Les Petites Soeurs de Marie, Mère du Rédempteur ont été relevées de leurs voeux. Marco Tosatti fait le lien avaec d’autres faits plus ou moins récents, témoignant de l’acharnement du Vatican bergoglien contre les ordres religieux qui refusent de s'”aligner” (10/6/2019)

“ELLES PRIENT TROP”. LE VATICAN FERME UN AUTRE ORDRE

Marco Tosatti
www.lanuovabq.it
9 juin 2019
Ma traduction

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Le travail de destruction de la vie religieuse par le Vatican se poursuit sans relâche. Cette fois, c’est au tour des Petites Sœurs de Marie, Mère du Rédempteur, un ordre religieux né en France, qui compte actuellement environ cent vingt religieuses, dont cinq ont décidé d’obéir au diktat de Rome, et les cent quinze autres, réparties en trois communautés, seront relevées des vœux prononcés en leur temps et retourneront à l’état laïc, devant quitter leur maison et les activités de soins et de soutien aux personnes âgées qui étaient la caractéristique de cette congrégation. Mais surtout, sous l’accusation d’une spiritualité jugée trop “traditionnelle”. Le Grand Inquisiteur de la Congrégation pour les Religieux, le franciscain Josè Rodriguez Carballo, bras droit et homme de confiance du Souverain Pontife pour ce genre de “cuisine”, (et l’homme du plus retentissant crack financier jamais vécue par les franciscains) a encore frappé. Un scénario qui suit ceux déjà vécus par les Franciscains de l’Immaculée (encore sous le contrôle d’un Commissaire après six ans! Mais qui ont-ils tué pour être traités ainsi?), Familia Christi, la Fraternité des Saints Apôtres et ainsi de suite. Il s’agit maintenant d’un format habituel sous le régime en vigueur.

Vraiment étrange et inexplicable, l’opération à laquelle ne sont probablement pas étrangers les appétits épiscopaux pour les propriétés de la petite congrégation. Les Petites Sœurs de Marie, Mère du Rédempteur, s’occupent de personnes âgées, collaborent à la pastorale des paroisses, aident les pauvres et vivent une spiritualité considérée aujourd’hui trop “classique” au Vatican, c’est-à-dire: amour de l’adoration eucharistique, prière fervente d’intercession et dévotion filiale à Marie.
Les sœurs ont été pré-visitées en 2009 par décision de l’évêque de Laval, que les laïcs qui soutiennent les sœurs accusent d’avoir un certain intérêt dans l’administration de leurs biens. Mais l’initiative n’a pas été couronnée de succès. En 2016, avec Braz de Avis et Carballo, nouvelle visite. Non plus – ou pas seulement – pour des raisons administratives, mais pour le sérieux soupçon de traditionalisme ou de classicisme, comme disent les Français. Les sœurs étaient accusées d’avoir de graves problèmes de gouvernement (même s’il s’avère que la majorité des sœurs ont été témoins des merveilles de la Supérieure), d’immobilisme, d’ignorance de la «nouvelle théologie de la vie consacrée» et d’autres crimes graves comme la prière excessive… Les supérieures – exilées dans d’autres couvents – étaient accusées d’ «autoritarisme déviant», et on a demandé aux sœurs d’obéir sans appel «sans – disent-elles – que le souci d’une conscience droite ait un mot à dire, et sans jamais nous avoir expliqué le moindre fondement objectif de toutes ces mesures romaines: il y a donc deux poids, deux mesures».

Les sœurs ont rejeté les accusations comme fausses et inventées par les visiteurs. Les commissaires et la Congrégation leur ont donné raison, du moins en partie, mais ils ont maintenu les mesures prises, c’est-à-dire qu’ils ont confirmé la commission. Les sœurs ont fait appel à ce qui était la Cour suprême de justice dans l’Eglise, la Signature, désormais sous la direction du diplomate Mamberti manifestement incapable d’aller contre la volonté supérieure, et qui a confirmé la sentence du Dicastère. Mais les sœurs ont décidé de ne pas accepter ce qui leur semble – et pas seulement à elles – une injustice évidente. Elles ont rendu leur décision publique: «Le 17 septembre 2018, le Cardinal Préfet de la Congrégation pour les Religieux, Mgr Braz de Aviz, nous a adressé un ultimatum: soit nous acceptons le Commissaire “sans réserve”, soit nous ne l’acceptons pas, auquel cas la loi prévoit que nous pourrions être exclues de l’Institut».

Alors, écrivent les sœurs: «Après avoir acquis tout au long de cette année la certitude morale que l’accueil du commissaire apostolique au sein de notre Institut causerait des dommages graves et certains, à plus ou moins long terme, tant dans la compréhension du charisme laissé par Dieu à Mère Marie de la Croix, notre Fondatrice, que dans la manière de le vivre; après avoir maintes fois proposé des solutions d’apaisement, sans qu’aucune réponse ne nous soit donnée; après avoir consulté des personnes autorisées et compétentes; après avoir beaucoup prié et toujours voulu rester fidèles et obéissantes à la vérité, il nous a semblé que nous n’avions d’autre choix que de renoncer à nos vœux».

Entre-temps, un Comité de soutien aux religieuses a été mis sur pied à Laval, comptant près de trois mille personnes, et qui s’exprime sur un site, www.soutienpsm.com.

Tout cela se passe dans un pays où la situation des vocations est pour le moins désastreuse et où la question des abus cléricaux émerge petit à petit dans toute sa gravité. Et le Saint-Siège se permet de mener des opérations inexplicables conduites avec une violence et une détermination qui auraient été beaucoup plus appropriées dans d’autres situations, et pour des fautes réelles.

http://benoit-et-moi.fr/2019/actualite/encore-un-ordre-religieux-sanctionne-en-france.html