La révolution Vatican II réexaminée

THE EPONYMOUS  FLOWER – par David Martin

Alors que la tempête post-conciliaire continue à déraciner la Foi, à déraciner la morale, à détruire les traditions vénérées, à renverser l’édifice de l’Église et à répandre des débris doctrinaux dans l’Église, il y a ceux qui affirment que le problème aujourd’hui n’est pas dû à Vatican II mais à une “mauvaise interprétation” du Concile.

Malheureusement, une mauvaise interprétation n’a rien à voir avec cela, car cette révolution est le résultat d’années de planification minutieuse. Nous pourrions considérer les documents conciliaires comme le plan directeur de ce plan. Les ambiguïtés, les omissions et les erreurs flagrantes dans les documents ont été délibérément calculées par des théologiens et des évêques progressistes qui avaient l’intention d’exploiter ces erreurs dans le texte après la clôture du Concile.

Si nous avons aujourd’hui des laïcs qui assument des fonctions sacerdotales comme “ministres eucharistiques”, c’est parce que Vatican II définit le laïcat comme un “sacerdoce commun”. (LG 10) Si l’Église digne aujourd’hui des autres religions sur le plan œcuménique, c’est parce que Vatican II dit que “le Christ ne s’est pas retenu de les utiliser comme moyen de salut”. (UR-3) De toute évidence, il y avait un plan de changement dans les travaux.

Les protestants ont aidé à rédiger les documents

Selon l’éminent écrivain et historien catholique Michael Davies, la “maladie de l’écumanie” qui s’est propagée dans toute l’Église après Vatican II était le “résultat direct de la présence d’observateurs protestants au Concile Vatican II”. Dans son livre sur la nouvelle messe, Davies déclare : “Six observateurs protestants ont été invités à conseiller ce Consilium. Ils ont joué un rôle actif dans la préparation de la nouvelle messe.” (Nouvelle messe du Pape Paul)

Loin d’être de simples observateurs, ces délégués faisaient office de conseil consultatif auprès du Concile Vatican II. Monseigneur Baum (plus tard le cardinal Baum), dans une entrevue accordée au Detroit News le 27 juin 1967, a commenté le rôle de ces six participants protestants. “Ils ne sont pas seulement là en tant qu’observateurs, mais aussi en tant que consultants, et ils participent pleinement aux discussions sur le renouveau liturgique catholique.

Selon le Dr Moorman, qui dirigeait la délégation anglicane à Vatican II, ces participants ont pu “faire connaître leur point de vue lors de réunions hebdomadaires spéciales du Secrétariat de l’Unité et avoir des contacts personnels avec les pères du Conseil”.

Le professeur Oscar Cullman de la délégation luthérienne l’a résumé le 4 décembre 1965 : “Les espoirs des protestants pour Vatican II n’ont pas seulement été comblés, mais… sont allés bien au-delà de ce que l’on croyait possible.” (Xavier Rynne, Quatrième session)

Dans un livre publié par le Dr Robert McAfee Brown, l’un des “observateurs” protestants de Vatican II, il a loué le décret du Concile sur l’œcuménisme parce qu’il reconnaît la réalité ecclésiale des assemblées protestantes et qu’il nie le besoin des non-catholiques de se convertir à l’Église catholique. (Dr McAfee Brown, La Révolution œcuménique)

Le cardinal Augustin Bea S.J., qui dirigeait le Secrétariat du Vatican pour la promotion de l’unité des chrétiens, s’est vanté de la contribution apportée par ces conseillers protestants à la formulation du décret conciliaire sur l’œcuménisme. “Je n’hésite pas à affirmer qu’ils ont contribué de manière décisive à ce résultat.”

Le professeur B. Mondin, du Collège pontifical de propagande pour les missions, a déclaré que des observateurs tels que le Dr Cullman ont apporté ” une contribution valable ” à la rédaction des documents du Conseil.

Faut-il s’étonner que Vatican II ait joué un rôle déterminant dans la mise en branle d’une rupture sans précédent avec la tradition ecclésiale ? Le fait est que des ennemis professés de l’Eglise étaient à la barre pour aider à la rédaction des documents pour un concile œcuménique de l’Eglise catholique !

Cela ne veut pas dire que le Concile Vatican II n’a pas commencé avec de bonnes intentions, mais qu’il a été infiltré par l’orchestration de Judas au Vatican. Il existe une abondance de preuves documentées montrant que Vatican II a été détourné lors de la session d’ouverture par des évêques rebelles parce que le pape Jean XXIII avait planifié le Concile sans leurs conseils et contre leurs projets.

Nous croyons comprendre que le Cardinal Tisserant, le principal rédacteur en chef du Traité Moscou-Vatican de 1962 qui a présidé la séance d’ouverture, faisait partie de ce stratagème pour usurper Vatican II. Selon Jean Guitton, le célèbre ami académique et personnel français du pape Paul VI, Tisserant lui avait montré une peinture de lui-même et de six autres, et lui avait dit : “Ce tableau est historique, ou plutôt symbolique. Il montre la réunion que nous avons eue avant l’ouverture du Conseil lorsque nous avons décidé de bloquer la première session en refusant d’accepter les règles tyranniques établies par Jean XXIII.” (Vatican II au banc des accusés, 2003)

Détournement d’un membre du Conseil

Nous divergeons brièvement pour rappeler la turbulente séance d’ouverture qui a détourné le cours du Concile et mis l’écorce de Pierre sur une voie nouvelle et inédite qui allait finir par faire naufrage sur des côtes séculaires.

