modernisme, qui ont pour fin un humanisme athée.

La liberté religieuse digne

La délimitation par saint Thomas de la dignité de l’homme rend justice à la personne humaine telle que Dieu l’a créée. Car l’homme est une image dont l’Exemplaire énonce toujours le fait que la dignité de l’homme dépend de sa soumission aux lois civiles bien ordonnées ainsi qu’au magistère de l’Église, par lequel il trouvera le salut. Rappelez-vous que, pour Aquinas, la dignité humaine consiste en la nature intellectuelle de l’homme, sa capacité de choisir et sa fin ultime, qui est l’union avec Dieu. Des deux premières parties, nous pouvons déduire qu’en plus de la conscience, la dignité de l’homme ne peut s’accomplir que dans la mesure où il peut promulguer et obéir aux lois selon la raison et la loi éternelle. De cette façon, la dignité limitée que l’homme peut exercer dans la sphère limitée de la “liberté religieuse”, telle que définie dans Dignitatis Humanae, est clairement établie. Car, comme l’écrivait Léon XIII dans Libertas Humana, “la vraie liberté de la société humaine ne consiste pas à ce que chaque homme fasse ce qu’il veut, car cela ne ferait que semer le trouble et la confusion et provoquer le renversement de l’État, mais plutôt à ce que tous se conforment plus facilement aux prescriptions de la loi éternelle par l’effet de l’action du droit civil”.

Dans la pratique, sinon dans la proclamation, la conscience “contemporaine” de la dignité de l’homme l’a conduit à identifier l’homme, sur le trône de l’État séculier, comme Empereur de la Terre.

Des efforts désespérés et embarrassés pour préserver la liberté religieuse peuvent en effet aboutir à certains biens pratiques, même dans les lois civiles, qui correspondent à l’éternel. Mais une herméneutique de continuité qui sonde le magistère de l’Église au cours des siècles nous fournit la seule relation entre l’Église et l’État qui assure à la fois la royauté du Christ et la dignité de l’homme. Pie X l’indique clairement dans son encyclique Véhémenteur Nos, où il indique que la séparation de l’État et de l’Église n’est pas une condition préalable à la dignité humaine. “Que l’État doit être séparé de l’Église” est “absolument faux, une erreur des plus pernicieuses.” Le Pape Saint Pie X sait ne pas espérer que les hommes de bonne volonté puissent préserver la société humaine avec des lois qu’ils se dictent en toute liberté. Il nous montre que “le principe selon lequel l’État ne doit reconnaître aucun culte religieux” est “coupable d’une grande injustice envers Dieu, car le Créateur de l’homme est aussi le Fondateur des sociétés humaines, et préserve leur existence comme Il préserve la nôtre”. Dieu, et non l’Homme, est le Fondateur des sociétés humaines, et donc – et nous n’en sommes pas témoins en notre temps ? – l’État qui tente de se préserver par ses propres prétentions à l’autorité et au pouvoir auto-dérivés contient inévitablement les graines de sa propre floraison venimeuse.

De plus, cette “négation évidente de l’ordre surnaturel” prive l’homme de sa dignité la plus profonde, quoi que puisse prétendre la conscience de l’homme contemporain. Pour la soumission de l’Église à l’État, le résultat apparemment inévitable de la séparation susmentionnée, “limite l’action de l’État à la poursuite de la prospérité publique durant cette vie seulement”. Au lieu du “bonheur éternel”, qui est l’objet ultime de l’homme, et le seul destin qui lui confère une véritable dignité, l’État séparé limite son action “à la poursuite de la prospérité publique durant cette vie seulement”.

Au-delà de l’autonomie consciente : Les devoirs de la dignité catholique envers Dieu

La conscience de l’homme moderne appelle à une dignité humaine qui exige une autodétermination autonome, n’exige l’obéissance qu’aux lois dont l’homme lui-même est librement l’auteur, et insiste sur la suprématie de la conscience. Rien de tout cela ne change le fait que le Christ est notre Roi. Comme l’écrit le Pape Saint Pie X, cela signifie que “nous lui devons donc, non seulement un culte privé, mais un culte public et social pour l’honorer”. Les préparatifs pour la restauration de la royauté du Christ prendront sans aucun doute des années, des décennies, peut-être même des siècles à se préparer. Entre-temps, nous ne pouvons nier que la tentative du Concile Vatican II d'” apporter des choses nouvelles qui sont en harmonie avec les choses anciennes ” a conduit à l’enterrement de vieilles choses exigeantes et dignes face à la nouveauté douteuse.

Il peut être distrayant de parler de choses simplement en termes d’ancien et de nouveau. Peut-être vaut-il mieux parler de ce qui est vrai. Face à un empire romain qui aurait aimé se retirer dans un culte privé dans la liberté de sa propre domination autodéterminée, saint Paul a annoncé la vérité que ” il n’y a de pouvoir que de Dieu ” (Romains 13:1). Nous ne devons pas avoir peur d’enseigner et de persuader que “toute puissance publique doit provenir de Dieu”. Avec le Pape Léon XIII, nous devons nous rappeler et revendiquer la reconnaissance que “Dieu seul est le vrai et suprême Seigneur du monde. Tout, sans exception, doit Lui être soumis et doit Le servir, afin que quiconque a le droit de gouverner, le tienne d’une seule et unique source, à savoir Dieu.”

Cela peut être un affront à la conscience de l’homme moderne, car cela va à l’encontre de la primauté de la conscience et de la dignité de l’autodétermination. Mais pouvons-nous continuer à nous contenter du relativisme qui n’a fait qu’augmenter depuis que l’Église s’est efforcée de s’harmoniser avec l’homme contemporain et son exigence digne de liberté religieuse ? Car si les protections de Dignitatis Humanae sur la dignité singulièrement contemporaine de l’homme étaient prétendument destinées à favoriser sa libre recherche de la vérité, dans la pratique, l’ordre social fondé sur cette dignité a pour ainsi dire mis entre parenthèses cette recherche. Comment, en bonne conscience, pouvons-nous continuer à honorer la délivrance de la conscience moderne de l’homme de la puissance prétendument coercitive du magistère de Dieu ?