Le dissident marxiste Leonardo Boff, star de “L’Economie deFrançois”

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Le prêtre franciscain qui a raccroché son habit pour se marier après avoir été mis en garde par le cardinal Ratzinger dans les années 80, accusé de prêcher des idées marxistes qui montraient “une profonde incompréhension de la foi catholique”, sera l’un des orateurs vedettes de la Conférence sur l’économie de François qui débute aujourd’hui.
De l’économie du salut à l’économie de Francis. L’autorité que le Vicaire du Christ peut avoir sur l’économie nous échappe, mais nous sommes maintenant habitués à ce que Sa Sainteté mette un enthousiasme particulier dans des projets grandioses de nature nettement politique qui semblent échapper à ses attributions et à sa mission de garde du Dépôt de la Foi et de gouvernement de l’Eglise.

La conférence, qui commence aujourd’hui et durera trois jours, vise, selon ses organisateurs, à proposer des idées qui feront progresser “une économie plus juste, plus fraternelle et plus durable et donneront une âme à l’économie de demain”. Et pour cela, ils comptent sur des voix comme celle de l’économiste non croyant Jeffrey Sachs, un néo-malthusien fervent adepte de l’avortement, ou celle du philomarxiste devenu apôtre de Gaya-Pachamama, l’ancien franciscain discipliné par Ratzinger Leonardo Boff.

Au total, quelque deux mille jeunes économistes et entrepreneurs du monde entier participeront à une rencontre qui sera diffusée en direct et qui comprendra, le samedi, 24 heures d’échanges en ligne.

Leonardo Boff, qui n’a que deux ans de moins que le pape, était autrefois une figure de proue de la théologie de la libération, qui applique une lecture marxiste à l’histoire de l’Évangile et réduit le message du Royaume à une libération immanente des peuples opprimés, le Paradis sur Terre par le biais d’une dialectique matérialiste.

La Congrégation pour la doctrine de la foi, alors dirigée par le cardinal Joseph Ratzinger, a condamné le mouvement “in toto” et, en 1984, a imposé le silence et l’obéissance à Boff pour un livre qu’il avait écrit et dans lequel il montrait, selon les mots de Ratzinger, “une profonde incompréhension de la foi catholique”. Boff a répondu en 2001 en qualifiant le précédent pontificat d'”extrêmement fondamentaliste” et en accusant Ratzinger de “terrorisme religieux”, comme le rappelle le Registre national catholique. En 2013, il a appelé Benoît “l’ange de la mort de l’Eglise” en raison de son “rigorisme fondamentaliste”.

Mais avec l’arrivée de François sur le trône papal, tout cela a changé. François, un vieil ami de l’ancien franciscain, a levé toutes les censures contre Boff, qui considère maintenant que son travail censuré est déjà le résultat d’une modération absolue à la lumière du pontificat actuel, dans lequel la Théologie de la Libération a joué un rôle de premier plan en tout sauf le nom de l’ancien Synode de l’Amazone.