Au centre de ce coup d’Etat pour renverser Vatican II se trouvaient les cardinaux Alfrink, Frings et Liénart de l’Alliance du Rhin. Leur objectif était de prendre le contrôle des commissions de rédaction conciliaire. Un vote crucial devait avoir lieu pour déterminer les membres des commissions lorsque le cardinal Liénart, soupçonné d’être franc-maçon, prit le micro lors d’un discours et demanda que la liste des 168 candidats soit rejetée et qu’une nouvelle liste de candidats soit établie. Son geste étrange a été écouté par le Conseil et l’élection a été reportée. L’action de Liénart a détourné le cours du Conseil et a été saluée par la presse comme une victoire. La date était le 13 octobre 1962, le 45ème anniversaire de la dernière apparition de la Gospa à Fatima. (P. Ralph Wiltgen, Le Rhin se jette dans le Tibre)

Dans son discours du 14 février 2013 devant le clergé de Rome, le Pape Benoît XVI raconte avec brio ce coup d’Etat à Vatican II : “Au programme de ce premier jour, les élections de l’Assemblée de l

Des commissions et des listes de noms ont été dressées, de manière impartiale, et ces listes ont été mises aux voix. Mais d’emblée, les Pères ont dit : ” Non, nous ne voulons pas simplement voter pour des listes préétablies. Nous sommes le sujet. Ensuite, il a fallu reporter les élections, parce que les Pères eux-mêmes[…] voulaient préparer les listes eux-mêmes. Et c’est ce qui s’est passé. Le cardinal Liénart de Lille et le cardinal Frings de Cologne avaient dit publiquement : non, pas de cette façon. Nous voulons faire nos propres listes et élire nos propres candidats.”

L’éminent Romano Amerio, qui avait contribué de manière significative à la rédaction de l’esquisse originale de Vatican II, cite comment le cadre juridique du Concile a été violé par cet acte : “Cet écart par rapport au plan initial” s’est produit “par un acte violant le cadre juridique du Conseil” de sorte que “le Conseil a été créé par lui-même, atypique et imprévu”. (Professeur Romano Amerio, Iota Unum, 1985)

Après avoir illégalement bloqué le vote, ce “groupe rhénan” rebelle a eu recours à des méthodes grossières pour forcer plusieurs de ses propres membres à s’installer dans les commissions de rédaction, de sorte qu’à partir du 16 octobre, près de soixante pour cent des commissions étaient désormais présidées par des “théologiens suspects” qui étaient auparavant soumis à Pie XII. Il s’agissait notamment de dissidents comme Hans Kung, Schillebeechx et le pseudo-mystique Karl Rahner, le chéri du Concile, qui, pendant toute la durée de Vatican II, fréquentait la célèbre féministe Luise Rinser qui avait réclamé l’avortement et les femmes prêtres. Les ennemis de la Foi avaient capturé les positions clés du Concile, leur permettant ainsi de rédiger des documents perfides pour l’erreur de l’Église, c’est-à-dire les 16 documents de Vatican II.

Les véritables documents conciliaires étaient les 72 schémas que Jean XXIII avait approuvés devant le Concile. Selon Mgr Lefebvre, qui avait été nommé au Comité central de préparation pour vérifier tous les documents, les schémas étaient dignes et orthodoxes, et auraient dû être utilisés, mais à sa grande consternation, les pères rhénans ont illégalement rejeté le plan du pape Jean après son approbation par un vote à 40%. Pensez aux paroles de Lefebvre :

“Dès les premiers jours, le Conseil a été assiégé par les forces progressistes. Nous l’avons vécu, ressenti… Nous avons eu l’impression que quelque chose d’anormal se passait et cette impression s’est rapidement confirmée ; quinze jours après la séance d’ouverture, il ne restait plus un des soixante-douze schémas. Tout avait été renvoyé, rejeté, jeté dans la corbeille à papier. L’immense travail qui avait été accompli a été mis au rebut et l’assemblée s’est retrouvée les mains vides, sans rien de prêt…… Pourtant, c’est ainsi que le Conseil a commencé.” (Mgr Lefebvre, Lettre ouverte aux catholiques confus)

Ce contre-conseil vitupérateur qui a fait la guerre contre le vrai Conseil a été alimenté par une coalition de périti qui étaient communistes dans leur orientation. Un de ces agents qui a participé au Concile Vatican II a exprimé son horreur devant les bons schémas de Jean XXIII.

“Entendant que le Pape Jean avait nommé une commission pour dessiner les schémas du prochain Concile, j’ai immédiatement commencé à travailler sur les contre-schémas avec l’aide de théologiens d’avant-garde (pères rhénans) qui avaient été ralliés à notre façon de penser. Grâce à mes contacts, j’ai réussi à obtenir des copies des schémas papaux projetés : ils étaient terribles ! J’avais des sueurs froides ! Si ces schémas sont adoptés, mon travail de 20 ans aura été en vain. J’ai hâtivement mis la touche finale à mes contre-schémas, et je les ai fait circuler. Finalement, ils ont été déposés au Conseil.” (Marie Carré, AA 1025, Mémoires d’un anti-apôtre)
Le Pape Benoît XVI lui-même rappelle comment un “Concile virtuel” s’était levé pour usurper le “vrai Concile” de Vatican II, déplorant comment “il a créé tant de catastrophes, tant de problèmes, tant de souffrances : séminaires fermés, couvents fermés, liturgie banale”. (S’adressant au clergé de Rome, 14 février 2013)

Romano Amerio a parfaitement résumé la situation : “Un trait distinctif de Vatican II est son résultat paradoxal, par lequel tout le travail préparatoire qui dirige habituellement les débats, marque les perspectives et préfigure les résultats d’un concile, a été annulé et rejeté à partir de la première session.