Une auto-révélation dérangeante

THE FATIMA CENTER – Dans ma dernière chronique sur l’interview explosive du pape François par Valentina Alazraki, j’ai noté l’observation de LifeSiteNews selon laquelle la raison pour laquelle François est resté silencieux au sujet du j’accuse de Carlo Maria Viganò concernant sa réhabilitation de l’ex-cardinal McCarrick et a dit à la presse de mener son propre procès, était apparemment son espoir que la presse trouve un moyen pour tuer Viganò sur le motif d’une dispute familiale avec son frère, le Père Lorenzo Viganò, à cause de l’importante succession.

Le texte intégral de l’interview confirme que c’était exactement l’intention de Francis :

Q : L’affaire McCarrick m’amène à une autre question que je voulais aborder avec vous. Vous m’avez conseillé lors d’un de vos derniers voyages de lire les “Lettres de tribulation” : Je les ai lus, j’ai fait mes devoirs. J’ai très souvent rencontré le mot “silence” et l’explication de la nécessité du silence. Selon toi, c’est presque un moment de grâce. Mais dire à un journaliste que le silence est nécessaire…

Ne riez pas, Pape François, il en est ainsi. Je me souviens quand ils vous ont dit, il y a huit mois : il y a une déclaration de l’ancien nonceur Carlo Maria Viganò qui dit qu’il vous a dit lui-même lors d’une audience au début de votre pontificat qui était McCarrick, et que vous n’avez rien fait, vous avez dit simplement : “Je ne répondrai pas, vous jugez, je répondrai en temps voulu.” Ce silence a beaucoup pesé, parce que pour la presse et pour beaucoup de gens, quand on se tait, c’est comme entre mari et femme, n’est-ce pas ? Votre mari vous donne un coup de bec sur la joue et ne vous répond pas, et vous dites : “Quelque chose ne va pas ici.” Alors pourquoi ce silence ? Le temps est venu de répondre à cette question que nous vous avons posée dans l’avion, plus de huit mois ont passé, Pape François.

R : Oui, ceux qui ont fait dire au droit romain que le silence est une façon de parler. Ce cas de Viganò, je n’avais pas lu toute la lettre, je l’ai vue un peu… et je sais déjà ce que c’est, et j’ai pris une décision : Je fais confiance à l’honnêteté des journalistes. Et je t’ai dit : “Écoutez, vous avez tout ici, étudiez et tirez des conclusions”. Et vous l’avez fait, parce que vous avez fait le travail, et dans ce cas, c’était fantastique. J’ai pris grand soin de ne pas dire des choses qui n’étaient pas là, mais il les a dites, trois ou quatre mois plus tard, un juge à Milan quand il l’a condamné[Viganò].

Francis admet ici librement qu’il comptait sur la presse pour déterrer de la terre sur Viganò dans l’espoir que ses prétentions seraient ainsi discréditées par le biais d’un argumentum ad hominem invalide. L’entrevue s’est poursuivie dans cette veine :

Q : La question de sa famille[héritage], voulez-vous dire ?

R : Bien sûr, j’ai gardé le silence parce que j’aurais jeté de la boue. Laissons les journalistes le découvrir. Et vous l’avez découvert, vous avez découvert le monde entier. C’était un silence basé sur la confiance en vous. Non seulement ça, mais je te l’ai aussi dit : “Attends, étudie-le, c’est tout.” Et le résultat était bon, meilleur que si j’avais commencé à m’expliquer, à me défendre. Vous avez jugé les preuves en main.

Le résultat a été bon, dit Francis. En effet, “c’était fantastique.” Il se réjouit publiquement de ce qu’il considère comme une campagne de diffamation réussie contre son accusateur. La vérité de l’accusation de Viganò n’a aucune importance. C’est le modus operandi d’un politicien bon marché, pas d’un pontife romain.

LifeSiteNews a démoli l’appel maladroit de Francis à l’assassinat dans un rapport détaillant comment le différend sur l’héritage a été réglé lorsque le frère de Viganò n’a reçu que 1,8 million € malgré sa demande initiale de 40 millions €, et que ni l’un ni l’autre n’a fait appel, mettant un terme à cette affaire. Lorenzo “a reçu essentiellement ce qu’il aurait reçu s’il avait accepté les propositions de règlement faites par son frère, pro bono pacis, au cours de la procédure”.

Pire encore, au cours de l’entretien, Francis ajoute une autre suggestion calomnieuse selon laquelle Viganò aurait pu être payé pour faire de fausses accusations contre lui : “Certains d’entre vous ont même écrit qu’il[la lettre ouverte de Viganò] a été payé, je ne sais pas, je ne sais pas.” Vous savez, mon accusateur est peut-être un menteur payé, mais je ne suis pas sûr.

Sandro Magister a piqué l’affirmation de Francis selon laquelle il “avait toujours gardé le silence” sur le conflit de propriété entre les Viganòs “afin de ne pas “jeter de la boue sur l’ex-noncio”, pour ensuite l’évoquer publiquement lui-même avec la “suspicion non fondée d’un paiement secret” – se contredisant ainsi “gravement, complètement” concernant son expression manifestement hypocrite du souci que Viganò avait de la réputation.

Que dit-on de ce pape qu’il porterait une grave accusation qu’il sait infondée dans l’espoir de discréditer un témoin crédible contre lui ? Il dit que l’occupant actuel de la chaise de Peter va descendre aux sales tours des politiciens afin de défendre sa propre image.

L’humble Pape ? Si c’est de l’humilité, alors les mots ont perdu leur sens.